vendredi 22 juin 2007

LES COURS DU REPUBLICOIN : LE RACISME DE GAUCHE


Aujourd’hui, après la Djay que j’ai fait hier, pour la fête de la musique, je suis bien trop pâteux pour pondre une bonne pâtée verbale. Alors je me permets de rediffuser un cours dont je suis plutôt fier, donné le 13 février 2007 sur le site de cette Université Impopulaire qu’est mon site. Il traite de l’ethnocentrisme de Gauche :

Mes chers élèves, c’est un scandale! Alors comme ça, Thuram, mon lili, exécute un petit pont sur le petit Nicolas et ça ne passe même pas sur télé foot. On nous cache tout, ma parole ! Pour ceux qui étaient dans la même ignorance que moi voici la phase de jeu en question.
Alors qu’ils discutaient ensemble des « French Riots » de l’hiver dernier, Nicolas le Hun aurait dit que ceux qui posent problème en banlieue, seraient « les Noirs et les Arabes », assertion que Thuram aurait taclé par un « non ! Ce sont les délinquants ».

Mettons les choses au clair dés le début du match. Je n’ai pas plus de raisons de croire que la vérité sort toujours de la bouche d’un joueur de baballe que j’ai de raisons d’estimer qu’un homme politique est un menteur par nature. Je trouve ce genre de visions des choses quelques peu racistes. Ce n’est pas mon cas. Ceci dit, supposons un instant que notre sauveur face à la Croatie en 1998 dise vrai ou qu’il ait bien entendu les propos de notre futur président et non pas compris ce qu’il voulait. Supposons. De toute façon, je n’ai pas vu l’action au ralenti. Supposons surtout parce qu’au final cet exemple démontre parfaitement qu’actuellement, nous n’avons le choix qu’entre la pensé unique et la pensée inique. Car si Thuram a bien dribblé, il n’a rien marqué, s’il a bien évidemment raison, il ne l’a que pour partie. Pourquoi ?

À cause des faits, mes chers élèves. Les faits sont là et le plus interrogateur d’entre eux est celui-ci : la majorité, voir les 2/3 des détenus de nos prisons sont issus d’une communauté bien précise, autre que nationale. Une communauté que l’on qualifiera de procédurière histoire d’éviter le procès. Une majorité alors que cette communauté ne représente que 10% de la population. Alors, je vous le demande, quelle est l’explication que vous donnez à ce fait.
Comment ? « Génétique », « parce qu’ils sont noirs ou arabes ». Sombre crétin ! Que le service d’ordre me sorte ce con de mon cours. Je refuse de répondre au racisme de Droite tellement cela insulte l’intelligence. Une autre réponse ? Comment ? « Victimaire », « parce que ce sont de bons sauvages, bons par nature, rendus méchants par le chômage, les discriminations, la couche d’ozone ou le Ténia et qu’ils sont jeunes et plein d’espoir ».
Ouah ! Tu vois, ma grande, ça c’est du racisme de gauche, et s’il n’apparaissait pas comme une idée reçue et acceptable par la majorité de nos populations, non seulement je ne me préparerai pas à argumenter mais surtout tu subirais déjà le même sort que ton petit camarade précédemment balourdé ! Sombre conne, va !

Reprenons ! La jeunesse ? S’il est indéniable qu’un jeune c’est con, impulsif et éjaculateur précoce, donc plus porté au n’importe quoi que la moyenne, on va pas me faire croire que la majorité des jeunes en France est originaire de cette communauté sans quoi on nous mentirait de façon éhontée sur les données démographiques. Désolé, ça ne tiens pas !

Le chômage ? Contrairement aux siècles précédents où l’absence de travail donc de salaire signifiait mourir de faim et pouvait justifier de révoltes, il me semble que le chômage est depuis indemnisé. Mais il est vrai que certains voient encore le monde avec les lunettes de Marx. De plus prétendre que le pauvre ou le chômeur est porté sur la violence est non seulement faux mais raciste.

La colonisation et la guerre ? Mort de rire ! Je vous signale qu’en Europe jusqu’à la moitié du siècle dernier, nous avons été en guerre, en colonisation mutuelle et contre colonisation quasi permanente depuis les 3000 dernières années d’archives en notre possession. Je vous signale, pour ne parler que de nous, que les troupes napoléoniennes ont ravagé, violé, pillé l’Europe depuis le Portugal jusqu’en Russie en passant par l’Italie. On n’a pas vu pour autant chez les immigrés italiens, ibériques, slaves arrivés en France, dans des contextes pas plus faciles, ni de tels niveaux de criminalité, ni un tel niveau de ressenti ou de hargne. Pourtant les ritals s’en sont pris plein la poire chez eux comme chez nous à Aigues-Mortes en 1893. Et les Viets alors ? on les a bien colonisé ceux-la. Les fils de leurs boat-people ne cassent pas tout, eux ! De toute façon force est de constater que ceux qui nous détestaient le plus, les Britanniques, sont ceux chez qui on n’a plus mis les pieds depuis 1066 avec notre Guillaume le Conquerant.

Les discriminations ? Bravo, imparable comme argument. Tu veux que je te dise quoi ? Que c’est faux ? Que l’on ne partage pas, à pars égales, avec le reste de la planète, le racisme, la xénophobie, la beaufferie et le rejet du dissemblable ? Bien sur que non ! Cependant mes pépères, laissez-moi vous rappeler que là encore ce n’est pas nouveau. Toutes les villes, aimants de l’immigration, ont discriminé et relégué, aussi bien dans leurs bas-étages qu’en leur périphérie, tous les pécores et autres blédards qui s’y sont installé. Que ce soit le bougnat du Cantal, la bécasse de Bretagne, le rital voleur, le polac puant, le portugais velu, le juif, le niac, tous étaient logés à même enseigne. Tous furent discriminés et tous discriminèrent une fois installée. Vous croyez quoi ? Qu’actuellement ceux qui viennent d’arriver n’insultent pas ceux qui arrivent. Demandez aux Africains fraîchement débarqués de quoi nos amis, en question, les traitent s’ils ne sont pas de la bonne religion. « Karlouch ». Désolé mais ça n’explique toujours pas en quoi cette minorité est majoritaire en taule.

Parce que la discrimination est d’autant plus révoltante qu’il s’agit d’une minorité visible ? Bof ! Nos indochinois, nos chinois, il me semble bien qu’ils sont bien visibles avec une culture et une religion encore plus différentes de la nôtre. Pourtant ils ne sont pas surreprésentés en zonzon. Trouvez donc autre chose mes chéris, histoire que je vous éclate à nouveau. Alors tas de cons, plus rien ? C’est ballot ça ! c’est que je commençais seulement à m’échauffer.

Bon ben, si vous ne trouvez pas d’explication logique, laissez-moi faire. Mais avant laissez-moi juste vous dire que des excuses ne sont pas des explications et que chercher des excuses, mes chers naïvistes, 1- cela n’a jamais régler aucun problème ; 2- On fait croire au bas peuple qui voit la réalité lui péter au visage quotidiennement, que l’intelligentsia forme effectivement un système mediatico-politique affairé à cacher les problèmes plutôt qu’à les résoudre. Le bas peuple finit par croire qu’on le prend pour plus con qu’il n’est. À prétendre que l’insécurité est un sentiment, que ce que le peuple vit est une illusion, ce même peuple finit par se rapprocher de ceux qui sont prêts à cajoler un sentiment, celui de l’abandon, dans le sens de leurs propres intérêts… mais je vous vois qui trépignez d’impatience… qu’elle est l’explication ? J’y répondrais en posant des questions.

Question 1 : Si la violence n’était pas, n’est pas plus une prédisposition du sang allemand, Japonais, Italien, que d’un autre sang, quel autre élément permettrait d’expliquer qu’un allemand soit capable d’être nazi dans les années 30 et pacifique dans les années 50 ? Comment ? « Une mutation génétique !» Dis-moi Jean-Kèwin, visiblement t’as osé réintégrer le cours sans mon autorisation ? Que le service d’ordre veuille bien me balourder de nouveau cet anencéphale. Quelqu’un d’autre aurait une réponse moins con ? « L’idéologie ». C’est presque ça. Allez donc, ma chère enfant, plutôt du général au particulier. « La culture ». Bravo, c’est tout à fait ça. 1 bon-point pour la grosse blonde du fond que se cache derrière ses tresses. Tu viendras me voir à la fin du cours. J’adore les charolaises. 

Donc, nous sommes bien d’accord, ce ne sont pas les gènes qui peuvent être des éléments désintégrateurs mais le « Mème », notion anthropologique désignant le fait culturel, religieux, idéologique ou autre. Nous validons par la même occasion l’axiome voulant que si tous les gènes, tous les hommes sont égaux et se valent, ce n’est pas forcement le cas des « mèmes ».

Question 2 : Quel « Mème », quel élément culturel décliné dans son aspect cultuel, idéologique et politique, entretien de nos jours, ailleurs comme en notre sein, la paranoïa revendicative, la colère, l’irrationnel, la violence, le terrorisme ? Quel « Mème » présent chez nous s’avère désintégrateur en appelant à la seule fidélité que celle envers une communauté autre que nationale ? Quelle entité culturelle, n’impose la fidélité qu’envers les seuls membres de sa communauté et autorise le vol, la razzia, le meurtre envers les autres, l’infidèle, l’inférieur, l’impur ?

Pendant que vous cherchez les réponses à ces questions, laissez-moi juste ajouter que tant que vous n’aurez pas trouvé la réponse et que vous ne vous attaquerez pas, au moins par la guerre des mots, à l’origine idéologique, culturelle, de bien des maux actuels, les problèmes persisteront et la défaite de votre pensée entraînera celle de nos sociétés.

Alors ! Toujours pas de réponse ? Pourquoi ? Vous culpabiliser à l’idée de vous l’avouer ! Faut pas voyons ! Pourtant vous acceptez bien l’idée que toutes les cultures ne se valent pas quand on bouffe du cureton, quand vous vilipender à juste titre la religion arianiste, quand vous estimez que cette ivraie nazie ou la jachère marxiste ne valent pas l’openfield démocratique. Pourquoi ne pas admettre qu’il en est de même pour celle que vous n’osez pas nommer à la barre du procès des cultures criminelles ?

Cela dit, histoire de conclure, si vous adorez accueillir à l’aéroport tous les Daladiers en provenance de Munich, admettez à minima la vérité de Thuram. Qu’il faille, au moins, s’occuper du délinquant qui pollue le sommeil de l’ouvrier où qui lui crame la voiture qui lui sert à rejoindre son lieu de travail.

Voila, le cours est fini pour aujourd’hui. Tu peux venir me voir ma jolie génisse.

Master SIL

2 commentaires:

Madame d'aucune, systémicienne pour changer a dit…

Le mème serait (peut-être) moins stigmatisant et vindicatif si le nombre ne l'incitait pas à s'essentialiser dans le ressentiment anti, au choix, face de craies, salauds de colons, esclavagistes français. Le nombre ET la politique de concentration en ghettos. Mais bon, ce n'est que mon avis, sinon, remarquable billet, comme toujours.

SIL a dit…

C'est effectivement une donnée du probleme que l'on ne peux pas totalement ecarter, non pas dans les fondements ideologiques mais au moins dans le traitement du probleme...