jeudi 4 juin 2009

LE RACISME, FORCEMENT UNE AFFAIRE DE RACE SUPERIEURE


Grâce à nos sémillants bien-pensants de gauche, il est désormais acquis que le racisme est une affaire de blancs, exclusivement. Les asiatiques ne peuvent pas être racistes, même quand par exemple le gouvernement chinois sinise le Tibet ou le Xinjiang. Rien à voir avec du racisme. Tout ça est à mettre sur le compte de l’idéologie ultralibérale qui par contagion pousse ces braves chinois à l’impérialisme sauvage, colonisateur, capitaliste, tout ça. Pareil pour les Arabes. Eux non plus ne sont pas capables de racisme. Quand ils arabisent le Darfour, le sud Soudan, les différents territoires berbères ou veulent faire disparaître l’état hébreu, ils ne font que répondre à l’agression sionistoccidentale que Mahomet a subi, il y a 14 siècles, et à laquelle ses vaillants disciples résistent depuis. Ne parlons même pas des noirs africains. Non, restons raisonnables, ma bonne-dame. Le racisme est un sujet pour des gens sérieux, voyons, pour les blancs, un truc digne d’une race supérieure, la nôtre.

Je sais, je suis méchant mais que voulez-vous, c’est tout de même amusant de constater à quel point cette condescendance bien-pensante, exprimée par nos gauchos, a quelque chose d’ironique, en plus de son côté sinistre. Reprendre, involontairement je vous l’accorde, preuve de leur dangereuse stupidité, reprendre disais-je une forme de pensée raciste par cette capacité à refuser aux autres sapiens-sapiens les travers que nous avons pu développer avant de les combattre, au-delà d’une saine colère, cela me fait bien rire.

C’est ainsi que je n’ai pas pu m’empêcher de grogner un « crétin de blanc » au fond de mon lit, une nuit de mai 2008, à la lecture de l’article de John Carlin pour Mail & Guardian, repris par le n°917 du Courrier International, qui traitait alors des émeutes xénophobes qui se déroulaient en Afrique du Sud. 50 immigrés africains avaient été assassinés, dont certains brûlés vifs ou égorgés, en ce mois de mai 2008 par des sud-africains noirs dans les townships des alentours de Johannesburg. Un phénomène qui n’avait rien de nouveau puisque notable depuis au moins trois ans, mais qui avait surpris par son ampleur, au point que le président Thabo Mbeki décida de déployer l’armée dans les townships.

Après avoir introduit son article en mentionnant un éditorial du City Press (quotidien à destination des sud-africains noirs) signé par Andile Mngxitama, où celui-ci expliquait que ces violences étaient dues à une forme de « négrophobie », John Carlin se sentit obligé de rechercher les causes de cette négrophobie avec sa petite grille d’analyse bobo. Conclusion, tout ça c’est social. L’économie sud-africaine connaît une croissance rapide, mais les couches les plus pauvres de la population n’en profitent guère. Une situation injuste qui alimente les actuelles poussées xénophobes. À moins qu’ils ne reproduisent ou mieux, singent, sur d’autres noirs, ce que le vilain blanc leur a fait subir… (Soupir).

Pourtant il me semble que le mot « négrophobie », employé par Monsieur Mngxitama, parlait de lui-même, non ? Que ce mot fait bien référence à une problématique raciale ?

Apparemment non, car pour le petit blanc, l’homme noir est incapable de se montrer xénophobe ou raciste. Décidemment, quel incapable cet homme noir ! Même pas fichu d’entrer dans l’histoire du racisme. Non, ses bouffées de violence ont forcément une autre explication.

Ah le mythe de l’homme africain, ce grand enfant aussi beau que sauvage, bon par nature ; incapable de concevoir des hiérarchies ethniques, de préméditer tout seul comme un grand quelques beaux nettoyages ethniques, ayant besoin du père blanc pour apprendre ce que l’imaginaire humain est susceptible de produire de plus pervers. Un mythe qui me met en transe systématiquement.

Car je rappellerai à John-Kevin Carlin, en guise d’exemple de racisme ou d’ethnicisme local, quelques hauts faits attribués à ce Chaka Zoulou qui me fascina tant, à travers la série télévisée, lors de mon adolescence.

Vois-tu mon petit John-Kevin , Chaka Zoulou fut au XIXe siècle le fondateur d’un empire sud-africain, l’empire Zoulou. Il était issu d’une ethnie dont le nom « Zoulou » vient de l’expression « ama zoulou », et qui signifie « le peuple du ciel ». Et oui, « du ciel », de tout là-haut, situé bien au-dessus de tout le monde. Une ethnie supérieure, quoi !

Vois-tu mon petit John-Kevin, pour bâtir son empire, qui quatre ans après sa première campagne militaire couvrait un territoire aussi vaste que la France, Chaka Zoulou pratiqua une politique d’assimilation aussi brutale que radicale. Les vieillards des peuples vaincus étaient supprimés, les femmes étaient incorporées et les jeunes n’avaient la vie sauve qu’à la condition de devenir de vrais zoulous en abandonnant leur nom, leur langue et en intégrant l’armée de Chaka. Je te laisse imaginer l’ampleur du carnage chez les peuples Nguni, Swazi, Sotho et Xhosa.

Alors John-Kévin, tu comprends mieux le sens du mot « négrophobie » employé par Monsieur Mngxitama où tu préfères continuer de confondre, ici, la mèche sociale avec l’explosif ethniciste ou plus largement raciste. Si t’as besoin de cours particulier, surtout n’hésite pas à appeler. Je te ferai un prix d’ami…

SILka SILou

Illustration ci-dessous : un petit diptyque que m’a inspiré un soir, ce Napoléon noir qu’était Chaka Zoulou ; un soleil noir à l’aurore dorée et au zénith déjà crépusculaire, rouge sanguinolent.

2 commentaires:

Tranxenne a dit…

Certes mais quel stratège de génie ce Chaka !

SIL a dit…

J’étais sûr qu’il te plairait et que t’as déjà du jouer avec sur CIV.

Il est vrai qu’ado, il me fascinait pour cela aussi. Quand on sait qu’il a refait le coup des Thermopyles à tout un bataillon anglais…

Dommage que l’aspect civilisateur a cédé le pas à l’aspect exterminateur…