mercredi 16 novembre 2016

Mon 13 Novembre 2015 en Israël (4/4)


Dimanche 15 novembre, 20h30, aéroport Ben Gourion. Après avoir pris le train qui relie Tel Aviv à l’aéroport, et avoir constaté que les entrées en gare sont munies, elles aussi, de portiques de sécurité à rayon-X sans que cela ne gêne le trafic passager, puis passé par les fouilles de sécurité de l’aéroport, elles aussi particulièrement approfondies, je me retrouve devant mon dernier falafel du séjour du côté de l’espace restauration. Mon vol Arkia a du retard. Je préfère cela au fait qu’il soit parti en avance sans me prévenir comme à l’allée.

Je pense à mon séjour, à ma joie d’avoir vu Dod Z et tante Belle, mais aussi à la triste ironie d’avoir vu depuis Israël mon pays frappé en plein cœur. Ça me rend malade. Je veux être à Paris. J’en ai besoin. D’ailleurs bien que travaillant demain matin, au lieu de rentrer directement chez moi, je me dis qu’il faut que j’aille marcher dans ma cité.

L’avion arrive un peu avant 3 heures du matin à Roissy. A cette heure-ci, l’attente devant la station taxi de l’aéroport s’annonce particulièrement longue. Par chance, un bus de nuit s’apprête à partir direction Paris gare du Nord. J'opte pour ce trajet. A bord du bus, cinq passagers dont moi en plus du chauffeur. Aux habits, il s’agit de quatre travailleurs de l’aéroport, deux maghrébins et deux africains qui rentrent du travail. Le chauffeur est lui aussi maghrébin. La radio est allumée. Les attentats y sont commentés. Tous écoutent les commentaires de façon quasi hypnotique, sans trop y croire. Je me dis qu’ils vont finir par réagir et apporter leurs propres commentaires que je suis curieux d’écouter, mais non. Silence dans les rangs.

Le trajet est assez rapide et je me retrouve assez vite du côté de la Gare du Nord. Je décide alors de traverser ma ville à pied avec mon sac à dos, comme dans ces processions rituelles antiques à Athènes, afin d’en prendre possession, comme si je souhaitais la laver avec mes pas de la souillure de ces démons. Paris est quasi désert. Je ne croise pour ainsi dire personne. Seules des voitures de police, sirènes hurlantes, croisent mon chemin dans la nuit.

Ma douce Paris, comment ces salauds ont-ils pu oser ? Une heure et demie plus tard je suis chez moi. Je tombe comme une masse. Cette marche m’aidera toutefois à dormir trois heures d’affilé. Je me lève et je repars au boulot.

Dans la journée, je contacterai le siège de la compagnie El Al à Paris pour leur demander comment ou quand récupérer mon appareil photo resté dans leurs locaux de Roissy. Ils m’expliquent que le stand n’est pas forcément ouvert en journée et qu’il n’est en service que lorsqu’il y a un vol de programmé. Je leur demande quand aura lieu le prochain. Ils me répondent qu’il y en a un de prévu ce lundi soir.

Après ma journée de travail,  je repars direction Roissy. Une fois là-bas, me voilà dans les couloirs de l’aérogare 2A. Et là, surprise. Je n’ai pas fini d’approcher du stand El Al que David me reconnait de loin, appelle Deborah et Rachel et se dirige vers moi presque en courant.

« Monsieur Sil, comment allez-vous ? Comment s’est passé votre séjour ? » me demande David tout en me serrant chaleureusement la main. Je réponds que si ces putains de nazis de l’islam n’avaient pas attaqué Paris, j’en garderais un meilleur souvenir. David me dit « et bien vous voyez qu’on est bien plus en sécurité en Israël qu’à Paris ! ». Je ne réponds pas. Je baisse les yeux et je me dis intérieurement que c’est un peu trop tôt pour de l’humour cathartique juif.

Tout en reprenant mon appareil photo, vu que les passagers du futur vol ne sont pas encore là, on discute un peu, notamment avec la belle Rachel qui parle parfaitement français mais qui m’avait interrogé en anglais pour mieux essayer de me déstabiliser. Elle a souligné ses lèvres d’un très joli rouge à lèvres pourpre. Voilà qui est tout aussi déstabilisant. Dieu d’Israël ce qu’elle est belle !

Avant de repartir, David propose que l’on fasse une photo tous ensemble. J’accepte bien volontiers. Aussi professionnels que sympas, voilà ce qu’ils sont. Je les salue une dernière fois et leur fais la promesse de ne voler dorénavant qu’avec la compagnie El Al.

Retour vers mon Paris traumatisé…


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