lundi 24 juillet 2017

Conflit Israélo-arabe : c'est l'histoire d'un p'tit gars...



Avec un  peu de retard pour cause de participation aux championnats du monde d'aqua-poney, voici un petit dossier à l'occasion de la commémoration du 50e anniversaire de la "guerre des six jours", mais aussi de la récente poussée de fièvre palestinienne :

Alors c’est l’histoire d’un gars, d’un petit gars qui marche tranquillement sur son tout petit bout de trottoir. Ce petit gars qui ne demande qu’à marcher sur son tout petit bout de trottoir tombe sur la demi-douzaine de lascars du quartier qui se veulent les propriétaires de tous les trottoirs du quartier. Ces lascars adossés toute la journée aux murs de la cité, ne les empruntent pas vraiment tous ces trottoirs mais il sont à eux par principe, voilà tout. Du coup ils ne veulent pas voir notre petit gars marcher sur ce trottoir. Voilà tout !

Le petit gars ne dit rien, il était juste venu se promener sur ce petit bout de trottoir. Alors il continue de marcher. Ça énerve les lascars. Le petit gars n’en a cure. Se décollant alors du mur, les lascars bloquent à 6 notre petit gars. Ils lui disent de dégager loin, très loin de leurs trottoirs. Ils rajoutent même histoire de l’impressionner qu’ils sont les champions du monde de boxe-locale. Celle qui se joue justement à 6 contre 1. Notre petit gars demande à passer. Les lascars sortent alors leurs tous nouveaux gants de boxe-locale, fabriqués en Russie . Ils ont bien envie de les essayer. Ça tombe bien, notre petit gars insiste pour passer.

Alors que les lascars commencent à taper sur notre petit gars, celui-ci leur décoche une mawashi-geri, un tobi-mae-geri, suivi de deux trois atemis bien placés et d’une balayette, ce qui met tous ces lascars par terre. Notre petit gars se trouve être ceinture noire 3e Dan de Karaté.

Et ses gros loukoums d’adversaires de zozoter à travers leurs dents toutes cassés. « C’est pas juste, on ne savait pas que tu faisais du karaté ».

C’est vrai ça. Comme le dirait l'AFP, c’est un scandale que ces petits gars ne portent pas de ticheurtes indiquant leurs niveaux de karaté et qu’ils refusent de se laisser emmerder. C’est vrai ça ! Aucune dignité les petits gars !


samedi 22 juillet 2017

Jérusalem : "jour de rage" palestinienne et médiatique

Vivement l'installation de détecteurs de mensonges
sur l'esplanade des médias !

Face au cinéma dramatique palestinien de ces derniers jours, subventionné pour partie par le contribuable européen, et encouragé par bon nombre de médias occidentaux, un très stricte rappel des faits s'impose:

- Le 14 juillet dernier, des policiers israéliens chargés de la sécurité du Mont du Temple, connu aussi sous le nom "d'esplanade des mosquées", premier lieu saint du judaïsme et troisième de l'islam, sont attaqués à l'arme à feu par  trois terroristes palestiniens à qui la sainteté du lieu avait sans doute échappé. Plusieurs policiers israéliens seront blessés et deux d'entre eux mourront.

- Suite à cela, l'installation de portiques de sécurité est décidée par les autorités israéliennes. Il s'agit des mêmes portiques qui protègent aussi bien l'entrée des gares, des centres commerciaux de Jérusalem, ou du Kotel connu sous le nom "d'esplanade du mur des lamentations", mais également ceux qu'une société israélienne avait installés à La Mecque pour protéger l'accès au premier lieu saint de l'islam.

- En réponse, la pseudo "Autorité palestinienne", qui alloue chaque année 300 millions de dollars à la rémunération d'activités terroristes (7% de son budget, provenant pour partie de nos généreuses subventions), décide de faire ce qu'elle fait de mieux, soit foutre le feu et sacrifier quelques jeunes en mal d'allocations familiales post-martyres, le tout dans le but de salir Israel, ce qui est son premier motif d'existence. 

- Tenant donc, non pas à garantir la sécurité du "troisième lieu saint de l'islam", mais bien à sanctuariser son caractère malsain, "l'Autorité palestinienne" organise  le bordel actuel. Émeutes et provocations s'enchainent. De son côté, le Hamas glorifie l'attaque au couteau d'une famille de civils israéliens à Halamish en Judée-Samarie (Cisjordanie) menée ce vendredi par l'un de ses jeunes militants, et qui s'est traduite par la mort de trois membres de cette famille. Attaque terroriste que le président de "l'Autorité palestinienne" n'a toujours pas condamné. (source) 

- Au même moment, le secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres,  publie une déclaration  condamnant l’attentat terroriste à Halamish, en Judée Samarie. Plus tôt dans la journée Guterres avait déjà exprimé son inquiétude face à la montée des violentes provocations palestiniennes dans la vieille ville de Jérusalem. De son côté l’ambassadeur d’Israël aux Nations Unies, Danny Danon, a également réagi à l’attaque, et déclaré que « L’incitation haineuse et la glorification de la violence par l’Autorité palestinienne ont conduit au meurtre d’Israéliens innocents, poignardés à mort dans leur maison ». (source) 

-  De mon côté je ne peux m’empêcher de constater le fait que la sévère mise au point que le président Trump avait servie à Mahmoud Abbas lors de son passage à Bethléem en mai dernier, n'a pas produit les effets escomptés. (source)

- Et pendant ce temps-là, au lieu de rappeler tout cela, une grande partie de nos médias décide de participer à cette toute nouvelle campagne d'hystérie nationaliste-arabe-palestinienne en nous sortant tous les poncifs habituels chers à ces mêmes nationalistes-judéophobes-arabes ("colons", "occupation", "lieu saint de l'islam", "humiliation", "activistes" etc).

En même temps, je comprends ces médias. Pendant qu'ils se focaliseront sur Israel, ces journalopes-gauchistes, suce-bites du nationalisme-arabe et fascisme-islamique, représentant 2/3 des journalistes, n'auront pas à se pencher sur les dizaines de morts qui jonchent les trottoirs de ce très mortel paradis socialiste qu'est devenu le Venezuela, ou encore sur ce nouveau cauchemar moyen-oriental qu'est la folie grandissante du tyran Erdogan, celui-ci souhaitant maintenant "décapiter les traitres"...


vendredi 21 juillet 2017

Ken-Macron : habille-le comme tu veux !


Profitant du gout particulièrement prononcé d'Emmanuel Macron pour les déguisements (président de la république, pilote de chasse, divinité gréco-latine, etc), mais aussi de la popularité mondiale grandissante de notre beau-gosse-en-chef national, le Ministère des Finances pense tenir enfin la solution pour renflouer les caisses de l’État.

Bercy vient en effet de conclure un partenariat avec la société Mattel dans le but de distribuer une nouvelle version de la poupée Ken, la Ken-Macron déclinable à l'envie et dont notre cosplayeur présidentiel se chargera de la promotion en fonction de ses fantaisies costumadières du moment. Une poupée Barbie-Brigitte serait également à l'étude (!)



jeudi 20 juillet 2017

Antisémitisme et antisionisme : c'est kif-kif bourricot !


A l’heure où d’aucuns s’étonnent voire s’offusquent des propos du président Macron affirmant ne rien vouloir céder "à l'antisionisme, forme réinventée de l'antisémitisme", un petit rappel s’impose. 

Comme vous allez vous en rendre compte, je pourrais faire de la brillante analyse qui suit un petit essai de 50 pages qui ne manquerait pas de me rapporter quelques pépètes, mais voilà, non seulement je n’ai pas le temps, et surtout un simple billet suffira pour démontrer qu’antisémite et antisioniste c’est kif-kif bourricot. Pour l’essai, un auteur aussi désœuvré que dans le besoin n’aura qu’à développer le petit canevas qui va suivre. Je lui demanderai juste de signer un petit chèque de remerciement à l’ordre du budget de la défense nationale. Suite au récent coup de rabot de 800 millions d’euros, m’est avis que nos forces armées ne se montreront pas hostiles à un peu de mécénat. Mais revenons à nos moutons ou plutôt à nos bourricots.

Voyez-vous, comme dans toute pathologie de ce genre, ce ne sont pas les faits qui comptent, mais les fantasmes. Aussi, peu importe que pendant 2000 ans, la diaspora israélite, ne soit restée qu’une minorité, qu’elle n’ait à aucun moment cherché à disposer d’un Etat à elle au sein de nos nations européennes, n’ait jamais commis d’exactions militaires sur ses voisins, ou même qu’aucun Juif n’ait jamais régné sur aucune de nos nations, imposant l’hébreu pour langue, le judaïsme pour religion d’État et la guerre ou la colonisation pour politique d’expansion. Peu importe que les terres, les châteaux de la Loire et autres réels symboles de richesse ou puissance n’aient jamais été juifs. Peu importe. Dans cette maladie qu’est l’antisémitisme, ce qui a toujours compté, c’est le délire. Celui voulant que le Juif soit un assassin par nature pour la « sainte » raison que des Juifs aient condamné à mort un autre Juif du nom de Jésus ; mais aussi cette autre folie poussant certains à accuser les Juifs d’empoisonner les puits des Chrétiens, de manger les enfants chrétiens pour Pessah ou d’être les propagateurs de la peste noire ; ou encore ce fantasme qui ferait du Juif l’unique ou principal vecteur de la corruption et ruine de ce bas monde. Ah, la fixette juive. Toutes choses, qui dans la tête de nos malades, justifierait l’annihilation du Juif.

La fixette et le fantasme, exactement les mêmes symptômes que l’on retrouve dans l’antisionisme.

Là aussi, peu importent les faits, seul compte le délire. Peu importe qu’Israël soit effectivement le berceau national du peuple hébreu, dépossédé de celui-ci par plusieurs empires successifs (romain, arabe puis ottoman),  et que le « sionisme » se définisse non pas comme un délire « impérialiste » (Israël = 20 000 km2, même pas deux fois l'Île-de-France) mais comme le simple droit du peuple hébreu à redisposer de lui-même sur les terres de son berceau national. Peu importe que les très haineux voisins d’Israël aient cherché dès la déclaration d’indépendance de 1947 à annihiler à plusieurs reprises le petit état hébreu et que certains le cherchent encore ; que les Israéliens n'aient fait que se défendre, rétrocédant des territoires chaque fois que la paix était garantie ; que les Israéliens demeurent une minorité dans ce médiocre-orient sous domination arabo-musulmane ; que malgré tout cela, les Israéliens arabes disposent des mêmes droits politiques que les autres Israéliens et de bien plus de liberté que dans les pays arabes. Peu importe l’évidence. Ce qui compte c’est de fantasmer. De prétendre qu’Israël est raciste, et qu'il n’a pas le droit comme la plupart des États, d’être le foyer d’un peuple identifié depuis des millénaires. De prétendre que l’existence d’Israël empêche non seulement la paix dans la région mais menace également celle du monde. Peu importent les dizaines ou centaines de milliers de victimes en Syrie, en Irak, au Darfour, au Congo, au Tibet et ailleurs. Seul compte le prétendu « génocide » que perpétrait Israël sur ses voisins arabes. Un État d’Israël qui n’hésiterait pas à user d’armes et de méthodes diaboliques, un peu à l’image du vieux mythe du Juif empoisonnant les puits chrétiens ou rependant la peste. Une « entité » israélienne qui aurait pour vocation de s’étendre et de s’enrichir à l’infini. Il est vrai qu’Israël est à ce point vaste et riche qu’elle en éclipse par sa splendeur celle des monarchies arabes. Que ne les voyez-vous pas toutes ces tours dorées à Jérusalem où s’affairent des légions de serfs philippins aux passeports confisqués, n’est-ce pas ? Un État d’Israël qui serait le principal vecteur de la corruption et ruine de ce monde. Ce qui dans la tête de tous ces malades justifierait son annihilation.

CQFD, antisémite, antisioniste, c’est kif-kif bourricot !

Que fais-je des Israéliens ou des Juifs antisionistes, alors ? C’est simple, je ne m’en étonne pas et je les traite de bourricots. Ne m’en étonne pas car tout comme il y avait des Juifs antisémites, des kapos (gardiens de camps de concentration) juifs, quoi de plus logique qu’il y ait des Juifs ou des Israéliens antisionistes, des Juifs ou des Israéliens touchés par la haine ou le mépris de soi, tout simplement parce qu’ils confondent saine autocritique et légitimation des délires véhiculés par leurs bourreaux ou ennemis. Bourricots donc !

Tous antisémites alors ? Pas vraiment. Bourricots surtout. Dans toute cette triste histoire, il y aura toujours plus d’ignorants, d’imbéciles, d’idiots utiles, de lâches, de suiveurs et d’opportunistes que d’antisémites ou d’antisionistes aussi engagés qu'enragés. Bourricots donc !

lundi 17 juillet 2017

Trop de lutte tue la lutte !

  Photo rare de la CGT pour une fois Au Boulot :-)

Elle est décidément bien marrante cette capacité humaine à refaire régulièrement les mêmes âneries, puis à redécouvrir avec la même régularité les vertus de l'eau tiède. En effet, ces temps-ci, en bien des domaines, on redécouvre ce vieux principe voulant qu’un système de rendement, qu’il soit économique, social ou étatique, est voué à atteindre un seuil à partir duquel il devient plus destructeur que producteur.

Ça marche pour les impôts, à travers la courbe de Laffer voulant que trop d’impôt finit par tuer l’impôt, soit en asséchant les vaches à lait, soit en faisant fuir les poules aux œufs d’or.

Ça fonctionne pour la « nouvelle économie » à travers le cas Uber démontrant qu'un excès de concurrence, notamment par une guerre des prix  mal maitrisée, finit par tuer les rendements de tous les acteurs du secteur.

Et c’est valable aussi, figurez-vous, en matière sociale. Bah oui ! C’est bien beau de vouloir conquérir toujours plus de « droits » payés par l’entreprise ou le contribuable, mais si au final ces « droits » se retrouvent vides de moyens et de réalité faute d’entreprises rentables et donc d’emplois, nous voilà tous bien avancés.

Il n’y a que la CGT et autres marxistes, pour ne pas le comprendre, et ce malgré les réformes menées à bien par certains de nos voisins, ayant remis bien des économies et leurs systèmes sociaux sur pied. 

Non ! Nos pignoufs de la lutte des classes préfèrent une lutte sans fin même si elle doit se terminer au mieux en victoire à la Pyrrhus, au pire en cataclysme économique et social. Voir le cas Vénézuélien, passant en quinze ans de délires marxistes, tant vantés par Mélenchon CGT & Cie, du statut de pays le plus riche et prometteur d’Amérique latine, à celui d'énième nation sombrant dans l’enfer socialiste…



vendredi 14 juillet 2017

L’amour est voyage et vice-versa


Dans la continuité de mes souvenirs sino-sentimentaux du mois dernier, maintenant que j’y pense, à de rares exceptions près, celles qui confirment la règle, la plupart de mes plus belles rencontres, et ce dès la première, furent faites sur la route. Comme quoi...

J’ai approché la mère de mes enfants lors d’une sortie scolaire à laquelle nous participions tous les deux. Après avoir passé la journée à crapahuter avec des élèves de banlieue sous la pluie dans le Parc de Sceaux, elle acceptait un chocolat chaud. Le premier sur le sentier d'un périple montagneux d'une quinzaine d'années.

Le chemin de l'école, le seul point commun avec mon premier amour que j'ai rencontré sur celui du lycée. Nous habitions non loin l’un de l’autre, dans des rues adjacentes à l’avenue Raymond Poincaré, et nous nous dirigions, à la même heure, à quelques mètres de distance, plusieurs fois par semaine, vers la bouche de métro du Trocadéro, à destination du lycée Molière. Nous ne nous connaissions pas. J’étais en terminale et elle en première. J’avais certes remarqué cette sublime jeune fille blonde mais comme la timidité me maintenait à l’époque encore bien muet, je n’osais pas l’aborder. 

C’est elle qui m’a adressé la parole pour la première fois. Mon sac à dos de l’armée américaine, offert par un habitant de mon immeuble, et mon bombers kaki épinglé de pins US, intriguaient cette binationale américano-néerlandaise. Un matin elle me demande si on peut faire le chemin du lycée ensemble et si je suis Américain. 

Cette grande amoureuse de chansons sentimentales, amour qu’elle m’a transmis, venait de faire le « premier pas ». Le premier d’une longue discussion, de longues promenades le long des quais de Seine après les cours, mais aussi de toutes ces heures tendres passées enlacés sur les bancs de l’île aux Cygnes ; sans oublier ces virées chez moi au Portugal et chez sa grand-mère du côté de Arnhem dans l’Est des Pays-Bas.

Mes papilles frétillent encore de ces délicieux souvenirs de krentenbollen, ces petites brioches hollandaises au raisin, tartinées de beurre de cacahuète « Calvé » au petit-déjeuner. Mes yeux n’ont rien perdu des balades sur les digues de la Mer du Nord, et de ces autres joyeux moments passés avec cette famille que j’adore, et avec qui j’ai maintenu le contact en dépit du temps et de la distance. 

Malgré leur amour de l’Europe, l’appel de l’Amérique fut en effet le plus fort. Mon Alexa part après son Bac aux USA puis devient hôtesse de l’air dans une compagnie américaine. Et moi je me revois, comme si c’était hier, angoissé comme jamais, lui adressant un courriel pour lui demander de ses nouvelles, tout en priant tous les dieux du ciel comme des enfers pour qu’elle ne soit pas à bord de l’un des avions qui vient de s’encastrer ce jeudi 11 septembre 2001 dans les tours du World Trade Center.

Un an après le départ de « la fille de ma vie », comme elle le disait, je fais la rencontre d’une femme extraordinaire, de ces rencontres que je qualifie d’initiatiques. J’ai 19 ans, elle en a 35. Je suis là, en Norvège, du fait de l’un de mes premiers très nordiques appels. Elle s’y trouve afin de préparer son prochain rôle dans une pièce de théâtre écrite par le grand dramaturge norvégien Henrik Ibsen. Ce sera sa deuxième pièce ibsénienne après « une maison de poupée », mais la première fois qu’elle montera s’imprégner du Nord.

C’est le soir. Après avoir passé la journée à faire le troll dans les Alpes de Romsdal, je suis à table avec la dalle, au milieu d’un groupe composé en grande partie de professeurs passablement ennuyeux, exceptée Magali dont je goute chaque parole portée par sa voix magnétique et suave, mais pas seulement. J'ai du mal à la quitter du regard. Outre le fait de ressembler à Madeleine Stowe qui vient de me subjuguer cette même année au cinéma dans « le dernier des Mohicans », cette très jolie petite brune au charme délicieusement français me rappelle décidément quelqu’un. 

Lorsqu’elle me dira, plus tard, dans quel film je l’ai vue, je me taperai le front d’un « bon sang c’est ça ! » tout en rigolant au souvenir de sa tirade culte "il a mangé mamour !" dans cette comédie non moins culte pour toute une génération de bacheliers. 

Là, en me disant, « j’ai déjà vu cette femme quelque part », je n’imagine pas une seule seconde que quoi que ce soit d’aventureux puisse se produire. Par contre j’aime de plus en plus la regarder, l’écouter, mais aussi la taquiner de temps en temps, chose qui semble lui plaire. Or c’est ainsi que l’inattendu va advenir tel un coup de marteau du dieu Thor.

Quelques jours après, nous sommes dans le bus retour de Norvège. Nous traversons ma douce Allemagne. Je me trouve tout au fond du car. Magali occupe la rangée devant moi. En ce mois de juillet 1993, il fait chaud. Les femmes du fond se mettent à discuter de la chaleur et de la moiteur ambiante. Magali me demande mon avis. Je réponds je ne sais plus quelle bêtise. Elle sourit avant de lâcher « vivement Paris que je prenne une bonne douche ». Sur ce je rebondis avec une bêtise dont je me souviens parfaitement de chaque mot, et que j’avais lancée le plus innocemment du monde. « Moiteur pour moiteur, avant de te doucher, nous ferons l’amour ». Les filles rigolent. Magali sourit. La discussion se poursuit tranquillement dans la nuit. 

Subitement les filles de poupe demandent au conducteur, avec qui elles avaient sympathisé, et qui venait de mettre de la musique, s’il peut faire jouer quelque chose d’un peu plus dansant. Le chauffeur nous met une cassette de titres "dance" en vogue au début des années 90, nous demande de tirer les rideaux du bus et nous accorde 10 minutes de dancing compte tenu du fait qu’il est interdit de danser dans un bus en marche. 

On n’en demandait pas tant. Nous autres joyeux lurons de l'étambot, nous dandinons quelques instants dans la travée centrale de l’arrière car, notamment sur le "what is love" de Haddaway. 

Enfin, histoire de nous faire redescendre tranquillement, le conducteur met un slow, le « just around the corner » du groupe Cock Robin. D'humeur légère, je demande à Magali, si elle veut bien m'accorder cette balade. Elle me dit oui et colle son adorable visage contre mon poitrail. Celle-là je ne l’avais pas vu venir. Me voilà beaucoup moins détendu tout d’un coup.

La musique s’arrête. Non sans une pointe d'émotion, je la remercie. Elle me sourit et nous retournons à nos places respectives. Il ne doit pas être loin de minuit. La fatigue se fait ressentir. Magali, devant moi, incline légèrement son siège vers l’arrière. Je suis juste derrière. Je finis par caler mes genoux dans l’espace offert entre l’inclinaison de son siège et celui à sa gauche resté droit. Je mets les écouteurs de mon walkman et enclenche la cassette audio compilant mes titres sentimentaux préférés. 

Alors que je regarde par la fenêtre, soudainement je sens que la main de Magali vient de se poser sur mon genou placé dans l’interstice des sièges. Patatras ! Le marteau de Thor vient de s'abattre sur moi.  Et comme frappé par la foudre, le temps s'étire indéfiniment.

Reprenant mes esprits, je vois dans le reflet de la vitre que Magali semble dormir. Par conséquent je me dis qu’il s’agit certainement d’un geste involontaire. Et puis je pense au slow d’il y a plusieurs minutes. Et puis je me redis que ça ne peut pas être volontaire. Cette femme est beaucoup trop extraordinaire. Je ne suis rien, rien d’autre qu’un gamin. Je suis, je suis surtout totalement tétanisé par cette main posée sur mon genou, le front perlant à grosses gouttes. Putain de moment de solitude!

Mon instinct finit par envoyer au diable mon Surmoi. Je pose ma main sur la sienne et commence tout doucement à en caresser les contours. Je me rends compte très vite qu’elle ne dort pas, contrairement au reste du bus. Très discrètement elle se lève et vient me rejoindre. Avec sa voix délicatement posée et un doux sourire, elle me dit « j’ai cru que tu ne poserais jamais ta main sur la mienne » puis elle m’embrasse. Elle a des lèvres aussi douces que passionnées. Plus de vingt ans après, j'en ai encore le goût en bouche

Elle me demande ce que j’écoutais. Je lui mets l’un de mes écouteurs dans l'oreille et appuis sur le bouton "lecture". Elle me regarde surprise et sourit en découvrant qu'il s'agit de « strangers in the night » de Franck Sinatra. Tout en gardant l’écouteur, somnolente, elle se recroqueville sur la banquette et pose sa tête sur mes cuisses. 

J’ai l’impression d’être dans un film tant c’est irréel. Je caresse son merveilleux visage et m’attarde longuement sur ses longs cheveux châtains. Les lignes de ses épaules, de sa nuque et celles de sa poitrine sont beaucoup trop tentantes pour que je n’entame pas leur exploration du bout des doigts. J’ai dû passer une heure à la câliner puis à veiller sur son sommeil afin qu’elle ne tombe pas de la banquette arrière de ce bus béni par Freyja.

A l’approche de Paris, elle se réveillera dans la même position en souriant, et m'embrassera avant de rejoindre discrètement sa place. Nous nous reverrons le soir même. 

Et trois mois durant, j’apprendrai comme jamais, au contact de cette grande dame : sur la vie ; sur les femmes ; sur les hommes vieux ou jeunes ; l'amour, l'amitié et le sexe ; sur les névroses, les turpitudes destructrices et l’entre-soi du milieu du spectacle parisien. 

Trois mois où elle me marquera au fer tendre, avec ses attentions classieuses et bienveillantes à mon égard ; avec sa fougue de femme française libre, et ses attendrissants miaulements de plaisir ; nos sorties au théâtre ; les fois où je la contemplerai donnant tout son être sur les planches ; ces choses qu’elle me dira, et que je mettrai, pour certaines, des années à comprendre ; tout ce qu'elle m'offrira en si peu de temps ; sans oublier son fabuleux sourire.

Sa vie de saltimbanque l’entrainera, elle aussi, de l’autre côté de l’Atlantique, au Canada. Elle doit approcher maintenant, la soixantaine d’étés, et vous n’imaginez pas ce que je donnerais pour pouvoir serrer contre moi, avec toute la tendresse que j’ai, son doux visage que j'imagine toujours aussi souriant.

Moralité, la vie comme l’amour étant mouvement, il ne faut surtout pas que j’arrête de marcher. Ça m'a plutôt bien réussi. Et puis sait-on jamais, je pourrais enfin trouver la bonne, celle à côté de qui il fera bon vagabonder le restant de mes années. Alors en route !



mercredi 12 juillet 2017

Seu Jorge - Changes


Pause musicale-mercuriale-sentimentale avec Seu Jorge

Il y a comme ça des textes qui vous parlent à la virgule près, des textes que seuls les frangins Brésiliens savent composer. Petite traduction maison :








vendredi 7 juillet 2017

Wonder Woman pour les Nuls


"Zeus a créé l'humanité à son image, 
juste et sage, forte et passionnée" Hippolyte

Entre les pays qui boycottent Wonder Woman par Judéophobie ou antiféminisme-islamique (Liban, Qatar, Algérie, Tunisie), et les publics qui la boudent par antiaméricanisme-bouffon (public bobo-parigot), quand ce n'est pas par jalousie ou effondrement psychologique face à la beauté de l'actrice, il m'est apparu nécessaire d'intervenir comme il se doit, soit avec toute l'arrogance intellectuelle testostéronée dont je peux faire montre :-) C'est qu'au bout de l'énième "comment apprécier un film débile américain sur les Amazones", je deviens d'humeur joueuse. 

Premièrement, je suis toujours amusé  devant l'expression de la beauferie pédantesque franchouillarde. Oui ! Entendre accoler le mot "débile" à un pays qui produit le plus grand nombre de brevets, de prix Nobel et d'excellence universitaire ou artistique, me divertit. 

Deuxièmement, outre le fait que j'aime la réalisation de ce film par Patty Jenkins (réalisatrice du célèbre "Monster" en 2003), et tout particulièrement l'interprétation de la magnifique Gal Gadot (Miss Israel 2004 et ancien officier instructeur dans les Forces de Défense Israéliennes), Wonder Woman est l'un de mes super-héros sinon mon super-héros préféré depuis l'enfance. Sans doute pour la bonne raison qu'elle est, pour parler comme Carl Gustav Jung, une sublime figure archétypale (figuration psychique idéale) de Liberté et de Justice. A plus forte raison que dans cette nouvelle mouture, la figure de l'Amazone est en paix avec son pôle masculin (animus), plus tournée vers le principe de vie (libido) que vers celui de mort (destrudo), toujours selon la grille psychanalytique. 

Troisièmement, les amateurs d'art savent que Delacroix s'est inspiré de la figure de l'Amazone (celle de Sosiclès) pour peindre "la Liberté" en armes guidant le peuple. Tableau qui m'est venu à l'esprit lorsque j'ai assisté à la scène où Wonder Woman entraine avec elle  les soldats des tranchées françaises libérer un village belge réduit en esclavage. Scène d'où est tirée l'affiche du film ci-dessus. Or quand on connait l'excellente formation artistique dont bénéficient bon nombre d'auteurs des studios américains, on se dit que le clin d’œil est certainement volontaire. 

Vous voilà très chers cuistres armés de quelques outils intellectuels supplémentaires qui vont permettront d’apprécier un peu mieux cette  œuvre "débile américaine". Ne me remerciez pas (gros soupir)...


lundi 3 juillet 2017

Jupiter-cosplay : Macron joue-t-il avec la foudre ?


Puisque la tendance est à se prendre pour un dieu gréco-latin, je vous avouerai bien volontiers que face à Emmanuel Macron, je me trouve un peu Janus voyant double ou plutôt pris un tantinet entre deux feux. C’est que je l’admire autant qu’il me fait du souci.

Il est en effet admirable de voir un gamin de mon âge parvenir au top de façon foudroyante, nous débarrassant au passage des faces décaties de tous ces vieux Titans du sérail politique. C’est du grand art ! Tellement grand que ses petites erreurs ont ceci de bienvenues qu’il en deviendrait presque inquiétant sans elles. Admirable également d’offrir au monde un beau visage français dont nous pourrons être fiers, au lieu des photos grand-guignolesques de vieux Satyres politiques casque de scooter à la main et quéquette coincée dans la braguette. Vraiment très jolie, la photo officielle ! Tel OSS117 je vais pouvoir la montrer à l’étranger en disant « c’est Minou notre Raïs à nous ».

Par contre certains des mêmes motifs d’admiration me font du souci. Tout d’abord, pour connaitre assez bien le très bouillonnant bain endocrinien dans lequel on nage à cet âge, et avoir parcouru les études qui soulignent les similitudes hormonales entre hommes politiques et acteurs de films pornos, j’espère qu’il a ce qu’il faut en pharmacie pour l’aider à gérer. Ne rigolez pas ! Un tel shoot de pouvoir à 40 ans est un coup à tringler violemment les six prochains mois tout ce qui passe le seuil du bureau présidentiel. Vu qu’en plus il a décidé de s’identifier à la divinité la plus infidèle et queutarde qui soit, j’espère que Brigitte Junon veillera au grain. Je ne voudrais pas que notre bel empereur-dieu chope la chtouille lors d'orgies bachiques, mais aussi qu’il trahisse toutes les promesses qu’il a faites au peuple dans l’espoir de se faire porter à l’Élysée. Enfin j’espère surtout qu’il ne finira pas comme Icare. Les déguisements de dieux ayant ceci de commun avec ceux des oiseaux qu'ils fondent au Soleil.

Sinon, heureusement que les militants LREM sont là pour me détendre. Depuis l’élection de leur « maitre des horloges », ils n’ont pas cessé de me faire rire. Un coup en condamnant la liberté de la presse qui leur avait pourtant si bien servi lorsqu’elle révélait les turpitudes de François Fillon, presse qui malgré ses défauts est bien la seule institution de notre pays qui œuvre actuellement à la moralisation de la vie politique. Celui d’après, en nous jouant le grand air du complot depuis que les affaires Ferrand, Modem, Pénicaud, etc font  surface. Mais surtout en tenant à faire preuve de cette cécité et de ces petits arrangements avec la vérité et morale bien de chez nous, tout en se faisant les chantres d’icelles.

Toutes choses qui, histoire de conclure sur une note gréco-latine, faisaient déjà bien rire Jules César lorsqu’il rédigeait « La guerre des Gaules », et qui malgré le mythe en vogue du « renouveau », me font finalement dire « Nihil nove sub sole ».



PS : extrait de "la guerre des Gaule" : « Les décisions des Gaulois sont soudaines et impulsives ». César souligne « la pusillanimité [la fuite devant les responsabilités, le défaut de caractère et de force morale] des Gaulois, car ils changent facilement d'avis et sont presque toujours séduits par ce qui est nouveau ». « Dans les villes, la foule entoure les marchands et les oblige à dire de quel pays ils viennent et ce qu'ils y ont appris. Sous le coup de l'émotion que provoquent ces nouvelles ou ces bavardages, il leur arrive souvent de prendre sur les affaires les plus importantes des décisions dont il leur faut incontinent se repentir, car ils accueillent en aveugles des bruits mal fondés et la plupart de leurs informateurs inventent des réponses conformes à ce qu'ils désirent. ». « Leur emportement naturel et (...) la légèreté (...) [sont] le trait dominant de la race, (...) [ce] qui leur fait prendre un bruit sans consistance pour un fait certain. ». (source)