samedi 4 août 2007

AMERICAN IDOL : BARACK OBAMA


Le mois de mai dernier, pour la promotion du Film Spider-man 3, Kisten Dunst qui joue la fiancée de l’araignée, fut l’invitée du Journal de France2. Du Film, les questions passèrent aux EUA et aux élections de 2008. Kirsten Dunst affirma en rougissant qu’elle soutiendrait le sénateur Barack Obama. « Pourquoi » demandit le speakerin. « Parce qu’il est beau » répondit l’actrice.

Et bien, sachez chère Kirsten Dunst que je suis d’accord avec vous. Barack Obama est beau, très beau même. Ce qu’ils peuvent être beau tous ces métis… Mais bon, parlons fond car les formes de Rihanna, la sublime petite métisse du R&B me viennent en tête comme un peu plus bas, ce qui devient de plus en plus dur à gérer.
Oui, revenons au fond d’Obama car il m’importe plus que sa forme, beaucoup plus. Son parcours et ce qu’il en a tiré m’importent, ce qu’il dit me parle et comment il voit l’Amérique attire mon attention. Et c’est ainsi en ce 4 août 2007, jour de son 46e anniversaire, que ce billet va casser la baraque avec un éloge digne d’une midinette hystérique. Accrochez-vous les filles parce que moi aussi, je lui kiffe grave sa race, à ce mec.

Je kiffe ce qu’il a su faire de ses héritages, souvent antagonistes. Après un long conflit intérieur propre à bien des métis, Barack a su en faire un dialogue. Un dialogue entre ses racines « blanches comme le lait » et Cherokees, transmises par une mère originaire du Kansas, descendante du président sudiste Jefferson Davis, et ses racines « noires comme le charbon » transmises par un père Kenyan. Un dialogue entre ce qu’il apprit à Djakarta, lorsque sa mère décida de s’y installer avec son deuxième époux indonésien, et ce qu’il apprit à Hawaï chez ses grands parents maternels où il vécut à partir de ses dix ans. Un dialogue entre ce qui lui fut enseigné dans l’Université de Californie et celle de New York. Les voyages forment la jeunesse. Il fut bien formé. A fond.

Une fois formé, j’ai tout autant kiffé ses choix. Après un début de carrière professionnelle dans la finance, le voici qui devient animateur social dans des quartiers populaires. Le savoir étant une route, qu’il convient de ne jamais quitter des yeux, le voici qui part étudier le Droit à Harvard d’où il sortira diplômé avec les félicitations et où il deviendra le premier éditeur en chef noir de la prestigieuse « Harvard Law Review ». Après ça, un nouveau choix s’offre à lui. Choisir d’intégrer un grand cabinet d’avocats ou bien défendre les victimes de discriminations raciales. Il choisit la deuxième voie en intégrant un cabinet juridique spécialisé dans les droits civiques, tout en étant conférencier en droit constitutionnel à l’Université de Chicago. Savoir et Choisir.

Choix qui inspireront ses combats politiques. Défendre les droits des homosexuels. Favoriser l’extension de la couverture médicale. Augmenter les fonds destinés à la lutte contre le Sida. Encourager les prêts aux étudiants défavorisés. Alerter le Monde sur le drame au Darfour. Sans oublier celui concernant la guerre en Irak. Il était contre.

Bien qu’ayant été pour, contrairement à lui, je me dois de saluer ses arguments, assez cohérents quand il dit « qu’il y a des patriotes qui désapprouvent la guerre en Iraq et des patriotes qui la soutenaient. Nous sommes un peuple, jurant fidélité au drapeau, défendant tous les EUA . » Ou encore quand s’agissant de la guerre en général il dit à l’automne 2002 « Je ne suis pas contre toutes les guerres ; je suis seulement contre les guerres idiotes ». C’est son choix et je le respecte.

Maintenant, le voilà candidat pour 2008. Un candidat qui s’est engagé à rassembler les Américains au-delà des partis et des stéréotypes socioculturels. Un engagement dont il avait déjà annoncé la multi-couleur lors d’un discours à la convention démocrate de 2004. Discours avec lequel il avait électrifié l’assistance en disant « Il n’y a pas une Amérique rouge des Républicains et une Amérique bleue des Démocrates. On prie aussi dans les Etats bleus et on a des amis homosexuels dans les Etats rouges ».

Stratégie disent certains. Non ! Tout simplement parce qu’il incarne ce rassemblement.

Qui peut le mieux rassembler l’Amérique, si ce n’est celui qui ressemble à l’Amérique. Celui qui porte tous les sangs de l’Amérique, dont les racines plongent dans tous les sols de l’Amérique. Un homme ayant fait la synthèse en lui-même, la synthèse entre les sangs et le sol, les passés et l’avenir. Un homme qui fait l’apologie du rêve américain.

Et oui, Barack Obama est l’Amérique accomplie, unie. Il porte en lui l’état d’union des Amériques. Il démontre que c’est possible, il est l’homme de l’espoir. Un espoir aussi parce qu’il sait qu’Être ne suffit pas. Lorsqu’il dit « je n’ai pas encore de place dans l’histoire car je n’ai encore rien fait », il le souligne. Être pour Faire. Savoir pour choisir. Oui, il est le candidat idéal et même si je me plantais dans ce choix, s’il n’y a pas d’homme providentiel, il représente en tout cas un espoir pour beaucoup d’Américain et pour beaucoup de ceux qui aiment l’Amérique et les Américains. Et c’est déjà beaucoup.

Qu’en disent ses adversaires. Comme sur le fond, ils ne sont pas de taille, ils jouent avec la forme en sortant des niaiseries dignes d’Homer Simpson. Certains le croquent en Bambi candide. Obambi pour Obama. D’autres poètes à la finesse toute texane font rimer Obama avec Oussama. Une jolie rime riche. Un jeu de mots auquel je réponds avec un autre qui fera une nouvelle fois de Barack obama le candidat idéal.

Au pays où l’on ne cesse de jurer «que Dieu bénisse l’Amérique », Barack signifiant « béni » en arabe et swahili, je me vois bien dire « que Dieu barack l’Amerique ».

Que mes lecteurs laïcards me pardonnent ces épanchements mystiques mais dans une « Nation under God », il s’agit ainsi de ne pas flinguer les chances d’un candidat aux présidentielles. Un candidat qui se faisait engueuler quand petit il grimaçait pendant les cours de Coran à Djakarta. Un candidat qui fut agnostique pendant longtemps et chrétien light depuis peu.

D’ailleurs, pour l’aider à compenser ce léger déficit, je me propose d’augmenter son capital religieux en invoquant ici un midrash qui j’espère lui portera bonheur. Le « midrash » est un terme hébreu désignant un commentaire biblique, une exégèse ou bien un conte de tradition orale. Or un Midrash raconte que Dieu utilisa deux sortes de poussières pour créer Adam. L’une prise par l’ange Michel sur le Mont sacré de la Moriah et une autre prise par l’ange Gabriel aux quatre coins du monde. Le tout ayant été mouillé d’une eau puisée dans tous les fleuves et dans toutes les mers.
Un midrash que je vois tout personnellement comme une valorisation du métissage, Adam étant le fruit de tous les sols. Un Métissage qui n’est pas l’ennemi de l’identité individuelle ou collective puisqu’il n’y a qu’à voir les différents Etats métis, les métis eux-mêmes et Barack Obama, le métis qui se définit comme Américain.

Le métis Obama serait-il l’Adam d’un continent où tous les sangs du monde se sont rejoints pour y façonner l’Homme accomplit, l’Homme nouveau, celui d’un Nouveau Monde ? Pourquoi pas. Barack Obama est déjà beau comme le fils de l’Homme quand il porte un costume. Il doit l’être d’autant plus, en tenue d’Adam…

Allez les filles, toutes avec moi, tout en chantant « happy birthday Mister Democrate », en attendant de lui chanter « happy birthday Mister President », allons donc lui piquer sa feuille. À moi ce trophée. À vous tout le reste. Allez les filles, sus à la feuille !

Mister SIL Democrate

P.S : C’est bon, ça va ! Ils m’emmerdent tous ces aigris. On a tous le droit à notre quart d’heure midinette après tout, et moi quand j’aime, j’aime. Quant à ceux qui ne seront pas contents de mes écarts spirituels qu’ils se disent qu’un peu de spiritualité dans ce monde de fanatiques ne peut pas leur faire du mal. Non mais !

P.S.2: Le Republicoin est en vacances jusqu'au 24 aout. Bonnes vacances à tous et @ bientot!

2 commentaires:

David a dit…

Blog très intéressant, je t'invite à venir visiter celui de L’Apologie du Métissage : Les métis célèbres

A bientôt

Le Métis a dit…

Sil,

Le republicoin est vraiment un site intéressant, je me demande combien de temps tu lui consacres quotidiennement !!

Merci pour ce bel hommage à Obama, bien écrit, bien documenté, je vais lier cet article à celui (bien plus court et de moins bonne qualité) consacré à Obama sur L’Apologie du Métissage. Je vais également mettre SIL sur la blogroll.

Encore bravo