Dans ses «Voyages dans ma
Terre», Almeida Garrett confesse ceci :
« Lecteur
bienveillant, à cette occasion je vais t’expliquer comment, de nos jours, nous
faisons notre littérature. Il ne m’importe plus de garder le secret (…) Tu
sauras donc, ô lecteur, comment nous autres faisons ce que nous te faisons
lire.
S’agit-il d’un roman,
d’un drame - crois-tu que nous allons étudier l’histoire, la nature, les
monuments, les peintures, les sépulcres, les édifices, les mémoires de l’époque
? Ne sois pas niais, monsieur le lecteur, et ne t’imagine pas que nous le
soyons. Dessiner des caractères et des situations d’après le vif de la nature,
les colorer des vraies couleurs de l’histoire… cela est un travail difficile,
long, délicat, qui exige une étude, un talent, et surtout du tact !… Non,
monsieur : la chose se fait beaucoup plus facilement. Je te l’explique…
»
Chère lectrice et cher
lecteur, j’ai passé cinquante ans à écouter et à observer, et presque les mêmes
cinquante années à étudier pour comprendre ce que j’observais. Histoire,
nature, monuments, peintures, édifices, traditions, mémoires, psychologie… j’ai
étudié tout ce que j’ai pu afin de pouvoir expliquer ce que je vais décrire au
sujet de «Ma Terre».
J’espère seulement avoir
fait preuve de tact suffisant.
Vous me le direz. En
attendant, voici le résultat.


































