jeudi 30 août 2007

BIG BROTHER IS A BIG FAMILY


Alors que mon François Hollande se retrouve à découvert, avec sa très jolie nouvelle petite copine, en couverture de « Closer » et qu’une partie de la population allemande s’inquiète pour sa sécurité digitale, avec la possibilité désormais offerte par la chaîne de magasins Edeka de payer ses achats, en apposant ses empreintes digitales en caisse, rappelons les deux trois trucs suivants.


Ce n’est pas tant la vidéo surveillance le problème, que le fichage. Ce n’est pas tant le fichage le problème, que la centralisation des fiches. Ce n’est pas tant la centralisation des fiches, que de savoir qui a accès à ses fiches et dans quelles conditions légales. Ce n’est pas tant qui et comment mais pourquoi. En gros, et ce depuis la découverte du feu ou de la taille du silex, ce n’est pas tant l’outil le problème, que les choix quant à son utilisation.

Car à vrai dire, entre un système de télésurveillance qui ne m’empêche en rien de circuler, ni de faire tout ce que je veux de légal, dont les informations ne restent stockées que temporairement, qui n’offrirait ces informations qu’en cas d’enquête décidée dans un cadre légal par une autorité judiciaire, et puis tous ces petits dictateurs en herbe qu’ils viennent des medias ou de la rue, qui décident de te photographier de loin ou de prés, avec un gros Nikon ou un petit Téléphone, histoire de le revendre au plus offrant ou pour tout simplement le placer sur Internet au vu de tous, sans aucune autre utilité pour la collectivité que celui de leurs petits profits ou de leurs petites envies, c’est bien le deuxième cas qui m’emmerde le plus. Qui m’emmerde le plus tout en faisant mon bonheur, notre bonheur de petits voyeurs.

Celui des femmes quand elles lisent leurs revues pornographiques chez le coiffeur ou bien dans les hypermarchés, lors de la pause de midi. Je parle de la presse people. Le bonheur des mecs quand nous sillonnons le cul d’Internet au rayon voyeurisme.

Au passage puisqu’on parle de sites cochons, les sites américains sont vraiment de loin les meilleurs comme les plus nombreux. De toute évidence nos amis puritains ont purement et simplement le cul qui leur travaille la tête. Ce qui me pousse au fou rire quand la chaîne TV PBS se sent obligée d’apposé à l’écran la mention « réservé à un public averti » lorsqu’elle diffuse des images du David nu de Michel-Ange. Ridicule. Continuons. Les sites les plus imbuvables étant slaves et les plus pathétiques étant asiatiques. Les petits couinements de crevette jaune portée à ébullition, émis par la nipponne quand son fripon la besogne, m’arrache des hurlements de rire. Ah, chers nippons, si je n’aimais pas à ce point les raffinements de votre culture, les expressions de votre intimité me porteraient à vous tailler des costards ou plutôt des Kimonos dignes d’Arashino.

Quant aux revues pornographiques pour dames, bien que n’ayant pas d’avis propre à donner, pour ne pas trop me palucher les mirettes là-dessus, de l’avis de certaines amies, ces revues ne seraient pas toutes, également, d’une même qualité. Mais quittons la pornographie privée pour revenir à celle que d’aucuns désignent d’état.

Car de toute évidence, si nos institutions et appareils d’Etat démocratiques sont tout comme nous tentés par le voyeurisme, force est de constater que nos états démocratiques se donnent malgré tout, bien plus de garde-fous, que nous n’accepterons jamais de nous en donner. Toutes leurs actions étant soumises, en principe, à la loi comme au contrôle possible de nos élus. Alors que notre voyeurisme, la mise en fiches de nos commérages ne sont soumis à aucun contrôle.

Tout ceci démontrant deux choses.

1- Que les dictatures illustrent bien où peuvent menés nos tendances individuelles, portées dans ce cas au niveau d’un état. La surveillance, le flicage, le contrôle au bénéfice exclusif d’un individu, ou d’un parti unique.

2- Que dans nos démocraties, aux multiples contre-pouvoirs, ou du moins disposant de pouvoirs de contrôle, les citoyens n’ont pas à développer de parano excessive envers l’Etat. En précisant toutefois que les citoyens et nos élus ont par contre le devoir de veiller à ce que les moyens de surveillance, de fichage ou de sécurité, soient toujours utilisés pour la défense de l’Intérêt Général et jamais détournés au bénéfice d’intérêts individuels…

Par exemple quand Monsieur Sarkozy (en janvier 2007) ou bien le couple Hollande (en 2002) détournent les moyens d’analyse et de fichage ADN, servant à résoudre des crimes de sang, pour retrouver les scooters volés de leurs fistons respectifs.

Le prochain billet illustrera un autre cas pratique de vigilance à exercer.

SIL little brother

3 commentaires:

tranxenne a dit…

A propos (entre autres) de fichage et de centralisation de données : dans The Economist de cette semaine se trouve un passionnant article sur Google et les écueils comme les ouvertures qui se présentent à ses dirigeants : l'article se trouve en lecture libre ici http://www.economist.com/displaystory.cfm?story_id=9719610
ça t'évitera d'avoir à acheter ce torchon de la droite néo-libérale et réackeutionnaire ;)

L'éditorial du journal, également dédié à Google, précise que ses dirigeants se trouvent aujourd'hui face à un dilemne de taille. Grâce à leur moteur de recherche et à ses différents composants (earth, maps, trends etc...) ils ont rassemblés une base de données impressionante sur les habitudes, les goûts, les préférences de millions de gens (pas nommément répertoriés mais référencés par adresse IP). Dans les faits, Google dispose d'une liste de centres d'intérêts établie à partir des mots-clés entrés dans le moteur de recherche mais également des réponses favorables (clic) aux publicités proposées. Les infos peuvent s'étendre à l'adresse mail, les contacts, les sites enregistrés, les vidéos et photos postées. Elles pourraient aussi inclure dans un proche avenir le bilan médical et même la localisation précise (via n° de GSM) de l'utilisateur.

Donc, dès que l'on lance une recherche Google, celle-ci est répertoriée. Google gagne son argent grâce à la publicité, cela leur permet de cibler les utilisateurs pour leur balancer les pubs susceptibles de les intéresser. Seulement cette concentration d'infos très personnelles commence à inquiéter pas mal de monde et ça se comprend. L'expression qui revient le plus souvent est "vie privée", deux mots avec lesquels Google a du mal à s'accomoder, malgré ses honnêtes efforts (voir l'épisode GoogleStreets, beaucoup de gens n'appréciant pas qu'on voit leur baraque en photo et en détail, chat compris, sur le site). Un lobby alter-googliste (sic) réunissant des personnes de divers statut (simples utilisateurs, compagnies rivales, politiciens...) s'est constitué et ces gens aimeraient voir Google régulé voire mis au pas.

Le choix cornélien qui échoit à Google est soit de détruire à court terme les infos qu'il récolte, mais ce faisant il se prive de renseignements précieux pour le ciblage de publicités et se privent ainsi d'une bonne masse de brouzoufs (pasque les annonceurs, pas fous, payent au résultat, donc au clic) soit de conserver ces données et donc d'améliorer leurs services aux annonceurs (et d'une certaine manière à ses utilisateurs en étant toujours plus précis et plus pertinent) mais d'instaurer une certaine méfiance (la pertinence c'est bien mais point trop n'en faut) et de permettre, dans le pire des cas, les pires abus. Le credo de Google a beau être "don't be evil", certaines instances gouvernementales américaines regardent d'un oeil torve cette mine de renseignments. Google résiste toujours mais les pressions doivent pas être facile à gérer (je tiens à rappeler que Google a quand même négocié pied-à-pied avec les autorités chinoises, pas vraiment des enfants de choeur, et que même s'ils ont du faire d'inévitables concessions, ils ont pu conserver certains aspects importants de leur moteur de recherche (rien que le recensement des pages censurées, permettant ainsi au peuple chinois de prendre mesure de l'ampleur de la censure dans leur pays, est une gigantesque avancée)).

Google n'en est pas à monnayer ses précieuses données à des gouvernements forcément douteux mais la menace est réelle. La banque de données existe et elle est convoitée (avec de plus ou moins honnêtes motivations)

Le problème, comme tu le relèves dans ton article, n'est pas la simple existence de cette base de données mais sa gestion et son contrôle.
Bref, en permettant plus de transparence dans la gestion de ses données, Google devrait pouvoir réduire la grogne d'un nombre grandissant de personnes.
En somme, Google devrait agir avec ses infos comme le font les banques avec l'argent : transparence et discrétion.

SIL a dit…

Bonsoir Tranxenne,

Heureux de te revoir dans les parrages...

Il y aurait aussi pas mal de choses à dire avec le meta-moteur-de-recherches de personnes
qu'est le www.spock.com

@bientot

Denis a dit…

Sa petite copine n'est pas vraiment nouvelle. Je crois que leur petit histoire depuis 2005. C'est Iago, ancien ami des "Ténardiers" du PS qui nous a révélé le pot aux Roses.