dimanche 24 février 2008

LES RECETTES DE MA MIE INNOVA


Toute flagornerie mise à part, Xavier Darcos est sans doute ce qui pouvait arriver de mieux à notre Education Nationale. Evitant la démagogie de « l’élève mis au centre » aussi bien que celle « du prof au centre », Xavier Darcos met le Savoir et l’auctoritas qui en découle au centre du système scolaire.

Pragmatique, lucide et courageux, au lieu d’empiler une nouvelle strate de reformes au sommet de l’édifice, notre ministre prend le problème à sa base. Il retourne en CP pour y réinstaller les fondamentaux qui ont alphabétisé la France rustique du XIXe siècle en à peine une génération, mettant ainsi fin aux méthodes qui analphabétisent la France depuis plus de 30 ans. Vous l’aurez compris, sans être misonéiste, toute innovation pédagogique n’étant pas forcément à jeter puisque le progrès est nécessaire en toute matière, je fais partie de ceux qui accueillent dans une liesse toute républicaine « le retour aux fondamentaux » du Savoir comme du savoir-être puisque la civilité est aussi marque de civilisation.

Une civilisation du Savoir qui semble pousser vers la jungle obscure du pédagogisme certains tenants de la guérilla dialectique marxiste. Aussi Ségolène Royale critique « un retour aux vieilles recettes » pas loin d’être fascistes et affirme croire « à une école qui innove ». Croire alors qu’il s’agit de penser mais il apparaît de plus en plus évident que madame Royal fait de la croyance une politique. Quoique à bien y réfléchir, Madame Royal ne croit pas tant que ça « à une école qui innove » puisque tous ses enfants ont fait leur scolarité dans des écoles privées, justement là où ont applique encore des « vieilles méthodes » qui ont démontré leur efficacité.

Et oui, cette représentante de la Gauche OGM est favorable à ce que nous, les enfants des milieux modestes, soyons les souris de laboratoire pour savants fous des dites sciences de l’éducation, gavés d’apprentissages riches en cholestérol et sucres à assimilation rapide, pendant que leurs gosses à eux auront droit à une bonne éducation bio, mitonnée à l’ancienne dans de vieux pots.

Une façon inconsciente, je l’espère, pour cette branche de la bourgeoisie, amatrice de médiocrité et dite de Gauche, de conserver son pouvoir sur Nous, d’essayer de nous les faire voir, avec leur savoir bio, comme nos dignes guides, comme nos etoiles bergères, de nous empêcher de prendre leur place au sommet des partis travaillistes par la force du poignet et des neurones.

« Je crois à une école qui innove ». Preuve encore, s’il en fallait, que cette représentante de la Gauche non pas du réel mais expérimentaliste ou plutôt ectoplasmique, se prend pour un astre. Elle fait dans la révolution permanente, y compris en matière pédagogique. Une révolution au sens astronomique du terme. Elle tourne, elle tourne. Elle fait révolution sur révolution. Elle tourne en rond. Un astre, une planète ainsi imbitable qu’inhabitable. La planète Venus. Belle en apparence mais suffocante dès que l’on approche de la surface. 400° degrés au sol. Une fournaise pour être trop proche, elle aussi du Moi Soleil. Contrariante au point de tourner dans le sens inverse à celui des autres planètes.

Cela étant dit, puisque je suis moi aussi un tenant de l’esprit de révolution (française) je conclurai sur ces mots de Hannah Arendt dont devraient s’inspirer notre révolutionnaire en tailleur bon marché.

« C'est justement pour préserver ce qui est neuf et révolutionnaire dans chaque enfant que l'éducation doit être conservatrice ; elle doit protéger cette nouveauté et l'introduire comme un ferment nouveau dans un monde déjà vieux qui, si révolutionnaires que puissent être ses actes, est, du point de vue de la génération suivante, suranné et proche de la ruine. »

Une Hannah Arendt qui disait également ce qui suit dans ce même essai sur « la crise de l’éducation » :

« Affranchi de l'autorité des adultes, l'enfant n'a donc pas été libéré, mais soumis à une autorité bien plus effrayante et vraiment tyrannique : la tyrannie de la majorité. En tout cas, il en résulte que les enfants ont été pour ainsi dire bannis du monde des adultes. Ils sont soit livrés à eux-mêmes, soit livrés à la tyrannie de leur groupe, contre lequel, du fait de sa supériorité numérique, ils ne peuvent se révolter, avec lequel, étant enfants, ils ne peuvent discuter, et duquel ils ne peuvent s'échapper pour aucun autre monde, car le monde des adultes leur est fermé. Les enfants ont tendance à réagir à cette contrainte soit par le conformisme, soit par la délinquance juvénile, et souvent par un mélange des deux. »

Un essai paru en 1961 aux EUA et en 1972 en France dans un recueil titrant « La crise de la culture » et qui aurait mérité d’être médité avant que l’on se lance chez nous aussi, à corps perdus dans l’innovation pédagogiste à tous crins.

1 commentaire:

Marc winehouse a dit…

Ségolène Royal n'a pas le temps de venir musarder sur internet.
Elle ne lira cette lettre que s'il y a "un certain nombre" d'internautes qui partagent la position exprimée et estiment qu'elle vaut le timbre pour l'envoyer à Ségolène Royal par la poste afin qu'il y ait une petite chance qu'elle puisse en prendre connaissance.
Une petite chance c'est pas beaucoup mais c'est beaucoup plus que quasiment aucune chance qu'elle passe ici d'elle-même.

1. Imprimer (Fichier >[ Aperçu avant impression >] Imprimer... ou Ctrl+P) cet article.
Il rentre sur une feuille recto-verso (ou deux feuilles recto : un timbre "20 grammes" permet d'envoyer deux feuilles.)

2. Timbrer à 0.49 euros (février 2008) depuis la France.
Amis de l'étranger vous pouvez participer vous aussi !

3. Envoyer à Ségolène Royal à l'adresse de son "Désir D'avenir" (voir http://www.desirsdavenir.org/index.php?c=dda_contact )

4. Après avoir posté votre courrier, vous pouvez référencer votre action au Sitathon ( http://sitathon.blogspot.com/ ) pour inciter d'autres personnes à agir.