jeudi 27 juin 2013

Superman vieillit mal


Étant d’humeur héroïque, je suis allé voir Superman au cinéma. Après la séance, j’ai remercié mon humeur, d’une part pour être parvenu à faire taire sans paire de gifles les incontinents verbaux de cité qui commentaient le film derrière moi, d’autre part d’avoir supporté le film.

Oh, ce n’est pas tant que les images ne soient pas jolies et l’acteur tout aussi beau. C’est juste que le mythe de superman a très mal vieilli et que le choix de l’actrice pour incarner Loïs Lane est catastrophique. Pourquoi diable, n’ont-ils pas choisi Megan Fox au lieu de l’autre insipide juste bonne à présenter le JT d’iTélé ? S’agissant du mythe, quelques remarques s’imposent :

Si le slip rouge n’est plus, dieux merci, signalons que la cape de même couleur demeure de trop. Le Vilain s’en sert d’ailleurs pour saisir Superman et le balancer à travers tout un pâté d’immeubles du sud de Manhattan. Au passage, si les réalisateurs hollywoodiens pouvaient cesser de détruire New York au moindre petit film à gros budget, ce serait bien aimable. C’est que cela devient très pénible à voir.

Autre chose. Le nom de Superman m’apparaît de plus en plus inapproprié. D’abord, qualifier de « super » l’homme le plus puissant de la planète tient de l’euphémisme déplacé. Ben oui ! S’il n’est que Super, cela suppose qu’un Megaman (autre qu’androïde)  ou Gigaman est susceptible d’exister. Or ça se saurait. Donc Topman, à la limite, mais pas moins. Mais ce n’est pas tout, car en fait il y a méprise. Clark Kent est un extraterrestre. Par conséquent, il n’est pas un « man ».  Aussi, exit Topman ! ETop à la rigueur ou bien Superkryptos (pour les amateurs de super) mais surement pas Superman.

Mais surtout, je commence à en avoir ras-le-bol de tout ce paternalisme extraterrestre. Déjà que le survol de notre espace aérien par leur ovnis, sans dépôt de plan de vol auprès de nos  autorités compétentes, tient du mépris caractérisé, en plus de la violation de notre souveraineté. Imaginez alors l’effet que peut me faire l’initiative de nous envoyer l’un des leurs, soi-disant pour nous sauver :

D’une, de la part d’une civilisation qui n’a pas pu se sauver elle-même, j’ai envie de rire. De deux, qui leur a dit que nous aurions besoin d’un sauveur global venu d’ailleurs ; que nous serions tous plus incapables les uns que les autres de prendre notre vie en main. Et de trois, est-ce que nous nous permettons de leur envoyer Joey Star dans une capsule spatiale au motif qu’ils ne savent pas rapper, ou bien le meilleur de notre production musicale et cinématographique pour les sauver de l’ennui ? Non, nous laissons les extraterrestres tranquilles parce que nous ne pétons pas plus haut que notre trou noir galactique…

Enfin, histoire de revenir sur terre, quand est-ce que les producteurs de films de super-héros daigneront faire appel à de véritables héros (terriens) en guise de consultants. Et voici que je me déplace à la vitesse de la lumière sans faire attention aux effets d’aspiration ; et voilà que je rattrape in extremis Loïs Lane en pleine chute, le tout à mach 10, sans que le moindre membre ne se brise. N’importe quoi !

Tiens, cela me rappelle encore l’une de mes premières bavures. Un traumatisme ineffaçable. C’était dans les années 30. J’apprenais mon métier de jeune super-héros en lisant des Comics lorsque vint ce jour où un abruti alcoolisé traîna sur les voies de chemin de fer alors qu’un train lui fonçait dessus. Voyant ça, ni une, ni deux, je file à mach 5 ou 6, je ne sais plus trop, afin d’attraper cet ahuri. Alors que j’arrive à sa hauteur, je tends le bras et là, la vitesse conjuguée à ma puissance musculaire cisaille en deux notre gaillard, en même temps que le haut du corps en percutant mon épaule explose littéralement. Une abominable boucherie. Sniff !

Alors je sais bien qu’il n’y a presque plus de super-héros en vie pouvant louer leur expertise, suite à deux funestes épisodes contre les forces du mal, mais enfin tout de même.

Eh oui ! La moitié d’entre nous a péri en combattant les super-vilains nazis ; des sortes de SS génétiquement modifiés, qui s’apprêtaient à envahir le monde depuis leur repère du château de Wolfenstein, épisode top Secret à l’origine du célèbre jeu vidéo éponyme. L’autre moitié s’étant sacrifiée en faisant imploser les sous-marins nucléaires soviétiques qu’un général russe devenu fou voulait envoyer à l’assaut du monde libre et dont les carcasses radioactives jonchent encore les côtes de la presqu’île de Kola, du côté de la mer de Barents. Je suis l’un des rares survivants.

Alors messieurs les cinéastes, la prochaine fois que vous nous pondez une histoire de «super»-héros, adressez-moi le script si vous ne voulez pas passer encore une fois pour des super-Charlots

SIL : Super I-heros League.

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