jeudi 4 juin 2026

Christine Garnier, le Dictateur Salazar et son Trouble de la personnalité anankastique

 


"Jusqu'où voient mes yeux" Christine Garnier 

Outre l’intérêt propre à ce livre autobiographique de la passionnante journaliste Christine Garnier, il m’aura surtout permis de mieux cerner l’esprit malade de Salazar.

Cette femme libre, spontanée, vivante, empathique, perspicace, en quête d’absolu, qu’était Christine Garnier, ne dit pas tout, cache certaines choses sans doute par « fidélité », mais elle dit suffisamment de son époque, sur elle-même et  surtout sur Salazar pour comprendre bien des choses.

Toute la vie et aspirations pas toujours cohérentes de Christine Garnier, ne pouvaient que l’amener à sa passion pour Salazar. Et des éléments de la vie comme de la personnalité de Salazar ne pouvaient que l’amener à fendre un peu l’armure suite au coup de foudre.

Ce livre ainsi que d’autres lectures permettent d’établir un profil enkysté autour des symptômes du « Trouble de la personnalitéobsessionnelle-compulsive » (TPOC, à ne pas confondre avec le TOC) : la ritualisation de ses journées ;  les troubles de l’humeur ; la préoccupation excessive pour les détails, les règles et la hiérarchie ; le souci excessif de l’ordre et de la perfection ; un puritanisme aux prises avec des pulsions sexuelles fortes ; le contrôle et l'exigence que les autres se soumettent à ses volontés et à sa façon de faire (seule condition pour qu’il accepte de déléguer) ; le dévouement quasi exclusif au travail ; la croyance selon laquelle il est le seul à pouvoir faire ce qu’il fait ; l'expression restreinte des émotions ou alors théâtralisées ; l’entêtement et la rigidité ; l’avarice (pour ses proches comme pour le pays) ; le tout accompagné de comorbidités telle que l’anxiété, la mélancolie et la dépression mais aussi du caractère égosyntonique du trouble.

Christine Garnier, la femme libre qui a aimé un Dictateur…

La grille de Millon permet même d’affiner l’analyse :

J’hésite entre « puritain compulsif » et « bureaucrate compulsif » qui a ma préférence au vu des tendance narcissiques de Salazar. (voir par ici)

« Puritain compulsif » : Ils éprouvent de fortes pulsions internes qu'ils contrecarrent avec véhémence par le recours à la religion. Ils luttent constamment contre leurs pulsions et leurs désirs sexuels, qu'ils jugent irrationnels. Ils tentent de purifier et d'apaiser ces pulsions en adoptant un mode de vie froid et détaché. Ils se créent un ennemi, comme les « non-croyants » ou les « fainéants », sur lequel ils déversent leur hostilité. Ils se montrent condescendants, sectaires et zélés envers autrui. Leurs croyances sont polarisées entre « bien » et « mal ».

« Bureaucrate compulsif » : Le bureaucrate compulsif présente des traits narcissiques en plus de sa compulsion. Il défend avec ferveur la tradition, les valeurs et la bureaucratie. Il chérit les organisations hiérarchisées et se sent rassuré par la définition claire des rôles entre subordonnés et supérieurs, ainsi que par la connaissance précise des attentes et des responsabilités. Son identité est liée au travail ; il projette une image de diligence, de fiabilité et d’engagement envers son institution. Il conçoit le travail et la productivité de manière binaire : soit c’est fait, soit ce n’est pas fait. Il peut user de son pouvoir et de son statut pour inspirer la peur et imposer l’obéissance à ses subordonnés si ceux-ci ne respectent pas scrupuleusement les règles et les procédures, et tire une satisfaction personnelle du sentiment de contrôle et de pouvoir ainsi acquis.

:) En passant, lorsque tu comprends pourquoi pas mal d’observateurs parlaient des aspects « féminins » ou maniérés de Salazar, pourquoi une partie du peuple l’appelait « A Senhora » voire même pourquoi des rumeurs courraient sur son homosexualité et le couple qu’il aurait formé avec le Cardinal Cerejeira : « La personnalité obsessionnelle »

SILgmund Freud  


vendredi 22 mai 2026

Charivari et Présomption d'Innocence

 


Gérard Depardieu : 20 accusatrices, 6 plaintes
Gérard Miller : 27 accusatrices, 6 plaintes
Patrick Bruel : 30 accusatrices, 9 plaintes
PPDA : 28 plaintes
C’est moi où il y aurait comme une sorte d’ignoble défi téléthon dans le milieu germanoporcin ?
La « présomption d’innocence » ayant bon dos, je rappellerai, à l’instar d’Emile : On peut présumer innocent une fois 1000 personnes, mais on ne peut pas présumer innocent une personne 1000 fois
PS: En attendant la vérité judiciaire (agresseur, violeur, ou pas), la civilisatrice morale sociétale, l'entrepôt de casseroles et le pouvoir médiatique des mis en cause, appellent un indispensable bon vieux Charivari...

lundi 18 mai 2026

Samuel Paty : L’Abandon

 


Plus qu’un film, un document historique
Tous ceux qui connaissent l’affaire et les sujets traités, sauront à quel point ce film, factuel, raconté avec la rigueur et la lucidité d’un médecin légiste mais également une profondeur et une sensibilité des plus humaines, est juste. A la fin, je suis resté dix bonnes minutes, dans le noir, à pleurer de peine et de révolte, pendant que des souvenirs me revenaient en mémoire.
Courant 2002, au cours d’un diner avec trois des co-auteurs du livre « lanceur d’alerte », « Les Territoires Perdus de la République », nous parvenons à la conclusion que la condescendance et la lâcheté mèneront l’Education Nationale à la catastrophe.
Eté 2003, je quitte l’Education Nationale. Marre de la très hypocrite lâcheté institutionnelle, de la bienpensante démagogie ou de la condescendance bourgeoise dont une partie de la salle des profs affuble les gamins des quartiers populaires. Marre de prendre des risques et des coups à la place des bureaucrates pleutres et des politicards couards. Marre de faire partie des rares « hussards noirs » qui tiennent à poser un cadre, qui sont aussi exigeants avec les gamins de cité qu’avec nos chères « têtes blondes », qui les aime assez pour les engueuler et espérer les voir grandir et réussir. Marre au final de me sentir de moins en moins utile aux « miens », les enfants du peuple.
Je disais alors que ‘je partais car je ne voulais pas finir par assister aux funérailles de cette école exigeante et émancipatrice qui m’avait fait, de cette école républicaine chérie dont j’étais l’enfant’. En voyant ce film, je me suis rendu compte, que l’assassinat de Samuel Paty par des fanatiques symbolisait ces funérailles auxquelles je ne voulais pas assister. D’où mon émotion. D’où ma rage. D’où ma révolte car rien n’a changé…

SILmuel Paty