Plus qu’un film, un document historique
Tous ceux qui connaissent l’affaire et les sujets traités, sauront à quel point ce film, factuel, raconté avec la rigueur et la lucidité d’un médecin légiste mais également une profondeur et une sensibilité des plus humaines, est juste. A la fin, je suis resté dix bonnes minutes, dans le noir, à pleurer de peine et de révolte, pendant que des souvenirs me revenaient en mémoire.
Courant 2002, au cours d’un diner avec trois des co-auteurs du livre « lanceur d’alerte », « Les Territoires Perdus de la République », nous parvenons à la conclusion que la condescendance et la lâcheté mèneront l’Education Nationale à la catastrophe.
Eté 2003, je quitte l’Education Nationale. Marre de la très hypocrite lâcheté institutionnelle, de la bienpensante démagogie ou de la condescendance bourgeoise dont une partie de la salle des profs affuble les gamins des quartiers populaires. Marre de prendre des risques et des coups à la place des bureaucrates pleutres et des politicards couards. Marre de faire partie des rares « hussards noirs » qui tiennent à poser un cadre, qui sont aussi exigeants avec les gamins de cité qu’avec nos chères « têtes blondes », qui les aime assez pour les engueuler et espérer les voir grandir et réussir. Marre au final de me sentir de moins en moins utile aux « miens », les enfants du peuple.
Je disais alors que ‘je partais car je ne voulais pas finir par assister aux funérailles de cette école exigeante et émancipatrice qui m’avait fait, de cette école républicaine chérie dont j’étais l’enfant’. En voyant ce film, je me suis rendu compte, que l’assassinat de Samuel Paty par des fanatiques symbolisait ces funérailles auxquelles je ne voulais pas assister. D’où mon émotion. D’où ma rage. D’où ma révolte car rien n’a changé…
SILmuel Paty