mercredi 5 août 2020

Chroniques de Guerre Sanitaire (2/9) : Les Roses du Rhin

 « J’ai grand besoin d’un vaccin dans les régions où je me trouve » 

Comtesse de Contrepet

 

Le sentiment du devoir accompli, le soir venu de ce mardi 10 mars, me vient un grand désir d’air frais, un peu comme une ultime grande inspiration avant une très longue apnée. Le lobe cérébral qui gère chez moi l’appel du grand air se met en roue libre. Mon envie première est toujours celle de l’Océan mais la météo s’annonce maussade le weekend prochain à Saint-Malo. Me vient alors une envie de Rhin. Je regarde les prévisions sur Strasbourg. Les statistiques sont bonnes. « Prima ! » (« génial! » en allemand) lâche-je intérieurement en même temps qu’un jet d’endorphines, cette hormone du plaisir qui inonde alors ma cervelle.

Je vérifie deux-trois trucs sur le Net puis je me lève et vais voir mon Amoureuse. Les sourcils interrogateurs, elle questionne mon sourire de gamin qui vient de s’enfiler toute une tablette de chocolat.

« Mon Amour, avant le confinement qui vient, ça te dirait le weekend prochain, un petit caprice, tous, tous les deux ». Avec ces mots, j’ai toute son attention.

« Oui, ça te dirait une tarte flambée à Strasbourg avant d’aller acheter des clopes en Allemagne ? »

« A Strasbourg, en plein cluster du Grand-Est ? » m’interroge-t-elle en rigolant.

« Oui ! » que je lui dis. « Si on n’a pas chopé la Covid19 dans les bétaillères de la ligne 13 ou 2 du métro parisien, ou dans les bars à tapas de Madrid, il y a peu de chances qu’on le pèche sur les bords du Rhin. »

« Mais j’y pense, normalement on doit voter ce dimanche » poursuit-elle. « Justement, j’ai pas envie » souligne-je d’un sourire ironique.

« Va pour Strasbourg » conclue-t-elle en riant, puis dans la foulée, je nous prends une chambre d’hôtel via la plateforme Booking ainsi que des billets de TGV. Le temps de trajet sera rallongé du fait d’une avarie sur la voie classique suite à la chute d’un talus la semaine dernière. Une heure de plus pour chaque trajet en passant par Metz. Ce n’est pas grave. Je ne connais pas les bords de la Moselle, ni la campagne messine que je découvrirai depuis les fenêtres du train. Nous partirons tôt le samedi matin et rentrerons tard dimanche soir, échappant ainsi à la transhumance du troupeau électoral, et profitant à plein de notre escapade amoureuse.

Ce samedi 14 mars 2020, au matin, dans ce train à moitié vide, je maugrée sur le fait que notre gouvernement prend vraiment la population pour un troupeau de lemmings lobotomisés. L’allocution présidentielle de jeudi soir tout en injonctions contradictoires, me laisse sur l’estomac un poids mi-figue mi-raisin. « Vous voterez dimanche puis on fermera les écoles le lendemain ». Cette forme de désinvolture politique nous enjoignant de voter alors que le climat sanitaire s’alourdît jours après jour induit comme une légèreté bien plus blâmable que louable. D’ailleurs la polémique enfle dans le pays suite au maintien des élections municipales. Cela ne manquera pas de laisser des traces me dis-je alors que notre train longe la Moselle  et que je caresse le cou de ma douce qui somnole dans mes bras.

« Ils ont beau donner l’impression de contrôler la situation, tout le monde sent qu’elle leur file entre les doigts », me dis-je alors que notre train est à l’arrêt sur les voies « pour raison de réorganisation du trafic ferré suite à l’accident de TGV » de la semaine passée. Nous repartons.

La gare de Metz est imposante. La ville a l’air mignonne. Il faudrait que je l’explore un jour. Ce sera l’occasion de rendre visite à mon Tonton GéPi. Puis nous déboulons en Alsace par les ballons forestiers des Vosges. J’adore cette région. J’aime ses autochtones. Mon père en a également des souvenirs émus.

Lorsqu’il émigra en France, ce fut pour travailler dans la carrière de la famille Schneider à Bust. Les premiers mots qu’il apprit en France furent en dialecte alsacien afin de pouvoir commander des bières à la taverne du coin. Mon père gardera toujours en tête, aussi bien la gentillesse des filles Schneider qui lui apportaient des corbeilles de fruit le dimanche, comme la rigueur travailleuse alémanique du vieux Schneider qui n’allait pas sans lui rappeler celle toute galicienne de son propre père.

Le récit de ses souvenirs alsaciens était toujours l’occasion pour mon père de nous raconter comment il était venu en France grâce à un contrat de travail chez les Schneider, et non clandestinement comme ma mère ; comment il se faisait chambrer par les ouvriers italiens « qui nous prenaient pour des culs-terreux sans savoir-faire » ; comment il avait conquis le respect des Italiens et des Français par la qualité de son travail. Ma mère embrayait en général sur sa traversée des montagnes portugaises et espagnoles avant d’arriver dans sa « France chérie », celle chez qui travailler signifiait « manger enfin à sa faim et surtout faire des projets » ; comment elle avait été séquestrée pendant plusieurs semaines par l’un de ses premiers employeurs, avant d’être libérée par la police du commissariat où par la suite, elle a été employée comme femme de ménage. « Sans rien me devoir, la France m’a donné toutes les opportunités que j’ai été capable de saisir » disait-elle. De son côté, travaillé par la « saudade » de son pays, tout en chérissant cette France où il a choisi de fonder son foyer, mon père exigeait, à la fois, que nous parlions portugais sous son toit afin de cultiver nos racines portugaises, et que nous soyons de « parfaits Français, une fois la porte passée ». « Je contrôlerai cela par la qualité de vos fréquentations ainsi que par la valeur de votre travail scolaire » martelait-il. 

« Ce serait bien que j’aille faire un tour à Bust  également» me dis-je en repensant à tout cela. En attendant, ayant dépassé Haguenau, notre train approche tranquillement de Strasbourg en longeant les rivières et canaux du Bas-Rhin. J’ai hâte d’y arriver et d’exposer à ma Mie les secrets de cette Magnifique Venise du Nord.

Mon amour pour Strasbourg est parfaitement résumé dans cet extrait d’une lettre d’Edgar Quinet  à sa mère:

"Cette ville de Strasbourg me plaît plus que je ne puis dire. J'aime ce caractère alsacien, quelque chose d'hospitalier et de libre ; j'aime cette cathédrale si près de moi, j'aime surtout le voisinage du Rhin. Il me fait penser à tout ce qu'il y a d'illimité dans l'histoire."

Nous y voilà. Il fait beau. Nous passons rapidement le quartier de la gare aussi dégueulasse qu’il est décidément peu alsacien. Devant l’état des trottoirs, je me demande pourquoi d’aucuns manifestent à ce point leur « halal » refus de manger du porc, alors qu’ils illustrent à merveille cette expression française « heureux comme un porc dans sa bauge ». Un tabou peut-être. La peur de sombrer dans une forme de cannibalisme.

Laissant derrière nous cette interrogation, nous traversons le pont Kuss, longeons le quai Turckheim en direction du pittoresque quartier de la Petite France. 

A chaque venue, je me retrouve en pamoison devant ces maisons des bords des bras de l’Ill, à l’architecture en colombage faite de poutres enlacées tels des bretzels de chêne ou de sapin, soutenant de jolis toits recouverts de ces typiques tuiles en queue de castor, et mises en valeur par des façades aux plâtres colorés.

Malgré le soleil, ce n’est pas l’ambiance des grands jours, celle  des fêtes de Noël ou de Pâques, ou même celle des journées ensoleillées. Certes des enfants s’amusent dans le parc à jeux de l’île du Square de Moulins, et quelques grappes d’adolescents rigolent en buvant des bières sur l’île en face, à l’ombre des arbres du square Louise-Weiss, mais rien de comparable avec l’ambiance habituelle, grouillante de vie ordonnée à l’alsacienne, agrémentée d’une significative trépidation touristique.

Ce sentiment est d’ailleurs partagé par le serveur de la jolie taverne de la Place du Marché-aux-Cochons-de-Lait qui nous sert nos délicieuses tartes flambées cuites au feu de bois. Accompagnées d’une petite salade et d’une bonne bière, quel délice !

Après avoir rendu nos hommages à la majestueuse cathédrale de gré rose, nous nous y restaurons pour midi. Il y a du monde à l’intérieur de cette taverne rustique, ornée de vitraux colorés qui lui donnent un côté moyenâgeusement chaleureux. Mais les terrasses sont désertes. Le serveur du Pfifferbriader, un garçon à l’humour aussi facile que communicatif, accompagne nos observations d’une certaine inquiétude pour la poursuite de l’activité. Le patron de l’établissement fait d’ailleurs les cent pas en direction de l’entrée du restaurant  en ayant du mal à cacher son désarroi lorsque son regard balaye les rues désespérément vides.

Nous rejoignons après cela, notre hôtel en longeant le quai des Bâteliers inondé de lumière mais pas de promeneurs. Quelques Strasbourgeois profitent de la douceur du soleil, sur les pontons du quai, en couple, ou entre amis, mais en gardant leurs distances. Les « mesures de distanciation sociale » donnent désormais le la.

A l’hôtel, que j’avais choisi sur son nom, en hommage aux roses de Rhin que j’aime tant, nous sommes accueillis par le responsable aux mœurs authentiquement délicates propres à la civilité des Arabes Égyptiens. Au vu de ses mœurs et des sonorités douces de l’arabe dialectal qu’il parlait avec sa fille à l’accueil, il m’en a tout l’air. Il ne semble pas y avoir grand monde dans l’établissement. Ce qui explique sans doute que le directeur nous a gratifiés de la magnifique chambre décorée d’une jolie représentation de la Venus de Botticelli, avec balcon offrant une agréable vue sur le canal.

Le cadre est magnifique. Cela nous met d’humeur sentimentale pour le dire ainsi.

Après avoir honoré  ce cadre idyllique en froissant le lit, il est temps de filer en Allemagne. Filer à l’anglaise en Allemagne. Je n’aime tant faire cela que lors des weekends électoraux. Je l’avais fait lors du premier tour des élections présidentielles de 2017, en allant voter dans un repère d’artistes libertaires du port industriel du Rhin. Filer en Allemagne, c’est ma façon de voter avec les pieds en allant rendre hommage à des démocraties matures, la république allemande étant pour moi un modèle.

Nous sautons dans le tramway qui passe non loin de l’hôtel, et descendons quelques minutes plus tard au terminus côté allemand, au niveau de la gare de Kehl. Nous ne sommes pas les seuls. Le tram rempli, déverse des habitants de la métropole strasbourgeoise venus faire le plein de cigarettes 40% moins onéreuses qu’en France mais aussi de produits alimentaires moins chers côté teuton. L’Allemagne, le pays où la vie est moins taxée. Ils repartent leurs courses aussitôt faites.

Ce n’est pas notre cas. Après avoir fait le plein de clopes pour ma gracieuse évanescente, dans les boutiques situées autour de la gare, je lui présente les autres charmes de Kehl : le jardin des roses, le quartier pavillonnaire aux maisons cossues alignées le long d’un étang qui ferme sa boucle sud aux pieds de la tour panoramique de Kehl.

« La tour de sapin banc », une tour de bois de 44 mètres de haut qui offre une vue magnifique sur toute la région. La tour bouge à chacun de nos pas, ce qui accroit le vertige de mon amatrice de stabilité. Vertige qu’elle combat pour me faire plaisir. Mais comme je lui serine à chacune de nos explorations, que tout ce qui est vraiment beau se mérite, elle se hisse en s’éloignant du garde-corps. Tout là-haut, la vue vaut effectivement le détour comme le tournis. Elle s’agrippe à mes bras pour l’admirer.

Côté Allemand, vers le sud-est, nous admirons les monts de la Forêt Noire d’où provient le bois de la tour.

Côté Français, nous contemplons Strasbourg de laquelle émerge la flèche de son impériale cathédrale de grès rose, puis au loin, dessinant des courbes au-dessus de l’horizon, les crêtes bleues des Vosges.

Descendus de la tour, en direction des rives du Rhin, je lui montre le parc à jeux d’eau de la Wasserspielplatz-am-Rhein, dans lequel mes enfants s’étaient amusés deux étés auparavant, puis nous nous baladons sur les rives allemandes du Parc des deux Rives, avant que vienne le moment d’emprunter l’imposante passerelle piétonne qui relie la France et l’Allemagne.

Une série de baisers s’impose au milieu de « la passerelle Mimram », les yeux perdus dans les eaux puissantes du plus long fleuve d’Europe occidentale.

Là, je pense à ces mots de Victor Hugo « Il y a toute l'histoire de l'Europe dans ce fleuve des guerriers et des penseurs, dans cette vague superbe qui fait bondir la France, dans ce murmure profond qui fait rêver l'Allemagne ; Le Rhin réunit tout ». C’est vrai ! Le Rhin réunit tout.

A chaque occasion, j’espère que je pourrais apercevoir l’or du Rhin scintillant au fond des flots, celui de mes ancêtres Suèves migrant il y a quinze siècles vers les rivages atlantiques de la Galice. En souriant, je me dis à chaque fois « Das ist so romantich ». Cette fois-ci je le dis en tenant ma femme trésor dans les bras.

De retour à l’hôtel, nous refroissons les draps de notre alcôve amoureuse en attendant l’heure de nous mettre en quête d’une maison dans laquelle  diner. 

Ma femme n’a pas son pareil pour nous dénicher à l’instinct de parfaits repères culinaires. Elle met dans le mille à chaque fois. Sans doute une mutation sophistiquée de l’instinct de chasse.  

Après avoir déambulé dans les rues du quartier de la Place Saint-Etienne, et croiser des restaurants aux noms exotiques, son regard s’attarde sur la devanture d’une brasserie alsacienne. « Après tout nous sommes venus ici pour manger local », dit-elle. En ouvrant la porte du Winstub Meiselocker, et en la laissant entrer en premier, le tout accompagné d’un grand sourire, je lui dis « pas de soucis, je te suis ».

Tout en nous installant, le patron semble poursuivre une discussion avec la clientèle déjà attablée, que notre entrée avait interrompue. Nous sommes très vite mis au parfum. Le tout dernier pas de la valse gouvernementale vient de poser la fermeture de tous les bars et restaurants dès ce samedi minuit.

Nous nous regardons interloqués et décidons de savourer avec une application toute particulière un rosbif de cheval à l’alsacienne et un jambonneau braisé à la bière. Succulents ! Entre deux bouchées, mi-amusés mi-contrariés, nous nous demandons ce que nous mangerons demain dans un Strasbourg aux tablées subitement fermées. Avec le dessert, nous nous inquiétons pour tous ces restaurants qui ont dû faire le plein et qui vont devoir jeter toute la marchandise. Enfin, en quittant le restaurant, nous nous interrogeons sur ces décisions gouvernementales aussi brutales qu’intempestives.

« Ah ça, ils ont le sens de l’absurde » me dit ma Chérie, « ils ferment dès ce soir les restaurants, tout en ouvrant demain les bureaux de vote ! Cela encouragera les votants, à ne pas en douter ! »

 « Je t’avais promis de l’aventure ma Chérie ; demain nous devrons survivre au blackout alimentaire » lui répond-je en riant.

Elle ajoute d’un ton amusé « ce n’est pas grave mon Cœur, nous nous nourrirons d’amour et de bretzels ».

C’est à peu de choses près ce que nous dira le responsable de notre hôtel le lendemain au petit déjeuner. Nous n’avons beau être que deux couples dans le salon du petit-déjeuner, le service n’en est pas moins royal. Le choix est plus que complet. Tout en le savourant, nous partageons avec le directeur nos impressions de la veille. Il nous raconte d’un ton flegmatique l’ambiance irréelle qui règne, l’activité atone, les courses tendues qu’il a fait hier après-midi pendant lesquelles des « dames méchantes se disputaient des boites de flageolets ». Pour la journée, il nous rassure d’un sourire. « Vous trouverez bien des bretzels dans les boulangeries qui resteront ouvertes ; avec de l’amour et de l’eau fraiche, ça devrait suffire ».

Des bretzels, nous en avons effectivement trouvé dans les boulangeries Dreher, aussi bien celle de la Place Gutenberg que celle de la Place du Corbeau. Cependant nous finîmes par rencontrer une autre difficulté en route.

En quittant l’hôtel sur les coups de 11 heures, nous partons en direction du quartier européen, tout en longeant les quais de l’Ill. Les rues sont vides. Les quais sont à nous.

Hormis le Parlement européen et l’imposant bâtiment du Conseil de l’Europe qui ressemble à un vaisseau spatial gohaould (#Stargate) au repos, je voulais exhiber le Parc de l’Orangerie à mon oiseau de paradis. Non loin du centre-ville, ce poumon vert offre plusieurs attractions en plus d’un lieu de repos des plus plaisants autour des pelouses arborées et de son étang. Un zoo ouvert au public en est le principal. Mais l’attraction que je préfère, ce sont les cigognes qui nichent dans le parc.

Ce dimanche 15 mars, les cigognes sont bien là, notamment sur le bâtiment principal du parc servant ce jour-ci de bureau vote. Nous restons un temps à observer ce livreur de bébés au long bec. Ce vieux mythe nous fera à jamais voir ce maitre des cieux aux longues migrations comme un piaf à part. Par contre le zoo est fermé. Quel dommage. Je voulais revoir et faire admirer les flamands roses qui y résident.

« Tu ne saurais pas s’il y a des toilettes dans le coin » me demande-t-elle. Si ma femme me suit dans mes pérégrinations, il y un élément avec lequel j’ai appris à composer. Ses très régulières pauses toilettes. Du coup je calcule les itinéraires en conséquence. Comme je savais qu’il y en a dans le parc, j’accueille tranquillement sa question. Mais comme je le disais plus haut,  c’est là que les choses se compliquent. Les deux toilettes publiques du Parc l’Orangerie sont fermées.

« Ils n’ont tout de même pas fermé toutes les toilettes publiques de la ville pour obliger les flâneurs à rentrer chez eux » demande-je tout haut un brin désappointé. Ma flâneuse me regarde un chouia inquiète. Toilettes publiques fermées, cafés-restaurants de même. L’après-midi s’annonce aussi pressante que l’envie qui monte. En quittant le parc, j’ai même le titre du film du jour « Impossible Miction ».

En disant ça, une idée me saisit. « Mais j’y pense, nous sommes dans le quartier des ambassades. Il y a des chances qu’il y soit, et je suis certain que l’idée que l’on passe même pour une pause technique le fasse bien rire ».  Ma femme ne comprend pas. En riant, je réponds à son regard interrogateur en lâchant « ça te dirait de lissebroquer dans les sanitaires les plus classes du monde ? » puis je passe un coup de fil.

Pour sûr les gogues de cette ambassade le sont : marbre de carrare à la blancheur alpine soulignée par de la robinetterie dorée aux lignes épurées, le tout agrémenté de savon Dior laissant planer un très agréable parfum de fond. Et comme prévu, ma visite impromptue ainsi que le motif de celle-ci font bien rire ce vieil ami qui accueille les présentations avec ma dulcinée de sa charmante hospitalité.

« Formidable ! Le temps d’examiner ta demande d’asile sanitaire auprès de mon ambassade,  nous allons pouvoir ouvrir la bouteille de Slyrs que j’ai mis de côté pour l’une de tes venues ; il paraît que les Bavarois savent faire du whisky ; nous allons pouvoir le vérifier ».

Cela fait partie de nos petits rituels. Chacune de nos retrouvailles est toujours l’occasion d’explorer un peu plus loin la planète Malt. Et force est de constater que les Bavarois savent faire du Whisky. Avec son parfum vanillé aux touches boisées et aux notes d’agrumes, ce verre de Slyrs est aussi  agréable aux narines qu’aux papilles. Ma chère et tendre opte de son côté pour un Porto blanc issu de l’une des meilleurs années de la maison Dalva.

Après les amabilités d’usage et pendant que ma dulcinée visite les toilettes, ce vieux camarade me fait part de son inquiétude au sujet des affaires du monde qui semblent désormais rouler à tombeau ouvert. Puis il nous raccompagne à la frontière de son enclave territoriale. Il nous salue d’un grand sourire. « J’espère que ton prochain passage sur Strasbourg nous laissera plus de temps pour deviser» conclue-t-il.

De retour en centre-ville et après avoir constaté que tout est effectivement bien clos, offrant la très commerçante Place Kléber aux seuls vagabonds qui la squattent et la meublent de leurs querelles avinées, nous parvenons à acheter du pain d’épice dans la boulangerie Woerlé au coin de la Division Leclerc et de la rue des Serruriers. Cet achat faisait partie des incontournables. « Mission Accomplished ! »

Nous pouvons allez nous poser sur le Quai des Bâteliers. L’accès au ponton, côté place du Corbeau, est fermé mais les couples de Strasbourgeois passent outre pour profiter de ce dernier weekend au fil de l’eau. 


A Strasbourg fait comme les Strasbourgeois. Nous faisons de même. Passant par-dessus la barrière fermée, nous descendons nous installer sur le ponton tout en maintenant les distances de sécurité que tout le monde semble avoir intégré. Là, tout en dégustant nos bretzels et notre pain d’épice, nous profitons du soleil en admirant les jeux de lumières argentées sur les vaguelettes de l’Ill que produisent les manœuvres des resplendissants cygnes blancs, voguant en formation, et qui semblent y régner en maitres. Il est vrai que les navettes promenades demeurent à quai.

La douceur de ce moment s’écoule tranquillement à nos pieds. Nous en savourons chaque minute, profitant du calme, de la douceur et de la lumière, collés l’un tout contre l’autre. Le bonheur c’est ça. Le bonheur c’est simple. Il se pose là.

Ces moments nous berceront dans notre TGV retour. Mais avant de nous laisser bercer, il me faut me débarrasser du boulet qui nous pollue le début du voyage.

Après un passage par l’hôtel afin de prendre nos affaires et en profiter pour « vous savez quoi », nous prenons place à bord du train retour. Nous sommes quasiment seuls dans la salle supérieure du wagon.  C’est la première fois que je prends un billet sur un TGV Ouigo. J’ai découvert en prenant les places qu’il y avait trois catégories de billets : de base ; place avec prise électrique ; place au calme. J’ai pris des places avec prise électrique. A l’heure des batteries voraces en énergie, ça peut être utile.

Alors que le train s’apprête à partir, une dame s’installe derrière nous, et tout en branchant son portable, nous demande si nous pouvons le surveiller, le temps qu’elle indique à son mari, resté dans la salle du bas, qu’elle a trouvé une place avec prise électrique en haut.

En reconnaissant le style bourgeoise-séfarade-à-péruque-raide, je me dis « tiens une Chouchana orthodoxe ; ce que ces sheitels prescrits par le clergé pour imposer la pudeur à la femme, les obligeant ainsi à cacher leurs vrais cheveux, peuvent être aussi ridicules que peu discrets ». Puis je lui réponds que nous veillerons sur son portable. Je le pose d’ailleurs sur mon siège. Ma face de golem marrane taillé dans le granite galicien a dû la rassurer.

Nous commençons à nous assoupir, bercés par le léger roulis du train, nos souvenirs et le calme du wagon, lorsque Dame Chouchana remonte. Je lui rends son portable. A peine rendu qu’elle le décroche et appelle son fils en parlant fort et de façon nerveusement directive. Je me dis que si elle ne passe pas son appel depuis la plateforme c’est que ce sera bref. Et bien non. Son fils se trouve à l’épicerie et sa mère lui donne la liste des courses à faire en vue du confinement, mais aussi de la fête de Pessah qui approche, tout en contrôlant chaque point de la Cacherout. Là je me dis que ça va être très long et que ça va m’agacer.

« Jonathan ! Demande à ta sœur de prendre cinq boites de riz Uncle Ben’s, l’aromatique naturel sans arome (…)

Jonathan ! Prends bien les abricots sec de Turquie ; Jonathan ! Tu prends bien les abricots sec entiers, pas les moelleux ; Jonathan ! Tu fais bien attention à ce qu’il n’y ait pas de sirop de glucose dessus ; Jonathan ! Tu m’en prends trois boites ; t’es déjà bien chargé, d’accord, c’est pas grave mon fils, prends-en que deux alors (…)

Jonathan ! N’oublie pas l’huile d’olive, c’est très important, tu regardes bien s’il y a l’étiquette, oui l’étiquette starK-P ; Jonathan ! Tu sais quoi, prends la marque Terra Delysa, elle est de toute façon Cacher Lepessah, oui celle en bidon métallique de 3 litres ; Jonathan ! Prends-en 6 bidons, ça se garde bien ; t’es déjà bien chargé, bon ! C’est pas grave mon fils, prends-moi que cinq bidons alors (…)

Jonathan, mon fils ! Passe-moi ta sœur… »  

« Mon Dieu quel cauchemar ! ». Cela fait vingt minutes que ça dure et j’ai les oreilles qui saignent. Tout en pensant au pauvre Jonathan, et finalement au bonheur de ne pas avoir eu une mère juive orthodoxe, une mère bigotte-catholique étant déjà pas si mal, je médite sur les absurdités de notre espèce. N’y voyez rien de prétentieux. Il s’agit juste d’un exercice  purgatif ayant pour but de ne pas péter une durite.

Donc cette dame qui avec son mari a pris une place en bas sans prise électrique, tout ça pour gratter cinq misérables euros, vient charger son portable dans notre compartiment. C’est ridicule mais pourquoi pas. Le compartiment étant quasi désert, elle pourrait aller brancher son téléphone à l’autre bout et y passer son coup de fil, ayant ainsi l’extrême obligeance d’éviter de casser les couilles d’une bite non-circoncise. Mais non ! C’est tellement mieux de coller aux gens pour les abreuver de nos débordements comportementaux. Sans doute un besoin d’être rassurée par la présence des autres. Un besoin de doudou dans les situations stressantes. Et il est vrai que j’ai une bonne tête de doudou.

De toute façon, en la matière, il y a deux types d’individus sur cette Terre.

Ceux correctement circonscrits, qui considèrent que leur liberté s’arrête là où commence celle de l’autre ; qui savent que tout le monde a des soucis à gérer, des pensées à développer, ou des besoins de calme à gouter ; que ce n’est pas parce que quelqu’un ne parle pas qu’il n’est pas occupé ; et qui par conséquent évitent d’abreuver leur entourage de leurs régurgitations cérébrales, déversées comme elles viennent ; qui s’assurent que l’autre est disponible, qu’il n’est pas en train de se reposer, de réfléchir ou justement en train de digérer ses propres régurgitations cérébrales.

Et puis il y a les gens aussi egocentrique que cette dame. Des gens qui n’aiment pas être seuls au point de parasiter en permanence les autres avec leurs débordements. Sans doute un problème d’étanchéité. Des gens pour qui l’autre n’a pas d’existence propre. L’autre n’ayant vocation qu’à servir de réceptacle à leurs épanchements ou de sac à besoins.

En général, signifier à ce genre d’individu que tu as toi aussi une existence propre, avec des besoins propres, dont celui du calme, qui plus est à un moment ou à un endroit où la bienséance l’admet comme allant de soi (un compartiment de train par exemple), génère deux type de réactions. La colère, ce genre de personne n’admettant pas que tu puisses lui signifier ton existence, ou  alors une grandiloquente mansuétude, ce genre d’individu dans sa majesté acceptant d’accéder à ta supplique, ce qui a forcément quelque chose d’humiliant pour la personne qui souhaite ce qui va de soi entre gens correctement éduqués.

Comme il est hors de question que je reçoive des jets d’hystérie ou un méprisant « soit », je décide de faire la chose la plus logique à faire. Vu que nous n’existons pas, faisons comme si cette dame n’existait pas.

Me tournant vers mon Aimée, à qui la douceur aussi agnostique que gauloise rend ce genre de comportement tout à fait extraterrestre, mais franchement abasourdie par cette interminable litanie épicière, je lui raconte ce qui se passe. Je lui explique ou plutôt je lui commente la scène, à voix haute, et sur un ton fortement moqueur.

L’emperruquée finit très vite par se rendre compte que ma voix de baryton renvoie un écho goguenard de sa conversation. En signe de désapprobation, elle décide de brancher le haut-parleur de son portable. Qu’à cela ne tienne, je singe également les réponses de son pauvre Jonathan de fils, tout en expliquant à ma Chérie le sens de la cacherout particulière à la fête de Pessah.

A ce moment-là, ma femme pour cacher sa gêne, me demande comment je sais cela. Je lui réponds, en lui adressant un clin d’œil complice, tout en prenant une voix gutturale et en imitant le doigt de Dieu que « c’est là mon côté Moïse ». Le blasphème est de trop. L’orthodoxe mal élevée, sans piper mot, se lève et quitte le compartiment.

En rigolant, je lâche un « Mission accomplished ! Nous voilà Libérés ! Le tout en moins de cinq minutes ! La vérité, si le Mossad voyait ça, il serait impressionné ! Faire lâcher sa position à une mère juive religieuse, le tout en moins de cinq minutes, cela tient du génie en matière de guerre psychologique. Faudrait que j’enseigne mes méthodes à l’Institut #LOL ».

Le calme revenu, nous nous laissons enfin bercés jusqu’à Paris…

 

lundi 3 août 2020

Chroniques de Guerre Sanitaire (1/9) : ça commençait pourtant bien

« Celui qui excelle à résoudre les difficultés le fait avant qu’elles ne surviennent » Sun Tzu

Tout cela avait pourtant bien commencé. Fin janvier, les nouvelles étaient réconfortantes comme seules savent l’être finalement les fake news autorisées par les Autorités. Le Général Hiver avait gelé le plus gros de l’offensive virale chinoise, née semble-t-il du croisement entre une brochette de pangolin et un tartare de chauve-souris, avant qu’elle ne franchisse la Grande muraille de Chine. De quoi me laisser le temps d’anticiper, à ma dérisoire échelle personnelle, le meilleur comme le pire des spasmes de notre violente planète.

Commençons par le meilleur.

Après deux mois de blocage hivernal par les vils saboteurs des Confédérations Grévistes du Travail, nous sommes nombreux à nous réjouir de la perspective d’un retour à la vie normale avec le printemps. « Rendez-nous nos vies » était notre slogan, répondant aux imbécillités que les agités du bocal syndical ânonnaient lorsqu’ils défilaient, toutes ces interminables semaines, dans un Paris aussi paralysé qu’un cerveau de gauchiste.

Et comme la menace de la vilaine « grippette » n’a pas de quoi nous faire hurler « mon Dieu ! On va encore tous mourir », on se met à faire des projets.

Après tout, nous devions déjà tous mourir : du Bug de l’an 2000 ; de l’Anthrax en 2001 ; de la fièvre du Nil occidental en 2002 ; du SRAS en 2003 ; de la grippe aviaire en 2005 ; de la crise économique en 2008 ; de la grippe H1N1 en 2009 ; de l’épidémie d’e.coli en 2011 ; du calendrier maya en 2012 ; de la crise des missiles de la Corée du Nord en 2013 ; de la fonte des glaces en 2014 ; de l’Etat Islamique en 2015 ; et des virus Zika et Ebola en 2016.

Or nous sommes, presque tous, encore là. Dès lors, pourquoi verserions-nous dans l’hystérie alarmiste.

A plus forte raison que les Taïwanais de Chine-démocratique démontrent que l’on peut gérer la menace virale venue du Wuhan avec bien plus d’efficacité et moins de privations qu’en Chine-dictatoriale.

J’ose donc penser que notre gouvernement, celui de la 7e puissance économique mondiale, ne manquera pas d’adopter des mesures équivalentes ou bien meilleures pour protéger les plus fragiles d’entre nous tout en maintenant le pays en état de fonctionnement.

« Covid19, ma grande Nation va te défoncer, même pas peur vulgaire miasme made in China ! #ObsolescenceProgrammée » fanfaronne-je en bon frenchouille, tout en découvrant que les premiers cas atterrissent chez « Nous ».

Dans ma crise de confiance, j’imagine la belle et  rassurante ministre de la Santé, aussi tranquillisante qu’une anesthésie générale, ouvrir, non pas sa blouse immaculée de médecin sur une délicieuse nudité mature (je vous connais bande d’obsédés), mais bien le stock stratégique d’un milliard de masques, tout en mettant en branle (bande de pervers) le merveilleux système de santé que le monde entier nous envie (oh oui !). Je me dis même que l’autre face de plumeau qu’est le très verbeux ministre de l’économie sortira de son impuissance (tas de dépravés) en mobilisant les moyens industriels nécessaires et en stimulant (oh oui ! encore !) l’innovation technologique.

Un peu moins excité, je liste les mesures avec lesquelles Taïwan ou la Corée du sud parviennent à circonscrire le danger. Il est vrai que les voisins en porcelaine de la Chine éléphantesque, parfois menacés dans leurs intérêts vitaux par les soubresauts du géant asiatique, ont tiré les leçons de la crise du SRAS de 2003 puis du virus H1N1 en 2009 qui avaient frappé la région. Ils savent par ailleurs lire suffisamment bien entre les lignes de la propagande chinoise pour s’alarmer lorsqu’il le faut.

Voici les mesures en question :

·     - Filtrage immédiat aux frontières des passagers en provenance de Chine continentale dès que les autorités chinoises décrètent le confinement. Quand on y pense, une frontière c’est comme la peau, ça doit servir à filtrer les menaces pathogènes.

·      -Tests massifs de la population avec confinement strict des malades et traçage numérique des gens contaminés, chose acceptée par tout le monde puisqu’il ne s’agit pas d’un traçage généralisé et constant, attentatoire aux libertés, mais ciblé et provisoire en vue d’éviter des pertes humaines.

·      -Port du masque protégeant le reste de la population des individus porteurs non encore détectés, selon le principe basique que le meilleur moyen de se protéger d’un virus respiratoire c’est de porter un masque respiratoire. Une protection qui permet de maintenir un semblant de vie normal et surtout quasiment intact le potentiel productif du pays.

·      -Mobilisation des infrastructures industrielles et innovatrices pour produire le nécessaire à la gestion de la crise (masques, tests, outillage médical et digital) et anticiper la suite.

J’en conclue que nous ferons pareil mais en mieux car nous sommes Français et que si nous n’avons toujours pas de pétrole de schiste, nous ne manquons pas d’idées bien huilées…

Tout à ma rêverie, je m’imagine déjà, aux premières caresses solaires du printemps, me promenant avec ma Dulcinée sur les bords de Seine après le boulot, une délicieuse glace de la Maison Berthillon à la main, achetée sur l’île de la Cité, avant de nous poser dans un bar éphémère du Quai d’Orsay pour profiter de la dolce-vita parisienne.

Je m’en frotte déjà les mains, voyant mes doigts passer de ses magnifiques boucles châtain-soleil à son cou si doux ; et je me pourlèche les babines, imaginant sa succulente langue, parfumée de son mélange de tabac léger et de pastilles à la menthe « fisherman’s friend » (#PlacementDeProduit), aspirée goulument par ma bouche, entre deux tartines de tapenade arrosées de bière blanche.

Puis les jours passent, chaque jour apportant son lot d’annonces pas aussi agréablement printanières que je le souhaitais. Les seules choses qui bourgeonnent en cette deuxième quinzaine de février sont les cas de covid19. Ceux-ci émergent en divers points de la planète tels des champignons sur une vieille souche moisie qui servirait de mappemonde, notamment en Iran, dans notre Italie aussi chérie que voisine, mais également chez Nous.

Il y a d’ailleurs quelque chose de particulièrement sardonique dans cette éclosion. Le virus semble cibler de préférence les religieux : secte chrétienne en Corée du Sud, mollahs en Iran, évangélistes en France, ultra-orthodoxes en Israël, et sectateurs du ballon rond en Italie puisque les fidèles de la deuxième religion italienne semblent concurrencer les grenouilles de bénitier qui vont se contaminer dans les églises.

Comble de l’ironie, l’un des foyers français semble avoir été directement importé par les services de l’Etat via l’Armée lors du rapatriement des Français du Wuhan dans l’Oise. « Si l’Etat n’existait pas, qui vous contaminerait ? » se gaussent mes potes libéraux. A posteriori, on peut dire que ce ne sera que le début d’un long chemin de croix pour l’Eglise étatiste françoyse.

Bref, on rigole, on rigole, mais au fond, tout cela me laisse un brin circonspect.

J’ai senti poindre les premiers doutes lorsque le gouvernement, accompagné de ses aussi serviles qu’Apathiques commentateurs, se sont mis à annoncer :

·      - Que les masques étaient inutiles pour le pékin moyen mais indispensables pour le personnel médical. J’en ai conclu que ces derniers devaient avoir les bronches plus fragiles que les nôtres. Non ! Je rigole !

·      - Que le virus n’avait pas de passeport et que ça ne servait à rien de boucler les frontières. Pendant ce temps-là les pays voisins de la Chine démontraient le contraire.

·      - Que les Italiens étaient moins efficaces que nous. Mouais ! A un certain moment, il va tout de même falloir arrêter d’en vouloir aux Italiens de nous avoir fourbement dérobé la coupe du monde de football de 2006. C’était dans la foulée du coup de boule de Zizou sur Materrazi, qu’il aurait fallu déclencher une frappe nucléaire sur Rome. Prier maintenant pour qu’ils crèvent tous du Coronavirus quatorze ans après, ça fait rancunier. A plus forte raison que notre gouffre budgétaire rejoignant bientôt le leur, nous aurons très bientôt besoin de nos cousins Ritals pour aller quémander de l’argent auprès de nos cousins Germains. Soyons pragmatiques !

·      - Que la tempête virale s’arrêterait à nos frontières, comme en son temps le « nuage de Tchernobyl ». Après tout « Bis (ou plutôt Bêtises) Repetita Placent ».

Des doutes vite réprimés. Que voulez-vous face au danger, les premiers reflexes sont soit la fuite soit le déni. Dans le déni on se dit que notre gouvernement ne peut pas être mauvais à ce point. Faire de la politique c’est servir son pays. Avec tous les rapports qui s’entassent, ils doivent forcément avoir un plan, une solution, une méthode plus discrète mais tout aussi efficace que la taïwanaise. « Nous sommes l’une des plus grandes puissances mondiales, putain ! Nous avons le meilleur système de santé au monde, merde ! Etc. »

J’allais déchanter assez vite et, avec le foyer viral qui commençait à embraser l’Est de la France, je devais me rendre à l’évidence que dans mon beau pays, gouverner ce n’est ni prévoir ni réagir en conséquence, mais dépenser une énergie et « un pognon de dingue » pour sauver la face du gouvernement. Le tout en nous laissant la douloureuse finale.

Rien de bien surprenant de toute façon. Notre président n’avait-il pas annoncé dès sa campagne présidentielle que ce qui doit l’emporter c’est le souffle révolutionnaire transformateur français, seul réel génie politique national. Transformer la France, transformer le Monde. « Parce que c’est notre projet ! » Ils ne doivent exceller que dans les challenges d’ampleur galactique. « Parce que c’est notre projet ! »  Faire la nique à une vilaine pandémie ne doit pas être digne de leur magnificence. Ça ne les pousse pas au dépassement. « Parce que c’est notre projet ! »

De communiqué en communiqué de presse de Dame Si Bête, le clown de foire gouvernemental en pyjama officiel et à la face de brocolis cramé, aux propos relayés quasiment mot pour mot par des medias aussi complaisants que subventionnés, l’évidence s’impose : gouverner se réduit à communiquer, commenter, en somme jacasser, tout en laissant-faire-n-importe-quoi laissant-passer-n-importe-qui…

A plus forte raison que les rumeurs de pénurie de masques, de respirateurs, de lits d’hôpitaux dans le Grand Est, commencent à poindre. Quand tu penses que le président de la région Grand Est se trouve être médecin de formation, tu te dis que l’histoire aime à se montrer taquine.

Aussi, plutôt que doux, le printemps s’annonce chaud bouillant. En rigolant avec les copains, on se dit que ça annonce peut-être les huit semaines de canicule estivale qui  nous frapperont dans quelques mois.

Par conséquent, début mars, je me suis mis à anticiper le pire.

Oh je vous rassure, je ne suis pas du genre à paniquer violemment. Je préfère de loin paniquer tranquillement, de façon organisée. 

Contrairement au gouvernement qui découvre ce dont il a besoin au fur et à mesure de l’avancement de la crise, je liste le nécessaire, en tenant compte des mouvements de panique ayant déjà eu lieu en Asie, Australie, Italie. Je tiens surtout compte du fait que la race humaine peut s’avérer partout extrêmement primitive et donc prévisible.

Je tiens compte également des derniers mensonges du gouvernement n’annonçant pas de confinement immédiat, ou plutôt l’annonçant à la normande, « p’tèt ben qu’oui p’tèt ben qu’non », notre Premier ministre en étant un beau spécimen, puisque même sa barbe-zèbre arbore désormais une coloration normande, « p’tèt ben qu’brune, p’tèt ben qu’blanche».

De fait, en ce début mars, où des bruits de couloirs de l’administration comme des grandes entreprises annoncent un confinement de six semaines à partir de la mi-mars, les menteurs qui nous gouvernent nous invitent à mener une vie normale. Le président donne l’exemple en allant au théâtre. Et la classe politique, tous bords confondus, bavant sa soif de mandats, manifeste sa hâte de voir les Français braver le virus en allant veauter pour les municipales…

Je me suis demandé pourquoi le gouvernement mentait de la sorte. Est-ce qu’il se garde plusieurs options ? Est-ce tout simplement parce qu’il croit vraiment dans ce qu’il nous raconte au fur et à mesure, un peu comme s’il pensait tout haut ? Toutes choses qui ne sont pas plus rassurantes. Car soit le Gouvernement se ment à lui-même, ce qui démontre une certaine incompétence, soit il nous prend cyniquement pour des cons, comptant sur notre mémoire de poisson chirurgien bleu (#HommageàDoris) pour oublier ses mensonges successifs.

Et puis ! Quelle est donc cette manie de gouverner au conditionnel. On ne leur apprend plus que l’on gouverne, soit au présent, soit au futur, mais jamais au conditionnel. Tas d’apprentis gouvernants !   

Quoi qu’il en soit, ne croyant plus rien de ce que les Autorités nous racontent, je liste le nécessaire pour ma pomme, ma femme et mon vieux père.

Je liste, j’achète par petites quantités tous les jours, puis je stocke chez mon papa, et chez moi, assez de packs d’eau, de sachets de riz, de pates, et de poisson en conserve,  pour tenir un mois. Un brin honteux, je me constitue également un stock stratégique de papier hygiénique.

Il me faut maintenant convaincre ma chère et tendre de prendre des dispositions similaires.

Je ne sais pas encore où je passerai mon confinement, chez elle ou chez moi.  Cela fait deux ans que je crèche bien plus souvent chez ma douce compagne que dans mon nid d’aigle ou plutôt nid de mésange situé dans la proche banlieue parisienne.

Son chez elle, un joli appartement ensoleillé avec balcon, se trouve à une heure de chez moi dans un quartier populaire parisien comme je les aime, mixé socialement et ethniquement mais bien parisien au lieu d’indéterminé. Je m’y rends presque tous les soirs. Le plaisir de nous endormir l’un contre l’autre est tel que toute séparation de plus de 48 heures nous est pénible. J’aime tant la voir à mes côtés lorsque je m’éveille. Nulle autre vue pareille ne m’émerveille autant que son crin châtain-soleil brillant au réveil ; ses boucles de cheveux que je peux caresser jusqu’à épuisement. Et ses yeux ! Mon Dieu ! Ses yeux ; des yeux bleus dont je contemple émerveillé tout coucher comme chaque lever. Mais aussi, les plus efficaces de toutes les pilules bleues ; à peine je les gobe du regard que me voilà avec la barre.

« Oui, je suis profondément amoureux de ma femme, et alors ! Je sais, c’est rare ! Mais ce n’est pas mon problème ! C’est le vôtre ! Na ! ».  Et dire qu’il aura fallu que j’attende 45 ans pour que toutes les mièvreries auxquelles j’ai toujours cru, m’explosent dans l’âme et prennent enfin chair. Comprendre finalement ce que « trouver sa moitié » veut dire ; cette âme sœur qui, loin de t’amoindrir, te permet de te découvrir tout entier, d’être entièrement toi, tout ce que tu attendais d’être. Être né pour aimer ainsi. C’est comme ça ! Ma femme est devenue tous mes jours de printemps, toutes les fleurs que j’ai dans les yeux à chacune de nos retrouvailles. « Nos » ; « Nous ». J’aime tellement dire ce mot « Nous » depuis « Nous ».

Mon nid de mésange offre toutefois l’avantage de se trouver juste à côté de chez mon père âgé de 82 ans, à qui je devrai porter assistance pour les courses, les factures, le ménage, etc. D’ordinaire je me rends chez lui tous les deux jours en quittant le bureau situé non loin de là.

Or en cas d’épidémie galopante et de confinement, il me faudra limiter les visites pour éviter de ramener des germes tout en me rendant disponible chaque fois que nécessaire. J’ai perdu ma mère d’un cancer foudroyant de l’estomac, l’hiver dernier au Portugal, et j’ai déjà assez de difficulté comme ça à faire le deuil malgré la distance des rapports que j’entretenais avec ma génitrice. Aussi j’ai tout sauf envie de perdre mon paternel dont je suis proche. Cette simple éventualité me ronge le sang. Je finis par me dire que je trancherai au dernier moment, selon les conditions du confinement. En cas de restrictions sévères de déplacement, j’opterai pour mon repère.

Je fais part à ma femme de mes états d’âmes. Elle est d’accord avec moi. En me caressant le visage, elle me dit, « tu verras bien et tu décideras en conséquence ».

De son côté ma Chérie doit prévoir la venue de ses deux filles adolescentes, en garde alternée, une semaine chez leur père, une semaine chez elle. Comment cela se passera-t-il pendant le confinement ? Nous deux, amoureusement confinés, ça ne manquera pas d’être délicieux, mais avec deux adolescentes en plus, c’est susceptible de déraper. Non pas que ses filles ne soient pas aimables, bien au contraire. Chacha l’ainée et Titou la cadette, sont des mômes ayant les côtés adorables de leur mère, mais elles n’en restent pas moins des adolescentes avec des tensions liées à leur âge et celles propres à leur génération d’egocentriques habitués à toutes les facilités. Comment vivront-elles l’enfermement avec nous. Bref, tout cela ne va pas sans susciter quelques inquiétudes à prendre en compte.

Parents et enfants. La quarantaine est l’âge béni où, tout en se sentant tellement plus libre qu’à n’importe lequel des âges précédents, on s’oublie assez pour se soucier principalement de nos parents comme de nos enfants.

Et Dieu sait que je me fais également un sang d’encre pour mes propres enfants. Ceux-ci habitent avec leur mère en Bretagne, non loin du cluster viral morbihannais qui fait parler de lui depuis peu de jours et qui les taraude. Je passe déjà chaque jour à faire le deuil de leur éloignement et absence. Mais là, m’inquiéter à distance est une véritable torture morale. La fonction d’un père est de protéger et de rassurer. Or ne pas être auprès d’eux pour le faire est émotionnellement assez difficilement supportable. Qui plus est, j’avais prévu d’aller les voir à la fin du mois de mars. Tout comme ils devaient venir chez moi pour les vacances scolaires de pâques. Je sens que tout cela va tomber à plat avec le confinement.

J’enrage littéralement avant de lâcher prise en respirant profondément. Après tout, depuis mon divorce d’avec leur mère un tantinet instable, je leur dis souvent que vivre consiste à s’adapter au changement. « La vie n’est que mouvement » comme le disait Montaigne, ou plus récemment le Docteur Gerry Lane dans le film « World War Z ». Ce référentiel les fait souvent rire, « Tu as raison, papa, nous ne sommes pas des Zombis ». Je me rassure en me disant que nous nous appellerons plus souvent. Nous trouverons des moyens de rester en contact et de rire ensemble en attendant de pouvoir nous embrasser de nouveau.

En attendant de trancher, il me faut donc convaincre ma Douce de stocker du ronderche.

Accueillant mon intention de l’un de ses « quoi ! » emblématiques, elle poursuit goguenarde, en me lançant un « mais tu ne penses qu’au Q ma parole !». Je rétorque en rigolant « Oui ! Je ne pense qu’au tien ! Mais en l’espèce, il s’agit plutôt de PQ !».

« Ah non ! Je refuse de rentrer dans cette logique de siège, d’anticiper ce qui pourrait manquer à cause d’éventuelles hystéries collectives. Je suis une Parisienne, une Intra-muros, et à Paris, non seulement, il n’a jamais rien manqué, mais je te parie qu’il ne manquera rien », me dit-elle en riant avant de poursuivre.

« Et puis, où veux-tu que je stocke dans mon trois pièces, avec un frigo d’appart parisien digne d’un mini-bar ? Il est fait pour contenir une semaine de bouffe. Pas plus ! Enfin ça me saoule de faire comme la foule. Je ne vais tout de même pas me disputer des boites de thon dans les rayons ! J’ai une dignité moi !  »

Je lui réponds que c’est l’une des raisons pour laquelle je l’aime tant mais voilà, on va quand même trouver de la place pour quelques petits stocks tactiques que je constituerai tranquillement dans les prochains jours. Gouverner sa maison, comme un pays, c’est prévoir.

Une semaine après, voilà chose faite ou presque.

En apprenant que l’ibuprofène serait à l’origine de l’hospitalisation de patients jeunes et qu’il serait à proscrire, le paracétamol étant à privilégier, je me dis que tous ces cons se rueront sous peu dans les pharmacies pour dévaliser les rayons de doliprane. Le Con étant prévisible au moins 48 heure à l’avance, je décide de nous prévoir deux boites chacun au cas où, en les prenant tranquillement, deux drageoirs par ci, deux drageoirs par-là, histoire d’en laisser aux autres.

Le lendemain, le mardi 10 mars, en sortant du bureau, je me rends compte que je n’en ai pas pris pour mon père. Je rentre donc dans une pharmacie pour lui en prendre deux boites. Devant moi, dans la file d’attente se trouve à l’évidence une cagole de cité avec sa poussette. Lorsque vient son tour, celle-ci commande un lot de sérums nasaux ainsi que huit boites de doliprane en lançant à la pharmacienne « vaut mieux en avoir en réserve, ça peut servir » le tout accompagné de petits tremolos inquiets dans la voix. La pharmacienne ne moufte pas et emballe les huit cartons de médicaments en accompagnant son geste d’un mouvement ruminant de la mâchoire.

J’écarquille les yeux en me disant, ces gens-là sont aussi graves que la pharmacienne est incapable de mettre le haut-là. Il ne reste plus que deux drageoirs de paracétamol sur le présentoir. La primate de cité s’en va. C’est à mon tour. Ayant honte de prendre les deux dernières boites, je lui en demande une seule, en me disant que j’en achèterai une autre ailleurs.  L’apothicaire me tend le drageoir en disant « il faut que j’en recommande, ça part vite aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi », le tout en m’offrant la vivacité de l’éclat oculaire d’une génisse charolaise. Je prends la boite pour mon père en disant « merci » tout en ayant très envie de lâcher un « t’es un peu teubée, toi aussi, non ? ».

Avant d’arriver chez mon vieux, je trouverai une officine où j’achèterai la deuxième boite, épisode là aussi haut en couleurs.

La pharmacie  à deux pas de chez mon papa a bien organisé les choses. Elle a effectué des traçages au sol sur le trottoir comme à l’intérieur de l’établissement, garantissant ainsi une distanciation physique de deux mètres entre chaque client.

Lorsque j’arrive, deux personnes se trouvent devant moi. Je n’ai personne derrière moi pendant une minute. Puis trois personnes arrivent. Les deux dernières suivent le marquage, mais celle juste derrière moi semble plus attirée par mon postérieur que par la nécessité de garder ses distances. S’ajoute à cette proximité, la respiration forte de quelqu’un qui a couru. Son souffle chaud s’abat sur ma nuque.

La personne en question est une grande Africaine ressemblant à Aya Nakamura, la Castafiore malienne qui fait un tabac, auprès d’un public constitué des rebuts zupestres de l’éducation nationale, avec ses clips aux images grimées au dernier degré, et aux chansons écrites en petit nègre suburbain à base de borborygmes indiquant clairement que sa musique s’écoute bien plus avec le cul qu’avec la tête.  

Je mets son besoin de me coller sur mon magnétisme animal ou alors sur mon séant musclé de Babtou aux zestes de sang bantou qui ne manquera pas, peut-être, de lui rappeler, à la fois, une allure tribale familière, mêlée d’exotisme  blanc. Sauf que là, mon absence de célibat comme le climat sanitaire ne s’y prêtent pas. J’ai donc tout sauf envie de danser le collé-serré au cours d’une Covid-party improvisée.

L’un des clients de devant ayant été servi, un marquage au sol se libère devant moi. J’avance de deux mètres, me défaisant alors de cette proximité proche de l’emprise aussi embarrassante que déplacée. C’était sans compter sur le mimétisme de cette cousine. Elle me recolle derechef à tel point que j’ai pour ainsi dire sa buée sur l’intérieur de mes lunettes.

« Mazette ! Si ça se trouve, elle est en train de m’embrumer de coronavirus ! Ça ne va pas du tout, ça ! » me dis-je en tchipant intérieurement, et en pensant à la sécurité de mes proches comme à la Sécurité Nationale (#LOL).

Me tournant vers ce morceau de sparadrap qui refuse de me lâcher la grappe, je me permets de lui signifier, sur un ton bienveillant mais ferme : « n’y voyez aucune offense mais si je tiens à maintenir une certaine distanciation physique, dans le respect des marquages au sol, ainsi que des gestes barrière, ce n’est pas pour rien ».

La réaction du sparadrap est quelque peu déconcertante. Mon injonction dans un langage, visiblement, un peu trop soutenu, la laisse coite, dans ce qui ressemble à un véritable KO débout, les mains recroquevillées sur la poitrine, le menton incliné sur le côté, et le regard aussi éteint que celui d’une carpe restée trop longtemps sur l’étale d’un poissonnier.

J’ai bien envie de lui dire « ne vous frappez pas de la sorte » mais j’ai peur de finir de lui déclencher un AVC. « J’aurais peut-être dû ponctuer ma phrase d’un ‘wesh’ ou deux » me dis-je. Je m’admoneste en me traitant de « grosse brute » au moment où le pharmacien, qui a visiblement assisté à la scène du coin de l’œil, m’invite à le rejoindre en caisse.

« Je vous en prie, Monsieur, venez, c’est à vous » me dit-il avec un sourire complice qui illumine la finesse de ses traits Éthiopiens et dont la blouse blanche souligne la gracilité de sa silhouette d’Elfe africain.

Je le rejoins, achète ma boite de paracétamol, et repars en jetant, un brin inquiet, un dernier regard sur la dame toujours figée telle une statue de sel.  

Une statue aux formes athlétiques mises en valeur par une combinaison moulante en skaï noir et un gilet en peluche blanche qui lui recouvre les épaules. Un détail manque de me faire éclater de rire. Elle porte des chaussettes blanches, en raccord avec le gilet, dans des claquettes noires aux deux lanières d’empeigne recouvertes d’une ridicule fourrure synthétique blanche. « Au moins tout est raccord » glousse-je intérieurement. Les claquettes-piscine-chaussettes-blanches, soit le comble du mauvais goût teuton, mis à la mode dans nos banlieues par une armada d’influenceuses pour Youteubées. De quoi souligner le caractère définitivement « horribilis » de « l’annus 2020 ».

Son regard reste étrangement figé. Si ça se trouve, elle se dit qu’elle vient d’être, une énième fois, victime, d’une infâme agression raciste. A moins qu’elle ne soit « dans son comportement » comme le chante sybillinement Aya Nakamura, ou ne rumine « le seum » (un désarroi mêlé d’acrimonie) que lui aura suscité ma remarque.

Tout en méditant sur la force de frappe psychologique des phrases subordonnées, j’oublie ce mannequin pour prêt à porter de cité, et me dis « Mission accomplished ! ». J’ai les deux boites de doliprane de mon paternel.

Dans les jours qui suivent, comme il fallait s’y attendre, des ruptures de stocks de paracétamol sont à déplorer. Pays de teubés prétentieux !

 

samedi 1 août 2020

Vae Victis In Virum : Chroniques de Guerre Sanitaire

 

:) Histoire de vous détendre sous la tente, sous l'igloo ou à la plage, voici les Chroniques d'une Guerre Sanitaire historique, comme personne d'autre ne vous les racontera...

Le feuilleton de votre mois d'aout, avec du confinement mais aussi de l'aventure, de l'amour, du sexe, des combats épiques et mythologiques, des conclusions culturelles et politiques...

En attendant la prochaine vague :) 

Sil