vendredi 14 septembre 2007

POUR NOEL OFFREZ UNE BOITE DE « CANNABY STREET »


Comment relier neufs points en quatre traits sans lever le stylo? Étant donné que les modèles de prévision météorologiques établissent que cet été se déroulera entre septembre et octobre, je vous propose ce petit jeu de plage pour impressionner vos gosses et signifier à mon gouvernement chéri que pour régler un problème, il faut savoir parfois réfléchir en dehors du cadre posé. C’est en ces termes que je propose le traitement suivant pour le problème cannabique. Un traitement original mais pas nouveau.

Car à vrai dire, j’étais déjà pour sa « légalisation » quand le rapport parlementaire de 2002 sur les drogues ou « The Independent » établissaient sa faible nocivité. Un constat ayant produit sa déclassification de catégorie C à B, en Grande-Bretagne. J’étais pour et le suis paradoxalement encore plus depuis que la nocivité du produit s’est accrue.

On constate en effet que des nouvelles variétés d’Herbe, appelées skunk, sont beaucoup plus chargées qu’avant en THC, le principe actif du cannabis. Ce qui alarme légitimement les autorités comme ceux qui jusqu’alors croyaient benoîtement à « l’innocuité » du produit. Un produit qui comme toute drogue ne peut pas par nature être inoffensif.

Car entendons nous bien. Mon hygiène de vie du genre mormone me fait vomir l’alcool, le tabac et même le moins dangereux des trois, à savoir le cannabis. Pour tout dire, je ne jure que par le chocolat, le coca-cola ground zero et me fous sans modération de la tronche de mon entourage quand il arbore cet éclat cannabique aussi crétin que rougeaud au coin de la cornée. Un entourage qui bien que constitué de gens très bien, cadres, intellos, patrons, profs, ingénieurs, flics, ruraux comme urbains, employés et ouvriers, côtoie le produit dans des proportions si importantes que les statistiques officielles me font rire aux éclats. D’ailleurs bien que du genre Mormon, je dois avouer, comme certains ministres anglais l’ont fait récemment, y avoir goûter une fois. Ce fut sous la forme d’un « space-cake », un marbré chocolat-ganja aux pépites de cannabis. Un gâteau délicieux de prime abord mais qui me fit tellement « bad triper » jusqu’à la nausée libératrice que depuis je ne peux plus voir le cannabis ni en pâture, ni en culture.

Pourquoi suis-je pour sa régularisation alors ?

Pour la raison invoquée en introduction. Quelquefois pour résoudre un problème, il faut savoir raisonner hors du cadre. Or quelles sont les données du problème ?

1- Un produit qui s’est à ce point banalisé chez nous qu’il en est devenu « culturel » au même titre que l’alcool et le tabac. Les statistiques officielles dénombrant 1,2 million d’usagers réguliers, 550 000 d’usagers quotidiens, ainsi que 50% de jeunes de 17 ans, en 2005, avouant en avoir déjà pris dans le cadre d’un usage festif chez les milieux aisés et plus addictif chez les jeunes rencontrant des difficultés scolaires ou professionnelles.

2- Un produit dont la toxicité s’est élevée, avec des joints jusqu'à dix fois plus chargés en THC que leur équivalent des années 70. Un produit dont la toxicité peut soit provoquer, soit accroître, ou encore devenir le mauvais compagnon de route de maladies comme la schizophrénie, les troubles de la pensée ou de la mémoire. Mais un produit dont la dangerosité physique et sociale reste cependant bien inférieure à celle du tabac, de l’alcool et dont le nombre de morts directement liés au produit sont de zéro alors que ceux liés à l’alcool, au tabac ou à l’obésité se comptent par milliers. Un produit dont l’utilisation maîtrisée peut même devenir médicamenteuse, comme cela a d’ailleurs été le cas pendant des centaines d’années en Europe même.

3- Un produit dont le chiffre d’affaires est estimé à 800 millions d’euros et dont le coût pour la collectivité se monte à 900 millions d’euros, avec 36 millions pour la prévention et 500 millions pour la répression.

4- Un produit dont les différentes politiques menées aboutissent au même résultat. Des gros bénéfices pour le crime organisé et un coût important pour la seule collectivité. C’est le cas pour le système libéral néerlandais qui laisse le bénéfice de la production et de la commercialisation aux mafias et le coût pour sa société. Mais il en va de même dans le cadre des politiques d’interdiction stricte comme aux EUA ou en France dont les politiques répressives n’empêchent pas une consommation non seulement très élevée mais aussi en constante progression. Et c’est encore la même chose pour la Grande-Bretagne, la Belgique et l’Allemagne où la dépénalisation de la possession de petites quantités produit les mêmes effets décrits plus haut.

Voici pour les données du problème.

Pour la solution, tout comme le maire chrétien-démocrate de Maastricht, Gerd Leer, je n’en vois qu’une. La réglementation de la production et du commerce du cannabis, sur le même modèle que celui du tabac. Faute de pouvoir en faire un monopole d’état, confions la production et la commercialisation à un secteur rigoureusement réglementé qui garantira la qualité, le taux de principe actif, qui fournira des informations, permettra de récolter des impôts. Des impôts qui permettront de financer les coûts de la prévention, les programmes de désintoxication, la répression de la contrebande ou de la conduite sous l’emprise cannabique…
Une vente réglementée qui permettra d’interdire toute culture personnelle et de réprimer avec une nouvelle légitimité la criminalité liée à la vente du cannabis. Une criminalité qui est actuellement perçue avec une certaine sympathie puisqu’elle répond à l’hypocrisie d’un système qui autorise par ailleurs le commerce légal de produits bien plus dangereux que le cannabis. En gros, on coupera l’herbe sous le pied de cette criminalité.

Et pour finir, une production réglementée qui rapportera un revenu supplémentaire à nos agriculteurs, de faire remonter celui de nos buralistes-calimeros et de se mettre la jeunesse dans la poche au moment où l’on veut reformer l’Université… Lol !

Et oui, des fois pour régler un problème, il fait savoir sortir du dogme, faire preuve d’honnêteté intellectuelle et réfléchir en dehors des sentiers battus, y compris ceux battus par nos propres pas ou nos propres goûts.

SIL as sober as a judge

11 commentaires:

madame d'aucune, amie des agriculteurs a dit…

Dingue, on est connectés ! Je dis ça depuis des années ; bon je le dis moins bien car dépourvue de votre rigueur intellectuelle, l'argument de la "démafiasation" me paraissant crucial (j'avais pas pensé au fric pour la collectivité, moi qui suis libérale, pff).
Démonstration imparable cher Sil, une fois de plus.

P.S. Le "pressé" ça donne mal au coeur, c'est vrai, mais la "simple" herbe, c'est super ! (pourvu que je ne sois pas censurée...)

Melle E a dit…

Ton billet sur le canabis; pourquoi pas après tout chacun son opinion surtout quand on y voit de l'humour...Mais je cite :"l’alcool, le tabac et même le moins dangereux des trois, à savoir le cannabis"...Es-tu sûr que le cannabis est moins dangereux que le tabac? Ou est-ce de l'humour?
Je ne suis pas sûre qu'une personne qui a fumé un paquet de clopes en une soirée soit plus "abîmée" et plus dangereuse en voiture qu'une personne qui a fumé un joint à cette même soirée et qui rentre elle aussi en voiture...Je pense aussi que le cannabis fait plus de dégâts sur les personnes que la cigarette même à haute dose. J'en ai connu qui à 25 ans avaient déjà les neuronnes bien entamés (genre Alzheimer bien avancé)...Enfin...ce n'est que mon opinion...Je ne bois pas, ne fume pas (rien du tout) et en plus à la différence avec toi, je n'aime pas les sodas...lol...

A part ça, un peu d'humour, c'est vrai que vu la surface de ton jardin, légaliser la culture te permettrait d'arrondir tes fins de mois et de finir plutôt tes travaux...

Anonyme a dit…

Légaliser le cannabis ? Non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non , non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, non, et encore non.

C'est mon point de vue et je le partage !!!

Pierre ARCHAMBEAUD

SIL a dit…

La peur mène au coté obscur de la Force jeune padawan (bien que mon aîné)

Pierre ARCHAMBEAUD a dit…

Effectivement Monsieur Sil,

La peur de voir notre jeunesse devenir aussi dégénérée que beaucoup de nos contemporains (le pseudo médecin qui apparaît dans le billet précédent en est un exemple criant. Et pourtant lui et moi avons choisi le même Président...)/

Vous ne fumez pas, vous ne buvez pas, vous ne vous droguez pas et vous avez entièrement raison.

Mais vous avez tord lorsque vous vous posez en défenseur de cette saloperie qu'est le canabis.

Pierre ARCHAMBEAUD

SIL a dit…

Salut Pierre,

Y'a comme un bug qui s'est glissé dans la Matrice.

Je n'ai jamais defendu le Cannabis mais cherche plutot à defendre les interets de mon Pays et de sa jeunesse par une politique de controle plutot que par une prohibition totalement inefficace en plus d'hypocrite et injuste, au regard du tabac de l'alcool et d'autres saloperies cancerogenes qu'on nous fait sniffer à longueur de journée.

@+

Dis-moi, t'as l'air en trés grande forme????

PIERRE ARCHAMBEAUD a dit…

Monsieur Sil,

Tu n'es pas le défenseur du canabis, mais quand tu écris "Pourquoi suis-je pour sa régularisation alors ?", tu te poses en avocat de cette merde.

Cela ne te ressemble pas.

Oui je suis en forme : chez moi en Bretagne, c'est la rentrée solaire. Pas eu le temps de prendre des vacances cet été, alors quelques après-midi de plage, cela fait du bien.

La plage, c'est bien : je vis à 2 kilomètres des plus belles plages du Morbihan.

Amitiés aux Parisiens.


Pierre ARCHAMBEAUD

SIL a dit…

Mon bon Pierre,

Prenons quand même le temps de repondre, en disant que cela me ressemble bien, au contraire. L'examen des faits, et le fait de ne pas vouloir plier la réalité à ma seule volonté ou gouts personnels c'est tout moi.

Alors oui le cannabis comme le Tabac sont de la merde, l'alcool une saloperie. Toutefois que toi et moi, soyons du genre sobres, pouvant ainsi assumer et assurer notre liberté, responsabilité en toute occasion, c'est trés bien. Par contre de s'arquebouter sur nos comportements "propres", en niant les faits chimiques, culturels et autres, refusant ainsi d'apporter des solutions raisonnées à des problemes biens reels c'est tout simplement agir en taliban.

Car il me semble que tu interdis le cannabis comme d'autres interdisent le cochon. Avec rien d'autre comme argument que celui d'autorité quasi "divine". ce n'est pas mon cas. ce n'est pas moi.

On ne soigne pas une société en cherchant à se soigner à travers elle. On se soigne d'abord, on vit sereinement ses propres choix puis aprés on propose des solutions à nos sociétés.

@ bientot mon bon Pierre

Anonyme a dit…

Ami SIL,

Désolé, c'est toujours non !!!

Et lorsque tu deviendras père, je sais que tu t'opposeras de toutes tes forces à ce que ta noble descendance se lance dans ce genre de divertissement.

Le canabis n'a, selon moi, qu'une seule destinée : il faut le mettre dans la cuvette des toilettes et il remplacera avantageusement une dose d'Eparcyl !!!!

A bientôt,

Pierre ARCHAMBEAUD

Melle E a dit…

Bon,
Encore une fois, je vais faire ma réac'...
Ce n'est pas parceque l'alcool est en vente libre, que la plupart des gens sont incapables de passer une soirée sans s'alcooliser un minimum ...(moi ça m'a toujours dépassé le culte de l'apéro obligatoire...)...que le cannabis est devenu une consommation courante dans de nombreux milieux qu'il faut régulariser sa production et le légaliser...
Tu ne crois pas qu'en matière de santé publique on a déjà pas mal à faire comprendre aux gens les dangers de l'alcool et de la cigarette. Alors si on légalise le cannabis pour moi on va encore complètement flouter les messages en disant "oui, c'est légal mais c'est pas bon pour la santé..."

Oui, beaucoup en consomme mais le fait que ce soit interdit permet quand même un discours cohérent et une accessibilité un peu moindre...
Mais je me leurre peut-être...

Et oui, depuis que je suis maman, je revois certains de mes points de vue. Parce qu'il n'y a pas si longtemps je pensais comme toi...

Melle E

PS: Non, je ne suis pas la soeur de SIL...
(enfin à ce que je sais à ce jour...)on n'est jamais sur de rien...lol
Mais vu qu'il y anpeu de groupies...il en faut une...

SIL a dit…

Si les gens sans enfants viennent de Pluton et les gens avec enfants de Mercure; Si le fait d'être parent fait pèter nos bulles narcissiques, nous refile 4 bonnes heures de boufées d'angoisses par jour; il fait aussi parfois apprehender differement l'ilusion de Controle...

Cela dit, quand on reflechi Interet General, vaut mieux quand même s'attacher au faits, rien qu'aux faits, à la coherence de ceux-ci et des decisions qui vont avec, au lieu de vouloir plier le monde autour de nos desirs de celibataire ou angoisses de parents...

parce que si on va par là, il y en aura des trucs que je verrais bien interdites de part ma volonté divine...