vendredi 9 mai 2008

jeudi 8 mai 2008

« COMME UN LIS AU MILIEU DES EPINES, TELLE EST MON AMIE…»


Quel est le but de la Vie. La Conscience ? La Conscience seule, tout seul. Pour quoi faire ? Pour aimer ! L’objectif de la Vie est d’aimer. Aimer avec quoi ? Avec un cœur à l’abri de sa cuirasse thoracique. Pas seulement ! Aimer comme le fait le dieu d’Israël. En hébreux, on aime avec les entrailles, avec ce qu’il y a de plus fragile.

On aime comme on désire. On aime comme on sème, comme on attend, comme on goûte. On aime comme on frémit, comme on tressaille. Avec ces mêmes entrailles qui se tordent, qui se nouent, qui se plient, qui se dressent, qui saignent et qui accouchent.

C’est sans doute à cause de la complexité de ce mystère qu’est l’amour, que le cantique des cantiques attendra le Ier siècle de notre ère pour intégrer le canon biblique.

Un mystère qui demeure puisque ce chant d’amour s’interprète tantôt comme l’amour du Christ pour son Eglise, celui d’une jeune fille pour son futur époux, ou bien encore, telle l’interprétation donnée par Rabbi Akiba, comme une déclaration d’amour symbolique entre le dieu d’Israël et son Peuple.

Or tout comme ceux qui sont à l’origine de notre foi, tout comme nos frères aînés dans cette foi, j’aime avec mes entrailles. Dans cet amour, j’aime Israël comme on désire, comme on sème, comme on attend et comme on souffre…

« Tu es belle mon amie, comme Thirsta, agréable comme Jérusalem, mais terrible comme les troupes sous leurs bannières.

Détourne de moi tes yeux, car ils me troublent. Tes cheveux sont comme un troupeau de chèvres, suspendues aux flancs de Galaad. Tes dents sont comme un troupeau de brebis, qui remontent de l’abreuvoir ; Toutes portent des jumeaux ; Aucune d’elle n’est stérile. Ta joue est comme une moitié de grenade.

Derrière ton voile, il y a soixante reines, quatre-vingts concubines, et des jeunes filles sans nombre. Une seule est ma colombe, ma parfaite ; Elle est l’unique de sa mère, la préférée de celle qui lui donna le jour. Les jeunes filles la voient et la disent heureuse. Les reines et les concubines aussi et la louent. Qui est celle qui apparaît comme l’aurore, belle comme la lune, pure comme le soleil, mais terrible comme des troupes sous leurs bannières
» Ca 6:4

SILomon

mercredi 7 mai 2008

7 MAI 1748 : MON OLYMPE


Le 7 mai 1748 naissait Olympe de Gouges, mon Olympe, la partie X de mon génotype conceptuel, l’une des marraines de la République, une Grande Dame pas assez connue à mon goût.

Tout fils indigne de ce nom vous dira qu’il y a des choses qui l’énervent chez sa mère. Aussi, il y a des trucs chez Olympe qui m’agacent et que je renie, imitant ainsi son veritable fils, l’adjudant général Aubry de Gouges.

Bon, il est vrai qu’il le fit pour de basses raisons liées à sa carrière militaire, la terreur ayant triomphé de son courage alors que moi, c’est son côté « Girondin », régionaliste, qui m’agace. En effet j’ai beaucoup trop de mal à expliquer à la France du vide et aux régions pauvres que le fédéralisme ou le régionalisme sont le meilleur moyen d’assurer la cohésion nationale, pour accepter son girondisme.

De même j’ai un peu de mal avec son ultralibéralisme affectif. Mon Olympe caressait l’idée, sans doute pour mieux caresser autre chose, qu’il fallait que les contrats de mariage soient établis pour un an renouvelable. Un mariage en CDD. Pourquoi pas à temps partiel aussi, non ? N’importe quoi ! Désolé maman, mais je préfère le CDI. Il faut dire qu’elle avait un petit côté bobo et donc ce côté idées à la con. En ça aussi, elle fut une précurseure.

Fille illégitime du marquis de Pompignan, déçue par un premier mariage, Madame refusa à jamais de s’engager, considérant le mariage comme « le tombeau de la confiance et de l’amour », une excuse de meuf, préférant ainsi l’amour bohême tout en vivant aux crochets de son riche compagnon, Messire Jacques Biétrix de Rozière. Celui-ci, bon con, lui permit de mener grand train, de s’adonner à l’écriture de pièces de théâtre et de jouer un rôle important dans la Révolution française.

Mais bon, ma réserve s’arrêtera là puisque contrairement aux bobos amoureux du consensus mou ou du simple bavardage, mon Olympe mit sa tête à couper que la Démocratie et les valeurs humanistes triompheraient. Malheureusement, elle perdit son pari, certes momentanément mais suffisamment pour y laisser sa jolie tête bien pleine d’idéaux humanistes et républicains.

Militante de l’égalité entre tous les Hommes, notamment à travers son combat pour l’abolition de l’esclavage, abolition que l’on commémorera samedi prochain ; militante de l’égalité Hommes-femmes avec sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et son célèbre slogan « si la femme a le droit de monter à l’échafaud, elle devrait aussi avoir le droit de monter à la tribune »; profondément démocrate, mon Olympe s’opposera courageusement aux dérives sanguinaires de la Révolution arguant du fait que « le sang, même des coupables, souille éternellement les révolutions ». C’est pour cette dernière raison qu’on lui trancha les cordes vocales.

Elle eut toutefois le temps de participer à la théorisation d’un système de protection maternelle et infantile comme de recommander la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers d’hébergement pour les sans-abri. Bref, hardcore jusqu’à la mort, elle travailla à ce que la Loi abrite le plus faible. En ça, je lui dis, merci maman !

SIL de Gouges

lundi 5 mai 2008

RENDEZ-MOI MARIANNE… JAMES


Mais aussi mon Manu Katché et mon Dove. Car ce n’est pas que je ne sois pas reconnaissant à l’Elysée d’avoir répondu à ma requête de discrimination positive, lusocentrée, en ayant ordonné à M6 de faire une place à Lio parmi l’auguste Jury de la nouvelle star, c’est même assez Sinclair comme message, mais enfin tout de même.

Même si la découverte télévisuelle de Philippe Manœuvre est une joyeuse surprise, j’adore ce mec, et que l’essentiel soit sauf, avec un Dédé encore et toujours là, était-on obligé de prendre en plus d’un Sinclair, non pas délicieusement élitiste comme savait l’être mon Katché, mais juste détestable à gifler, ce banana split artistique proche du degré zéro, et pas qu’à cause de la glace à la prune, qu’est Lio.

C’est pas qu’elle soit disgracieuse, loin de là, car tout comme Madonna, plus elle vieillit et plus elle me plait, mais il se trouve qu’elle fait tout bonnement tache avec un surjeu qui sort de l’ordinaire autant que du naturel.

Je sens bien qu’à la Prod on s’est dit qu’une Belge d’origine portugaise remplacerait bien une Française aux origines italiennes mais non, rien à voir...

Cela fait des années que j’esgourde les tympans de mon monde à le répéter, le Portugais est à l’Espagnol ou au Rital ce que l’Irlandais est à l’Anglais. Rien à voir vous dis-je. Il n’y a rien d’exubérant ou de majestueusement lyrique chez ce peuple celtibère. Même les dictateurs portugais étaient aussi tristes que portés sur l’ascétisme. Fadasses comme Fado. Alors que Franco faisait dans le carnavalesque et se fit inhumé dans un Mausolée, Salazar faisait dans le pécore et se fit enterré aux cotés de sa mère.

C’est pourquoi je préférais l’exubérance naturellement italienne de ma belle Marianne James. Ça allait de soi, ça illuminait le plateau du pavillon Baltard. Il n’y avait que les pleurs qui semblaient surjoués. Alors qu’on voit bien que les pleurs chez Lio ça coule de source, c’est beau, c’est fado, c’est aussi naturel que culturel.

Vous me direz qu’on n’a qu’à la laisser pleurer. Ben non, car cela surreprésente les chouinements. Je vous signale qu’il y a déjà un Arménien, André Manoukian, dans le jury et que niveau pathos, gentillesse, larmes, chiant, déprim(i)ant, l’Armenien est largement aussi bon que le Portos.

Aussi vous comprendrez que j’exige le retour de Manu Katché, de Marianne James et de Dove, le tout en gardant Philippe Manoueuvre, le gars qui m’a fait découvrir le concept de « progressive metal »…

SIL à la recherche de nouveaux stores.

dimanche 4 mai 2008

LES FRANÇAIS SONT DES BOVINS, ESPERONS-LE

Safari : Une belle lecon de courage
Vidéo envoyée par yom_

« Les Français sont des veaux» fut le slogan repris au Général De Gaulle par les dévolutionnaires de pavés du fumeux mai 68, recyclant celui-ci en « laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes » ou traitant le Peuple de mouton dans l’affiche « retour à la normale », preuve étant ainsi faite que les petits esprits militants ou militaires savent se rencontrer lors de grands événements.

Le Général reprochait aux Français de ne pas avoir résisté à la révolution nationale de Pétain. Les bonnets-d’ânes-rouges reprochaient aux Français d’avoir résisté dans les urnes au foutoir dévolutionnaire. « Élections piège à cons » disaient du vote populaire ces enfants de bourgeois, même pas moyens, juste médiocres, tout en appelant au «pouvoir populaire » . Populaire, qu’est-ce à dire ?

Pour ma part, depuis que j’ai vu la vidéo ci-dessus, je peux dire, que non seulement me voilà pas peu fier d’être né l’année du buffle, mais je puis vous affirmé que je porterai dorénavant, la corne altière, les couleurs chamarrées du bovin français. Car comme vous le verrez, le bovin, ça a beau avoir l’air con, ça a beau l’être un peu, suffisamment en tout cas pour se laisser grignoter l’échine, ça finit toujours par réagir.

En effet, par un beau matin, dans la savane, alors que notre troupeau de buffles cherchait quelque vert pâturage où faire brouter sa descendance, voici que les habituels prédateurs du système, ceux qui se payent sur la bête, en s’attaquant de préférence aux plus faibles, pensaient faire bombance en profitant d’un défaut de vigilance de notre bon troupeau.

Nos seigneurs de naissance, après avoir ouvert grand la gueule, histoire de disperser pour mieux chasser, fondirent sur la proie la plus facile. Un petit bufflon. Après l’avoir disputé à d’autres prédateurs à grande gueule et alors qu’ils s’apprêtaient à passer à table, soudain l’inattendu se produisit.

Un buffle, deux buffles, dix buffles, tout le troupeau se mit en marche et fit de l’union une force. Une force si surprenante que certains de ces bovins se sentirent le courage d’affronter les aristocrates de cette jungle en one-to-one…

Buffle de race SILers

samedi 3 mai 2008

L’ARBRE DE MAI REPUBLICAIN


Tout comme tantôt dans les Landes, en Corrèze, en Bavière, demain après-midi sera planté à Silly, petite ville de Belgique, le traditionnel arbre de mai. Ce rite de fécondité qui remonte à la tradition celtique des fêtes de Beltaine et repris en mai 1790 par la tradition républicaine sous l’appellation fête de l’Arbre de la Liberté, reste vivace chez le Republicoin.

Cette fête est pour moi l’occasion de rappeler deux trois conseils d’arboriculteur républicain à tous nos libéralistes, libertaristes, droit de l’hommistes, égalitaristes, fraternalistes et autres limitistes…

Car il est vrai qu’ils me fatiguent tous ces limitistes ! C’est pour cette raison d’ailleurs que je tiens à rappeler à tous nos penseurs se disant républicains, que si notre République s’est donnée une devise à 3 grosses branches, c’était dans le but de favoriser une photosynthèse puisant ses photons dans l’esprit des lumières ou bien une devise à 3 grosses racines, c’était pour plus de stabilité démocratique.

Comme je rappelle aussi que quand on ne met l’accent que sur l’un des trois ou même sur deux principes, ce sont les autres principes qui morflent et donc le tout, bande de massacreurs à la tronçonneuse.

Et histoire d’être plus clair pour les huîtres d’école de commerce ou les boutonneux inscrits en sciences humanitaristes, développons juste un peu, histoire que les boutures de mon génie suprême puissent prendre chez tous ces Edwards aux mains d’argent plutôt que vertes.

Mes pépères, si vous insistez soit sur le fraternalisme, soit sur l’égalitarisme, c’est la liberté (le souffle créateur du génie humain) qui morfle. De l’autre coté, quand on ne jure que par le libéralisme, ce sont la fraternité (nos devoirs envers les autres) et l’égalité (nos droits personnels) que l’on piétine, ce sont l’équité et la solidarité, les deux ingrédients du ciment social que l’on dissout dans l’acide des égoïsmes.

Alors, bande d’élagueurs compulsifs, en attendant d’être dignes de planter des arbres de la Liberté, vous voudrez bien éviter de me scier l’une des trois banches maîtresses de l’arbre républicain ou de donner des grands coups de pioche autour de ses racines. À quoi peut mener la dévalorisation des métiers Manuels...

SILly

vendredi 2 mai 2008

LES CONSEILS DU CONSEILLER NEMO : FAIRE UN TABAC.



Le tabac est hors de prix,
S’en griller une, c’est interdit,
Comme le saumon est mon ami,
Voici enfin une solution,
Fumez donc du jambon.


SILure fumé à l’ancienne

jeudi 1 mai 2008

LE DA-VINCI-CODE DU TRAVAIL


Aujourd’hui jeudi 1er mai, après une maturation de trois ans et demi, sort le tout nouveau Code du Travail. Le but de cette recodification était de le rendre plus cohérent, plus simple, avec une idée par article, ainsi que de le toiletter de certaines dispositions devenues obsolètes.

Toutefois comme le souci de toilettage engendra la peur de voir des dispositions de ce Code passées pour pertes et surtout profits, on insista bien sur le fait que cette modernisation du droit du travail se ferait « à droit constant », c’est à dire, sans aucun droit supplémentaire, sans aucune sujétion supplémentaire et sans aucun droit restreint.

Tout le monde ne se trouva pas rassuré et certains continuent même à émettre des doutes sur cette recodification à droit constant. Des doutes que ne lèvera pas le dernier paragraphe de l’avant propos du nouveau Code éditions Dalloz, signé par le professeur Christophe Radé.

« Il est aujourd’hui trop tôt pour déterminer l’impact de cette recodification sur le droit du travail. Même si on peut raisonnablement penser que dans l’immense majorité des cas la réécriture de certaines dispositions, jugées obsolètes, la scission des articles les plus volumineux et le regroupement des dispositions jusque-là éparses ne devraient pas modifier leur interprétation, plusieurs mois, voire plusieurs années, seront sans doute nécessaires pour que ce nouveau code révèle tous ses secrets. L’effort demandé aux usagers du nouveau code du travail est à la hauteur de l’œuvre réalisée : colossal. »

Voilà un paragraphe bien sibyllin qui ne nous dira pas s’il s’agit du jeu des sept erreurs ou si ce nouveau code a été rédigé par des descendants des templiers et qu’en appliquant à la numérotation des articles une table de conversion kabbalistique, on peut de fil en aiguille, de partie législative en partie réglementaire, finir par trouver le chemin du Graal. Pour ma part j’estime qu’il y a là-dessous anguille sous roche voir même baleine sous caillou…

Frère SILas

mercredi 30 avril 2008

« ON SE SOUVIENDRA DE CEUX QUI COMMETTENT UN CRIME »


Un satané réveil que celui de ce matin. Un gamin qui rêve d’une immortalité à l’américaine en tentant de donner la mort, un père autrichien qui fait vivre à sa fille un enfer dantesque, une jolie Susanna martyrisée par un multirécidiviste que l’on se refuse à traiter chez nous comme on sait le faire dans des pays plus sérieux tels que le Canada, voici ce qui brisait ce matin les scellés posés sur mes paupières. Il y a des matins où ce sont les rats de mon radio-réveil qui me mordent les oreilles.

Pour le coup, il y a des matins où je serre tout contre moi, tout mon monde un peu plus fort que d’ordinaire, ma femme, mes gosses, mes chats, et jusqu’à mon papyrus du Nil que j’étreins par crainte de le perdre.

Il y a des jours, pour savoir que mon humanité contient aussi mon inhumanité, où je commence par vouloir comprendre ce qui peut pousser à faire subir des abominations pareilles à ses propres enfants comme à ceux des autres, et où très vite je refuse de chercher à comprendre. Refuser de savoir, refuser d’imaginer, de voir ces images de tortures, refuser d’entendre ces noms qui feront que les bourreaux vivront éternellement aux dépens de la vie.

Il y a des jours où la radio, la télé, les journaux m’acculent à l’horreur et où me sentant traqué, mon instinct de survie me fait hurler que si l’on faisait une chose pareille aux miens, je ne trouverais la paix que lorsque tenant les couilles de l’ordure dans une main, je pourrais la voir se vider de son sang et ainsi se dissoudre dans l’oubli.

L’oubli. Il y a des satanés matins où je me dis que les Egyptiens avaient raison. Les crimes se payaient dans l’Egypte antique par l’effacement. Les criminels voyaient leurs noms effacés de tous les registres, les privant ainsi d’éternité. Nul bénéfice de la facilité d’un crime ne pouvait être ainsi retiré. L’enfer sur terre c’est l’oubli.

Aussi, dans toutes ces affaires, je n’aurais parlé que des victimes, donnant juste une étiquette et un numéro au criminel, genre PS0804 pour Pervers Sexuel-année-mois du crime. Leur nom, qu’ils aillent le chercher en enfer puisqu’il paraîtrait que le démon connaît celui qui se cache derrière chaque matricule.

Il y a des lundis soirs où il m’est impossible de regarder le moindre épisode de « FBI portés disparus », où je suis heureux de ne pas faire ce métier-là. Je crois que j’aurais fini par buter l’une des aberrations humaines que peuvent rencontrer ces enquêteurs.

Il y a des soirs où tout ça me glace, où je me colle à mon poêle et me dis, une fois le sang un peu moins froid, que je ne demeure contre la peine capitale que par cette terrible crainte d’apprendre que mes représentants ont tué un innocent en mon nom. Car ce n’est pas que j’estime que tout individu mérite de vivre envers et contre tout, mais il se trouve qu’au-dessus de tout, je tiens à protéger l’innocence de ma société autant que celle de mes enfants.

Il y a des jours où je ressens le besoin de me soigner au jazz toute la journée et où je ne trouve le sommeil qu’après avoir écouté cette chanson des Innocents. « Un homme extraordinaire ». Satané reveil.

« Sans connaître les raisons, qui ont poussé cet homme à vivre, dans une autre ville, on l'estime, comme quelqu'un de toujours poli, qu'il soit heureux, ou qu'il soit triste.

Sans donner d'importance, à la chance, de voir cet homme, ce soir, qui rentre un peu moins tard, ses enfants, aiment leur père avec une impatience, qui le laissera vieillir, juste après leur enfance.

Il tourne sur le monde solitaire, il court, il approche un autre siècle

On se souviendra, de ceux qui commettent un crime, un jour de tous ces chasseurs de primes, et puis, d'oublier la vie, d'un homme extraordinaire.

Sans l'espoir d'apprendre, à leur apprendre, à ne pas compter les heures, qui s'enroulent et qui meurent, que leur dire ? qu'ils viennent sur terre juste pour y répandre, un peu d'amour, et quelques cendres.

On se souviendra, de ceux qui commettent un crime, un jour, de tous ces chasseurs de primes, et puis, d'oublier la vie, d'un homme extraordinaire.

Sans connaître les raisons, qui ont poussé cette femme à fuir, encore une autre ville, on la voit, comme quelqu'un qui a bien réagi, face à la mort et à l'oubli.

Elle tourne sur le monde solitaire, elle court, elle approche un autre siècle.

On se souviendra, de ceux qui commettent un crime, un jour, de tous ces chasseurs de primes, oh non, non pas de sa vie, tombée dans l'oubli, des villes sans mémoire, qui se souviendra ? de ceux qui ont une histoire, d'un jour, d'un homme qui commence à boire, la vie d'un homme sans nom, un homme extraordinaire
… »

SILence

mardi 29 avril 2008

LE CAUCHEMAR VYCHINSKY : SYLVAIN GOUGUENHEIM


Le cauchemar Vychinsky, du nom du célèbre compagnon de Staline, procureur général du régime lors des « procès de Moscou », continue dans notre pays. Cette fois-ci c’est au tour du médiéviste Sylvain Gouguenheim de comparaître devant le tribunal du Politburo islamogauchiste. Il n’est pas le premier. Il ne sera pas le dernier.

Il y a eu Michel Houellebecq accusé en 2001 de propos racistes et islamophobes. Son crime, avoir déclaré, en septembre 2001 dans le mensuel « Lire », son rejet de tous les monothéismes avec toutefois cette précision : « la religion la plus con, c'est quand même l'islam. Quand on lit le Coran on est effondré... effondré! » Les tours jumelles allaient bientôt s’effondrer en même temps que les cons zélés allaient porter plainte. Parmi ceux-ci Mouloud Aounit, le petit procureur stalinien du MRAP qui démontrera une parfaite maîtrise de l’art de la synthèse islamogauchiste, puisque n’ayant pas son pareil pour marier petit livre rouge, petit livre vert et sans doute quelques chapitres du petit livre brun. Parallèlement à ce tir de barrage, on entendra les petits choeurs gauchistes de l’armée verte chanter que Houellebecq serait un « beauf égaré en littérature », un « nouveau réactionnaire ». Quelques voix à gauche le défendront toutefois, notamment Dominique Noguez et Philippe Sollers

En octobre 2003 c’est au tour de Louis Chagnon de subir l’assaut des milices parajudiciaires. Après avoir donné un cours sur le monde islamique prévu au programme de 5e, il sera accusé de « propos racistes anti-musulmans ». Qu’a-t-il bien pu raconter à ses élèves ? À vrai dire, juste la réalité dans son intégralité. Il compléta le cours classique sur l’islam, où Mahomet y est souvent dépeint comme un pieu bédouin, progressiste et tolérant, par les aspects guerriers de la vie du prophète de l’islam, mentionnant ainsi les pillages et les massacres ordonnés par celui-ci, notamment celui de la tribu juive des Beni Qoraiza, où 900 hommes furent massacrés en une seule journée. L’affaire montée en épingle par des parents d’élèves soutenus par le MRAP vaudra au professeur Chagnon un blâme de la part de sa hiérarchie ainsi qu’une citation directe à comparaître devant le Tribunal de Nanterre, adressée par le procureur Aounit, pour « appel à la haine raciale et propos racistes anti-musulmans ». Chose que je n’ai absolument pas comprise. Allah limite que les descendants directs de Mahomet, faisant fi de leurs propres livres, aient porté plainte pour diffamation soit, mais là « propos racistes », je ne vois pas. À moins que le procureur Aounit soit un descendant direct du prophète et que cette réalité infamante soit perçue par lui comme diffamante, ce qui se règle non pas devant un tribunal mais plutôt chez un psy. Signalons au passage notre joie d’apprendre que le tribunal administratif de Paris, vient d’annuler (par un jugement du 26 févier 2008) la mesure disciplinaire qui frappait Louis Chagnon.

8 février 2006, Charlie Hebdo publie les caricatures de Mahomet avec en première page ce titre « Mahomet débordé par les intégristes » jouxtant un dessin de Cabu qui représente Mahomet se prenant la tête entre les mains et disant « c’est dur d’être aimé par des cons… » Charlie Hebdo ne fut pas le seul à publier les caricatures mais le seul à être poursuivi par les cons habituels, sans doute blessés par la vérité. Le procureur Aounit sans se joindre à la plainte qualifiera tout de même ces caricatures « d’islamophobie rampante » et estimera qu’elles font exception à la liberté d’expression. Un procès qui accompagnera un autre, celui du directeur du journal Philippe Val, accusé par nos amis gauchistes d’autoritarisme, d’avoir « recentré » son discours, et de soutenir Israël. Bref, Philippe Val serait presque un néoconservateur qui mériterait d’être abattu.

19 septembre 2006, c’est au tour du professeur Redeker de devenir l’objet d’une chasse à l’homme. Il publie ce jour-là une tribune dans le Figaro intitulée « Face aux intimidations islamistes, que doit faire le monde libre », où il rappelle simplement que la démarche des islamistes visant à imposer les règles de l’islam au monde libre n’est pas le fruit de leur simple esprit. « Haine et violence habitent le livre dans lequel tout musulman est éduqué, le Coran ». Mahomet, leur « beau modèle », ayant été un « chef de guerre impitoyable, pillard, massacreur de juifs et polygame ». Notre professeur se verra démontrer l’inverse de ses propos par une belle fatwa appelant à son assassinat. Le procureur Aounit comparera lui Robert Redeker à Ben Laden (sic) pendant qu’à la télé j’entendrai à travers un reportage effectué dans le lycée où enseignait Robert Redeker ces propos dans la bouche d’élèves « on ne savait pas qu’il avait ces idées-là ». Ces idées-là (re-sic). Un début de procès qui sera arrêté par la levée de boucliers pro-Redeker de la part d’une bonne partie de la communauté intellectuelle de gauche comme de droite.

Un peu comme pour Ayaan Hirsi Ali que l’on recevait récemment à Paris et qui eut droit, d’un côté, aux mêmes soutiens dont bénéficia Monsieur Redeker pendant que d’autres la présentaient comme trop proche des milieux néoconservateurs. Comme si les faits et la réalité étaient nécessairement une affaire de politique.

Il semble malheureusement que ce soit le cas puisque le professeur Gouguenheim s’apprête à faire les frais d’une tribune le visant, signée par une quarantaine d’historiens et de philosophes des sciences, qui doit paraître ces jours-ci dans Le Monde et Libération sous le titre « prendre de vieilles lunes pour de nouvelles étoiles ou comment refaire aujourd’hui l’histoire des savoirs ». Une pétition dont le texte se conclut ainsi « Il est difficile de voir dans l’ouvrage de S. Gouguenheim, tel que Le Monde en rapporte les thèses de façon complaisante – lui assurant ainsi une diffusion inespéré – autre chose que les propos d’un idéologue ». Mais de quoi peut-il bien s’agir ?

Laissons Max Gallo nous l’expliquer tel qu’il le fit très justement dimanche matin dans l’émission de France culture « Esprit public »

Dans « Aristote au Mont Saint Michel, Sylvain Gouguenheim, un très bon médiéviste, professeur à l’Ecole Normale Supérieure, démontre que le vulgate selon laquelle la connaissance des philosophes grecs nous est venue par l’intermédiaire de l’islam est pour le moins à reconsidérer, en tout cas à discuter puisqu’il fait état de la traduction des œuvres d’Aristote au Mont St Michel par un personnage qui se nomme Jacques de Venise. Et malheureusement cette thèse fort intéressante ne va pas pouvoir être discutée calmement puisque dans l’un des Le Monde de cette semaine, j’apprends qu’il y a une pétition d’une quarantaine de médiévistes déclarant que monsieur Gouguenheim n’est jamais que l’un de ceux favorables à la thèse du choc des civilisations, que ce livre est un scandale, d’extreme-droite etc. Bref, dès lors que l’on n’est pas tout à fait d’accord avec la doxa, avec ce qui règne, même quand on est un médiéviste indiscutable, il devient dangereux de faire de l’histoire ».

D’autant plus dangereux quand on est un spécialiste de la mystique rhénane, des chevaliers teutoniques et des croisades, comme le rappelle gentiment Assouline dans son petit billet si délicatement fielleux.

Éléments « croisés » qui permettraient d’étayer la thèse d’accointances avec l’extrême-droite. Car outre le fait qu’il cite dans la bibliographie de son livre René Marchand, un essayiste marqué très à droite, après une enquête approfondie de nos petits juges d’instruction, il se trouverait que le site islamovigilant « occidentalis », définit par certains comme d’extreme-droite, aurait publié les bonnes feuilles du livre neuf mois avant sa parution. Un site où un certain Sylvain G. aurait déposé des commentaires encore plus vifs que dans le livre. Un site certes très à droite mais où l’on pouvait lire des positions pro-israéliennes et pro-américaines, des positions incompatibles avec la philosophie générale de l’extreme-droite.

Mais il est vrai que pour nos intellogauchistes si tolérants, si humanistes, c’est déjà trop. Car voyez-vous, l’important pour nos petits procureurs n’est pas comment vous vous définissez, ce que vous êtes maintenant, mais comment ils vous jugent, ce que vous avez été politiquement, dans votre stupide jeunesse, voir même dans une vie antérieure.

Or déjà que centriste c’est limite et que néoconservateur résonne dans la bouche de ces staliniens comme fasciste, imaginez le sort réservé alors à des sites ultraconservateurs. Leur crime politique est au-dessus de tout. Ils sont irrécupérables ma bonne-dame. Comme quoi nos intellogauchistes demeurent pour la peine capitale en matière politique. Avec en plus un goût pour la pensée virale. Non seulement tout militant de la droite ultraconservatrice restera un malade à vie, mais toute personne effleurant tout militant de cette droite le deviendra quasi-instantanément. Il n’y a que les va-et-vient entre gauche et extreme-gauche qui ne leur posent aucun problème. Et dire que ces gens-là sont payés pour réfléchir.

Une fragilité intellectuelle et une reductio ad Hitlerum qui explique parmi le tas d’arguments de mauvaise foi, cette perle dans l’une des tribunes « à propos du livre de Sylvain Gougueheim ». La thèse de Monsieur Gouguenheim serait la « négation » d’un siècle de travaux mais aussi une « révision » de l’histoire. Après la négation de crimes contre l’humanité voici le négationnisme ou le révisionnisme de « progrès en recherche historique ». À moins que la « translatio studiarum », l’échange d’études, entre musulmans et chrétiens soit un crime indéniable ou à moins que ce ne soit l’absence d’échanges le crime non révisable. Il est vrai que je m’y perds un peu dans toute cette confusion mentale…

Moralité de l’histoire, au lieu de nous proposer un intéressant débat, ces historiens préfèrent nous proposer un petit procès moscovite, visant à classer cette thèse dans « l’islamophobie ambiante », le tout à quarante contre un. Bravo, quel courage. Il ne manque plus que la plaidoirie du procureur général Aounit.

Voyez-vous messieurs dames gogochistes, la différence entre vous et les droites que vous conspuer, qu’elle soit républicaine, néoconservatrice et même ultraconservatrice, réside dans le fait que ces droites n’agitent pas la menace du tribunal, ne pétitionnent pas quand des marxistes, rêvant de la chute de la république, intègrent les universités de cette même république, ou à chaque fois que l’un de ces universitaires propose une thèse sociologique, historique, que sais-je, inspirée par la grille d’analyse marxiste. Et pourtant ce ne sont pas ce genre de thèses qui manquent. Comme quoi la tentation totalitaire n’est pas toujours là où on la dénonce mais après tout comme la meilleure défense reste l’attaque…

En attendant la plaidoirie ou bien un salutaire débat, je lirai non seulement ce livre mais soutiendrai également Monsieur Gouguenheim face aux disciples de Vychinsky.

VaSILi Sharangovich