mercredi 16 juillet 2008

EXERCICE DE STYLE : BAVARDAGE MARXISTE


Mes très chers camarades… Ça c’est pour vous mettre à l’aise pour mieux vous la mettre. Mes très chers camarades disais-je, venez donc ici que je vous exprime vos expressions inconscientes. Vous verrez qu’après ce petit frottis dialectique, tout vous apparaîtra bien plus clair.

Nous commencerons par mettre en éclairage le Système puisque tout est de sa faute. En effet, ce n’est ni de la notre, ni de la votre puisque le Système vous place en objet et non pas en sujet. Le sujet étant le patronat. Et si le sujet patronal peut régner sur l’objet prolétaire c’est tout simplement parce que la dialectique bourgeoise, au cœur du système bourgeois, impose l’objectivation des sujets. C’est bien plus clair non ? Si ce n’est pas le cas avouez au moins, mes très chers camarades, que tout cela est, pour le moins, fort brillamment exposé. Vous la sentez la libération qui arrive. La sentez-vous au moins ?

Comment ça non ?!? A l’évidence, l’inconscience de votre condition d’objet a trop pris le pas sur la conscientisation libératrice que seul un sujet tel que moi pourra vous apporter. Vous avez de la chance va ! Ayant fait don de ma personne à votre cause, ayant sacrifié mon Moi personnel pour votre Toi collectif, je vous propose l’affaire suivante.

Un séjour linguistique de soutien dialectique, où entre quatre murs, oups, entre quatre yeux vous bénéficierez de mon savoir comme de celui du Parti. Bien à l’écart de ce monde matérialiste et objectivable, vous pourrez vous emplir d’une force libératrice, la mienne, oups, de la force collective d’une foule enchaînée, prête à rétablir l’ordre juste des choses. Le mien comme celui du Parti. Ah, la foule, la foule sacrée de nos frères, enfin plutôt de vos frères puisque le parti avec moi à sa tête, sommes votre Père. Un père à l’autorité toute bienveillante, à l’autorité libératrice. Surtout n’hésitez pas à faire venir vos proches dans notre campement de soutien dialectique, à nous amener toujours plus des petits camarades rétifs à notre message libérateur. Plus on est de fous et mieux on prépare une révolution sanglante, oups, arracheuse des sangles qui entravent une foule d’objets opprimés, attendant le jour où ils seront enfin sujets d’une démocratie populaire.

Oui venez nombreux qu’on vous enlève les sangles que vous avez accepté de vous poser tout seuls, pour les remplacer par des bonnes grosses chaînes en fonte, dont nous serons les seuls à détenir les clefs… « Mais qu’est-ce que tu racontes là Robert? C’était pas prévu au bavardage ça

« Excuse-moi Régis. Sans doute un petit Bug révélateur qui vient de se glisser dans la Matrice marxiste»… Je disais donc, venez vous faire libérer, venez, petits, petits, petits…

Venez, venez à moi mes petits-enfants, comme le dirait notre camarade Chavez, le leader du marxisme-apostolique, car le royaume collectiviste est à vous. Un royaume où vous ne connaîtrez plus la faim. Nos camps vous entraîneront à résister aux privations. Telle est la route qui mène vers la mise à mort du matérialisme oppresseur.

Un royaume où les forces matérialistes ne vous maintiendront plus dans un sommeil abrutissant. Nous vous réveillerons. Dans nos camps de rééducation, oups, campements collectivistes de libération, nous vous réveillerons jour et nuit. Rien de tel que la privation de sommeil pour laver en profondeur les cerveaux serviles, de cette gadoue matérialiste à visage inhumain qu'est le capitalisme. Oui venez à moi mes petits-enfants. Vous la sentez mieux maintenant la libération ? Oui, parfait !

Maintenant que je vous ai bien embrouillé la tête, profitons de l’ivresse pour développer la dialectique prolétaire qui vous permettra d’accéder au pouvoir en m’y mettant à votre place. Tout comme je suis l’expression consciente de vos expressions inconscientes, vous comprendrez, tas de cons, oups, très chers camarades que mon pouvoir soit l’expression conscientisatrice de votre incapacité à l’exercer. À vous le rêve de pouvoir. À moi sa réalité. Applaudissez mes très chers camarades puisque de notre totale abnégation, à moi comme au Parti, procède votre pouvoir et votre libération. Vous la sentez la libération ? Elle arrive. Oh oui elle arrive, elle arrive. Ouiiiii ! Elle vient tout juste d’arrivé dans vos jolis petits culs, ma libération marxiste. Merci camarades.

Merci camarades pour cette capacité que vous avez, en dignes fils du Singe, à passer d’une branche à l’autre, d’une liane à l’autre, d’une chaîne à l’autre, d’une oppression à tout plein d’autres.

C’est nul n’est-ce pas. Et dire que ces libérateurs nous la mettent profond depuis 100 ans et que l’on se contente de se plaindre que quelque chose nous gratterait du côté du duodénum. Un réflexe simiesque sans doute, en attendant que l’évolution fasse un bond supplémentaire. Un bond capable de concilier en nous le sens de la collectivité comme le goût de la liberté et de l’autonomie. Un bond capable de cesser de nous faire hésiter perpétuellement entre la tyrannie de l’ego ou celle d’une folie collectiviste. Un bond génétique qui inscrira dans notre ADN la responsabilité individuelle ET la solidarité collective.

SILalutte Finale

lundi 14 juillet 2008

14 JUILLET 2008 : FETE NATIONALE


Puisque notre Ségolène a autorisé les Républicains de gauche à afficher leur fierté du Drapeau National, du drapeau de la Révolution Française... le voici !

SIL

dimanche 13 juillet 2008

LE MORBACK AU CENTRE


Si d’aventure, pour rire, c’était le Centre qui remportait ce jeu, vous n’aurez qu’à mettre en ligne gagnante les couleurs du pays, non pas que je sois passé au Modem mais histoire de faire plaisir à tous les Modems qui m’entourent de très près et de faire plaisir également à mes tendance extremecentristes.

Surtout ne lâches pas l’affaire mon Fanfan. Saches que même si tu te crachais en beauté, ce qui n’est pas dit, se sera toujours avec panache…

vendredi 11 juillet 2008

mercredi 9 juillet 2008

LE MORBAK A GAUCHE


Quand la Gauche est au pouvoir, ce sont les ronds qui gagnent. Le rond parce que le rond c’est doux comme la Gauche et parce que pas mal de partis de Gauche ont une pensée qui tourne en rond.

lundi 7 juillet 2008

LA DEMOCRATIE DE MORPION


Avertissement important : Ce texte est à lire avec l’accent sud-américain, faute de quoi vous ne comprendrez rien au génie de cette œuvre. Question créativité, que tu sois chorégraphe, peintre ou que sais-je encore, j’ai en effet remarqué que tes idées paraîtront forcément géniales si tu les exposes avec l’accent sud-américain en plus d’un air torturé, et ce même si c’est de la merde.

En cette période propice aux jeux d’été, voici donc l’œuvre picturale que m’a inspiré, le comportement électoral de mes concitoyens. Ça préfère Le Pen ou Chirac à Jospin en 2002 puis ça vote à gauche à chaque scrutin local pendant les cinq années qui suivent. Ça vote massivement pour mon Nico aux présidentielles mais ça flippe et sa revote à gauche lors des législatives et des municipales sous prétexte que l’iPod™ que l’on avait prévu d’acheter pour Noël risque de prendre 5% de TVA.

Il s’agit de 9 toiles, au format variable (ici 30X30cm) porteuses de trois croix, de trois ronds et des trois autres cases permettant d’y faire figurer les couleurs de chaque pays visé. Ce Morbak représente ce jeu télévisé géant que sont devenues bien des démocraties. Des peuples, non plus éclairés par leur Raison mais plutôt par les faisandeurs d’opinion ou encore leur humeur, et qui jouent l’intérêt général sur les tables de leurs caprices électoraux, en espérant gagner très gros et très vite.

Cette œuvre est évolutive. Quand la Droite est au pouvoir, on place, comme ici, les croix en mode gagnant. La croix, parce que des droites ça tranche, tout en se croisant. Quand la Gauche est au pouvoir, ce sont les ronds qui gagnent. Le rond parce que le rond c’est doux comme la Gauche et parce que pas mal de partis de Gauche ont une pensée qui tourne en rond. En cas de cohabitation, vous disposerez les tableaux en match nul. Si d’aventure, pour rire, c’était le Centre qui remportait ce jeu, vous n’aurez qu’à mettre en ligne gagnante les couleurs du pays, non pas que je sois passé au Modem mais histoire de faire plaisir à tous les Modems qui m’entourent de très près et de faire plaisir également à mes tendance extremecentristes.

La mise à prix de cette œuvre, adaptable à chaque pays, pour tout format, est fixée à 15 000 euros (dites-le avec l’accent sud-américain, ça passera mieux).

SIL FERNANDES, artiste engagé, démocrate, republicain de gauche et islamopposant.

P.S : Ne vous amusez pas à me piquer cette idée. Elle est déposée à l’INPI. Je vous connais bande de copieurs…

samedi 5 juillet 2008

VIVE LES VACANCES

Très bonnes vacances à tous et @ bientôt pour autre chose que des rediffusions…

vendredi 4 juillet 2008

DU TINTOUIN CHEZ LES PICAROS


Comme je le disais à mon Lolo mardi soir, c’était couru d’avance. De la matière à rire, il y en aurait. Il y en a déjà pas mal. N’est-ce pas merveilleux toutes ces plumes qui s’affolent sur un scénario pas vraiment digne d’un bon film d’action à la Rolland Emmerich, où les gentils flinguent les méchants, ni d’un navet d’auteur français, où les bourgeois bavassent interminablement pendant que les gentils se font défoncer par les méchants, mais tout à fait digne de ce que l’on attend d’une bonne télénovela ?

« Dona Ingrid », un mélange entre « Dona Beija » et « Dona Santa ». Les amateurs apprécieront. Un interminable feuilleton saturé de clichés, plein de pathos, de faux semblants, d’intrigues, de crises de nerf, de femmes violentées, agenouillées en prière, de brutes velues, d’un grand seigneur et de la petite naïve ; et où tout le monde cherche à crever l’écran. Un feuilleton fleuve qui n’est pas près de se tarir, c’est moi qui vous le dis…

Dans ce feuilleton où chaque épisode soulève plus de questions qu’il n’apporte de réponses, histoire de tenir le spectateur en haleine, il y en a une de particulièrement angoissante à laquelle j’aimerais qu’une âme charitable et proche du dossier veuille bien apporter une réponse. Mais où diable est passé Renaud ?

Composerait-il en compagnie de Cali la Bande Originale de cette télénovela, l’un des tubes de l’été ? Il va bien j’espère ? Parce que de vous à moi, je m’inquiète. Le pire c’est que je semble être le seul à m’en émouvoir tout occupés que vous êtes à parier sur les « facteurs de résilience » de Dona Ingrid, après vous êtres rués en librairie afin d’acheter « un merveilleux malheur » du docteur Boris Cyrulnik. Un livre qui va faire un malheur cet été, et encore un qui pourra dire « merci Ingrid ». Mais où diable est passé Renaud ?

SILton Mello

jeudi 3 juillet 2008

LES CONSEILS DU CONSEILLER NEMO : L’ARDECHE



Si pour les vacances vous
vous trouvez dans la dèche,
Faites comme moi, mettez donc
le cap sur l’Ardèche.
Tout y est moins cher,
camping, activités et pimbêches,
Sans oublier par temps de canicule,
ses eaux bien fraîches
.


SILure ardéchoise

mercredi 2 juillet 2008

THE SIL’S STYLE


Monsieur d’aucun ne semble pas convaincu par ma petite explication concernant mon goût délibéré pour le papier Silex car « voyez-vous Monsieur Sil, il n’y a pas que votre grossièreté qui me gêne. Votre français manque parfois de rigueur et je relève moult fautes dans vos petits billets. »

Mon petit doigt me disait bien qu’un jour ou l’autre mes fautes de langue s’ajouteraient à mes fautes de goût. Elles ne sont pas nombreuses pourtant, même s’il y en a effectivement. Je ne maîtrise pas encore assez bien le passé comme le futur antérieur pour pouvoir vous l’offrir. Sachez que j’en souffre.

À ma décharge, je pourrais invoquer une dyslexie aggravée par la méthode globale dont j’ai subi les ravages, mais je n’en ferai rien car ce serait trop facile et parce que je m’attelle jour après jour à en corriger les effets, amour du français oblige. Non, mes petits accrocs à la langue s’expliquent pour deux raisons, une pratique et une conceptuelle.

Pour l’explication pratique, je signale aux rentiers et autres oisifs que non seulement je travaille mais mieux encore, j’exerce un vrai métier. Je ne fais pas comme tous ces éditorialistes qui arrivent d’humeur fermée le jour de l’éditorial, en exigeant que personne ne les dérange pendant quatre heures de suite, histoire de se donner une contenance faute très souvent de contenu. Je travaille moi, messieurs dames.

Mais pas seulement car mes petits chenapans pour savoir que je ne suis pas du genre à délaisser les miens, et bien, ils ne se privent pas d’abuser de mon attention. C’est ainsi qu’en plus de mon apostolat, j’assume avec bonheur mes obligations d’époux et de père, au lieu de dire à ma tribu, la main sur le front, « pas maintenant mes chéris, papa réfléchit intensément au destin du monde et aux moyens de le sauver ».

Ce faisant, je rature mon carnet quand je peux, dans les transports, pendant les bouchons, aux toilettes ou en petit déjeunant, mon chocolat chaud posé juste à côté de mes feuillets. Puis je rédige vite fait à midi, mets en page le soir et publie sans faire relire le tout par un comité de lecture ou quelque collaborateur que ce soit. Ma femme ayant de son côté, tout un tas de copies illisibles à corriger.

Vous me direz que je pourrais faire taper tout ça par ma secrétaire, mais non ! Parce que d’une part, il s’agirait d’une forme d’abus de bien social et que d’autre part ma secrétaire se trouve être ma grande sœur qui n’hésiterait pas à m’envoyer mes petits feuillets au visage avec un « j’ai beau être ta sœur, tu devrais savoir depuis le temps que je n’ai jamais été ta bonne ».

Coté conceptuel et pour rester dans l’esprit d’entreprise familiale, il se trouve qu’aussi bien mon peintre en bâtiment de père que mon grand père tailleur de pierres m’ont appris qu’un outil n’est pas fait pour être admiré mais pour être utilisé. Il faut certes qu’il soit respecté et nettoyé après chaque usage mais sûrement pas accroché au mur comme le font nos bobos avec les outils ethniques, genre mortier et pilon à millet, qu’ils ramènent d’Afrique ou des puces.

Aussi, moi, l’outil pour l’outil, la langue pour la langue, je laisse cela aux esprits stériles et maladroits. J’aime trop buriner pour ça, sculpter, graver, pousser l’outil dans ses limites, forcer l’outil autant que je malmène mes bras, étriller les mots autant que j’étrille ma langue. Alors, que répondez-vous à ça, mon cher Monsieur d’aucun ?

SILice

mardi 1 juillet 2008

RUDY H : UN FRANÇAIS PAS VRAIMENT « INNOCENT » VOIR CARREMENT « ETRANGER »


Agression d'un jeune Français juif. Vous m'excuserez de ne pas avoir réagi plus tôt mais en plus d'une certaine forme de respect pour la victime et sa famille, j'ai souhaité attendre de revenir du côté éclairé de la Force avant de mettre en accusation l'immonde. Trop de colère en moi, il y avait.

Trop de colère envers les bandes de petits pourris qui se croient autorisées à lyncher un Juif ou tout autre catégorie de personnes qui ne leur reviennent pas, comme envers leurs parents qui les éduquent dans cette haine, qui laissent faire ou qui excusent ce genre d'actes.

Trop de colère envers nos pouvoirs publics qui laissent notre nation se faire dépecer par les nouvelles féodalités communautaires. Cette même indignation qui fait dire à Jean-Pierre Chevènement, d’une façon toutefois un peu simpliste puisque renvoyant tout le monde dos-à-dos, « j'incrimine une certaine complaisance au plus haut niveau de l'Etat à l'égard de ces phénomènes d'appartenance excessive qui finissent par gommer ce qui nous est commun, c’est-à-dire la citoyenneté ».

Trop de colère envers l’impuissance publique qui refuse encore et toujours de regarder en face cette haine culturelle d'importation, cet antisémitisme islamique à l'œuvre dans ce pays et diagnostiqué pour la première fois en 2002 dans « les territoires perdus de la république ».

C'est vrai que l'on n'avait pas déjà assez à faire avec notre propre fond culturel antisémite pour qu'on laisse s'exprimer en paroles, en prêches ou à coup de barres de fer cette haine qui fait fuir vers le 19e arrondissement bon nombre de Juifs de Seine-Saint-Denis, comme le raconte Aline. Celle-ci a quitté la Courneuve en 2002 car « c'était intenable ». Rafaël Haddad, président de l'Union des étudiants juifs de France, indiquant quant à lui « qu’il n'y a pratiquement plus de Juifs à l'université de Saint-Denis et de Villetaneuse ». Rien de bien étonnant. Comme rien d'étonnant devant notre incapacité à assurer la sécurité des Français juifs, tout comme celle de bien d’autres Français, à ce que Aline comme d'autres Juifs se regroupent dans le 19e pour retrouver « la sécurité et la communauté, à un prix raisonnable dans Paris ». Rien de surprenant aussi à ce qu'ils en aient marre de fuir et décident de se défendre, de résister.

Cette haine culturelle qui cible les Juifs mais pas seulement, et qui ne cesse de se confirmer en milieu scolaire, professionnel, carcéral, urbain et même rural comme à Vitry-le-François. Vitry-le-François où face à l'impuissance de l'ordre public devant cette barbarie haineuse, des habitants en viennent à envisager d'organiser eux-mêmes leur défense y compris en « sortant les fusils ». Quelle honte pour tout républicain de voir que notre nation laisse la situation en arriver là.

Mais surtout colère, quand on voit le traitement des faits, envers ces immondes journaleux, envers ces « raclures du journalisme » comme le dit avec ire mais justement André Dufour car venons en aux faits.

Aux faits tels qu'ils nous ont été rapportés par la télévision et ce « grand » journal des crépuscules qu'est Le Monde.

Rudy H un jeune Juif se fait « violemment agressé » (bel euphémisme pour lynché) samedi 21 juin aux alentours de 19 heures (en pleine journée), en se rendant à la synagogue (franchement quelle idée), rue Petit, dans le 19e arrondissement, un quartier marqué par « son ennui et ses bandes ». D'ailleurs « l'enquête s'oriente vers les bandes communautaires » puisque entre autres indices, « selon un témoin, Rudy H n'était pas seul lors de son agression ». Les autres indices sont que Rudy H était connu des services de police suite à une bagarre intercommunautaire et que de fortes tensions communautaires subsistent depuis « la deuxième Intifada » comme l'estime Gilles Bernheim, le grand rabbin de France, ainsi que le maire du 19e qui « ne voudrait pas que les événements du Proche-Orient déteignent ».

Par ailleurs, puisque le journaliste de France 2 dans le JT de 20h du 22-06-08 l’a présenté comme une info et non comme un fantasme antisémite, signalons comme l'a fait ce Français noir du 19e que tout cela procède du fait « qu’il y a certaines communautés qui sont privilégiées par rapport à d'autres ».

Ah bon ! Français juifs, noirs, d'origine maghrébine, turque et j'en passe, habitent tous le même quartier populaire pour ne pas dire pourri et il y aurait quand même « certaines communautés qui sont privilégiées par rapport à d'autres ». Ça c'est du raisonnement. Ça c'est de l'info. Décidemment tout cela sent le moisi.

Voici que l’agression d’un gamin par une meute de vingt individus se retrouve présentée sans ciller comme un affrontement entre bandes. Vingt contre un, un affrontement de bandes. Je sais bien que les Juifs sont balaises mais quand même. Voici également, qu'au lieu d’enquêter sur les assaillants, leurs trafics, leur violence, sur le cauchemar qu'ils font vivre à tous les gens de ce quartier, que l'on préfère fouiller les poubelles de la victime, qu'on en fait une petit voyou pas loin d’avoir mérité sa petite correction. Franchement ça pue non ? D'autant plus que j'ai failli moi aussi tomber dans le panneau, que j’ai failli conclure comme mon Chevènement, en mettant tout ça sur le compte d'un vulgaire Paris East side story, si je m'étais arrêté à la télé ou à la lecture du Monde et si les incohérences ci-dessus ne m'avaient pas attaqué les narines.

À vrai dire de l'information un peu plus cohérente, j'en ai trouvé dans le Figaro. On y apprend que ce Juif privilégié prépare un CAP plomberie, que chaque samedi « les bandes descendent pour voler » des scooters et autres biens parce que CAP ou pas « les familles juives font figure de privilégiés », la question cisjordanienne ne faisant même plus office d'excuse.

On comprend également que les attaques interviennent plus particulièrement le samedi non pas à cause de l'ennui sabbatique mais tout simplement parce « qu’en pratiquant le shabbat, les Juifs ne peuvent rien porter sur eux, ni se défendre (…) repérés à cause de leur kippa, ils deviennent des proies faciles ». On comprend mieux pourquoi « en 2007 le 19e est arrivé en tête des quartiers touchés par les actes antisémites : 25 contre 8 dans l'arrondissement voisin du 20e ». Ce 19e arrondissement parisien devenu aussi mondialement célèbre grâce à son réseau djihadiste et aux gamins envoyés en Iraq.

Mais on apprend aussi que trois agressions ont eu lieu en quelques heures et qui paradoxalement tendraient à démontrer la thèse de la guerre des bandes. Une première au métro Laumière où un jeune juif s’est vu arracher l’étoile de David qu’il portait autour du cou. « Puis, vers 16 h 30, une bagarre rangée a éclaté dans le parc des Buttes-Chaumont entre une bande afro-maghrébine et des adolescents juifs. L'un d'eux, blessé au bras à l'arme blanche, a reçu plusieurs points de suture à l'hôpital. Il n'a pas voulu déposer plainte en raison du shabbat. » Rappelons pour ceux qui croient encore ici à la guerre des bandes, qu’en raison du shabbat non seulement cet adolescent n’a pas déposé de plainte mais qu’il ne portait rien sur lui afin d’affronter une bande adverse. À 19h30 c’est au tour de Rudy de jouer la bande à lui tout seul, ce qui explique qu’un haut fonctionnaire puisse conclure « La thèse d'une attaque antisémite visant délibérément un Juif isolé n'est plus privilégiée…»

Remarquez, c’est vrai après tout. Ce n’est pas un Juif qui était visé puisque ce sont les Juifs qui sont ciblés. Quant à la bande juive, d’un point de vue mathématique, un Juif attaqué, plus deux Juifs agressés, plus trois Juifs coursés, ça fait bien au total un nombre conséquent de Juifs, pas loin d’une bande en somme.

Conclusion d’autant plus plausible si l’on en croit la thèse du « Rudy n’était pas seul ». D’après cette thèse, ils auraient été un bon gros quatre-cinq à se faire courser par la toute petite vingtaine d’assaillants. Tout le monde sait que chez ces fourbes de Juifs, la meilleure attaque reste la fuite. Rudy serait le seul à ne pas avoir opté pour cette technique. Il n’aurait pas réussi à s’échapper, oups, il aurait tenu à affronter seul comme une bande, et à grands coups de kippa, les poings, les pieds et les armes par destination des pauvres bougres qu’il agressait si sauvagement. Il y avait les Ninjas, voici désormais le Ninjuif.

Remarquez, si l’on suit cette logique, on peut également voir très différemment l’agression subie la veille, par tous ces lycéens qui fêtaient la fin des épreuves du baccalauréat sur le Champs de Mars. Ces 5000 lycéens agressés et dépouillés par des dizaines de voyous venus des Yvelines et du Val-d’Oise.

C’est vrai quoi ! Qu’est-ce donc que cet attroupement, cette légion de nantis du système scolaire, venus au cœur de Paris pour fêter des études dont se sentent légitimement exclus tous nos discriminés qui subissent les diktats de tous ces profs d’une école neo-coloniale, notoirement intransigeants, intolérants, racistes, voir même fascistes. Et puis qui nous dit que ce ne sont pas ces privilégiés du système scolaire qui depuis le Champs de Mars ont provoqué les ghettos des Yvelines avec des grands bras d’honneur et en mettant la musique de leur i-pod à fond. Qui nous dit que nos petits nantis n’ont pas exclu nos zonards de la fête, voir même n’auraient pas engagé les hostilités en les menaçant de leurs carnets de notes.

Bon, trêve d’ironie. Est-ce que tout cela m’étonne ? Non car à vrai dire je me rappelle encore comment fut traitée l’affaire « Ilan Halimi ». Rappelez-vous, ce jeune Français juif, ciblé, après que le gang, un autre, « des barbares », toujours, ait repéré les commerces juifs à leur fermeture, le jour d’une fête religieuse. Un Français juif enlevé le 21 janvier 2006, torturé et finalement tué parce que ces satanés barbares pensaient qu’une « communauté solidaire comme la communauté juive paierait » les 450 000 euros réclamés à la famille.

Un acte barbare qui malgré l’évidence du mobile réussit à nourrir chez certains magistrats des interrogations quant au caractère antisémite du crime. Le procureur de Paris ayant même démenti le jeudi 16 février « les rumeurs selon lesquelles les kidnappeurs auraient agi avec des mobiles antisémites ». C’est vrai que le mieux eut été que le gang cloue une pancarte sur la victime avec pour inscription « assassiné parce que Juif » et encore je ne suis pas certain que l’on aurait échappé à cette « querelle byzantine » comme l’indiqua un proche du dossier, avant de conclure « Ilan a été enlevé parce qu'il était juif et son meurtre est l'aboutissement de ce choix initial ».

Non rien de bien surprenant car comme le dit Mohammed Sifaoui, violement agressé lui aussi il y a un mois, non loin de là, notre "France file un très mauvais coton". À vrai dire un vieux coton auquel s’ajoute une nouvelle laine de mouton.

Ce très mauvais coton qui a fait dire à Raymond Barre, après l’attentat de la synagogue de la rue Copernic du 3 octobre 1980, « Cet attentat odieux a voulu frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue, il a frappé des Français innocents qui traversaient la rue. »

Un vieux coton dans lequel se drape Mitterand lors de son interview par Jean-Pierre Elkabbach, le 12 septembre 1994.
« — Et pourquoi, alors qu’il y a le gouvernement de capitulation, qu’il y a eu les lois anti-juives, vous allez à Vichy, pourquoi vous n’allez pas à Londres ou à Alger ? Je vous pose la question.
— Vous me dites les lois anti-juives. Il s’agissait — ce qui ne corrige rien et ne pardonne rien — d’une législation contre les juifs étrangers, dont j’ignorais tout
. »

Rappelons que s’il y eut bien, le 4 octobre 1940, une « loi sur les ressortissants étrangers de race juive » consacrée à l’internement « dans des camps spéciaux » des populations concernées, elle vient après celle du 3 octobre 1940, portant sur le statut des juifs et qui concernait tous les Juifs de France.

La même pelote dans laquelle Jacques Chirac se prend les pieds lors de son discours du 14 juillet 2004 : « Nos compatriotes juifs, musulmans, ou d’autres mêmes, tout simplement parfois des Français, sont l’objet d’agression au seul motif qu’ils n’appartiennent pas à telle ou telle communauté. » Tout simplement des Français (sic). Tout simplement maladroit.

Et oui, pour beaucoup trop de Français, y compris pour les premiers d’entre eux qui comme Mitterrand ne sont pas pourtant les derniers des imbéciles, les Juifs restent encore et toujours des étrangers, en tout cas rarement innocents. Filer un mauvais coton. Un problème de mémoire historique. Espérons que tout le monde la retrouve et pas seulement Rudy qui ne se rappelle toujours pas de ce qui s’est passé. Mais bon, nous sommes déjà si heureux de le savoir en vie que l’on ne va pas le forcer à se souvenir, lui.

SILomon