mardi 11 août 2009

CHAPITRE 6 « LA MARÉE, FLUX ET REFLUX » (4/5)


Le flanc droit mené par Didactix était parti à l’assaut au même moment que les autres unités de contestation. Et il s’était également fait prendre dans le bombardement de win-win. Toutefois, les pertes avaient été faibles.

Il se trouve maintenant devant trois bataillons adverses, prêts à recevoir le choc. Celui des « parents d’élèves qui savent tout mieux que les profs » et celui des « parents d’élèves qui préfèrent voir leurs enfants à l’école car les enfants c’est du souci ». Avec derrière ces deux bataillons, la légion spéciale des « eunuques de l’éducation soumis aux caprices parentaux et infantiles », dirigée par Lucius Ferrius, un lieutenant de Girondix. Trois unités unies par la volonté de « se repaître du cœur vaillant des enseignants ».

Alors que les professeurs résolus montent au contact, Monseigneur Girondix depuis son promontoire, se rend compte que ses bataillons ne feront pas le poids face au flanc droit ennemi. Il lui faut résoudre ce problème. Il fait venir BadBercix et sa suite de mages de l’ordre du Chiffre, drapés dans des capes de couleur sombre. Froids comme des superconducteurs, BadBercix, Statistix et Econometrix apparaissent ; « Oui, maître ! Demandez et nous chiffrerons ! ».

Girondix leur montre le problème que constitue cette foule de professeurs. La solution ne se fait pas attendre. Elle est à leurs pieds. Remarquant la lance magique que Thatcheria avait offerte au Bossu, les mages de l’ordre du Chiffre la demandent. Ils la posent au sol et se mettent à tourner autour de la lance en invoquant des modèles économétriques, sociologiques et en se servant de leurs bouliers sacrés ainsi que de leurs chapelets numérologiques.

Après un moment, la lance se met à briller. C’est alors qu’ils prennent la lance magique chargée en fluide numérique et qu’ils la dirigèrent vers le bataillon de professeurs. Comme par enchantement, ceux-ci disparaissent les uns après les autres. Les disparus sont transportés provisoirement dans une dimension parallèle, le royaume de la déesse Statistica, une divinité cyclothymique.

Didactix et ses camarades constatent cela avec horreur. Ils s’attendent impuissants à disparaître à tout moment. Par chance, la lance finit par épuiser tout son fluide numérique, perdant ainsi son pouvoir. Les enseignants cessent de disparaître. Mais les dégâts sont considérables. Il ne reste moins de la moitié du bataillon.

Didactix fait arrêter l’assaut. Il faut évaluer la situation et apporter une remédiation au problème posé. La poursuite de l’offensive devient une chose peu réalisable, même si n’écoutant que son courage, Didactix demeure prêt à se battre seul. Réunissant ses compagnons, l’un d’eux, Agregationix, prends la parole et raconte à ses camarades une petite histoire.

« Il y a bien longtemps, deux maîtres armuriers se disputèrent la place de Grand maître armurier. En effet, le plus jeune des deux ne cessait de quereller son aîné à tel point que le vieux maître demanda au roi de les départager. Le roi accéda à cette demande et leur donna rendez-vous au gué de la rivière sacrée du royaume, à l’automne, pour un petit défi.
Le défi consistait à plonger leur plus belle œuvre au milieu de la rivière et à observer son action sur les feuilles charriées par le cours d’eau ancestral. Le plus jeune des maîtres armuriers tint à être le premier à plonger sa lame. Il en fut ainsi. Il prit sa lame la plus fine et la plongea dans le cours d’eau. Un chêne accepta de concourir à ce que justice s’établisse. Il lâcha l’une de ses feuilles. Celle-ci arriva droit sur l’épée et fut tranchée finement en son milieu. L’assemblée et le chêne furent impressionnés par la qualité de cette lame. Le jeune armurier ne put retenir un éclat de joie. Le roi resta impassible. Le vieux maître vint et plongea une lame aussi fine, aussi tranchante que celle de son cadet dans la rivière. Le vieux chêne lâcha une autre de ses dernières feuilles. La feuille se dirigea, comme la précédente, tout droit sur le tranchant de la lame. Mais au lieu d’être tranchée par cette dernière, le feuille glissa délicatement tout le long de la lame et poursuivi sa route. Il y eut un murmure dans l’assemblée, couvert par les éclats de rire du jeune armurier. Le roi se leva, se dirigea vers le vieux maître et le déclara vainqueur. Ni l’assistance, ni le cadet, rouge de rage, ne comprirent la décision du roi. L’aîné s’inclina modestement devant le souverain et quitta le gué sans mot dire. Le vieux chêne, en signe de respect pour le vieux maître abandonna toutes ses feuilles restantes à la rivière. »

Didactix claque amicalement l’épaule d’Agrégationnix et lui dit « tu as raison, contournons l’obstacle afin d’atteindre ce satané promontoire. Il ne sert à rien de sacrifier nos forces en attaquant de front. On n’a rien à démontrer. »

L’instant d’après, tout le monde court déjà à qui mieux mieux. Ils contournent les bataillons de parents et la légion d’eunuques, pris de vitesse. Paniqué, Monseigneur vocifère : « Lucius Ferrius ! Votre garde est constituée d’incapables ! Faites donc quelque chose ! »

Lucius Ferrius ne voit qu’une solution. De la glue verbale, encore de la glue verbale, toujours de la glue verbale. Il contacte les unités d’artillerie postées à Télévisium et leur demande un tir de barrage concentré sur des coordonnées précises. Il faut tout balancer ; tout ce qui reste d’ogives de glue verbale win-win et d’opinium.

C’est ainsi qu’une grêle d’obus s’abat sur notre vaillant bataillon. Malheureusement pour Lucius Ferrius mais heureusement pour les unités de Didactix, les obus ne sont pas assez nombreux et la glue pas assez épaisse pour immobiliser les enseignants. À plus forte raison que Lucius Ferrius s’était trompé dans le calcul des coordonnées. La plupart des ogives tombent hors champs de combat.

« Bande d’incapables, ça ne suffit pas ! » Rugit le buffle devant l’incompétence de ses inféodés. Si l’unité de Didactix enfonce les phalanges de Lucius Ferrius, ils auront accès au chemin qui mène au promontoire où se trouve Girondix et Démagogix. Que faire ? Profitant du fait que Démagogix soit occupé avec une jeune secretaire, Girondix demande au Baron Wendelium « que ferais-tu à ma place ? ». « Tu n’as pas le choix ; il te faut lancer ton sort le plus puissant, celui que tu as pris à Constitutionnix » répond le Baron. Girondix aurait préféré l’utiliser à un autre moment mais il ne peut se permettre une défaite. Ses maîtres, Dark Speculator et Démagogix ne lui pardonneraient pas. En effet, il n’a pas d’autre choix.

Girondix écarte les bras, les tend vers l’avant et lance l’invocation oghamique du vieux druide. Mais l’invocation qui commence à transpirer du bossu n’est pas dorée mais grise. Et l’odeur que la nuée dispense est celle du plomb en fusion. Une nuée qui se dirige droit sur l’unité de Didactix. La nuée se mêle à la glue. La glue monte en neige, boueuse et visqueuse. Le sort est réussi. La glue verbale montée en neige immobilise les jambes de Didactix et de ses camarades. Les voilà partageant le même sort que le reste des troupes d’Intérêt Général.

Constitutionnix est quant à lui saisi par un courant electrique qui le surprend. Les mots de plomb du bossu avaient fini par retrouver leur maître, redevenant des paroles dorées. Constitutionnix retrouve ses pouvoirs. L’alchimie des mots sacrés lui redonne force et vaillance. C’était déjà cela de pris car cette bataille était perdue. Les unités du village se replient en désordre, tête baissée, les jambes et la volonté ramollies par la glue verbale ennemie, emportant avec elles un étendard rétréci aux trois quarts, aussi diminué que la volonté du village.

Regardant par-dessus leur épaule, certains peuvent même assister à un spectacle effrayant qui leur fait presser le pas. Les étendards des troupes de Démogogix et Girondix prennent vie. Les trois marteaux du baron Wendelium se détachent de la toile et plongent dans les marres de sueur laissée sur le champ de bataille. Glinky, le pacman-fantome, bondit également de son placenta textile.

Oui, les trois-marteaux et le Glinky sont bien vivants et ils se repaissent de la sueur des travailleurs, accroissant par la même occasion le pouvoir de leurs maitres. Le Baron Ernestum Wendelium se disant même que maintenant, grâce à ses marteaux vivants, il va pouvoir fabriquer à la chaîne des chaînes magiques pour entraver une masse toujours plus nombreuse d’hypnotisés.

lundi 10 août 2009

CHAPITRE 6 « LA MARÉE, FLUX ET REFLUX » (5/5)


S’ensuit une longue marche qui restera dans les mémoires comme la longue marche des mis en retrait.

Alors que Monseigneur assiste, joyeux, à la fin de la dispersion des vagues contestataires, Vendesassurancestourix vient le voir pour lui signifier que sa cavalerie a envie de pousser plus loin l’avantage. Une bonne idée. Monseigneur lui accorde son expédition punitive. « Va avec tes braves ! Prends à ta guise serfs et trophées ! » Vendesassurancestourix rejoint ses collègues, tout excité par la chasse qui s’annonce. Rejoignant ses compagnons, il fait un petit crochet par le bosquet où se cache encore Petitfascix et son infanterie charognarde qui espérait retirer de la bataille quelque chose à se mettre sous la dent, pour se moquer d’eux. Petitfascix se dit intérieurement « Va imbécile ! Épuise donc tes forces ! Mon heure viendra ! »

En attendant, c’est l’heure de Vendesassurancestoutrix et de ses compagnons. Telle une meute trop longtemps retenue, ils se ruent à la poursuite des bataillons d’Intérêt Général. « Yah Panzer ! Yah Leclerc ! Yah Chrysler ! Yah Maha ! » crient-ils en étrillant leurs montures. Empressés, assoiffés qu’ils sont, cherchant à l’horizon leur proie déjà loin, ils décident de couper au plus court. Pour cela ils éventrent la masse inerte que constitue maintenant la piétaille.

Heureusement pour nos amis, cette cavalerie stupide se trompe de chemin. La route qu’elle prend les éloigne de nos combattants. Malheureusement elle conduit ces cavaliers droit sur le village Intérêt Général, désormais sans défense. Enragés de ne pas rencontrer l’armée en retraite, ils se vengeront sur le village, ravageant les faubourgs, pillant et emmenant captive, une partie de la population.

À cet instant, nos amis se trouvent encore loin du village, ignorants des dégâts produits par la cavalerie soumise aux désirs de Dark Spéculator. La route est encore longue. Alors que Didactix ronge son frein, se disant que rien ne sera possible sans le réveil et le sursaut de la masse enchaînée, la troupe traverse une jolie forêt. Soudain un épais brouillard s’abat. Nos amis ne voient plus leur route. Le seul point de repère qui demeure est une petite rivière sur leur droite. Ils décident de faire une halte. Didactix en profite pour continuer de réfléchir tout en suivant du regard les vaguelettes qui dansent sur le courant diaphane. Il ne réfléchit pas bien longtemps car une jolie jeune femme, blonde comme le maïs, fait soudainement irruption dans son champ visuel. Didactix s’arrête net. La jeune femme s’approche de lui en souriant. Et son sourire est comme un éclair mettant dans le mille. Didactix est touché par la foudre en plein cœur. Il ne bouge plus. La jeune femme se trouve maintenant toute proche de son visage. Quittant un instant les yeux de Didactix, elle approche ses lèvres de l’oreille gauche de Didactix, où elle y déverse un clapotis continu de paroles.

« Je m’appelle Loanamélusine, la fée des piscines. Le grand dieu Lugh m’envoie vers toi. Le grand dieu solaire, Lugh le polytechnicien, Lugh le grand savant, Lugh le grand artisan m’envoie vers toi pour que je te guide sur le chemin de l’épée magique. Trouve l’épée sacrée gardée dans l’au-delà. Trouve l’épée pourfendeuse d’injustices. Cherche l’épée qui porte un nom de tonnerre. Trouve celle dont tu devras deviner le nom pour libérer le pouvoir. Pour la trouver, il te faudra chercher la porte du monde d’en-bas. Pour trouver la porte de ce monde, retrouve McAfyx le Pirate. Trouve-le et poursuit ton destin ».

Didactix toujours paralysé n’ose rien dire. Loanamélusine s’écarte doucement de lui après avoir frôlé ses lèvres. Elle lui sourit toujours. Puis elle se jette dans la rivière. Son buste sort une dernière fois de l’eau. Son maillot de corps trempé, marquant sa jolie poitrine. Ses boucles blondes soulignant les traits de son visage et son joli regard. Elle sourit encore une fois puis disparaît. Didactix se retrouve bête au bord de cette rivière, devant sa copine Syndicaline et ses autres camarades morts de rire.

dimanche 9 août 2009

FLY ME TO THE MOON.


Je crois que j’ai trouvé la bande originale adéquate pour fêter le 40e anniversaire du premier alunissage. Vas-y Franky c’est bon…

Han SILo

samedi 8 août 2009

VOILE PAS VOILE (11) : BOUGE TON BURQORPS (SHAKE YOUR BURQY)


Le port du voile oui… mais seulement s’il te permet de bouger ton joli burqorps un samedi soir sur le « studio plastico » des Portecho aussi bien à Istanbul qu’à Ibiza.

SILidim le Magnifique

vendredi 7 août 2009

CHAPITRE 5 « LES FILS DE LLOEGR » (1/5)


Thatcheria entre dans la pièce où se tient l’assemblée atteinte de tremblante. Elle y entre courbée tout en jetant un regard affligé sur cette assemblée. Elle a vite compris la situation, un peu comme si elle revivait un lointain souvenir. Se redressant, elle tend ses mains griffues vers eux, les caressant, les rassemblant dans l’ombre portée de ses serres de vieille corneille carnivore. Ouvrant son bec de collagène, elle s’adresse à Monseigneur le Bossu en des termes qui se veulent rassurants.

« Monseigneur, ne crains pas la rumeur populacière. Hisse donc tes drapeaux et abats ta colère sur la nuque de tous ces renégats. Je te le promets, écoute-moi ; la victoire est à toi si tu procèdes comme mes ancêtres, les fils de Lloegr (ancien nom donné aux tribus anglo-saxonnes avant de devenir les Anglais après la conquête de l’île des Bretons). »

Se dirigeant vers toute l’assemblée, d’un ton sec comme un claquement de bec elle leur dit : «Avez-vous déjà entendu le son des nobles noms de Henguist et Horsa, ces deux fiers rois, sortis de ventre de Lloegr ? Non ! Dans ce cas écoutez comment mes pères ont posé le joug sur le cou bovin des viles Kymri (Bretons) et de tous les autres ruminants de l’île de Bretagne. »

Les regards sont interrogateurs. Quel rapport peut-il bien exister entre la conquête de l’île de Bretagne par les Anglo-saxons et la réaction houleuse des habitants d’Intérêt Général au projet de reforme du système des retraites ? Thatcheria prend une chaise où elle s’assoit avant de déclamer ce qui suit.

« Il y a de ça quinze siècles, le pleutre Vortiguern, roi des Kymri, s’allia aux premiers Lloegriens qui débarquaient sur l’île de Bretagne afin de mener une guerre contre les Pictes (tribu d’Ecosse). Grâce à cette alliance, il gagna sa guerre avant d’en perdre une bien plus importante. En effet, en échange de son aide, le noble Henguist, roi lloegrien, obtint du pleutre Vortiguern, deux choses. Primo, un promontoire sur la côte Est de l’île où Henguist allait bientôt installer un fort imprenable qui lui servirait de tête de pont à ses projets d’invasion. Deusio, les services du plus grand artisan de l’île de Bretagne, ceux de Gwyar le mélancolique. Gwyar appartenant à Vortiguern, il le céda à Henguist qui connaissait la réputation de ce grand artisan, celle de celui qui était capable de donner vie à des armes magiques ou à des chaudrons enchantés. Tout en livrant Gwyar à son nouveau maître, Vortiguern expliqua à Henguist qu’il ne devait jamais offenser le plus grand des forgerons, ni le brusquer dans son ouvrage, faute de quoi il n’obtiendrait rien de bon de ce fier artisan.

Henguist suivit le conseil de Vortiguern. Toutefois Gwyar, qui se languissait de son clan, n’avait pas le cœur à l’ouvrage. Il fabriqua bien quelques magnifiques pièces, mais cela était loin de contenter Henguist. Celui-ci chercha alors un moyen de faire oublier à Gwyar le souvenir des siens et de son pays. Après y avoir réfléchi, il décida d’emmener Gwyar de l’autre coté de la mer, dans les terres de tourbe qui avaient vu naître les Lloegriens.

Là-bas, il lui fit construire une magnifique forge mais surtout il lui donna pour épouse l’une de ses cousines, Olga la rousse, l’une des plus belles femmes du clan. Il espérait ainsi distraire l’esprit mélancolique de Gwyar et lui faire oublier le destin des armes que le forgeron usinerait ; le massacre des siens. Un échec puisque les bras de Gwyar demeuraient lourds de nostalgie. Un échec jusqu’à ce que Olga la rousse lui donna un fils. Cet enfant le rendit plus leste mais pas assez au goût de Henguist. Gwyar passait en effet beaucoup de temps avec son fils, à qui il avait donné un prénom Kymri, Melgwin. Gwyar lui enseignait ce qu’il appelait les trésors de l’enfance, lui montrait les soi-disant joyaux de la vie, les secrets de la nature ; des fadaises de Kymri. En grandissant, Melgwin reçu surtout de son père son art, une chose qui plut à notre roi Henguist, à plus forte raison qu’il sentait également grandir dans le cœur de Melgwin quelque chose qui échappait à son père Breton, à savoir la force du sang lloegrien transmis par sa mère...

jeudi 6 août 2009

CHAPITRE 5 « LES FILS DE LLOEGR » (2/5)


Pendant que Melgwin grandissait, notre grand Henguist trouva la mort en Bretagne. Horsa, son fils, reprit alors le flambeau de la conquête de ce qui devait devenir notre île. Un flambeau que Horsa reprit avec plus de force encore que son père. Or pour ce faire, il lui fallait des armes à sa taille mais également à celle de ses fiers compagnons. Aussi, avant de partir vers l’île de Bretagne venger la mort de son père, Horsa exigea de Gwyar qu’il lui fournisse beaucoup plus d’armes. Il les voulait pour son retour afin de préparer la prochaine campagne. Gwyar n’en fit rien. À son retour de Bretagne, un juste courroux se réveilla dans le cœur d’Horsa. C’en était assez !

Sa tante Camilla, à la tresse dorée, remarquant son état lui offrit le conseil et la douceur de ses cuisses. Horsa apaisé conçut un beau projet. Il décida d’empoisonner cet inutile de Gwyar et de faire croire à son fils Melgwin que des druides kymri avaient traversé la mer pour tuer son père afin qu’il ne respecte pas sa parole.

Le trouble et la colère voilaient désormais le cœur du jeune Melgwin. Horsa put ainsi lui demander ce qu’il n’obtenait pas de Gwyar, et plus précisément sous la forme d’un défi que son sang lloegrien de quinze ans ne pouvait pas refuser.

En échange de 1000 épées invincibles qu’il devait produire en 20 ans, il lui promettait 100 vierges lloegriennes, aux grands yeux bleus et aux longs cheveux de soie.
Contre 20 chaudrons inépuisables, à produire en 10 ans, il recevrait le poids de toute sa famille en or.
Enfin, s’il lui fournissait 10 talismans d’invulnérabilité au cours de dix autres années, il pourrait choisir soit de gouverner avec Horsa le royaume de Bretagne soit 30 années de repos absolu, pendant lesquelles tous ses désirs ainsi que ceux de son clan seraient satisfaits. Par contre, il devait faire son choix avant de débuter son dernier travail.

Ainsi, Melgwin s’enferma nuit et jour dans l’atelier de son père, développant son art chaque jour un peu plus. Il produisit, au cours des deux décennies prévues, les 1000 épées aussi invincibles et mordantes que les dents d’un dragon. En récompense, il reçut les cent vierges promises. Les noces durèrent toute une année, année au cours de laquelle il put honorer ses épouses et se reposer de vingt années d’un bon labeur.

Puis il s’attela à son oeuvre suivante. Jour et nuit, il s’acharna à fabriquer les 20 chaudrons promis. Pendant ces dix années naquirent également et grandirent ses 100 enfants, 50 fils et 50 filles. Une bonne chose pour Melgwin et pour nous autres Lloegriens, car la mauvaise pour lui était que le jour où les 20 chaudrons furent livrés à notre roi Horsa, le corps de Melgwin craquelait déjà. Les faiblesses de ce qu’il y avait en lui de Kymri se révélaient. C’est ainsi que Melgwin choisit en échange du dernier travail, la fabrication des 10 talismans d’invincibilité, 30 ans de repos absolu.

Et pour exécuter son dernier travail, il décida de prendre avec lui, dans son atelier, ses 50 fils. Il leur enseigna son art et tous ensemble, ils tentèrent de fabriquer les 10 talismans d’invulnérabilité. Péniblement, à force de sorts, d’efforts et de sueur, ils les façonnèrent. Au bout des 10 années, les 50 fils de Melgwin sortirent de l’atelier, la face affreuse, certains d’entre eux portant à bouts de bras parfois brisés les précieux talismans. Melgwin venait quant à lui de périr, le marteau à la main. Ses fils, ridés, brisés, avaient vieilli de 50 ans, en dix ans de forge.

Le roi Horsa, à la longue barbe désormais, sourit en les voyant sortir. Il ordonna à cette occasion que les cinquante filles de Melgwin soient distribuées aux plus vaillants de ses guerriers. L’île de Bretagne serait bientôt conquise en même temps que se tarirait le sang de Gwyar, le plus grand artisan Kymri de tous les temps. »

mercredi 5 août 2009

CHAPITRE 5 « LES FILS DE LLOEGR » (3/5)


Thatcheria termine ainsi cette histoire. Drôle d’histoire. L’assemblée émerge d’ailleurs du récit franchement hébétée. Girondix, dit Monseigneur le Bossu, regarde même Thatcheria avec un air tout penaud. Après un long silence, n’en pouvant plus, il lui demande la morale de l’histoire.

« J’en étais sûre » dit-elle tout en le cinglant d’un éclair rétinien on ne peut plus méprisant. Puis se calmant, elle lui assène, «si tu veux faire produire, si tu veux l’or qui transpire du sang et de la sueur des gueux, mets-y trouble et colère et promets-leur l’or et le repos qu’ils n’auront jamais. Il y a cent ans, cette histoire était encore connue. Alors que la canaille réclamait de l’or et du repos, on le lui promit à 65 ans. C’est ainsi que la canaille marcha au pas sans comprendre que peu d’entre eux vivraient jusqu’à cet âge. Maintenant qu’ils vivent assez pour prendre notre or et notre temps, mettons le trouble dans leur cœur, divisons-les, montons la barre plus haut pour qu’ils n’aient pas le temps de profiter de nos trésors. »

Monseigneur, tout fier d’avoir enfin compris, à l’inverse de ses collaborateurs dont l’air niais persiste encore, se redresse et lance à son Etat major, « Tout le monde au travail ! Rhétorix, préparez-moi donc une bonne glue verbale, de celles qui nous permettront d’endormir l’opinion ! Que tout le monde soit prêt à attaquer ! Que les diffuseurs du bourg Televisium se tiennent parés à lancer les obus de glue verbale dés qu’elle sera prête ! Au travail Rhétorix et Directeurdecabinex ! Au travail, nom de Dieu ! »

« Au travail », facile à dire. Rhétorix et Directeurdecabinex n’avaient pas la moindre idée de ce qu’ils devaient faire. Pour tout dire, ils tremblotaient encore un peu rien qu’en pensant aux ondes dégagées par l’étendard du village Intérêt Général et à la réaction apeurée de leur totem Blinky.

Prenant les choses en main, Vendesassurancestoutrix se lève et lance en direction de Girondix le bossu, « Monseigneur, vos collaborateurs font preuve d’une attrition intolérable. Vous ne pouvez tolérer une attitude aussi déceptive. Laissez-moi faire. Mes hommes sont beaucoup plus pushy. Ce sont des HP (High potentials) dotés de KFS (Key factors of Succes). Je suis certain qu’avec mon équipe nous conceptualiserons une idée impactante qui scotchera le camp adverse. Confiez-moi cette mission et sous peu vous aurez de quoi répondre à l’attaque des vilains du village. Promis, je vous contacte ASAP (As Soon As Possible) ».

Rhétorix, Directeurdecabinex et les autres restent bouches bées devant autant de talent. Il est vrai que Vendesassurancestoutrix passe pour être l’un des officiers les plus brillants de Girondix. Sorti des bancs d’élevage ostréicole des écoles de COM, on le disait particulièrement intelligent. D’aucuns prétendant même que cette tête de Com serait capable de réfléchir sans bouger les lèvres.

Monseigneur accepte la proposition de Vendesassurancestoutrix mais souligne toutefois que la réalisation de cette mission est TTU (Très très Urgente). Vendesassurancestourix répond avec un sourire commercial, accompagné d’un : « Promis Monseigneur ! dès qu’esquissée, je vous transmets un pitch (bref énoncé) du projet, puis je vous forwarde notre Reco (recommandation) complète. A ce moment-là, on tache de se voir en one-to-one (seul à seul) afin de peaufiner le tout ». Vendesassurancestoutrix se lève et part sur le champ.

48 heures s’ensuivent pendant lesquelles les deux étendards se font face. 48 heures à l’issue desquelles le fauve commercial atteint ses zobjes (objectifs).

S’inspirant de l’histoire de Thatcheria et avec l’aide de ses High Potes (Variante française de HP), principalement Mademoiselle Vaseline, une copine commerciale travaillant pour un grand groupe pharmaceutique, Vendesassurancestoutrix fait mettre au point une nouvelle drogue commerciale. Le Win-Win. En fait le Win-Win (gagnant-gagnant) donne toujours le sentiment d’être gagnant même lorsque la défaite est cuisante. Il s’agit d’un opium commercial agissant puissamment sur le système endocrinien. Une fois absorbée, le sujet contaminé sécrète des endorphines en masse, ce qui le met dans un état commercialement euphorique. Il est prêt à tout entendre, tout admettre et tout signer. Une bonne glue verbale aussi efficace avec le client, l’opinion, que les « partenaires » sociaux.

mardi 4 août 2009

CHAPITRE 5 « LES FILS DE LLOEGR » (4/5)


Monseigneur est satisfait. Il est certain de tenir dans cette super-glue verbale l’arme secrète qui mollira la combativité des gardiens du village Intérêt Général, et qui fixera aussi toute éventuelle opposition dans le pays. « C’est Démagogix mon maître qui sera content de le savoir » conclue-t-il. Tout en félicitant Vendesassurancestoutrix, il ordonne que ses bataillons se tiennent prêts à procéder à un premier test dès que les quantités suffisantes de win-win seront livrées. Ce n’est l’affaire que de quelques jours.

Enfin, tout est paré. Monseigneur est impatient. Il a ordonné que le premier bombardement de win-win ait lieu par voie aérienne depuis le village de Télévisium. Donnant le signal à l’heure du souper, le win-win se diffuse sur les ondes. Une étrange nuée se lève et répand un souffle sonore jusqu’alors inédit. Les retraités, les fonctionnaires-serviteurs du pays et d’autres salariés sont assimilés à des nantis, à des rentiers. Par ailleurs, ce souffle étrange annonce la distribution de puissants paradis fiscaux artificiels. Un nouvel opium du peuple pour le plus grand bénéfice des plus riches, des véritables nantis ou rentiers.

Cela fonctionne à merveille. Les endorphines sécrétées endorment les neurones calculateurs de la population dés cette nuit-là. Un lourd sommeil hypnotique s’abat sur les enfants de Belle France. L’opinion, shootée à la glue verbale, se trouve scotchée.

Nous voilà le lendemain matin. Vendesassurancetoutrix débute sa journée par un jogging. Le seul moment de la journée où il transpire, où cette sueur lui donne l’apparence du travailleur. Le rythme de sa foulée suit celui de sa joie. Il sait que les dégâts provoqués par son Win-win ont dû être considérables. Pour l’occasion, il a d’ailleurs enfilé son plus beau survêtement, celui du dimanche, un survêtement jaune or où figure son animal totémique ; un grand caïman. Mais Alphapage, son corbeau messager, l’interrompt dans son effort. Alphapage lui apporte une convocation de Monseigneur Girondix, le mandant plus tôt que prévu.

Les résultats du bombardement de la veille sont en effet plus qu’excellents. Constatant cela, l’état-major de Monseigneur Girondix le Bossu fait éclater sa joie et laisse libre cours à son humeur belliqueuse. « Attaquons sans attendre l’avant poste d’Intérêt Général et ce maudit étendard qui nous a déjà trop nargué » lance Vendesassurancestoutrix. « Oui », poursuit Rhétorix, « n’attendons pas qu’ils réfléchissent à une riposte suite au bombardement d’hier ; nos rapports font état d’une vive agitation dans le village depuis hier soir ».

« Vous avez raison mes enfants », lance Monseigneur en souriant, « rassemblons toutes nos forces dés demain matin sur la plaine qui fait face à ce stupide étendard que nous allons détruire sans plus attendre ». Chacun quitte la salle impatient d’en découdre et chargé de sa part des préparatifs.

Le soleil se lève. Vendesassurancetoutrix est l’un des tout premiers sur le futur champ de bataille. Il y est rejoint un à un par ses amis et les autres membres de l’unité de cavalerie dont il est le commandant. À commencer par Poujadix qui arrive flanqué de son animal de compagnie. Un perdreau au regard niais perché sur son épaule gauche, prénommé « Jean-Pierre » et bagué avec le symbole de son maître, les trois lettre « cçc ».
Puis par Cadremoyenaigrix qui arrive très aigri. Cette bataille l’empêche de partir en RTT, ces RTT dont il déteste le principe mais qu’il apprécie tant quand même.
Arrivent enfin, entre autres, les chevaliers Frontoffix le trader, Centurix XXI, Vediorbix aux grands crocs, Pharmaceutix l’apothicaire, Nicotix le buralix, tous vêtus de leur armure trois pièces plaquées or, dures comme leurs cœurs, légères comme leurs cervelles, et portant par également autour du cou, une sorte de torque (collier gaulois) souple, doré, descendant sur leur poitrail. Un torcravatte symbolisant le lien qui les relie à leur seigneur ; une laisse magique.

Les voilà positionnés par leur Commandant sur le flanc droit, attendant qu’on la lâche sur l’adversaire.

Au centre, la piétaille trépigne elle aussi sur place. Gavée de win-win mais également d’une autre drogue déjà plus ancienne, le sondage-d’opinium, cette masse attend qu’on lui permette d’insulter, de vilipender et de cracher sur tous ceux qu’on lui présente comme l’ennemi.

Surplombant la plaine où se trouve cette armée, un promontoire. Démagogix qui a quitté son repère pour assister à cette bataille s’y avance à pas de sénateur. Il marche accompagné du baron Ernestum Wendelium et de Girondix le bossu, son général qui le supplie, « tâtez ma bosse ô mon maître, cela sera de bon aloi, nous portera chance ». Démagogix n’en a cure. Il préfère regarder à l’autre extrémité de la plaine l’étendard magique du village Intérêt Général, celui qui a tant fait frémir ses hommes et que portent encore depuis tout ce temps Lignesix et Locomotrix. Démagogix se fait songeur pendant que à la vue de l’étendard les visages de rouille de Monseigneur le bossu et de sa suite se ferment ou s’oxydent de colère. Thatcheria, qui les rejoint, remarquant cela, leur insuffle son souffle de forge. Sortant de dessous sa robe une lance magique, encore vibrante, elle la tend au bossu en lui disant, « tiens Monseigneur, voici ma lance reactium, je te la prête ; elle mènera ta colère et ta dérégulation… »

lundi 3 août 2009

CHAPITRE 5 « LES FILS DE LLOEGR » (5/5)


Alors que Monseigneur saisit la lance volante de Thatcheria sous le regard circonspect de Démagogix, un puissant grondement retentit tel le tonnerre.

Locomotrix vient de faire sonner son cor magique, appelant tous les glorieux combattants du village Intérêt Général à rejoindre l’étendard et à se préparer au combat.

Les portes du village s’ouvrent alors, déversant dans la lande ses fiers habitants qui n’attendaient que le signal pour sortir. La récente attaque menée par le bossu avait en effet déjà sonné le tocsin. À cette occasion Staracademix avait proposé ses services, tenté de chanter « motivés, motivés », mais on lui avait dit que c’était inutile. Nul besoin de motivation supplémentaire. Car il est tout bonnement hors de question de subir, de se laisser insulter ou présenter comme des profiteurs par les serviteurs des Dark Speculator. Le son du cor est donc le signal de la contre-attaque.

Une grande partie du village accourt. Les chevaux les plus rapides portent les amis de Profsousprosax ; les cygnes les plus majestueux transportent Blousedhermine et ses amies ; les cerfs les plus puissants emmènent Métalurgix et ses camarades ; les rennes les plus vigoureux galopent guidant le peuple solidaire. Didactix et Syndicaline, le front brillant, courent devant tout ce monde. Ils courent si vite que leurs pas ne foulent ni les pierres, ni l’herbe, ni les fleurs. Deux nuées d'abeilles portent leurs foulées. Parmi les délégués du village, seul manque Démocratix le chef. Encore une fois personne ne sait où il s’est retiré pour réfléchir aux problèmes qui secouent Intérêt Général.

De leur côté, Girondix le bossu et son seigneur Démagogix, ressentent au loin la sourde rumeur qui se lève. Ils s’interrogent. Directeurdecabinex est immédiatement envoyé en mission de reconnaissance. Son destrier est rapide. Aussi l’attente est brève. Directeurdecabinex revient vers Girondix et Démagogix aussi angoissé que bouleversé. Pressé, Girondix lui demande ce qu’il a vu. Ses paroles semblent incohérentes.

« Mes oreilles ont ouï un grondement terrible comme si mille montagnes s’éventraient pour lâcher leur colère. J’ai cru voir une brume envahir l’horizon et cracher des flocons de neige comme si mille glaciers voulaient tout recouvrir d’un manteau de glace. Quand la brume se fit proche, j’y ai vu des milliers de lueurs briller comme s’il s’agissait des astres de la nuit ».

Le messager cesse son récit, les yeux hagards. Le visage de Démagogix, quant à lui, se ferme. Girondix remarquant le voile qui tombe, demande à son maître ce que ce récit signifie. Démagogix, courbé sur sa chaise installée au sommet du promontoire, lui répond que « La brume est la poussière que les habitants du village en marche soulèvent sur leurs pas. Les flocons de neige sont la blanche écume que bavent leurs chevaux. Ce qui brille, semblable aux astres de la nuit, c’est la flamme de leurs yeux ardents. »

Histoire de se donner une contenance, Girondix se permet alors un « peu m’importe leur poussière et leur flamme, ils en mangeront en entrée, plat, désert. Quant aux flammes, nous les éteindrons de nos crachats ».

Démagogix, cinglant lui rétorque « Imbécile, l’imprudence est la mère des défaites. Voyons plutôt comment empêcher l’incendie porté par cette rumeur de s’approcher ».

dimanche 2 août 2009

E-VANGILE SELON SAINT-SIL : LES ABSURDITÉS DU CHRISTIANISME



Dans la même veine que le précèdent bout d’e-vangile selon Saint-Sil (qu’as-tu fait de ton héritage ?) voici un nouvel épître car « en vérité je vous le dis », une partie du dogme chrétien n’est pas fondé sur un malentendu, mais bien sur un certain nombre d’incongruités mises encore une fois en exergue par une récente controverse. Celle dont nous discutions avec un ami et qui fit rage dans certains milieux chrétiens après qu’un sketch ait été diffusé sur une chaîne israélienne le 20 février dernier.

Alors que l’actualité était marquée par la polémique faisant suite à la sortie négationniste de Mgr Williamson, l’humoriste israélien Yaïr Shlein se lance dans (voir vidéo ci-dessus) le coup de gueule suivant : « il n’y a pas une semaine sans qu’un cardinal, évêque, curé, moine ou tout autre garçon ayant eu des relations sexuelles avec les précités, ne nie la Shoah. Alors au lieu de m’énerver, puisque ces Chrétiens nient l’Holocauste, je vais nier le Christianisme. Il faut bien que quelqu’un leur donne une leçon ». S’en suit une vidéo satirique présentant Jésus comme obèse, donc dans l’incapacité de marcher sur les eaux du lac Tibériade, et une Marie engrossée par un camarade de classe alors qu’elle n’avait que 15 ans. Au final, malgré le débat suscité, rien de franchement hilarant, ni de vraiment méchant envers le Vatican. A titre d’exemple du contraire, parmi tant d’autres coups portés au dogme chrétien, votre humble serviteur a fait beaucoup mieux en démontrant l’homosexualité de Jésus et en rudoyant la très sainte MILF-église.

Cependant, drôle ou pas, il est vrai que tout cela n’était pas très intelligent et ce au moins pour une bonne raison n’ayant rien à voir avec le contenu des sketchs. Mettre sur le même plan une réalité historique telle que la Shoah et des mythes religieux, ce n’est pas très intelligent. Pour le reste, la frange chrétienne tendance canal hystérique, en a bien évidemment profité pour déverser sa bile, comme il était prévisible, accompagnée en chœur de tous les autres judéophobes qui hurlaient à la « christianophobie ». Comme si d’attaquer le dogme chrétien était la même chose que de s’attaquer aux Chrétiens. Encore un raisonnement de tanche. Après tout Yaïr Shlein n’a jamais dit que les Chrétiens étaient des assassins, des buveurs de sang, des impérialistes ou même tous obèses, et les Chrétiennes des petites perverses aimant se faire engrosser à l’âge de 15 ans. Non, Yaïr Shlein s’est juste accessoirement moqué de deux Israéliens d’alors, Jésus et Marie, sur lesquels la Chrétienté fonde un dogme religieux un peu obscur.

Et c’est là que j’ai dit à mon pote qu’il y a quand même quelque chose d’extraordinairement absurde dans toute cette histoire.

Enfin quoi, c’est tout de même un monde ! Jésus ayant été un enfant d’Israël, les Israéliens ont quand même le droit d’en faire ce que bon leur semble, que cela plaise aux Chrétiens ou non ? Et puis, rassurez-moi quoi, dites-moi que je ne suis pas l’unique rejeton de la Chrétienté à trouver cela logique. Hein, que les Hébreux nous aient permis d’emprunter leur bible, leurs prophètes et leur Jésus de Nazareth pour que nous nous concoctions un petit dogme bien à nous, pourquoi pas, mais enfin diable, rappelons nous que ce n’est pas parce qu’ils ne nous ont jamais intenté de procès en droits d’auteur que nous pouvons tout nous permettre. Palsambleu, rendons à Constantin ce qui est à Constantin et aux enfants d’Israël ce qui leur revient.

Non mais vous en connaissez beaucoup, vous, des peuples qui se sont permis de s’approprier la religion d’une nation mais aussi son histoire, afin d’en faire un universalisme autocentré sous prétexte d’avoir mieux compris le bouquin que la nation qui en est l’auteur ? C’est quand même à la limite du psychotique, non ?

Mon pote tout comme vous, refusant de comprendre ce que je voulais dire, du fait de la trop grande proximité avec le problème en question, j’ai dû lui forger un exemple.

Imaginons qu’un passionné de culture japonaise dans mon genre ou celui de mon iPote belge Tranxenne, décide un beau matin, après avoir cru apercevoir la déesse Amaterasu dans les brasiers de l’aurore, que tout bien considéré, les Japonais n’ont rien compris au « Kojiki », leur récit mythologico-historique national, leur Bible quoi. Ce récit, qui comme tous les récits de ce genre, raconte la création du monde, l’élection d’un peuple par ses divinités ethniques et la justification de sa présence sur une île promise qu’il a dû conquérir, finalement, d’après vous (moi), aurait une portée universelle. Si ! Si ! D’ailleurs cette bible « Kojiki » ne prétendrait-elle pas qu’Amaterasu, la déesse du soleil, a envoyé son petit fils Ninigi-no-Mikoto, dont descendent tous les empereurs japonais, non pas pour gouverner le seul Japon mais bien le monde tout entier. CQFD Ninigi-no-Mikoto est un messie universel dont vous (moi) êtes le seul à comprendre le réel sens du message. Par conséquent les femelles du monde entier et surtout les Japonaises à commencer par les membres du groupe « morning musume » sont priées de se jeter à vos pieds. Les Japonais étant invités à se laisser détester puisqu’ils ont corrompu le message originel du « Kojiki » par fourberie et afin de priver le monde du lumineux message du petit-fils d’Amaterasu. Détestés et surtout privés ainsi de leur île promise puisque celle-ci devient la Terre Sainte du Saint Sil et de tous le Ninigiens, ceux qui grâce à lui auront dorénavant saisi le message de Ninigi-no-Mikoto.

C’est à ce moment que j’ai demandé à mon pote s’il voyait mieux où je voulais en venir ou toujours pas. « Toujours pas », car là pour le coup, le trop grand éloignement avec le sujet nippon l’a fait décrocher dès la deuxième phrase. Aussi j’ai dû faire plus parlant.

« Ecoute, il se trouve que tu es Auvergnat et qu’un grand malade, oups, un grand prophète auvergnat dispense actuellement un message prophétique de par le monde. Celui-ci s’appelle Raël. Or il se trouve que ne pouvant être prophète chez lui pour la bonne raison qu’en Auvergne tout le monde sait qu’il était bien barré depuis tout gamin, Raël s’est vu obligé d’aller raconter ses salades au Canada, où ça marche plutôt pas mal. Imagine maintenant que les Raëliens prospèrent et qu’ils estiment d’ici quelques siècles que l’Auvergne est leur terre sainte et les Auvergnats des abrutis qui doivent en être dépossédés puisque incapables d’avoir reconnu ce messie intergalactique qu’était Raël. Imagine pire, que par exemple Raël souhaite un jour revoir la terre de son enfance mais que glissant sur une bouse, il se fracasse la tête contre une vieille souche. Imagine alors toutes ces foules de Raëliens traitant les Auvergnats de peuple Raëlicide et voulant votre expulsion afin de faire du Mont-Dore leur parc de loisir religieux, oups, leur terre sainte. Tu situes mieux l’incongruité du délire ? »

Mon pote a fini par parfaitement considérer l’absurdité de tout ce micmac religieux. Et oui, la Bible est, avant toute chose, une chronique ethnique, le texte historico-religieux d’un peuple bien défini, qui pour l’avoir écrit en est le principal gardien du sens. De même, la terre promise, celle de la Bible, est la terre promise des Hébreux. Quant à la divinité de la Bible, elle est à la base celle du peuple hébreu et non pas celle des Japonais ou autre cons d’Européens en mal de divinité ayant un tant soit peu de classe. Pareil pour Jésus, Marie, Joseph. Ils sont avant tout des enfants d’Israël dont les humoristes israéliens sont libres d’en faire ce qu’ils veulent.

Quant à nous autres, enfants de la Chrétienté, la nécessité de finir par redescendre sur terre, de nous dégonfler un peu le melon chrétien et de soigner notre névrose religieuse, seraient ma foi des idées qu’il serait bon de faire avancer car franchement tout cela confine souvent à un ridicule à peine soutenable…

Saint SILpeace

samedi 1 août 2009

VOILE PAS VOILE (10) : OUI MAIS NON !


Le port du voile oui… sauf s’il s’agit d’une burKKK ?!?! Finalement, tout bien considéré…

SILimalikoum

« It is depressing that our President, in addressing the Muslim world, takes the most reactionary religious practice as the symbol of rights and identity. The klansman’s hood, remember, is also the symbol of a white Protestant religious “identity” movement. We may be too constitutionally squeamish to ban the klan regalia outright, but we are entitled to our prejudice against those who choose to assert themselves in this way, and I would shudder for the country if this prejudice ever showed any sign of weakening. »

« C’est triste que notre Président, dans son adresse au monde musulman, ait fait de la coutume religieuse la plus réactionnaire qui soit un symbole de droits et d’identité. La cagoule des membres du KKK, rappelez-vous, est aussi le symbole d’un mouvement religieux protestant blanc « identitaire ». Nous sommes peut-être trop sensibles d’un point de vue constitutionnel pour interdire catégoriquement les atours du KKK, mais nous avons droit à nos préjugés à l’égard de ceux qui choisissent cette manière de s’affirmer, et je tremblerais pour le pays si ces préjugés en venaient à montrer le moindre signe de fléchissement. »

Par Christopher Hitchens.