jeudi 22 juillet 2010

« La démocratie c’est le pouvoir pour les poux de manger les lions » Georges Clemenceau (affaire Woerth et compagnie).


Très chères amies et amis de Droite, « c’est en ami mais en ami non complaisant que je viens aujourd’hui vers vous » mettre quand même deux trois points sur les « i ». C’est que là, je ne peux plus faire autrement. J’ai beau expier, il y a tout de même des limites à la bienséance républicaine qu’il convient de rétablir derechef.

Oui j’expie. « Quoi donc ? » Le fait d’avoir voté à deux reprises pour Ségolène Royal. Quand je pense que je me suis enthousiasmé pour une nana que s’avéra être un tantinet borderline. Quelle erreur d’appréciation ! De quoi motiver mon expiation, histoire au moins que cela ne demeure pas une habitude. Lorsque j’imagine ce qu’aurait donné sa présidence dans le contexte actuel, je me mets parfois à trembler d’effroi. Enfin bon, j’ai quand même des circonstances atténuantes. Cette Gauche-là était particulièrement bandante et elle m’a particulièrement fait bander (comment ça, c’est « un facteur aggravant »), mais je sens que je m’égare.

Donc j’expie, j’expie, oui. Non seulement je ne reproche à personne autour de moi d’avoir voté Sarkozy, loin de là même, mais mieux, j’évite toute critique inutile. De temps en temps je me lâche un peu ici (le Fantomas de l'Elysée) ou là (Nico la scoumoune), mais j’évite autant que possible. Pourtant j’avoue que des fois, c’est plus que tentant. Tout comme je ne vous cacherai pas qu’un billet particulièrement sardonique me trotte dans la tête depuis le début de cette présidence bien chargée en absurdités à la française. D’ailleurs, un jour (le lendemain de sa réélection, promis), il faudra bien que je le ponde, mais bon pour l‘instant j’expie. J’expie et au fond c’est sans doute pour cette raison que je mets aujourd’hui en garde mes amis de Droite. C’est qu’il ne faudrait pas trop déconner non plus. Non mais qu’est-ce que c’est que cette stratégie de défense servie dans l’affaire Woerth ?

Certes, je trouve assez fendard que ma Gauche se prenne enfin dans la face ce point Godwin qu’elle affectionne plus que de raison, cette manie complètement gauche de nazifier ou de fasciser tout et n’importe qui, tout sauf ce qui devrait l’être. Pour une fois, elle saura ce que c’est de se faire fasciser. Un petit coup d’effet miroir n’est pas toujours inutile.

De même, que cette punaise d’Edwy Plenel, ce plumitif à la moustache baasiste pour lequel je n’ai aucune sympathie, qui se la joue d’utilité publique avec son Médiapart super-indépendant-mais-pour-partie-financé-par-l’Etat alors que le tarif est tout sauf celui d’un service public, se fasse traiter d’hitléro-trotskiste, une insulte très en vogue chez ce genre de gauchistes du temps où ils aimaient se liquider entre camarades, ne va pas sans me faire marrer.

Certes mais enfin tout de même. Claironner à qui mieux mieux dans les travées de l’hémicycle que « la démocratie c’est nous, le fascisme c’est toute opposition » c’est franchement limite. Car au fond qu’est-ce qu’un démocrate ?

1) Un démocrate est celui qui milite et qui fait le nécessaire lorsqu’il gouverne pour que la séparation des pouvoirs soit une réalité. En ça, il tient à ce que la Justice de son pays demeure indépendante. En ça, il accorde le droit aux représentants du peuple qui se trouvent dans l’opposition de poser toutes les questions possibles et imaginables, même les plus idiotes, puisque de toute façon le représentant de la majorité a forcement des réponses transparentes et intelligentes à apporter. N’est-ce pas ?

2) Un démocrate est celui qui tient à ce qu’une presse libre et indépendante participe au contrôle du pouvoir, pose des questions, soulève des problèmes. Après tout, dans une démocratie sérieuse, un représentant du peuple ne devrait pas craindre cela. En bonne logique, si un gentil animateur de Médiapark en venait à raconter n’importe quoi, ce ne sont pas les publications d’une autre sensibilité ou tout simplement plus « objectives » et « de meilleure qualité » qui se priveraient d’expliquer que les révélations de leur confrère sont du grand n’importe quoi ou du moins l’expression d’une vision aussi partiale que dénaturée des faits. Logique non ? À moins que le pluralisme de l’information ne soit pas encore une réalité dans notre belle démocratie…

Par conséquent, s’enfoncer dans la voie de la contre-attaque outrancière et la stigmatisation des outils de contrôle d’un pouvoir issu du peuple, loin d’être un gage de « démocratie », donne plutôt une impression malsaine d’omerta, de protection clanique, en bref d’une ambiance mafieuse. Ce qui explique peut-être pour beaucoup cette méfiance de l’opinion publique qui transparaît dans les récents sondages.

Je crois, en toute amitié, que cela méritait d’être dit, non ?

Cela dit, même si je ne suis pas tout à fait certain de donner le même sens que son auteur à la citation qui se trouve en titre, c’est en effet dans ce genre d’occasions que l’on voit que pas mal de parasites, puces, punaises, morpions, sangsues, de tout bord démagogique ou opportuniste, manifestent comme une grosse envie de se payer (des sommes indues) sur la bête démocratique. Pouah !

ClemenSIL

mercredi 21 juillet 2010

Sauter sur les soldes : Hamas baby armor


Parce que gouverner (façon de parler) c’est prévoir,
D’aucuns n’oublieront pas de sauter (façon de parler) sur les soldes…

Et parce qu’un dessin vaut parfois mieux que mille discours voici un petit rappel explicatif des épisodes précédents, mais aussi suivants, malheureusement…

SILimalikoum

mardi 20 juillet 2010

Art sexual-démocrate : « s’offrir quand tout se vend » par Misstic


Petit hommage à Misstic, visiblement une camarade de lutte sexual-démocrate, dont je viens de découvrir ce travail grâce à mon bon compère CUA. Allez, la lutte continue ;-)

SILalutte finale

lundi 19 juillet 2010

La culture morbide de l’irresponsabilité à l’œuvre en France : chienlit à Grenoble et Saint-Aignan


Et un épisode de plus de la série « poubelle la vie », un ! Le scénario reste le même mais visiblement dans mon bon vieux pays, d’aucuns ne s’en lassent pas.

Regardez-moi ça ! À Grenoble ou du côté de Saint-Aignan, des malfrats font n’importe quoi avant de finir par se prendre la dure réalité en pleine face. Suite à quoi, au lieu de tirer des leçons de ce genre d’errements, les petites soeurs, les grands frères et toute une ribambelle de cousins de ces derniers, préfèrent se défausser sur la société, la maréchaussée et les pouvoirs publics, défendant même la sublime dignité humaine de leur très familière racaille.

C’est que voyez-vous, messieurs dames, suite à une récente mutation génétique, nos petites crevures sont devenues particulièrement sensibles. Elles refuseraient de se faire tirer comme des lapins. Elles préfèrent sans doute se faire tirer comme des lapines. Que c’est mignon. De toute façon, dans ce pays, il n’y a plus que les forces de l’ordre pour accepter de se faire canarder comme du gibier. Une preuve, sans doute, aussi supplémentaire que définitive, de leur pathologique insensibilité… Putain de chienlit !

ClémenSIL

dimanche 18 juillet 2010

Private joke-box : « All the lovers » par Aphrodite Minogue


Kylie Minogue > All The Lovers (HQ+)
envoyé par beepbeep44. - Clip, interview et concert.

Ah Kylie, Kylie, comment te dire, Kylie, ma Kylie. Merci, mille fois merci pour ce clip très sexual-démocrate qui tombe à point nommé.

SILover

samedi 17 juillet 2010

Séxual-démocratie : mieux que le sex-friend, le love-friend.


Je suis tombé, il y a de ça quelque temps, par le plus grand des hasards, sur une émission de chez M6 intitulée « les Français, l’amour et le sexe ». Elle était consacrée aux nouvelles pratiques amoureuses. Deux d’entre elles ont quelque peu surpris le théoricien de la sexual-démocratie que je suis.

Tout d’abord celle du « pick-up artist ». Tout bonnement de la drague compulsive frisant le TOC. Dans cette séquence, une caricature de Jean-kévin, ingénieur de son état, nous expliquait que son kiff réside dans la drague scientifique, mécanique, à la chaîne, fordiste quoi. Cet animal aimant également tenir un registre de chasse où, avec la méticulosité du collectionneur de papillons, il décrit ses prises dans le moindre détail, leur donnant même des notes. J’ai trouvé cela aussi flippant que triste. Mais il est vrai que je ne peux pas comprendre ce genre de choses. La chasse au menu gibier comme la drague n’ont jamais constitué pour moi une activité plaisante. Ce n’est pas pour rien, après tout, que j’ai fait des études d’histoire et d’archéologie. Les sapiens-sapiens de mon espèce préfèrent à ces formes de chasse, les joies de la découverte, de la rencontre, de l’exploration et de la conservation. Au jeu du chat et de la souris, des « je t’aime moi non plus », nous préférons la magie des regards et du verbe, notamment le très agréable son des sincères « tu me plais », « embrasse-moi » ou « je t’aime ».

La deuxième séquence m’a fait découvrir toutes les subtilités, si l’on peut dire, du concept de « sex-friend », un partenaire qui ne serait ni un ami, ni un amant mais un « copain de sexe », avec pour règle d’or de ne jamais vraiment s’ouvrir l’un à l’autre. Ne rien partager d’autre que du sexe, presque en secret, de façon quasi-honteuse. Une sorte de masturbation en duo où finalement le sex-friend n’est rien d’autre qu’un sex-toy. Là aussi, je suis resté avec un sentiment de tristesse. Le plan cul, je n’ai rien contre, loin de là, mais de façon aussi asséchante et si peu humaine, voire déshumanisante, bof !

Personnellement, l’une des relations qui m’a le plus marqué à ce jour fut ce que d’aucuns appelleraient un plan cul. Appelleraient car justement, nous n’avons jamais réduit cette relation à cela. Elle commença comme elle se termina, tout naturellement, amicalement, sans faux-semblants, comme une étape. J’avais 18 ans. Elle en avait le double. Je lui signifiai mon désir. elle le prit et moi avec, d’un geste simple, empreint de classe et de simplicité. Elle m’ouvrit son univers, ses joies, ses peines, ses espoirs. Moi de même. Je me souviens encore de nos sorties, de ses amis, de nos discussions, Freud, Jung, la poésie, le théâtre, la Norvège, Henrik Ibsen, les hommes, les femmes et cette maison de poupée qui la travaillait encore, qui me travaillera bien plus tard. Une relation de quelques semaines qui m’aura tant marqué et dont je me souviens de chaque détail. Un plan non pas sex-friend mais love-friend, l’amitié aimante. Que du bonheur.

Par conséquent, dans le cadre sexual-démocrate, pour le bien des masses, sans oublier le mien, il est temps que s’expose au grand jour le concept de love-friend.

Mesdames, vous voulez des baisers, des caresses, du sexe et encore du sexe, mais pas seulement, je suis votre homme, tendre et dur à la fois. Envie d’une exposition, d’un resto, d’une promenade, d’un bon vieux cinoche, d’une sortie théâtre, suivis ou précédés d’épanchement lascifs, je suis partant. Vous souhaitez me faire goûter votre plat préféré avant de passer au dessert, je suis ouvert. Envie de parler après avoir gémi, je suis tout ouïe. D’autres propositions, osons !

Bon, le petit souci est que vous ne me trouverez sur aucun site de rencontres et que je n’ai pas l’intention d’en ouvrir un. Pour tout dire, en digne héritier de la tradition artisanale, sûr de mon savoir faire, j’ai l’intention de laisser opérer le bouche à oreille. Quant à celles qui me connaissent déjà, elles savent où me trouver. Le premier bureau à l'eXtremeCentre :-) Profitez-en c’est désormais open bar !

S’agissant de mes camarades et partisans, ils sont invités à en faire de même. Hauts les cœurs !

SILove friend

vendredi 16 juillet 2010

Aphreurisme révolutionnaire sexual-démocrate.


Si en matière de révolutions, la foi peut déplacer des montagnes,
le rationaliste que je suis s’en tiendra à l’un des principes
d’Archimède. « Dotez-moi du levier adéquat et je soulèverai la Terre ».

SILingam


Images du Kanamara Matsuri (la fête japonaise de la quequette d’acier)

En tête, image de Priapos, dieu grec de la fertilité

jeudi 15 juillet 2010

Du conservatisme sexuel à la sexual-démocratie et vice-versa.


Bon, histoire de répondre à la question que me posait hier, en fin de partouze républicaine, le maître de cérémonie, à savoir quel événement m’a fait passer d’une certaine latence idéologique à l’action militante sexual-démocrate, disons que cet événement tient du banal. En fait, mon couple n’a tout simplement pas résisté à l’actuelle crise du capitalisme.

Voyez-vous, mon ex-femme, trotskiste passée à l’économie de marché sans transition ni thérapie, pour continuer de projeter sur toute chose des rêveries de perfection et d’absolu, a cru qu’elle pourrait exiger de notre relation, une totale perfection, en même temps que d’incroyables taux de rendement. Bien évidemment cette bulle spéculative a fini par éclater, ce qui la ramena à certains vieux réflexes communistes. Faire du passé table rase.

Dommage, car si notre système de production affective n’était pas parfait, il n’en demeurait pas moins d’une qualité très largement supérieure à la moyenne et par conséquent assez prometteur. Enfin, l’essentiel des outils n’étant ni abîmés, ni dépourvus de capacités d’adaptation, ils ne manqueront pas d’intéresser d’éventuels repreneurs ou plutôt repreneuses, afin que la création de richesses libidinales redémarre et dépasse les effets destructeurs précédents, en application des théories sur la « destruction créatrice » de l’économiste Joseph Schumpeter.

Voilà donc le fait déclencheur qui me pousse à quitter le conservatisme-sexuel pour la sexual-démocratie ; qui me pousse à planter enfin dans le vaste champ de l’économie libidinale cette innovation affective (Ouh là là, mais c’est qu’il tourne à l’abscons ce billet).

Cela dit, histoire d’être plus honnête qu’abscons, je ne vous cacherai pas que si je chanterai joyeusement pendant longtemps « je ne suis de personne, je suis à tout le monde et tout le monde me veut du bien », il est fort probable que l’aventure sexual-démocrate s’arrête pour moi le jour où je retomberai de nouveau amoureux, amoureux à lier, le jour, s’il arrive un jour, où l’aventure monopolistique me retentera.

C’est qu’à 36 ans, le gaillard un peu midinette que je demeure intérieurement, sans rêver d’amour absolu ou parfait (je laisse ça aux idéalistes totalitaires et autre bovarystes), n’en reste pas moins accroché à certaines promesses de la vie, à d’autres illusions diront certains. Notamment le désir de « l’âme sœur », ou du moins de la femme de sa vie. « Somebody to share, share the rest of my life ». Celle avec qui, en plus de la magie qui vous liera, dialoguer, avancer, désirer, se poser, bâtir, sera possible. Celle qui ne voudra pas juste un mari, un reproducteur, un meuble de plus, mais qui vous voudra vous. Celle qui vous aimera autant que vous l’aimerez, qui cherchera à vous comprendre autant que vous le ferez, qui n’attendra pas de vous une quelconque perfection mais les qualités qui vaudront largement vos défauts, et qui attendra en retour la même chose de vous. Une femme sage, qui cherchera à se connaître, et qui fera son ménage tout en vous laissant faire les vôtres. Mais aussi celle avec qui vous voguerez sur l’océan de la vie, affrontant les mêmes tempêtes, accrochés aux même gouvernail, aux mêmes voilures, goûtant les moments de calme, et surtout jouissant des mêmes découvertes. Celle à côté de qui vous contemplerez un jour le soleil couchant, main dans la main, un regard complice et le même sourire serein. Ma jolie petite mamie. J’aime cette image, celle de la femme de notre vie, celle de notre vieillesse.

Mais bon, comme ce n’est pas forcément demain que je la découvrirai, et que le yang redeviendra alors yin, explorons la nouvelle voie sexual-democrate et voyons où cela nous mène…

SILao Tseu



mercredi 14 juillet 2010

Viva la RévoluXion sexual-democrata : la partouze républicaine géante, une manifestation qui fait pschitt ou presque (Ce n’est que partie-fine remise)


Il est beau le pays de Don Juan, du marquis de Sade, du french kiss et des french lovers, c’est moi qui vous le dis. « Impossible n’est pas Français », parait-il. Que de la gueule, oui ! Ah ça, pour se démonter la trogne à coup de gnole, il y a du monde qui se bouscule dans les apéros géants. Mais pour un bon gros câlin, quasiment personne qui se déplacerait. Pendant un instant, j’ai vraiment cru que j’allais me retrouver tout seul pour cette première grande manifestation sexual-démocrate. Merci pour ce grand moment de solitude.

Je n’avais certes pas choisi la facilité. Et l’on peut même dire que tout allait contre ma brillante initiative. Tout d’abord notre président vénéré qui avait décidé d’installer sa tribune officielle au pied de l’obélisque de la place de la Concorde, notre point de rendez-vous. Copieur ! Ensuite, les éléments. Particulièrement contrariants que ces éléments. Un vrai déluge. De quoi doucher tout désir, y compris le plus brûlant. Cela dit, il suffisait de faire preuve de patience. L’amour n’est-il pas patient comme l’enseigne la Bible ? Une option que je semblais être le seul à prendre puisque vers 13 heures, pas l’ombre d’un partisan de la révolution sexual-démocrate ne m’avait rejoint aux abords de l’obélisque. Les sexuels-démocrates français sont d’un frileux, je vous jure.

Cependant, ne craignant ni le ridicule, ni la mise à l’épreuve de la foi inébranlable que je nourris envers l’être humain, je décidais d’attendre, là, sous une pluie battante, qu’un miracle se produise. Miracle qui finit par se produire. Et oui, gens de peu de foi, il se produisit bel et bien ce miracle.

Vers 15 heures, accompagnant une éclaircie, une limousine d’une blancheur immaculée s’arrête à ma hauteur. Un couple à l’allure angélique descend de celle-ci puis accomplit le geste délicat que vous pouvez voir sur la photo, référence évidente au tableau d'Eugène Delacroix où la Liberté, sein nu, guide le peuple. Le signal révolutionnaire sexual-démocrate, et l’invitation à m’engouffrer dans le carrosse, ne peut pas être plus explicite.

Je trouve à l’intérieur de la limousine, des gens à l’évidence aussi délicats que de qualité. Pour preuve, les présentations comme les échanges préliminaires sont des plus agréables. François, qui se présente comme le secrétaire général de cette cellule révoluXionnaire sexual-démocrate, m’annonce qu’un partisan particulièrement fortuné s’est proposé, au vu des conditions climatiques, d’accueillir l’événement dans le somptueux jardin exotique qu’il entretient à l’intérieur des monumentales serres attenantes à son manoir situé à une heure de Paris. Notre bon secrétaire général, visiblement de gauche, tient à préciser que malgré le décorum ancien régime, tout a été fait pour que l’aspect républicain de la manifestation soit préservé. Pour cela des invitations ont été adressées aux diverses cellules sexual-démocrates sans distinction de lieu et donc de catégorie sociale. Quant à moi, en guise d’invitation, me fut réservée cette sympathique surprise.

Ces doux propos se trouvent confirmés dès mon arrivée dans cette très belle propriété castrale. La centaine de partisans de la révoluXion bonobo, qui un peu plus loin discutent chaleureusement autour d’un apetissant buffet, semblent bien d’origines aussi diverses que variées. Tout cela reste donc on ne peut plus républicain. Me voilà soulagé, du moins d’un point de vue politique.

Je m’approche de cette assemblée en suivant mes compagnons de route. L’aboyeur m’annonce alors, me laissant tout surpris. Les partisans se tournent vers moi, tout sourires, puis applaudissent. Me voilà intimidé. Ils viennent vers moi en même temps que je vais vers eux. C’est beau. Ils me saluent, m’embrassent, me touchent. J’aime ça. Les regards sont emplis d’excitation mais aussi et surtout d’émotion. De cette émotion propre aux pionniers impatients de poser le pied et surtout les mains sur un nouveau monde à découvrir, à caresser, à chérir. Car oui, ce qui s’annonce est nouveau. Même si tout cela n’est pas encore très clair dans leur esprit, ils savent qu’il ne s’agit en rien d’une vulgaire expérience libertine de plus. Non, il s’agit de quelque chose de beaucoup plus grand, d’infiniment plus beau, de véritablement révolutionnaire. Ils commencent d’ailleurs à me presser de questions. D’autres réclament un discours. Très justement, les partisans de la république des sens réclament du sens. Ils ont raison. Le moment est venu. Venons-y.

L’hôte de ces lieux, avec qui je m’entretiens, m’informe qu’il a prévu à cet effet une petite estrade en forme de coquille Saint-Jacques renversée, à l’image de celle que l’on voit sur la représentation d’Aphrodite sortant des eaux par Botticelli. C’est un peu kitch mais bon. Je grimpe sur la conque d’Aphrodite. Ça m’excite. Je frémis légèrement des testicules, comme tout homme qui s’apprête à prononcer un discours important, et me lance enfin, maître de moi, même si je sens poindre une légère turgescence.

« Mes amis, très chères amies. Oui point de retenue. Faisons comme le ciel d’aujourd’hui. Lâchons-nous ! Donc, chers amis, compagnons, partenaires. Vous ici, moi là, pourquoi ? C’est simple.

Sauf à réduire l’humain à ses moments d’égarement, il est clair que l’humain est beau, que l’humain est bon, que l’humain est foncièrement aimable. C’est une évidence. Par conséquent l’humain mérite de tout recevoir, surtout le meilleur, ne serait-ce que parce que l’humain est fait pour le don, le don de soi, le don de ce qu’il possède, le don et le contre-don. Donner, recevoir, toutes choses qui expliquent pourquoi le bonheur de l’être humain est bien plus lié à la qualité de ses échanges qu’au simple fait de posséder. C’est ainsi que face à cette certitude se pose un problème qu’il convient enfin de résoudre.

Alors que tout ou presque se redistribue, que dire à ceux qui sont frappés par la misère affective, par l’indigence des sens, par un assèchement progressif ou forcé de toute sensibilité à l’autre ? Les inviter à s’y habituer ? À l’inverse, que faire lorsque la nature nous a généreusement doté en capacités affectives, en inclinations émotionnelles et appétences sensuelles ? Tout garder pour soi, des moitiés de soi, ou ces autres avec qui tout commerce ne viserait qu’une satisfaction égoïste ?

Non ! Pour citer l’inattendu, rappelez-vous de cette sentence biblique qui demande « qu’as-tu fait de ce que tu as reçu ? ».

Oui ! Il nous faut donner. Il nous faut échanger, faire circuler tous ces remèdes à l’assèchement ou à la douleur, que son l’affection, l’amour, le plaisir partagé ; faire circuler ce fluide fécond qui découle de l’interpénétration des êtres.

Se pose toutefois, une autre question, fondamentale, elle aussi. Celle du respect du libre arbitre. Cet échange doit être volontaire, faute de quoi nous passerions d’une société du cloisonnement à celle du viol, l’autre extrême à combattre. L’individu doit être prêt à donner et à recevoir. Le sujet ne doit jamais devenir un objet. Aussi l’ouverture se doit d’être une démarche consciente. Et en ça, le communisme-sexuel ne doit pas devenir plus tolérable que l’égoïsme-sexuel. D’où le concept médian de sexual-démocratie.

Ces principes et ces limites posées, passons à l’action, aujourd’hui, dès la fin de ce discours, mais aussi demain, à travers une proposition concrète en faveur de laquelle je vous invite à militer.

Demandons aux autorités d’accorder le droit à tous les citoyens qui souhaiteraient s’insérer dans le projet sexual-démocrate, de s’inscrire dans un fichier géré par les services de la Sécurité Sociale. Services dont les ordinateurs mettront en relation deux fois par mois, par tirage au sort de numéros d’affiliés, des paires de citoyens afin qu’ils partagent un moment privilégié d’échange et d’ouverture à l’autre. Parallèlement, il sera possible aux adhérents de signifier à ce service de la Sécurité Sociale des options d’ordre homosexuelles ou bisexuelles, afin que le tirage au sort soit adapté en conséquence. Bien évidemment, on admettra que l’échange ne soit pas toujours total, pour des raisons d’absence absolue d’attrait. Néanmoins, compte tenu de la démarche d’ouverture à l’autre, il conviendra lorsque le cas se produira que ce moment se fasse tout de même le plus agréable possible.

Pour terminer et pour des raisons que vous comprendrez, je n’inscrirai pas cette démarche dans le cadre républicain de la fraternité et ne vous appellerai pas par conséquent mes frères ou mes sœurs, le tabou de l’inceste étant une avancée civilisatrice non négligeable, mais plutôt dans celui de la libre association, du partenariat ou du compagnonnage. Aussi, chers amis, très chers partenaires, compagnes, compagnons, me voici tenté de conclure par un vive la république bonobo mais aussi la Liberté, l’Egalité, et le Partenariat.
»

Ouf, voilà la partie verbeuse terminée, me dis-je lors du point final. La fin de mon discours est accueillie par des jets de vestes, de cravates et de chemises. Deux, trois soutiens-gorge traversent également les airs. François, dont j’apprendrais plus tard qu’on le surnomme « la souche », se dirige vers moi. Il me félicite à moitié amusé. « Bravo pour le discours ! Bravo pour le concept ! »

Je le remercie en répondant tout aussi amusé que je me suis limité à l’essentiel. À titre d’exemple, je n’ai pas abordé la notion bonobo d’apaisement des tensions sociales par le biais de micro-partouzes au sein des entreprises ou plus massives au sein de collectivités territoriales en crise. « Ce sera pour une autre fois », me dit-il en rigolant avant de me lancer un « place à la garden-partie-fine », le tout accompagné d’une tape sur l’épaule.

La suite peut se résumer à ce qui était prévu au programme. Un bel et grand moment d’échange et de partage, où des liens plus ou moins profonds, plus ou moins durables, furent tissés. Je suis pour ma part pas peu fier d’avoir tout, absolument tout, donné. J’ai bien évidemment beaucoup reçu, les mercis faisant particulièrement chaud au cœur.

En partant, notre très agréable hôte, psychanalyste de son état, me demande quel déclic a mis fin à la période de latence idéologique qui transparaissait dans mes écrits, en somme ce qui m’a finalement fait sauter le pas et tout le reste. Vous le saurez demain…

SIL Invictus

mardi 13 juillet 2010

« Ja sei namorar » bande originale officielle de la urban-partie-fine du 14 juillet



Demain lors de cette merveilleuse manifestation populaire, libérale, sociale et jouissive que ne manquera pas d’être la partouze républicaine géante du 14 juillet, place de la Concorde la bien nommée (rendez-vous autour de l’obélisque, sur et sous les coups de midi, là où tout sera à son zénith), résonnera plein tubes le titre présenté ci-dessus.

La superbe chanson « ja sei namorar » des Tribalistas, un trio brésilien composé de Arnaldo Antunes, de la délicieuse Marisa Monte et du plus connu Carlinhos Brown, où il est question d’apprendre à flirter, à aimer, et où le refrain déclame tout simplement « je ne suis de personne ; je suis à tout le monde et tout le monde me veut du bien. Je ne suis de personne ; je suis à tout le monde et le monde entier se fait mien. » Amen...

SILberto SIL

lundi 12 juillet 2010

Mondial 2010 : une finale très orange mécanique


Nous avons beau savoir que le hooliganisme fait partie des spécialités néerlandaises, ce n’est pas une raison pour accepter que la bande de Bataves qui leur sert d’équipe nationale se comporte à l’image de ce qui se fait de pire en matière de supporters. 9 cartons orange, vu que la plupart d’entre eux méritaient bien plus le rouge que le jaune, c’est tout de même beaucoup. Un jeu très orange mécanique qui a transformé ce match en finale de Kung Foot.

Nous nous sommes même demandés si cette ancienne colonie espagnole avait des comptes à régler avec sa vieille métropole. C’est vrai, pourquoi tant de haine ? À un certain moment, vu la violence des coups, nous avons même craint de devoir faire provision d’oranges espagnoles pour les apporter en prison à certains joueurs néerlandais.

M’est avis qu’il va falloir mettre ces oranges amères au régime thé vert. Avec un zest d’agrumes, ce sera très bon pour ce qu’ils ont…

El SIL