mercredi 29 avril 2009

LE PREMIER OBAMIRACLE : LA GRIPPE MEXICAINE


Mea culpa, mea maxima culpa, Barack n’est pas la baudruche dont j’ai fait partie des premiers à dépeindre l’hypothèse et qu’illustrerait si bien l’article anniversaire du New York Post, « 100 days, 100 mistakes for Barack Obama » (cent bévues pour 100 jours).

Non, Barack Obama est bien l’Obamessie, le paraclet qui réunira tous les peuples de la Terre ! Pour preuve, il vient de faire son premier miracle, reconnu en bonne et due forme par le Vatican.

Apprenez qu’il a vaincu le virus de la grippe porcine. Car figurez vous que lors d’un récent voyage au Mexique, il a rencontré un très éminent archéologue, Felipe Solis, décédé dans les jours qui ont suivi de la désormais tristement célèbre grippe. Malgré ce qu’en disent les médecins à la solde des agences néo-conservatrices, comme quoi le temps d’incubation est trop court pour qu’il ait pu être contaminé, mes contacts au Vatican sont formels. Barack Obama a bien vaincu le mal en trois jours. Hallelujah !

Aussi vous comprendrez mieux le sens de cette œuvre particulièrement inspirée du peintre Michael d’Antuono, « The Truth », executée à la gloire de notre Barackrist.

J’informe au passage Thierry Meyssan et ses reopennistes qu’il est parfaitement inutile de nous pondre d’ici quelques jours la théorie suivante. Sur ordre des illuminati, une branche de la CIA restée fidèle aux néo-conservateurs manipule dans ses laboratoires secrets installés en Bavière un virus porcin. Pourquoi porcin ? Parce qu’il ne manquera pas de se montrer bien plus virulent encore dans un contexte génétique modifié par les interdits alimentaires des musulmans. Rappelons que le père de Barack Obama était musulman. Le but ; tuer le président des EUA, et mettre un terme au changement. Mais pas seulement. Ce virus vise ni plus ni moins que tout le monde musulman et s’il a été testé au Mexique ce n’est pas seulement parce que le président américain s’y rendait. Il vise également les prédicateurs islamiques qui oeuvrent intensément dans ce pays. Certes cela ne se fera pas sans dégâts collatéraux mais ce n’est pas cela qui arrêtera les illuminatti ni les néo-conservateurs, n’est-ce pas ?

Donc prière à Titi Meyssan de ne pas chercher à se faire du beurre sur mon exclusivité. D’ailleurs toute tentative se traduira par un procès en droits d’auteur, que dis-je, en droits d’enquête, bien sûr…

Frère SILas

mardi 28 avril 2009

AVEC NANCY PELOSI, PINOCCHIO FAIT SOUCHE AUX EUA


Toujours au rayon "torture", signalons, en plus de la lombosciatalgie qui me cisaille le dos depuis deux jours (ça m’apprendra à jouer les plaquistes tout le week-end sans ma ceinture de force), les propos de Nancy Pelosi, l’actuelle présidente de la chambre des représentants des EUA. Celle-ci, tout en commentant la récente divulgation des dossiers guantanamesques de la CIA, prétendait qu’elle n’était pas au courant du fait que l’on infligeait le waterboarding à certains détenus de Guantanamo. J’ai là aussi éclaté de rire, ce qui lorsqu’on traîne une lombosciatalgie ne va pas sans provoquer ce qui tient plus d’un supplice chinois que cubain.

Ce qui ne m’arrêtera pas car j’informe Madame Pelosi qu’elle peut d’ores et déjà se préparer à me traîner devant les tribunaux pour diffamation et outrage à magistrat car je n’hésiterai pas à prétendre que Nancy Pelosi est une sacrée menteuse. D’ailleurs mes contacts à Salt Lake city, la capitale des Mormons, cette secte plus ou moins chrétienne dont la principale activité prosélyte consiste à répertorier les morts pour les baptiser par contumace, sont formels. Madame Pelosi descend en ligne directe de Pinocchio par la branche qui a émigré aux Etats-Unis. Ce qui vous permettra de comprendre pourquoi elle s’est fait refaire le nez, en plus du reste, à plusieurs reprises, étant donné ses prédispositions à l’allongement.

Non mais sérieusement, c’est moi où ça fait des années que l’on peut lire des articles et des débats au sujet de ce type de pratiques d’interrogatoire ?

Là c’est sûr, avec ces démocrates-là, le changement est en marche. On sent que la sécurité intérieure les préoccupe. Comme ils ne sont pas certains de faire aussi bien que l’administration précédente, autant traîner dans la boue les méthodes de l’administration Bush mais aussi tout le pays. Ah ça, j’ai toujours dit que le problème avec Guantanamo ce ne serait pas tant ce que l’on y ferait, que les ravages en terme d’image et de communication. Non seulement cette prison ne ferait pas peur aux islamistes mais surtout elle servirait de parfait moyen pour ternir l’image des EUA. Je n’imaginais juste pas que l’exemple viendrait d’une nouvelle administration.

Car au fond, les gens ne veulent pas savoir ce que l’on fait aux terroristes, comment cela se cuisine un islamiste, avoir tout ça sous le nez. S’ils s’en foutent des terroristes, ils ne veulent cependant pas passer pour des vilains pas beaux aux yeux du monde. Les gens préfèrent quand nos services de sécurité interrogent ce genre de chacals comme il se doit à même leur tanière ou sur le champs de bataille."La guerre c'est la guerre ma bonne dame". Et oui, le citoyen ne veut pas voir, à la différence en principe de son représentant.

Ah moins bien sûr que Nancy Pelosi ne soit d’une sincère naïveté, un peu comme ces petites paysannes de la chanson Guantanamera. Guarija Pelosi, si, si. Ce qui serait encore plus flippant.

Le pire étant que ce n’est même pas l’actuelle administration démocrate qui paiera le prix de ce genre de coups bas infligés à la précédente, mais bien le peuple américain. Sauf à ce que notre Barackounet ne réussisse à protéger son peuple en menaçant les terroristes de les embrasser avec la langue. À moins que ce ne soit Nancy ou Michelle qui s’y collent. La big-bisou tactique, très efficace d’un point de vue moral, comme je l’expliquais déjà en avril 2007. Pour le reste, je demande quand même à voir. Yes we can ?

MisSIL Maverick

lundi 27 avril 2009

LA TORTURE POUR LES NULS


Alors que j’écoutais mais surtout regardais sur BFMTV le journal de Ruth Elkrief, avec un plaisir difficilement dissimulable aux yeux de ma femme (aïe! pas la tête) tant ma Ruth est belle, belle au point qu’elle me ferait presque oublier Marie Drucker... mon dieu Ruth sois mienne (aïe! pas la tête)… Où en étais-je moi déjà ? Ah oui !

Alors que je regardais attentivement l’un des JT de Madame Elkrief où on y parlait des interrogatoires poussés subis à Guantanamo par nos gentils humanislamistes, voilà qu’un Jean-Kevin à crinière, écrivant pour Le Point, nous fait le coup du sanglot du petit homme blanc, avec un larmoyant « comment voulez-vous que nous soyons crédibles en matière de droits de l’homme lorsqu’on apprend que l’un des prisonniers de Guantanamo a subi à 180 reprises le supplice du waterboarding (simulacre de noyade) ». J’ai éclaté de rire.

« Pourquoi ? » Pour une raison très simple que j’expliquerai en deux mots car pour les nuls, il vaut mieux faire court. Celles et ceux qui aiment lorsque je m’attarde pourront lire ou relire ce vieux billet daté de juillet 2007.

Parce que la torture est une méthode intrinsèque aux régimes despotiques, le genre de régimes que veulent imposer tous ces gentils humanislamistes que certains plaignent. Une méthode qui vise des gens ordinaires, qui sert à torturer des foules d’innocents afin de protéger un gouvernement de criminels. Des pratiques qui y sont l’ordinaire et qui n’appellent aucun commentaire pour les raisons susvisées.

Rien à voir avec nos démocraties où ces interrogatoires poussés sont destinés à des criminels de la plus fanatique espèce, et n’ont pour seul objectif que de protéger des foules d’innocents. Une démarche extraordinaire, soumise un débat nécessaire, afin que l’on cherche à encadrer tout cela, histoire de ne pas y laisser notre âme et d’empêcher que cela se transforme un jour en véritable torture, un ordinaire…

Maintenant si les Jean-Kevin ne voient toujours pas de différence entre ces deux démarches, pour la simple raison que la torture quelle qu’elle soit resterait de la torture et puis basta, je leur propose cette petite chanson de Shakira, "la tortura", et appelle par la même occasion à ce que toutes les femmes qui m’ont torturé le cœur ou qui continuent de le faire, à commencer par Ruth Elkrief ou Marie Drucker, soient traduites devant le Tribunal Pénal international. Car je vous jure que le waterboarding n’est rien à côté de cette interminable sensation d’étouffement qu’elles m’infligent. Après tout, si tout se vaut...

El SIL qui a résisté de longues minutes au supplice de la pyramide ninja.

dimanche 26 avril 2009

25 AVRIL, MA JOURNEE DES OEILLETS



Le 25 avril 1974 à 00h20, est diffusée sur les ondes radio portugaises, la chanson de Zeca Afonso, « Grândola, vila morena ». Cette chanson est le signal. Ce signal est une aurore. Les jeunes « capitaines d’avril » (excellent film) à la tête du Mouvement des Forces Armées lancent alors leurs chars sur Lisbonne afin de mettre un terme à l’une des plus longues dictatures d’extrême droite qu’ait subit un pays.

Cette révolution sera connue sous le nom de « révolution des œillets » car non sanglante et réellement démocratique puisque menée par les fils du peuple ayant juré de remettre le pouvoir aux seules mains du peuple. Des enfants du peuple qui veilleront à ce que cette révolution ne soit accaparée par aucun parti, y compris d’extrême gauche. « On ne va pas passer d’une tyrannie à une autre !» disaient-ils.

Aussi, chaque 25 avril, je m’écoute cette magnifique chanson, dans la version interprétée par la grande Amalia Rodrigues, avec des frissons me parcourant tous les poils de l’épine dorsale. Comme quoi le poil peut s’avérer utile en matière d’émotions. Vous trouverez ci-dessous les paroles de cette chanson, en portugais puis leur adaptation, la mienne, en français.

« 1- Grândola, vila morena... Terra da fraternidade... O povo é quem mais ordena... Dentro de ti, ó cidade. 2- Dentro de ti, ó cidade... O povo é quem mais ordena... Terra da fraternidade... Grândola, vila morena.

3- Em cada esquina um amigo... Em cada rosto igualdade... Grândola, vila morena... Terra da fraternidade. 4- Terra da fraternidade... Grândola, vila morena... Em cada rosto igualdade... O povo é quem mais ordena.

5- À sombra duma azinheira... Que já não sabia a idade... Jurei ter por companheira... Grândola a tua vontade. 6- Grândola a tua vontade... Jurei ter por companheira... À sombra duma azinheira... Que já não sabia a idade. »


« 1- Grândola ville ensoleillée... Terre de la fraternité... Le peuple est celui qui gouverne... A l'intérieur de ta cité. 2- A l'intérieur de ta cité... Le peuple est celui qui gouverne... Terre de la fraternité... Grândola ma ville ensoleillée.

3- A chaque carrefour une amitié... Sur chaque visage l’égalité... Grândola la ville ensoleillée... Terre de la fraternité. 4- Terre de la fraternité... Grândola ma ville ensoleillée... Sur chaque visage l’égalité... Le peuple y est celui qui gouverne.

5- A l'ombre d'un grand chêne... Dont je ne savais plus l'âge... J’ai juré d’avoir pour seule compagne... Grândola, ta volonté. 6- Grândola, ta volonté... J'ai juré d’avoir pour seule compagne... A l'ombre d'un très grand chêne... Dont je ne savais plus l'âge. »

SILgueiro Maia

vendredi 24 avril 2009

LA TURQUIE : « LE PAYS DES FOUS »


Si cela ne tenait qu’à l’existence d’individus comme les écrivains turcs Orhan Pamuk, Ahmet Altan ou le collectif d’intellectuels qui appelle à reconnaître la souffrance infligée aux Arméniens d’Anatolie, la Turquie mériterait d’être accueillie à bras ouverts dans l’Union Européenne. Mais voilà, d’une part, on ne procède pas à un tel choix géopolitique sur de telles considérations, et surtout ces Turcs admirables ne représentent pas vraiment la réalité de leur pays.

Car la Turquie est « un pays de fous » comme l’explique Ahmet Altan dans un article daté du 19 février dernier. Un article où il dénonce les agissements de l’état-major et d’enseignants qui selon lui élèvent une nouvelle génération d’enfants turcs dans la haine de l’Arménien. En effet, sur ordre de l’état-major, a été diffusé récemment dans toutes les écoles primaires le DVD raciste « Sari Gelin ». Une démarche que Monsieur Altan résume ainsi : « Tu assassines plus d’un million d’Arméniens, tu effaces les traces des Arméniens de l’Anatolie, tu spolies leurs biens et par-dessus tout, tu montres aux enfants des vidéos disant voilà ce que les Arméniens nous ont fait ».

DVD auquel s’ajoute cette affaire de président d’un syndicat enseignant qui fait distribuer du « helva » (sucrerie orientale) en hommage à Hitler et une récente analyse des manuels scolaires turcs pour le moins inquiétante. Les Turcs y sont décrits comme « supérieurs à tous les autres ». Des manuels où les identités turque, musulmane, hétérosexuelle et masculine y sont glorifiées aux dépends des autres identités et nationalités.

Un « pays de fous » que l’on voudrait faire entrer dans l’Union Européenne, un pays qui non seulement ne soigne pas ses folies passées mais qui les entretient. Une entrée voulue par nos eurocrates quitte à se rendre coupables de recel de crime contre l’humanité. Une entrée voulue aussi par la baudruche Obama qui avait promis d’œuvrer à la reconnaissance du génocide des Arméniens et qui pour l’instant œuvre surtout à ce qui ne le regarde pas sans même que cela ne satisfasse les autorités turques.

Alors que le président Obama n’a toujours pas employé le terme de « génocide » lors de son discours tenu à l’occasion du 94e anniversaire du génocide arménien, le président Abdullah Gül s’est plaint du fait que son homologue américain n’a pas honoré dans ce même discours la mémoire des Turcs assassinés par les Arméniens. Honneur aux bourreaux ! Comme le dirait Monsieur Altan, « non mais quelle bande de barjots ! »

SIL de Sassoun

jeudi 23 avril 2009

TERRES D’ARMENIE ET D’AMNESIE AUSSI


Le 13 décembre dernier, avec mon épouse, nous sommes allés visiter de la famille à Marseille. Le temps était particulièrement morose. Un temps adéquat pour se rendre avec toute la smala au 2e salon du livre arménien qui se tenait à la bibliothèque Gaston Defferre. L’une des cousines de ma demi-arménienne à moi y faisait la promotion de l’excellent ouvrage « Comprendre les génocides du XXe siècle » aux éditions Bréal.

Histoire de tuer le temps au milieu de toute cette mélancolie diasporique, j’ai fait deux heures de queue afin que mes gamines puissent avoir une dédicace de Sophie Ardouin-Mamikonian sur un exemplaire des aventures de Tara Duncan, une sorte de Harry Potterian. Un cauchemar, cerné que j’étais par des adolescentes même pas jolies qui glosaient interminablement sur tel ou tel tour de magie de leur héroïne. Et vas-y que je raconte ma vie pendant des plombes à l’auteur, que je relève telle ou telle contradiction à la page 13. Horrible ! J’ai même failli rater mon bon Franz-Olivier Giesbert, membre du jury de ce salon, de qui j’ai obtenu in extremis un paraphe sur son dernier livre, « les aventures d’Amros le Celte ». Bref j’attendais avec impatience le débat qui devait clôturer cette journée culturelle. Le thème, « la presse communautaire arménienne en France ».

J’adore les débats arméniens. Ces orientaux là ont su garder bien vivante la tradition de la querelle byzantine. Ils sont capables de se quicher la tête pendant des heures sur une virgule. Y participer est tout bonnement infernal mais quand on se contente de jouer les spectateurs, c’est souvent marrant. Et bien là, pas trop. Ils étaient presque tous d’accord. Ça m’a saoulé. C’était chiant, histoire d’utiliser une terminaison arménienne. La rhétorique communautariste, me sort décidemment par les trous de nez.

En effet, en dehors d’Ara Toranian des « nouvelles d’Arménie », un garçon bien plus ouvert et moins porté sur le pathos arménien, tous les autres ont fait dans la litanie de jérémiadians. Avec une mention spéciale pour Garo Hovsepian du journal monolingue (uniquement en arménien) « Haratch ». Celui-ci regrettait que la langue se perde à cause de l’assimilation et du métissage dans le cadre français. N’hésitant pas à user d’arguments du genre « la presse arménienne a été un important vecteur d’intégration » ou à faire peur avec la supposée tentative d’invasion turque de l’Arménie en 1993.

« Ouh là que tout cela sent le nationalisme diasporique » me suis-je dit. Une volonté de maintenir une mainmise politique sur une diaspora. Un réflexe un peu pathologique pour les raisons que je m’en vais expliquer.

Entendons-nous bien, que les Français d’origine arménienne cultivent leurs racines, toute leur mémoire, défendent l’Arménie faute de non Arméniens pour la défendre, soit, c’est très bien. C’est pour toutes ces raisons que mes gosses parlent arménien. Par contre, vouloir se vivre comme une entité nationale au sein d’autres nations, ça ne va pas être possible. Et ce pour une simple raison. L’Arménie existe. Désolé de le rappeler.

Comme je le soutenais en août dernier dans mon billet « méthode assilmil : diaspora, diaspora pas », il est criminel de demander à une diaspora de refuge, privée de nation, de s’assimiler. Cela ne serait rien d’autre que la poursuite de la politique de celui qui a cherché à faire disparaître cette nation. Cependant il n’en va pas de même avec une diaspora qui dispose d’une nation.

Et c’est ainsi, en écoutant Monsieur Hovsepian que j’avais envie de lui dire, « mais faites donc comme les Juifs ». S’ils ont maintenu leur identité vivante tant qu’ils étaient spoliés de leur berceau national, force est de constater qu’ils sont cohérents, eux. Ceux qui veulent rebâtir Israël rentrent en Israël et ce malgré de multiples tentatives d’annihilation. Les autres acceptant la logique de l’assimilation.

Oui, que les nationalistes arméniens soient logiques avec eux-mêmes, qu’ils rentrent en Arménie. L’excuse d’une Arménie soviétique n’est plus, la menace d’une Turquie est plus une excuse qu’autre chose. Et même si l’Arménie actuelle n’est pas la Grande, ni même celle du Traité de Sèvres, il y a de quoi faire.

30 000 km2, 10 000 de plus qu’Israël ; plus de terres arables ; bien plus de ressources en eau. Avec leur sens des affaires, la possibilité d’en faire une petite Suisse du Caucase. Avec leurs richesses culturelles issues pour partie de leur goût pour le cosmopolitisme, la possibilité d’en faire un phare culturel dans la région. Oui, mes chers Haygagan, au lieu de pleurer, de verser dans le nationalisme diasporique franchement schizophrénique puisque oubliant la réalité arménienne, faites donc comme les Juifs, bâtissez l’Arménie. Je sais, ça ne vous plait pas comme propos, à plus forte raison que les Juifs, vous n’aimez pas trop ça, mais comme il faut bien que quelqu’un vous le dise, c’est ce que fait bibi.

En vérité, je suis fasciné depuis pas mal de temps pas le nombre de points communs entre Juifs et Arméniens. Il n’y a qu’eux pour ne pas les voir. Même existence multimillénaire dans cette région ; même lutte acharnée pour exister ; face aux empires anciens, arabes ou turcs, face à l’islam ; mêmes massacres subis, suivis d’un génocide ; même refus de disparaître mais même masochisme aussi ; masochisme dont les Juifs semblent sortis à la différence des Arméniens, surtout ceux de la diaspora, car ceux du Haut-karabakh ne semblent pas vouloir abandonner un seul pouce de terrain.

Fascinant également toutes ces divisions et mésententes entre minorités historiques de la région, entre Juifs, Arméniens, chrétiens du Liban, Assyro-Chaldéens, autres syriaques, Grecs, Georgiens, et ce alors qu’ils sont tout bonnement des alliés naturels fasse aux menaces potentielles que constituent l’islam, le panturquisme et le panarabisme. Mais bon, après tout, c’est surtout leur problème...

SIL de Sassoun

mercredi 22 avril 2009

CONCOURS DE RAP : ORELSAN, SUS A L’IMPUISSANT !


Ce ne sont pas vraiment des copines ; je les trouve parfois franchement gamines ; mais là, les frangines du chenil de garde ; ouh-là-là, elles m’ont fait frémir la pine ; loin des tribunaux, avec brio et un flot assez stylé ; elles s’en vont tirer jusqu’au sang les oreilles de l’Orelsan.

Qui c’est ? Un petit bobo qui s’encanaille ; mamam professeur, papa proviseur, bébé racaille ; Orel, un teckel qui joue le rebelle ; qui traite de « pute » les filles qui le quittent ; qui traite comme des « putes » les filles qui restent ; obligées de « sucer » ce déglingué chaque 14 février ; rien que pour éviter de se faire violer, torturer, « marie-trintigner ».

Refrain : Ouaich, sus à l’Orelsan, le rapeur impuissant ; l’Orelsan talent qui rêve de flouse en vomissant ; qui met son pera pourri à tapiner ; en espérant ainsi attirer le chaland ; Orelsan cran, pan-pan, elles vont t’en mettre plein les dents ; les tasspés vont te défoncer ; ton nom sera celui du bouffon, l’Orelsan cervelle ; un teubé qui n’oseras bientôt plus raper, tellement il se fera charrier.

C’est quoi l’histoire, me demandent les gens ; la comptine d’un pauvre gland ; Orelsan couilles a les boules ; sa copine en a assez d’une langue râpeuse ; Orelsan tact ne l’a jamais rendu heureuse ; ses doigts et sa langue de cave ne savent que raper ; alors elle en a préféré une autre, plus douce et plus curieuse ; mais ce n’est pas tout ;

Orelsan rien dans le pantalon lui fait pitié ; ce fils de bonne famille traite les femmes comme des tasspés ; un truc de frustrés, de tocards sans dignité ; dans le quartier, on dit que sa pauvre mère a pleuré le jour où elle a accouché ; elle voulait une fille, elle s’est retrouvée avec un enragé ; elle a compris dès le premier cri ; la pédagogie n’a rien arrangé.

Refrain : Ouaich, sus à l’Orelsan, le rapeur impuissant ; l’Orelsan talent qui rêve de flouse en vomissant ; qui met son pera pourri à tapiner ; en espérant ainsi attirer le client ; Orelsan cran, pan-pan, elles vont t’en mettre plein les dents ; les tasspés vont te défoncer ; ton nom sera celui du bouffon, l’Orelsan roustons ; un teubé qui n’oseras bientôt plus raper, tellement il se fera brécham.

Sa copine a préféré du bonhomme ; alors Orelsan bite rêve de planter son opinel dans la donzelle ; le seul truc un peu dur qu’il porte à la ceinture ; L’Orel est hardi ; rapeur et sans reproches ; L’Orelsan honneur rêve de cogner, d’abattoir et de mâchoires décrochés ; même pas du sang du lascar mais de celui de la fille qui l’a quitté.

L’Orelsan mauvais, il fait pitié ; avec son bad son brut pour les bouffons, il peut toujours aller se rhabiller ; ouaich fiston, ne te branle plus dans le salon et si t’aimes vraiment le Japon ; compose donc une chanson où tu finiras par t’ouvrir le bidon avec un bon petit wakizashi ; un truc un peu plus bonhomme ; un truc que ton daron ne t’a visiblement pas appris. Allez, casse-toi pôv’saloperie…

Cypress Sill

mardi 21 avril 2009

MONSIEUR D’AUCUN ET MON TRES HAUT LEGISLATEUR


Monsieur d’Aucun m’interpelle. « Dites-moi monsieur Sil, c’est quoi ces histoires de Très Haut Législateur à la fin de votre billet de mercredi dernier ? Vous ne distilleriez pas une quelconque propagande catholique en loucedé, j’espère ? C’est que vos petits billets iconoclastes abreuvaient jusqu’à présent assez bien ma foi athéiste or comme je n’aimerais pas en arriver à conclure que je me suis trompé de bistrot, je me permets cette petite demande de traçabilité des produits ici proposés.»

Euh, il y a comme une lassitude aussi soudaine que certaine qui vient de m’embrasser, moi. Ne serait-ce que parce que je me suis déjà expliqué à ce sujet. Enfin, la pédagogie étant l’art de la répétition, pédagogeons donc un petit coup…

Rassurez-vous mon bon Monsieur d’Aucun, je ne prêche pour aucune chapelle. Toutefois, pour tout un tas de raisons personnelles, qui ne vous regardent pas, pas aujourd’hui en tout cas, sachez que je ne suis pas athée. Je suis donc je crois. Cela étant dit, d’un point de la pensée, je ne le suis pas non plus ne serait-ce qu’à cause d’une très bonne question, capable de couper le sifflet au plus fanatique des athéistes.

« Notre univers étant régit par un ensemble de lois, quid du Législateur ? Car pourquoi ne pas imaginer un univers chaotique ? »

Après le premier choc, tout bon athéiste vous répondra que les lois mathématiques ne sont peut-être qu’une affaire de perception. Une remarque qui m’arrache toujours un éclat de rire.

Perception, le fait de pouvoir calculer qu’une comète se pointera au jour et à l’heure prévue, bien longtemps après que le mathématicien ne soit plus là pour l’apercevoir ? Perception, les modèles mathématiques qui permettront de décrire et d’expliquer des objets que l’inventeur du modèle n’avait même pas imaginés ? Que nenni, voyons !

Non, il n’y a pas à pinailler, il existe bien un Grand Architecte, un Très Haut Législateur qui non-dénué d’humour s’est même amusé à pondre des lois du genre « un chat retombe toujours sur ses pattes » et « une tartine beurrée tombe toujours du côté beurré ».

Un Très Haut Législateur qui n’a cependant pas tout prévu car il faudra qu’il m’explique un jour le sens du paradoxe du chat beurré. Si on tartine de beurre le dos d’un chat et que l’on balance le tout du haut d’un immeuble, compte tenu des deux lois susvisées, de quel côté tombera tout ça et pourquoi ? À moins que l’on découvre la loi de l’antigravité en faisant enfin à l’expérience. Tiens, ils sont où mes félins ?

Kami-SILma

Illustration ci-dessous : l’une des divinités à laquelle je voue un culte et que j’ai bien l’intention de remplacer à l’issue d’un très long entraînement. Les fans me comprendront ;-)

lundi 20 avril 2009

POUR UNE POLITIQUE DE LA BOUGIE À GENÈVE EN CE JOUR DE YOM HASHOAH.


C’était couru d’avance et le président Ahmadinejad peut sourire, fier de lui. L’ONU lui a offert le parfait écrin pour y déposer son très radioactif fragment de Pierre noire (lien: reportage de Marc Sémo pour Libération).

En ce jour de commémoration de la Shoah, il a pu comme prévu nier le droit d’Israël à l’existence dans son foyer national, qualifiant ce pays entre autres « de gouvernement raciste », mais aussi minimiser et dénaturer les souffrances de l’Holocauste en les qualifiant « d’exagérées » et de « prétexte ».

Il se sera nourri des applaudissements adressés par ses supporters depuis les trois-quarts des bancs mais aussi du départ des délégations occidentales qu’il pourra présenter comme une « minorité de pays » au service du « sionisme mondial ».

Toutes choses qui confirment les craintes ainsi que les nombreuses mises en garde exprimées, et qui justifient surtout la politique de la chaise vide qu’ont préféré adopter d’emblée des pays comme les EUA, le Canada, l’Allemagne, l’Italie ou l’Australie.

Une politique finalement insatisfaisante.

Car en attendant le jour où nous oserons monter à la tribune pour leur dire les quatre vérités en face (on peut rêver, non ?), n’aurait-il pas été plus spectaculaire, en ce jour de Yom Hashoah, que chacune des délégations allume, dès le début du discours de ce grand humanislamiste iranien, des petites bougies qui auraient été laissées là, une fois nos diplomates levés ? Une façon de signifier à cette star de l’obscurantisme, dans un langage aussi diplomatique que poétique, que nous ne nous laisserons pas entraîner dans les ténèbres. Et puis cela aurait fait de très jolies photos pour les futurs manuels d’histoire, non ?

Une idée à étudier pour la prochaine conférence ou pour les prochains jours, étant donné que la délégation française a décidé de rester à Genève…

SILomon désabusé

dimanche 19 avril 2009

FALA-ME DE AMOR NESSE JARDIM PROÌBIDO

Bon, alors, il faut que je vous dise que je me suis fait sévèrement pourrir la tête lors du repas pascal par toute ma tosserie. Un vrai Golgotha. L’objet du saint courroux familial ? Le fait d’avoir osé dire dans mon billet de Saint-Valentin que le brésilien est une langue bien plus belle et romantique que le portugais. « Comment oses-tu ainsi trahir ton sang ? » m’a-t-on servi entre deux tranches de gigot. Le tout suivi d’un « de toute façon, avec ton goût pour le métissage, je suis certain que tu n’as jamais aimé une Portugaise ; du coup comment pourrais-tu savoir ce que c’est d’aimer en portugais ? »

Vous me connaissez, face à une remarque aussi fallacieuse je me suis bien évidemment défendu. D’une part si mon sang a effectivement les idées larges, il n’oublie rien de ce qu’il est, tas de sanguinistes. D’autre part, j’ai bien évidemment déjà aimé en portugais ; l’un de mes plus beaux amours d’ailleurs.

Ce genre d’explication ne leur ayant pas suffi, ils ont exigé que j’expie ma faute brésilienne en pondant un billet à la gloire des chansons d’amour portugaises. Ah les petits peuples, ayant joué les empires, torturés depuis par une susceptibilité on ne peut plus ridicule !

Ce faisant, bien que préférant les chansons catholibertaires dont les Portugais on le secret, et dont je vous reparlerai lors d’une prochaine session musicale, pour n’en demeurer pas moins un garçon serviable, comme presque tous ceux de mon sang, je vous propose trois chansons d’amour en portugais que je pourrais écouter en boucle pendant des heures et dont je vous ai traduit les paroles.



Voici pour commencer « tudo o que eu te dou » ( tout ce que je te donne). En 1994, Pedro Abrunhosa lance une bombe musicale, « viagens » (voyages). Un album jazzy, funky, aux textes généreux, aussi sexys que tendres, où rien n’est à jeter et qui marquera les esprits avec des chansons telles que « nao posso mais » (refrain : je ne peux plus rester ainsi, penser à toi, sans t’avoir tout contre moi) ou « socorro » (refrain : Au secours, je tombe amoureux, il m’est impossible de résister à autant de charme). La toute dernière de l’album étant quant à elle un vrai petit bijou de romantisme. « tudo o que eu te dou ».

« Je ne sais pas ; ce que je peux être de plus ; un jour un roi ; l’autre jour sans appétit ; parfois puissant ; un courage de lion ; parfois si faible ; le cœur est ainsi fait.

Je ne sais pas ; ce que je peux t’offrir de plus ; un jour des perles ; l’autre jour un clair de lune ; cris de douleur ; cris de plaisir ; qu’un homme également pleure ; les jours où c’est ainsi.

Si nombreuses furent les nuits ; sans dormir ; nombreuses les chambres d’hôtel ; s’aimer puis partir ; des promesses perdues ; actées dans les airs ; mais c’est ainsi que je sais…

Tout ce que je te donne ; tu me le donnes aussi ; tout ce dont j’ai rêvé ; tu le seras ainsi ; tout ce que je te donne ; te me l’offres aussi ; tout ce je te donne.

Sur le fauteuil ; tu embrasses ma peau bronzée ; exécutes tous ces gestes ; que t’as appris au ciné ; encore, j’en redemande ; tu me transportes loin déjà ; arrête, recommence ; laisse-moi juste encore y croire.

Non ! me réponds-tu ; mais ton regard a menti ; enlacés sur le sol ; dans l’étreinte que j’y voyais ; est-ce l’aurore ; ou est-ce une hallucination ; des étoiles aux mille couleurs ; extasie ou passion ; hmm, ce parfum ; m’apporte tant de mélancolie ; me tue d’amour ; me rend ma liberté ; me fait voler ; chanter ; m'endormir.
»



Le groupe Santos&Pecadores est l’un des groupes phares de la scène rock portugaise, remarquable par un son cuivré inspiré de la soul et du Funk. Du plaisir à l’état brut apporté principalement par son chanteur Olavo Bilac, reconnaissable à sa voix rauque et à sa petite gueule d’amour. Parmi leur discographie, le live « tu », sorti en 1997, est sans doute la pièce maîtresse. On y trouve l’une de leurs plus belles chansons d’amour, l’une des plus originales aussi, « nao voltarei à ser fiel » (plus jamais, je ne serai fidèle). Depuis ce titre culte, ils se seront également illustrés avec « horas de prazer ( refrain : des heures de plaisir que je n’échangerai contre rien) et « fala-me de amor (parle-moi d’amour) dont voici le texte :

« J’ai fini par nourrir, un faible pour toi ; venu comme il est venu ; que je n’ai pas cherché à comprendre.

Je me demande où en est, cette vieille certitude ; saurais-tu me dire, ce qui a mal tourné. Car c’est qu’aujourd’hui, je savais enfin dire.

Refrain : Aime-moi, emporte-moi, au-delà de mon horizon, en me parlant d’amour ; parle-moi d’amour.

J’aimerais te dire, que je suis encore ici ; tout ce temps, en t’attendant.

Je veux te toucher, et demande ainsi, à redevenir ce que j’étais, lorsque je t’ai connu.
»



Et voici le meilleur pour la fin, Paulo Gonzo, une voix, des textes que l’on savoure comme une bonne infusion au coin du feu. De celles qui vous aident à digérer le passé, à préparer une nuit qui vous habiterez de rêves agréables. Paulo Gonzo, ce sont surtout deux titres d’anthologie « dei-te quase tudo » (refrain : je t’ai presque tout donné mais presque tout était de trop ; je t’ai presque tout donné, remballe maintenant toutes tes signaux) et surtout celui qui suit « jardins proìbidos » (jardins interdits).

« Dès que tu t’éveilles, dans les airs, s’anime la lumière spontanément ; et même le jour vient doucement, rien que pour te voir.

Et déjà conquis, il t’observe revenir, de ce monde rien qu’à toi, où j’aimerais tant, entrer un jour, afin de m’y perdre.

Refrain : afin de me perdre, dans ces recoins, où tu te promènes toute seule, sans moi. Je brûle de jalousie, de ce jardin, où n’est admis que celui que tu choisis ; où tu es la reine de toutes les éternités. Telle est ma croix, joyau de lumière, parmi toutes les femmes.

Le temps se brise, sur ton regard, dans ce geste impudique ; le ciel se déchire, et moi, je me précipite afin de m’y perdre…
»

Voilà pour aujourd’hui !

SIL qui s’en va écouter un petit morceau de sœurs Corr, car s’agissant d’amour à la portugalicienne, je retrouve dans les textes de mes cousins irlandais assez souvent la même sensibilité. « Runaway » (clip sous-titré en portugais).

vendredi 17 avril 2009

INSPECTEUR LA BAVURE, MEMBRE DU JURY


Je déteste être contredit surtout par des êtres inférieurs, ceux du genre brigadier flageolet ou inspecteur la Bavure. Vous allez comprendre.

Figurez-vous que lors du dernier repas pascal avec la famille au grand complet, j’ai de nouveau longuement discuter avec mon cousin, vous savez, l’agent de l’inspection du travail, avec qui je partage pas mal d’idées bien que l’on se situe chacun du côté opposé du Code du Travail. Il me racontait notamment la mésaventure qui arrive à l’une de ses collègues, une élève inspectrice qui vient de se faire recaler après avoir réussi le concours et avoir passé 18 mois de formation dans leur école située dans les environs de Lyon. D’après le Jury, elle ne serait pas à la hauteur de la tache. D’après ses collègues, elle serait surtout victime de discrimination, celle-ci cumulant le fait d’être une femme, handicapée et d’origine maghrébine. Discrimination qui serait d’autant plus évidente que d’autres candidats semblent tout aussi incapables, ou capables, c’est selon, que l’élève inspectrice en question.

Un récit et une thèse, celle de la discrimination, qui m’a laissé dubitatif. Car même si ce genre de situation n’est pas impossible, pour avoir passé pas mal de temps dans la fonction publique avant de devenir employeur, je reste persuadé que s’il y a un endroit où les femmes, les handicapés et les autres « minorités » ont leur chance c’est bien dans la fonction publique. Les concours y sont on ne peut plus égalitaires, à plus forte raison dans des ministères connus pour leur culture gauchisante, comme c’est le cas pour celui du Travail.

Mon cousin m’a alors fait remarquer que toute culture, y compris gauchisante, peut tordre la perception d’un jury. Et pour illustrer cela, il m’a raconté que lors de sa dernière épreuve d’admission, l’épreuve d’entretien autour d’une question de culture générale, il avait dû faire attention à certaines de ses réponses. La question autour de laquelle s’était déroulé l’entretien avait été une citation de Georges Clemenceau. Ce fondateur du Ministère du travail avait dit à l’occasion de la Grande Guerre « il est plus facile de faire la guerre que la paix ». Après s’en être bien sorti d’un point de vue analyse de cette citation, mon cousin sentit tout d’un coup le terrain se miner lorsque la discussion après s’être engagée de manière générale sur les conflits bifurqua de façon aussi brusque que précise sur le conflit Israélo-arabe. « Arghhh, sujet dangereux » se dit-il. Surtout qu’il partage plus ou moins mon avis sur la question et qu’il se doutait, culture gauchiste de ce ministère oblige, qu’en face de lui se trouveraient à coup sûr des palestinolâtres bien-pensants. Il s’en sortit en leur servant un petit couplet sur le respect du droit international, ce qui plut à nos juristes gauchisants et lui évita sans doute de se faire torpiller. Je lui ai répondu qu’il avait eu raison d’agir ainsi étant donné que l’on ne démolit pas des idées reçues en 10 minutes mais qu’il avait peut-être un peu surinterprété la situation.

Et bien peut-être pas, car dans un ministère à la culture dominante diamétralement opposée à celle du ministère du Travail, celui de l’Intérieur, Monsieur El Haddioui a subi les foudres des questions mal orientées lors de l’oral du concours interne d’officier de Police. Questions et réponses qui lui ont valu un 4/20, note éliminatoire, alors que par ailleurs ses autres notes étaient bonnes ainsi que les appréciations de son chef de service qui le présentait comme un « fonctionnaire exemplaire ». Éléments qui l’ont poussé à porter plainte pour discrimination et à obtenir, en partie, gain de cause.

Voici les questions qui ont motivé le fait que le Conseil d’Etat ait cassé pour discrimination, les résultats du concours interne 2007. « Quel est votre avis sur la corruption des fonctionnaires de police marocains ? » « Votre femme est-elle Maghrébine ? « Est-ce que vous faites le ramadan ? » « Est-ce que votre femme porte le voile ? » « Ne trouvez-vous pas bizarre ce gouvernement de la France avec des ministres arabes et un président à moitié hongrois ? »

Hallucinant non ? Non mais quel est le rapport avec les fonctions d’officier de police ? Non mais est-ce qu’on demande aux Régis et autres Jean-Louis qui concourent pour les mêmes postes s’ils font carême où laissent bobonne à la maison pensant qu’ils vont picoler avec les copains ? Tiens est-ce qu’on demande aux futurs policiers s’ils ont des problèmes avec l’alcool ou le cannabis, questions après tout moins illégitimes étant donné qu’on leur confie une arme ? J’en connais quelques-uns que seraient recalés. Plus sérieusement, est-ce qu’il viendrait à l’esprit de ce genre de jury d’interroger des candidats sur leurs opinions politiques ? « Etes-vous d’extrême-gauche, d’extrême-droite » ou mieux « avez-vous des parents communistes ou frontistes ? » .

Ce n’est pas que cela ne me tenterait pas de fermer les portes de la fonction publique à tout sympathisant d’une forme de pensée antirépublicaine, qu’elle soit politique ou religieuse, mais bon, dans notre pays on est jugé pour ce que l’on fait et non pour ce que l’on est ou pense. Et même si des enquêtes de mœurs plus approfondies peuvent se justifier pour des postes à risque, à haut niveau de sécurité, ce n’est sûrement pas le cas ici.

Et puis, pour tout vous dire, ce qui m’énerve vraiment c’est encore une fois de sentir mon pays pris en tenaille entre les doux-rêveurs qui se refusent à regarder en face le danger des totalitarismes, islamique y compris, islamique surtout, et tous ces corniauds qui au lieu de s’attaquer à l’idéologie islamique et à ses activistes, préfèrent s’attaquer à des musulmans de base. On s’attaque à ce que l’on peut, après tout. Et visiblement, il y en a beaucoup qui peuvent peu.

J’espère sincèrement que les auteurs de ce genre de bavures, qui n’en restent pas moins marginales, seront sanctionnés, histoire qu’elle soient vraiment marginalisées. Car personnellement, contrairement aux gauchos et aux fachos qui n’attendent rien ou alors n’importe quoi de notre Police, j’attends moi beaucoup de cette institution fondamentale de notre Etat de droit. J’espère également que pour toute compensation, le brigadier El Haddioui bénéficiera d’autre chose que le seul droit de se retaper toute la préparation à un nouveau concours, comme le propose le Ministère de l’Intérieur. La mauvaise blague a assez duré, non ?

ClemenSIL