jeudi 5 juillet 2007

CARTE BLANCHE VISA PREMIER


L’Elysée viendrait de faire opposition à la carte bleue de notre First Lady suite à la divulgation du code secret de la dite carte bancaire par notre bon vieux Canard Enchaîné. Est-ce un bien, est-ce un mal ? Les deux mon général.

Un bien, puisque le contribuable républicain à l’inspiration sociale-démocrate toute scandinave, que je suis, n’est pas mécontent que n’importe qui, notre première dame n’existant pas juridiquement, ne puisse pas faire n’importe quoi avec nos deniers publics. J’ai toujours été défavorable à l’attribution de cartes blanches de toute façon, surtout aux femmes.

Le mal résidant dans l’hypocrisie de Gauche comme de Droite ainsi que dans la morale provisoire à cette histoire.

Pour l’hypocrisie de Gauche, c’est facile. Il est très étonnant que tous ces moralistes n’aient pas hurlé au loup de la même façon quand la Gauche logeait à l’Elysée. Ce faisant, ils prêtent le flanc ainsi au « nul ne peut invoquer sa propre turpitude. »
Je me suis, pour ma part, toujours interrogé sur cette manie qu’on avait de créer une fondation quelconque pour chaque première dame de ce pays. C’est quoi le but ? Payer les frais de représentation ? Compliqué non ?

Pour l’hypocrisie de Droite, c’est tout aussi facile. Alors que la Droite s’est faite la championne en matière de bonne gestion et d’économies budgétaires, elle ne trouve pour toute défense que d’hurler à la mesquinerie et de renvoyer les socialistes à leur turpitudes passées, en oubliant au passage que la LOLF, par laquelle la Droite ne fait que jurer, fut mise en place par mon bon Jospin, pour plus de transparence budgétaire et répondre à la logique d’audit permanent devenue très en vogue dans ce pays. Logique que je trouve personnellement assez ridicule quand son application se fait dogmatique, voire quasi-magique. La LOLF est la Loi Organique relative aux Lois de Finances. Elle est censée permettre une gestion plus transparente de l’argent public, de traquer les gaspillages et de permettre de trouver « des marges de progrès ».
Du coup il est assez mesquin de reprocher à René Dosière, le député socialiste de l’Aisne ayant porté cette affaire de carte bleue sur la place publique, et à notre bon Canard Enchaîné, d’avoir parfaitement intégré cette même logique d’audit et de vouloir l’appliquer. LOLF ! (Lot Of Laughs in France ; le mort de rire français)

Personnellement, Loki, mon mauvais esprit scandinave, me pousserait plutôt à exiger que les dépenses publiques de nos gouvernants soient consultables sur Internet, comme en Scandinavie ou au Canada, histoire de pouvoir pourrir, quand il n’y a rien à la télé, la tête de mon représentant préféré, au prétexte que le choix d’une bouteille de vin à 50 euros pour accompagner un dîner protocolaire était scandaleux alors qu’il y en avait des très bien à 20 euros.

Plus sérieusement, ce qui me désole, c’est que le Canard vient de tuer dans l’œuf, l’une des étapes vers la modernisation de l’état français. Désolé de me montrer aussi affirmatif, mais les dépenses effectuées par carte bleue sont contrôlables à la différence de celles en liquide, telles qu’elles devaient être effectuées jusqu’à présent par les premières dames successives. Toutefois, je lui pardonne puisqu’un canard ça aime par nature le liquide. Quand on y patauge, on laisse bien moins de traces.

Par contre ce qui m’inquiète ce sont les répercussions en termes d’image pour notre pays. Que la première Dame de France soit obligée en 2007, de quémander des petites enveloppes au secrétaire de son mari, est non seulement humiliant pour elle mais également pour mon pays. Ceci risquant de rappeler au Monde entier que la France a attendu 1965 pour accorder l’autonomie financière à la femme. Et ça, là encore, il n’y que moi pour y penser. Preuve que je suis vraiment le seul chroniqueur républicain de gauche dans ce pays.

Alors, que l’on veuille bien donner rapidement une existence juridique à notre Première Dame et qu’on lui rende notre carte bleue.

SIL militant pour les droits des First Ladies.

1 commentaire:

Melle E a dit…

j'ai une super idée SIL, en tant que contribuable (qui en plus est assez maso pour trouver normal de partager avec la collectivité les émolluments de mon dur labeur...)...je pense que l'on devrait offrir une carte de crédit à toutes les femmes de France au foyer ou qui ont réduit leurs horraires de travail pour éduquer leurs enfants...ça nous donnerait un statut...Qu'en penses-tu?
Quant Cécilia S., si elle se trouve dans un de ces cas, pas de problème...
Ok, ça n'a rien avoir avec ce billet, mais ça m'est venu en le lisant...