lundi 18 août 2008

L’AGENCE SILINTERIM


Ce mois de juillet, alors que j’étais tranquillement installé devant le Bar du Punch’in Baule, tout occupé à mater ces jolis petits culs qui passaient devant ma revue de presse, je fus subrepticement dérangé par un fort fâcheux appel. Afin de ne pas perdre un chantier important pour cette rentrée, j’ai dû revenir en catastrophe sur Paris histoire d’étudier la faisabilité des dernières idées à la con qui avaient traversé le lobe préfrontal de la greluche appartenant à mon riche client.

Ah les femmes et leur génie malfaisant de la décoration intérieure. On devrait leur offrir à toutes, des logiciels d’aménagement intérieur ou mieux, Sim Meyers, le créateur de SIMCITY et des SIMS devrait penser à faire un jeu du genre SIMSA, où il s’agirait de reloquer son intérieur. Je suis sûr qu’il y a un marché. Enfin, j’ai dû abandonner ma tribu et faire le saut sur Paris.

En chemin, je me disais que les vacances en famille c’est tout de même sacré et que je n’avais toujours pas pris l’habitude de ce genre de désagréments. Décidément, me disais-je, il n’y a que la fonction publique pour cultiver les fondements sacrés de notre société. L’égalité de recrutement par un concours ouvert à tous. La non-discrimination salariale par le biais de la grille indiciaire. La stricte égalité Hommes-femmes. Des salaires de merde avec pour contrepartie, le droit à des vacances en famille sans être dérangé…

En conclusion, je me dis que la condition de petit patron, en dehors du salaire, ce n’est pas toujours ça. Lourdes responsabilités, incompréhension de la part des salariés comme du reste de la société, caprice des clients et vie de famille relevant des lois de la physique quantique.

C’est alors, au niveau du péage d’Angers, lorsque mon esprit fut libéré soudainement de toutes mes pensées parasites par l’aspiration survenue dans ce court instant où mon regard croisa l’ampleur du vide exprimé par celui de la préposée au péage routier, que me vint l’idée suivante. Celle de créer une boîte d’intérim pour patrons. Bein ouais ! Pourquoi les patrons ne pourraient-ils pas se faire remplacer par des CDD. Une idée géniale qui aurait les avantages suivants.

1- de nous permettre de passer des vacances tranquilles en famille.
2- de réconcilier les Français avec l’entreprise et le patronat, en goûtant à toutes les emmerdes journalières capables de venir frapper aux portes de nos bureaux.
3- de permettre une forme de redistribution des richesses.

En effet, si d’assurer l’intérim de petits patrons comme moi n’est pas forcément ce qu’il y a de plus intéressant imaginez-vous, par contre, assurant l’intérim de Martin Bouygues ou de Patrick Ricard (Pernod-Ricard) à 200 mille euros le mois pour l’un et 400 mille euros pour l’autre. En un mois, vous gagneriez de quoi vivre toute l’année, voir plusieurs années.

Elle est pas mortelle celle-là ?!?

Comment ça « cela vous fait un peu peur ». Mais non voyons. Rassurez-vous, avec un programme de formation adapté dans le cadre d’un BTS prévu à cet effet, offert pas des agences ANPE, voir par le biais des Droits individuels à la Formation, c’est tout à fait possible. De toute façon comme le dirait mon assistante de frangine, dans les petites entreprises ce sont les secrétaires qui font tout le boulot et dans les grandes, c’est le Conseil d’Administration qui décide de tout, alors… En un mois, vous aurez moins de chances de provoquer une catastrophe que si vous y restiez toute l’année.

Il faut absolument que j’en parle au MEDEF et au Ministre du Travail. Avec une idée pareille, on va relancer immanquablement la confiance des français dans l’économie de marché et l’économie tout court. "With SILinterim, enjoy capitalism".

Agence SIL

5 commentaires:

Ann Nesty a dit…

> Il faut absolument que j’en parle au MEDEF et au Ministre du Travail

Rien de plus simple à faire, par l'auteur du présent article et par n'importe quel internaute s'esbaudissant devant la géniale idée çi-avant exposée.

L'adresse postale du siège parisien du MEDEF c'est sur la page "Contact" du site
http://www.medef.fr/

Pour le ministre du travail, son adresse postale est de même sur la page "Nous contacter" dans le menu au bas du site http://www.travail-solidarite.gouv.fr/

Donc on applique la méthode Amnesty International : une dose de suggestion, dans une enveloppe timbrée, envoyée par la poste (voir http://www.youtube.com/watch?v=Cf1qrJofX58 ).

Imprimer directement depuis votre navigateur (Fichier [> Mise en page...] > Imprimer...) le présent article. Il rentre sur deux pages (une feuille recto-verso, parce que deux feuilles recto c'est gââââcher du papier, donc des arbres donc la forêt amazonienne)

Mettre le tout dans une enveloppe, écrire l’adresse, timbrer et poster.

Ce n’est pas plus compliqué que ça de relancer immanquablement la confiance des français dans l’économie de marché et l’économie tout court, ce qui vaut bien d'investir un timbre.

Nina a dit…

Je ne suis pas entièrement d'accord avec toi Sil, du moins en ce qui concerne le Judaïsme.
En effet, à chaque instant les Juifs doivent évoquer "la foi de leurs pères"...L'héritage est contenu et transmis soit par les écritures, soit par les rituels, soit par l'ensemble des parcours de la famille.
Le Pike Avoth par exemple est traduit par "maximes de nos pères".
Les "anciens" juifs, ceux qui ont déconnecté avec leur judaisme, ont d'abord déconnecté avec leur héritage.
Récemment, j'ai lu un bouquin d'Aharon Appelfeld "l'amour soudain" dans lequel il raconte son parcours de Juif ayant coupé violemment avec sa famille et sa foi.
Il s'enrôla dans l'armée rouge et fut un officier exemplaire, doctrinaire et communiste jusqu'au bout des ongles.
Je le cite : "Ils libérèrent un camp après l'autre. Il voulait aimer ses frères suppliciés mais ne se le permettait pas. Il était persuadé que l'humanité était en marche vers l'unité, et qu'un jour viendrait où il n'y aurait plus de différences entre les Juifs et ceux qui ne l'étaient pas. La réalité lui prouva le contraire. Partout il se heurtait à l'antisémitisme, dans sa division et en dehors. Ils avaient libéré les camps, mais ne s'empressaient pas de fournir un premier ravitaillement (...)IL entendit un officier d'approvisionnement dire : "Le monde entier s'occupe des Juifs. Le peuple russe a plus souffert."

C'est en se remémorant ses histoires qu'Appelfeld comprit qu'il lui devenait vital, pour ne pas complètement mourir de renouer avec "la foi de ses pères".

Vois tu Sil...Tout dans le judaisme, jusqu'au moindre rituel, prière est dirigé vers la mémoire de l'héritage commun.
Ceux qui se déconnectent ne peuvent même plus être considérés comme Juifs...dixit Benny Lévy.

PS : j'adore toujours te lire. Merci

SIL a dit…

Bonjour ma jolie Nina,

Je me suis sans doute pas assez bien exprimé car je cherchais à dire plus ou moins également ce que tu nous rappelles.

Je souhaitais signifier que non seulement Jésus est le frère qui reconnecte, qui refuse la déconnexion d'avec ses frères, et que par conséquent tout antisémitisme chrétien est une insulte jetée à la face de Jésus, mais aussi que Jésus est avant tout celui qui respecte les commandements du père, qui respecte son héritage, qui le fait fructifier, en distribue les fruits, sans jamais s'en détacher...

SIL a dit…

Merci camarade Ann Nesty, merci d'autant plus que cette fois-ci ton action SITA a un petit côté second degré tout à fait excellent ;-)

Nina a dit…

Je suis d'accord avec toi : Jesus n'a jamais dénaturé le concept de l'héritage, de son héritage.
C'est l'Eglise qui s'est commise dans les pires crimes antisémites, pas Jesus !