mercredi 12 août 2020

Chroniques de Guerre Sanitaire (5/9) : la comédie des pouvoirs

« Le pouvoir, c’est l’impuissance »  Charles de Gaulle
 

(Après le  "Chapitre 1 - ça commençait pourtant bien" ... le "Chapitre 2 - Les Roses du Rhin"... le "Chapitre 3 - ça part en cacahuète"... le  "Chapitre 4 - tout est devenu flou"... au tour du chapitre 5 )  

 

Ah ça ! On peut parler de comédie voire de grand guignol à la française. C’est qu’ils nous auront bien fait marrer. A de rares exceptions près, ils ont été plus nuls les uns que les autres. Par contre ils nous auront bien fait rire. Les pouvoirs, absolument tous les pouvoirs. La réalité a même très souvent dépassé la fiction ou les fausse nouvelles humoristiques du Gorafi.

Heureusement d’ailleurs que le pathétique ne tue pas car il aurait fait certainement plus de victimes que le virus lui-même. Une série pas très Nette-flix que l’on aura baptisée « La France (et le monde) a un incroyable tas de glands ».

Aussi, tout en sirotant une bonne bière bien fraiche sur le balcon, passons ces « pouvoirs » en revue…

1) En parlant de passer en revue et puisque nous étions censés être en guerre, débutons par le militaire.

Commençons par la troupe, à plus forte raison, que nos soldats auraient ramené involontairement, les premiers, le virus de Chine.

En effet, nos médias n’en ont pas trop parlé mais au mois octobre 2019 ont eu lieu les jeux mondiaux militaires dans le Wuhan, soit en plein épicentre du Coronavirus. Or selon les propos d’un médecin de l’armée, propos rapportés par l’athlète Elodie Clouvel, beaucoup de membres de cette délégation composée de 400 athlètes, sont tombés malades après ces jeux.

Résultat ! En plus d’une belle moisson de médailles nous classant à la 4e place parmi les nations, nous aurons ramené pas mal de virus de compétition.

De quoi expliquer, peut-être, le cluster morbihannais, le coin étant truffé de casernes.

Comme si cela ne suffisait pas, le rapatriement fin janvier des civils Français du Wuhan, organisé par la base aérienne de Creil, aura été l’occasion de rapatrier de nouvelles boutures de peste pangoline.

De quoi supputer l’origine du développement du cluster de l’Oise autour de la base.

Alors, je sais bien que l’on a dans l’Armée, une certaine tolérance pour les pertes, mais enfin tout de même ! A plus forte raison que les pertes ne se retrouveront pas tant chez ces jeunes recrues en grande forme que chez leur entourage plus âgé.

Il faut dire que la grande Muette était également devenue Sourde. Nos services secrets n’ont rien vu venir, et ont gobé tous les mensonges chinois au sujet du virus, malgré les alertes de l’ambassadeur de France en Chine.

Ajoutez à cela, la perte de notre unique porte-avions, un mois après le début de la « guerre », pour des raisons de contaminations massives à bord, et vous obtenez une déroute militaire totale, aussi proche des précédents conflits à portée historique.

Toutes choses permettant d’écrire dans les annales militaires : « Mois d’avril de l’an de grâce 2020, après avoir perdu les forces terrestres d’élite en novembre pour cause de fièvre jaune, puis nos forces aériennes en janvier pour la même raison, la pièce maitresse de notre puissance aéronavale vient de hisser le drapeau de la quarantaine nous laissant désormais à la merci du premier drakkar venu ».

Certes, ces contaminations sont involontaires, surtout celles contractées lors des jeux de Wuhan, mais comme la gestion des suites sera à l’image du reste de la crise, on peut parler de grand burlesque à la française.

Par conséquent, un grand bravo aux généraux de la  « septième compagnie » !

Enfin, qu’ils se rassurent. Nos troupes auraient pu être plus ridicules encore. En faisant comme l’armée espagnole qui s’attaquait au virus au moyen de bombardiers pulvérisant du désinfectant au-dessus des grandes villes.  Enorme non ?

2) Après les victoires de la 7e compagnie, passons aux exploits des farces de l’ordre.

A défaut de leur avoir donné les moyens d’expliquer le mot « confinement » aux lascars des cités, nos forces de l’ordre se contentant d’agir à reculons, un peu comme les garnisons romaines autour du village d’irréductibles dans les aventures d’Astérix, il aura bien fallu qu’elles trouvent le moyen de démontrer  leur utilité « républicaine ».

Ce moyen aura été de jouer les petits juges administratifs de trottoir en matière d’appréciation du caractère justifié ou non du motif de sortie auto-dérogatoire.

Certes, la plupart des agents de la paix ont fait preuve de discernement, d’autant plus que les directives étaient aussi floues que la ligne directrice du gouvernement.

Cependant d’aucuns ont visiblement tenu à s’illustrer par des verbalisations allant de la plus cocasse à la plus détestable qui soit. A tel point que j’avais fini par me demander s’il n’y avait pas en sous-main un concours inter-cognes de la prune la plus stupide, avec un prix à la clef, genre le « Cruchot d’or », du nom du gendarme aussi tatillon que burlesque qu’interprétait le grand Louis de Funès dans la série de films « les gendarmes à etc ».

En conséquence, faute de réel concours, mais histoire de rendre hommage à cette forme de culture de la performance et du chiffre qui semble avoir pris corps chez les forces de l’ordre, voici les résultats du « Cruchot d’or » :

A titre liminaire indiquons que la queue de classement s’explique par le ridicule partagé entre le contrevenant et le rédacteur de la contravention ; me permettant même de soupçonner certains concitoyens de vouloir transmette à leur descendance une contravention covid-19 en guise de document historique chargé de faire rire les générations futures.

La 10e place est attribuée aux pauvres gendarmes qui le 3 mai 2020, sur la plage de Carnon dans l’Hérault, pensaient aller verbaliser une femme allongée sur le sable et se sont retrouvés face à une poupée gonflable, repartant ainsi le carnet à souche entre les jambes. Sans doute un clin d’œil farceur au film le « gendarme et les nudistes ». Bien vu !

Dans  la même veine du cul, la 9e place va à la patrouille de harengs en VTT, qui auront usé de tout leur talent de fins limiers de la justice pour retrouver et verbaliser un très effronté déconfiné qui avait montré son postérieur à l’hélicoptère de la patrouille de Rennes le 7 mai dans l’Ancenis.

Histoire de rester dans les raies et « boules », nous avons en 8e position ce brave brigadier qui aura verbalisé quatre papys boulistes à la mi-avril à Dinan. A 135 euros par tête de pipe, voilà la pétanque devenue un sport beaucoup moins populaire voire aussi élitiste que le golf.

La 7e  place va  aux grippes-coquins, tout fiers d’avoir empêché de nuire dans les Cotes d’Armor, une conductrice de 65 ans qui se trouvait stationnée à côté de l’église de Louargat. Celle-ci ayant expliqué à nos héros en bleu qu’elle chassait le Pokémon  avec son téléphone portable, elle est repartie avec une pokamende. J’aurais bien aimé lire le procès-verbal. « Chasse le Pikachu au lieu de rester chez elle » (à lire avec l’accent du sud-ouest vu que tous les pandores de France ont l’accent du sud-ouest).  J’espère qu’après une telle prise, ils auront droit à la fameuse prime de 1000 euros.

En 6e position, se retrouvent des perdreaux allergiques à la lecture. Ceux-ci avaient considéré que le fait d’aller acheter son bon vieux Canard enchaîné n’était pas indispensable. Il est vrai qu’il est tellement préférable de rester comme une oie à se gaver de bobards devant les perroquets télévisuels de la propagande d’Etat.

La 5e place exæquo pour les bleus qui ont sanctionné l’achat de soda d’une dame et celui d’une baguette pour un monsieur, ces amateurs de Ricard et de cacahuètes ayant jugé qu’il ne s’agissait pas là d’achats alimentaires de première nécessité. En même temps, comme pour la 6e place, personne n’avait eu la patience de leur expliquer l’évidence. Si quelqu’un se rend dans un commerce autorisé à ouvrir, tu n’as pas à regarder ce qu’il y a dans le cabas mais juste à constater si la personne munie de son attestation se rend dans un commerce dont l’ouverture est autorisée. Toi y’en a suivre mon raisonnement ou toujours pas…

La verbalisation par des Papa22, d’un couple de septuagénaires dans l’Orne, pour s’être arrêté discuter quelques minutes avec un voisin, vaut bien la 4e place. L’attestation avait beau être conforme et les gestes barrière respectés, les pandores ont considéré qu’il est interdit de s’arrêter pour saluer ses voisins. Sans doute une résurgence du bon vieux réflexe « circulez ! »

Passons maintenant au podium final.

L’affaire de la verbalisation de sans-domicile-fixe à Lyon étant une infox, le Cruchot de bronze est attribué aux flics qui auront verbalisé, le 19 mars dernier, du côté du Pouliguen, une gamine qui allait donner à boire à ses chevaux se trouvant dans un pré à 500 m de chez elle. Les bourres en question considéraient que « abreuver » des chevaux n’avait rien de « vital ». Visiblement, il n’y a pas que dans les cités que le niveau de français baisse. Certains roussins ont du mal à associer « abreuver » à « vital ». A moins que ce ne soit l’eau qui ne soit pas « vitale » pour ces condés.

Le Cruchot d’argent allant aux deux gendarmes qui ont verbalisé le 9 avril cette habitante du Tarn âgée de 93 ans ayant eu l’outrecuidance d’aller faire un petit coucou à son mari devant la fenêtre de l’Ehpad où il réside. Il est vrai qu’une façon aussi forcenée de tenir à garder un lien social et affectif dans une période particulièrement angoissante ne pouvait rester impunie. 

Quant au Cruchot d’or (roulement de tambours), afin de l’attribuer, j’appelle sur scène les brillants Rapetou qui se sont fait serrer pour avoir oublié leur attestation de sortie chez la victime de leur cambriolage. Voilà !

Les voilà chargés de remettre le Cruchot d’or au Marechal des logis qui a vaillamment empêché un fils d’aller faire ses adieux à son père mourant sur l’île de Ré. Je suis certain que vous vous rappelez de cette histoire. Il mérite une ovation n’est-ce pas ? Quel dommage que l’on ne connaisse pas le nom de ce héros du maintien du confinement. On aurait pu baptiser un ou deux radars autoroutiers de son nom.

Et une palme d’or pour le Préfet de police de Paris, le Lallement à la tête trop petite pour le képi, qui se sera illustré par cette déclaration aussi vive qu’un coup de LBD dans l’œil : « ceux qui sont hospitalisés, sont ceux qui n’ont pas respecté le confinement ».

Un grand tonnerre jupitérien d’applaudissements pour ces garants de l’ordre républicain en déambulateur.

Enfin, cela aurait pu être pire. Nos gens d’armes n’ont pas reçu l’ordre présidentiel, comme au Philippines, de tirer sur ceux qui bravaient le confinement.

3) Traitons maintenant du corps médical, vu qu’il s’agissait, soi-disant, d’une guerre sanitaire, et plus précisément de la tête de ce corps.

Quelle magnifique course à l’échalote là encore. Un très puéril concours d’egos démesurés qui entrera dans l’histoire. Sans doute une preuve du fait que la proximité avec le pouvoir, politique comme médiatique, corrompt tout, y compris les hommes de science.

Entre « les règlements de pontes » au sein du Conseil scientifique,  comme nous l’apprenait le Canard enchainé du 25 mars ; la manifestation de conflits d’intérêts salopant les débats ; les « expertises » antinomiques assénées à grands coups d’arguments d’autorité ; les duels au coton-tige entre les Marquis parisiens des Comités Théodule et les Barons de province à la Didier Raoult ; rien ne nous aura été épargné dans ce ridicule crêpage de nombrils.

Quand on y pense, le Conseil scientifique et les médecins de plateau télé, à l’image de professeurs Tournesol avec leur pendule, auront dit tout et son contraire, aussi bien sur la dangerosité du virus, la contamination par les enfants, l’utilité des masques, etc.

J’ai toutefois une préférence pour deux actes de cette comédie, le chapitre « les enfants et le virus » et celui des « consultations télévisées ».

·      Les enfants et le virus : nous sommes bien d’accord que le discours est passé successivement du « les enfants sont des bombes à virus » en février-mars ; à « les enfants ne portent pas le virus » en avril ; puis à « les enfants sont immunisés » en mai. J’ai craint un moment que l’on passe en juin à « les bisous des enfants soignent la maladie » ; puis en juillet « mise au point d’un vaccin à base d’extraits d’enfants ».

 

·      Ah ! Les consultations télévisées ! Je n’avais jamais vu autant de médecins sur les plateaux télé que pendant le confinement. C’était bien organisé. Chacun a pu avoir son warholien quart d’heure de gloire. Certains, apparaissant occasionnellement, étaient très bien. Je pense notamment au jeune Docteur Benjamin Davido, toujours très clair et posé. Mais la plus grande partie m’a donné la désagréable impression de skateurs de projecteurs et de déserteurs des services de réanimation. D’aucuns, tels l’aussi sympathique que télégénique professeur Gerarld Kierzek, passaient carrément d’un plateau à l’autre. Je crois d’ailleurs qu’on lui doit une nouvelle spécialité qui sera enseignée en fac de médecine, celle de ‘médecin urgentiste de plateau télé’ : un débat urgent à organiser, et hop, il déboule sur le plateau. Je me suis juste demandé si ses tarifs étaient conventionnés et si ses consultations télé étaient remboursées par la sécurité sociale. A force de les voir, je les ai également suspectés d’entretenir la peur d’une imminente deuxième vague juste pour ne pas lâcher les strapontins des chaines d’info en continu. Allez ! Allez ! Au boulot ! A l’hôpital tas de bavards !

Tout cela étant, et malgré le fait d’avoir bien cherché, je suis au regret d’annoncer que c’est notre corps médical national, qui se sera donné le plus ridiculement en spectacle. Désolé ! Même les tenants des médecines alternatives seront restés muets pendant la pandémie. D’ailleurs je crois savoir que la Confédération des homéopathes-acuponcteurs-ayurvédiques avait constitué des stocks de doliprane.

4) Au tour du politique, qui était chargé de donner le la dans tout ça, à travers le show cacophonique offert par son portevoix.

Il est vrai qu’entre les crises de nerfs de 16h du Premier ministre et les coups de menton du rantanplan de la place Beauvau, tout ça ne prêtait pas trop à rire. Mais c’était sans compter sur Dame Si-Bête, le ficus à palabres du gouvernement, désormais immortelle grâce à la merveilleuse courbe en couverture de ces chroniques ; une courbe dégotée sur Internet, à l’auteur inconnu, et qui résume si bien toute cette comédie bouffonne.

Oui ! Je sais que c’est chose fort vilaine de tirer sur l’ambulance, d’autant plus en pleine guerre sanitaire, mais comme la très hautaine Dame Si-Bête s’y prête, j’ai beau chercher à la retenir, la rafale part toute seule.

Car lorsqu’on reprend ses déclarations, Dame Si-Bête est celle qui :

·      le 26 mars, enverrait bien les professeurs aider les agriculteurs au motif « qu’ils ne travaillent pas », ou pas, selon ce que l’on peut tirer de son jus de boudin verbeux jamais bien clair ;

 

·      le 11 mars, critique les mesures italiennes de gestion de l’épidémie avant que son gouvernement ne finisse par prendre les mêmes quelques jours plus tard ; 

 

·      le 17 mars, explique que le port du masque est inutile pour le grand public tout en étant utile pour les médecins (bah oui ! un médecin c’est plus fragile que le commun des mortels) ;

 

·      le 20 mars, précise qu’elle a beau être ministre, elle « ne sait pas utiliser un masque » (bah oui ! faut au moins être médecin pour savoir le faire) ;

 

·      lors de l’annonce de la reprise des cours, explique que « à 4 ans on est capable d’appliquer les gestes barrière comme le port du masque » (bah oui ! à 4 ans, on joue déjà parfois au docteur) ;

 

·      et qui aura le culot de faire savoir le 30 avril, que « la crise du Covid favorise la propagation de fake news et que plus que jamais, il est nécessaire de se fier à des sources d’information sûres et vérifiées » (y’a pas à dire, à ce point, on peut affirmer que cette dame est une grande malade).

Cerise sur le gâteau, l’inénarrable Marlène Schiappa, la célèbre pornographe moralisatrice du gouvernement, présentera la Sibeth, le 5 mai, comme « un rôle modèle pour plein de jeunes filles ». C’est gentil de vouloir offrir des perspectives politiques aux chagasses mythomanes, mais attention tout de même au trop plein de candidatures.

En somme, à défaut d’emprunter à la pensée juive son « verbe créateur », soit « les mots pour faire », nos chefs préfèrent patauger dans le « verbeux gaulois », soit les mots pour entretenir le mythe.

Enfin, nos gouvernants, comme ceux du monde entier peuvent se rassurer ou aller se rhabiller. Aucun d’entre eux n’aura dépassé le « Great » Trump qui, avec sa grâce de bœuf aux hormones et son charme de poulet chloré n’opérant que sur les dindes de Thanksgiving, a remporté la palme de la sortie la plus débile en proposant de vaincre le virus avec des injections d’eau de javel. Ah ça c’est sûr Donald, tu les a tous javellisés !

5) Côté pouvoir judiciaire, économique et syndical, on a bien ri aussi.

Le judiciaire, qui d’ordinaire fait rire jaune les victimes et à pleines dents les malfrats, s’est retrouvé quasiment à l’arrêt, ce qui au fond ne changeait pas beaucoup de d’habitude, ce qui pose un drôle de constat.

L’économique, à de rares exceptions près, n’a pas brillé par son génie et sa réactivité. Hormis Bernard Arnaud mobilisant ses moyens pour obtenir des masques ou ces distilleurs basculant dans la fabrication de gel désinfectant, ils ont été aussi mollassons que nos ronds-de-cuir. Il est vrai que la bureaucratie a étouffé bien des initiatives, mais l’absence de réactivité de nos industriels pour fabriquer masques, respirateurs et autres, a été flagrante, quand elle n’a pas été absurde : je pense au « consortium » industriel qui a mis des mois pour se monter et fabriquer des respirateurs avant de se rendre compte qu’ils n’avaient pas fabriqué les bons modèles. On comprend mieux pourquoi le pouvoir économique a préféré palper l’argent public, parfois à raison, mais aussi en fraudant un brin sur les bords.

Côté syndical, ils m’ont fait rire par leur silence total. Il faut dire qu’ils nageaient en plein bonheur. Grace au chômage partiel, ils fichaient aussi peu que d’habitude, sans avoir à faire semblant, tout en étant payés. De quoi expliquer que leur seule action d’éclat a été de faire fermer par voie de justice l’unique usine Renault en état de fonctionnement.

6) Le pouvoir médiatique avant celui du showbiz.

J’ai failli ne pas parler du pouvoir médiatique vu qu’il aura été, dans son écrasante majorité, comme à son habitude, en dessous de tout. Mais comme je ne voudrais pas me montrer aussi biaisé qu’eux, faisons-leur un peu la fête.

Côté speakerin(es) : après  s’être extasiés sur les infos fournies par la dictature chinoise ; ne pas s’être trop attardés sur l’efficacité du model taiwanais puis allemand ;  nous avoir gonflé avec ce médecin français à Wuhan qui hurlait à l’apocalypse et appelait au même confinement manu militari en France ; s’être foutus de la gueule de nos cousins Italiens ; avoir vanté la gestion jacobine à la française ; avoir tenté d’expliquer à des médecins ce qu’est un virus ; avoir cherché à défoncer puis encenser le Professeur Raoult ; avoir répété que les masques et les test étaient inutiles ;  v’là t’y pas qu’ils nous expliquent à longueur de journée comment porter le masque aux normes françaises, ajusté bien au-dessus du nez.

Bref, ce ne sont pas les motifs de postillonner sur ces lourdauds de l’info qui manquent.

7) Heureusement que notre foldingue showbiz, était là pour apporter une note plus légère en ce printemps 2020.  

C’est ainsi que le 31 mars, l’actrice Audrey Dana, poste sur les réseaux une vidéo de sa balade en forêt du jour, dans laquelle, hystérique et en larmes, elle envoie du bois particulièrement fendard :

« Je suis partie marcher et j'ai été saisie d'une tristesse tellement immense. Qu'est-ce qu'on fait à cette Terre ? Est-ce que ce virus suffira à éveiller les consciences, à nous faire prendre conscience qu'on fait n'importe quoi ? Rien que le fait de marcher dans la nature et ressentir à quel point elle est malmenée, à quel point on la malmène depuis toujours, ça me brise le cœur (…) j'essaie d'envoyer de la lumière partout, le plus possible. Moi, j'ai personne qui meurt du coronavirus dans mon entourage. J'ai pas de famille médecin, en danger, mais j'ai mal à ma Terre. J'ai mal à ma Terre. ! J'espère que le monde va ouvrir les yeux, parce que ce qu'on fait, ce n'est pas possible ».

Encore une qui s’évertue à vouloir rendre le mot actrice synonyme de conne, vu que son « éveil des consciences » est à dormir debout, et que ses « jets de lumière » n’arrivent pas à tous ses propres étages. Ce virus a beau être un enfant de sa vénérée « Terre », l’autre païenne-de-la-ville incrimine l’humain qui essaye de s’en défendre.  Enfin faute de tête, on a mal où on peut, n’est-ce pas ?

Eh oui ! Ça commençait fort. Passer après ça, supposait de la concentration et du talent.

C’est ainsi qu’après avoir bedavé tout leur saoul, ou craint pour leurs émoluments d’intermittents du spectacle, tous nos saltimbanques subventionnés se sont mis aux chansons hommages pour personnels soignants. N’ayant écouté aucune d’entre plus de deux secondes, je ne pourrais pas faire état de leur qualité. J’ai juste craint, pour le moral du pays, que Francis Lalanne pousse lui aussi la chansonnette, mais ouf ! Le préfet Lallement lui a peut-être signifié une interdiction administrative de chanter sous peine de tir de LBD dans les cordes vocales.  

Une fois sortis de leurs léthargie, comme quoi l’herbe avait l’air bonne, début mai, à la veille du déconfinement, un certain nombre acteurs se sont lancés à l’assaut du monde d’après, ou plutôt à la reconquête de leur notoriété endormie, en vue de l’ouverture des salles obscures.

Ainsi, nous avons eu droit à l’appel « social » du sieur Lindon : Lindon le rejeton de la haute bourgeoise ; Lindon le coureur de filles de présidents de la république, d’actrices et de princesses de monarchies d’opérette ; Lindon « l’acteur social » qu’on n’a pas trop vu aider les agriculteurs, par exemple, ou se porter volontaire pour aider les équipes de soignants dans les hôpitaux, comme bien des anonymes l’ont fait. Le Lindon préfère les déclamations. « Comment ce pays si riche… ». Ta gueule l’acteur !

Suivi de l’appel « pour la nature » et « contre le consumérisme » de Miss Marion Dior Cottilard ; Vanessa Chanel Paradis ; Isabelle L’Oréal Poiray Adjani ; Juliette Lancôme Crédit Agricole Binoche… rejoins par de grands camelots de l’industrie musicale ou cinématographique américaine comme  Robert de Kia American Express Niro ; Cate Armani Blanchett ; Pénélope Lancôme Costa Croisières Cruz ; ou encore Madonna Versace Dolce&Gabanna… 

Mouais ! Appels contre le « retour à la normale », mon œil ! Quelle troupe de comiques ! Tout cela fait plutôt produit d’appel au service du dieu Projecteur. De la comédie d’acteurs narcissiques pour public crédule quoi !

Enfin malgré tous ces notables efforts, signalons que ce sont les chanteurs Vietnamiens qui ont enterré le monde entier avec une chanson Covid-pop au refrain inoubliable « lavons nos mains ! frottez ! frottez ! frottez-les ! » ; et les pisse-hagiographies du New York Times qui auront remporté le trophée de la turlute politique avec leur article du 5 juin à la gloire du demi-dieu Macron : il a « repoussé le coronavirus, empêché les licenciements massifs, soutenu les salaires des chômeurs, évité les longues files de nourriture et atteint un taux de mortalité inférieur à celui de ses voisins, à l'exception de l'Allemagne » Slurp !  

8) En parlant des dieux, pour ceux qui espéraient se tourner vers le ciel pendant le confinement, ce n’était vraiment pas de chance.

De quoi voir même sa foi vaciller.

Tout d’abord, on a vu la peste pangoline s’attaquer en premier lieu aux religieux du monde entier, et plus particulièrement aux plus pratiquants d’entre eux, leur interdisant regroupement, fêtes et pèlerinages, ou les obligeant à innover avec des idées plus que farfelues. Je pense à ce curé américain qui s’est mis à bénir ses fidèles avec un pistolet à eau rempli d’eau bénite ou à cet autre à qui l’on doit le concept de confession drive-in. 

Puis, en France, la divine comédie s’est poursuivie à Paris en mettant à l’amende les traditionalistes de la paroisse Saint Nicolas du Chardonnet, dénoncés par leur très catholique voisinage.

Mais également en obligeant l’imam de Brest à nous expliquer qu’avec une simple prière, récitée trois fois,  matin-midi-et-soir, le croyant serait protégé du virus. Tout le monde s’est bien foutu de sa gueule, forçant ce marabout à revenir sur ses propos. C’est comme pour ces islamistes qui ont tenté de saisir l’occasion pour diffuser l’appel à la prière au grand jour et d’inscrire ainsi dans le paysage leur suprématiste « Allahu akbar », « Allah est le plus grand ». Vu qu’on commence à voir venir de loin ces singes fous du désert, les Autorités ont mis le holà à leurs salamalecs en leur coupant le sifflet.

Pauvres croyants privés de clergé, quand ils n’étaient pas transformés en « fléau de Dieu », ou abandonnés aux mains de scientifiques qui s’adonnaient à d’interminables querelles byzantines au sujet du sexe des vecteurs pandémiques.

Quelle ironie ! L’Histoire est décidément une grande coquine.

Comme l’aurait dit Woody Allen, « « non seulement dieu n’existe pas mais il était particulièrement difficile de trouver un plombier » en plein confinement.

Et je sais de quoi je parle, notre chauffe-eau nous a lâché en plein confinement.

9) Last but not Least, pour les matérialistes qui ne jurent que par la plèbe, ils auront eu droit à une nouvelle baston générale dans le « village gaulois ».

Quand je parle de « baston générale dans le village gaulois » je mets de côté le bordel dans les Banlieues, pour la bonne raison qu’on ne peut pas vraiment le qualifier de gaulois. Encore que par certains traits caractéristiques, tel que le gout pour la révolte contre les forces de l’ordre, perçues comme des légions romaines, on pourrait y voir du gaulois. Ces enclaves Gallo-Barbares se sont illustrées tout le long du confinement par : des attroupements, des matchs de foot improvisés en bas des cités, des rodéos moto ou auto, des méchouis géants, des pillages de magasins ou de fourgons alimentaires, la poursuite des trafics, sans oublier les régulières attaques contre les forces de police.

Donc, si on met de côté les « territoires perdus de la république », mais aussi les départements, du Morbihan et de l’Aisne pour ne pas les nommer, qui entrent dans l’Histoire pour avoir écopé d’une interdiction préfectorale de vente d’alcool afin de limiter les bastonnades intrafamiliales, signalons la magnifique baston générale à laquelle se sera livré le village gaulois autour de l’utilité du confinement, de l’hydroxychloroquine et du Professeur Raoult. Ce dernier étant le seul médecin au monde à se targuer de pouvoir boucher le vieux port de Marseille grâce à son melon.

Le Gaulois étant le seul animal de la création à se penser capable de répondre à un sondage, en lui-même délirant, sur l’efficacité de la chloroquine contre le coronavirus. Dans un sondage publié le 5 avril dans Le Parisien, j’apprenais que 59% des Gaulois jugeaient la chloroquine efficace, que 20% la jugeaient inefficace, et que seulement 21% des Gaulois interrogés avaient la sagesse d’admettre que le sujet dépassait leurs compétences et que par conséquent, ils n’en savaient rien. Un sondage qui m’a permis de découvrir que, non seulement notre pays compte plusieurs dizaines de millions de médecins en puissance, mais aussi un mot qui doit rapporter un maximum de points au scrabble : « ultracrepidarianisme » soit le fait de donner son avis sur des sujets que l’on maitrise peu ou prou. Soit le grand mal Gaulois.

Un spectacle auquel le monde entier, pour le coup, n’a rien compris, parce que faute d’avoir lu « la Guerre des Gaules » de Jules César, le reste du monde ne peut pas comprendre.

Du coup, j’explique. Jules César a en effet été le premier à décrire ces prédispositions gauloises dans « la Guerre des Gaules ». S’il décrit les Gaulois comme dotés d’un certain nombre de qualités, notamment le « courage », il n’en souligne pas moins les défauts suivants : « Les décisions des Gaulois sont soudaines et impulsives (…)Profondément divisés, au niveau des grandes régions, des cités, des cantons et même des familles ; ils sont instables entre eux par ces divisions mêmes et dans leurs engagements: légers, versatiles, impulsifs, ils aiment le changement; enthousiastes pour prendre les armes, toujours prêts à partir en guerre, ils sont non moins prompts au découragement et pour supporter les revers manquent de fermeté et de ressort. ».

César souligne  « la pusillanimité des Gaulois, car ils changent facilement d'avis et sont presque toujours séduits par ce qui est nouveau. (..) On a, en effet, l'habitude, en Gaule, de forcer les voyageurs à s'arrêter, même malgré eux, et de les interroger sur tout ce que chacun d'eux a appris ou connu. Dans les villes, le peuple entoure les marchands, les oblige à dire de quel pays ils viennent, ce qu'ils y ont appris. C'est sous le coup de ces potins et de ces ouï-dire qu'ils décident souvent des affaires les plus importantes, pour se repentir bientôt d'avoir cédé à des bruits incertains, et la plupart du temps inventés pour leur plaire.  (…) Leur emportement naturel et la légèreté sont le trait dominant de la race, (...) ce qui leur fait prendre un bruit sans consistance pour un fait certain. ».

Force est de constater que 2000 ans plus tard, malgré la romanisation, la germanisation, ou la christianisation, rien n’a vraiment changé côté débat public ou médiatique. Je pense même qu’avec l’islamisation et la tribalisation à l’africaine, cela ne fera qu’empirer.

Enfin, nous aurons échappé à une algarade sémantique entre Toulousains et reste de la Gaule sur le nom du virus, genre « coronatine » versus « coronavirus » en écho à l’éternel débat « chocolatine » versus « pain au chocolat ». C’est déjà une querelle oiseuse en moins.

De toute façon, l’Académie française a tranché la question en indiquant qu’on doit dire « la Covid-19 » pour les raisons ainsi résumées :

La Covid19 faisant référence à une maladie, le genre de cet acronyme se rapportera à la maladie. C’est pour cette raison que l’on dit « la » CIA, celle-ci faisant référence à « une » Agence, et à l’inverse « le » FBI, celui-ci étant « un » Bureau.   

Eh oui ! Même l’Académie française aura su faire son intéressante.

Au passage, les Immortels auraient pu se rendre réellement utiles en proposant de remplacer l’expression « quand les poules auront des dents » par « quand les Français auront des masques », mais comme les travaux autour du genre de « la Covid19 » ont déjà dû demander un travail titanesque, point trop n’en faut.

En conclusion ! Un grand merci à toutes et à tous. « Merci pour ce moment » comme disait l’autre. Vous nous avez bien fait rire. Dans une situation angoissante, cela revêt une importance tout sauf négligeable.

 

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