mercredi 6 juin 2007

6 JOURS POUR UNE ETERNITE (AU 2e JOUR)


Alors c’est l’histoire d’un gars, d’un tout petit gars qui marche tranquillement sur son tout petit bout de trottoir. Ce petit gars qui ne demande qu’à marcher sur son tout petit bout de trottoir tombe sur la demi-douzaine de lascars du quartier qui se veulent les propriétaires de tous les trottoirs du quartier. Ces lascars adossés toute la journée aux murs de la cité, ne les empruntent pas vraiment tous ces trottoirs mais il sont à eux par principe, voilà tout. Du coup ils ne veulent pas voir notre petit gars marcher sur ce trottoir. Voilà tout !

Le petit gars ne dit rien, il était juste venu se promener sur ce petit bout de trottoir. Alors il continue de marcher. Ça énerve les lascars. Le petit gars n’en a cure. Se décollant alors du mur, les lascars bloquent à 6 notre petit gars. Ils lui disent de dégager loin, très loin de leurs trottoirs. Ils rajoutent même histoire de l’impressionner qu’ils sont les champions du monde de la boxe-arabe. Celle qui se joue justement à 6 contre 1. Notre petit gars demande à passer. Les lascars sortent alors leurs tous nouveaux gants de boxe-arabe, fabriqués en URSS. Ils ont bien envie de les essayer. Ça tombe bien, notre petit gars insiste pour passer.

Alors que les lascars commencent à taper sur notre petit gars, celui-ci leur décoche une mawashi-geri, un tobi-mae-geri, suivi de deux trois atemis bien placés et d’une balayette, ce qui met tous ces lascars par terre. Notre petit gars était ceinture noire 3e Dan de Karaté.

Et ses gros loukoums d’adversaires de zozoter à travers leurs dents toutes cassés. « C’est pas juste, on ne savait pas que tu faisais du karaté ».

C’est vrai ça. C’est un scandale que tous ces petits gars ne portent pas de ticheurtes indiquant leurs niveaux de karaté et qu’ils refusent de se laisser emmerder. C’est vrai ça ! Aucune dignité les petits gars !

SIL le plus grand champion de karaté, de son immeuble.

2 commentaires:

l'oeil de Moshe a dit…

Comme quoi, on peut parler simplement d'une situation simple, hier comme aujourd'hui. C'est bon de vous lire.

P.S. Hors sujet (encore qu'il s'agit aussi de justice) mais j'aimerais avoir l'avis d'un homme de gauche qui raisonne avec recul et honnêteté. Que pensez-vous des déclarations et commentaires de Rezenzweig (tribunal des enfants de Bobigny) à la suite de l'agression d'un juge de Metz ? "Désespérance, en grande souffrance", enfin bref, le blabla victimaire poussé à son paroxysme, au mépris (me semble-t-il) de la réalité d'une situation de préméditation et d'agression délibérée...

SIL a dit…

Mon cher œil de Moshe (l’oeil droit valide, je suppose)

Même si je suis très tenté comme tout le monde de réagir à cette tentative de meurtre au sein du temple de la justice, j’avoue retourner 7 fois mes neurones dans ma cervelle puisqu’il n’est pas toujours évident de faire la part des choses entre la folie individuelle, medicale, et celle devenant malheureusement ordinaire grâce au pourrissement des têtes engendré par les mauvais esprits de Cité qui y sont à l’œuvre.

Aussi c'est quotidiennement que je suis outré par les bastons, insultes, coups dans les portes, agressions au sein même des palais de justice et pas vraiment étonné que toute cette folie ordinaire devenue étrangement acceptable n’aboutisse à l’inacceptable.

Quant aux tenants du blabla victimaire, pour être issu d’une famille dont l’histoire est parsemée de misères, « de désespérances, en grande souffrance », je peux leur dire que j’ai trés souvent envie de les traîner devant les tribunaux pour « racisme social ».
Le raisonnement selon lequel le pauvre est voué à la violence, une violence justifiée via le plaidoyer de la dégénérescence sociale comme elle fut prétendue « raciale » en d’autre temps, m’hérissant trés violement le poil.

Je peux leur dire que ma mère qui en a sans doute autant chier voir plus que celle qui a porté les coups de poignard sur le juge, ne nous a jamais appris rien d’autre que les respect des lois et le combat individuel visant à s’arracher aux trames obscures du destin, autant qu’on le puisse. La devise préférée de ma mère, un peu provoc certes, étant d'ailleurs « si tu jalouses ce qui est dans une maison, travaille pour l’avoir, faignasse ».

À bientôt cher œil de Moshe

SIL, ophtalmologue spécialisé dans le recollement de rétines