lundi 19 mai 2008

POST-COLONIALISME FRANÇAIS ET NEO-COLONIALISME ARABO-ISLAMIQUE


Pour bon nombre de nos télé-penseurs, prédicateurs et autres prescripteurs d’opinion, le passé devient souvent une névrose indépassable. Un passé sans contexte, sans hiérarchie des faits, où ne vaut que ce que leur nombril embrasse, où tout se mélange pour former un blouguiboulga spatio-temporel inextricable. Une névrose fort utile pour les charmeurs de serpents à sornettes que sont nos indigènes et autres indigestes de la république.

Ce n’est pas que des enseignements ne méritent pas d’être tirés de tous les égarements du passé, que ce soit des massacres commis au nom de la religion comme la chasse aux sorcières, au nom de la royauté comme le massacre du moulin de l'Agau, au nom de la République tels que ceux de Vendée ou de la Commune, d’une république y compris coloniale comme les massacres de Sétif, loin de moi cette idée. Des enseignements doivent être bien évidemment tirés.

Il se trouve juste que la liste de massacres est si longue qu’il faudrait un calendrier de plus d’un millier de jours pour pouvoir commémorer ne serait-ce que les plus connus. Il se trouve également que j’ai des fois l’impression que chacun va à la liste de massacres comme on va au marché du ressentiment afin de satisfaire quelque pulsion morbide ou pire se focaliser sur la folie ordinaire pour mieux fuir l’horreur absolue.

C’est sans doute pour cela que tout en surveillant les courbes de températures de nos Etats afin que nos démocraties ne retombent pas dans des folies même ordinaires, je suis bien plus enclin à veiller sur les tentations génocidaires, à me souvenir des ignominies absolues que sont les génocides, ignominies susceptibles de damner toute mon espèce, plutôt que de tel ou tel massacre que tout peuple a connu mais aussi commis. Et puis de toute façon, qui peut le plus peut le moins…

C’est sans doute pour cela également que je célèbre souvent le fait que nos démocraties ne sont jamais tombées dans l’ignominie et que pour les autres travers ou folies, elles ont toujours su trouver des portes de sortie grâce à leur capacité au débat.

Portes de sortie qui me poussent au mieux à ne pas comprendre le sens de la démarche de nos indigènes de la république, au pire à très bien comprendre le sens de leur démarche. Expliquons-nous.

Regardons l’affiche appelant à cette marche du 8 mai. Nous pouvons y lire « marche contre la république raciste et coloniale ». Un slogan illustré par la photo de ces athlètes nord-américains, Tommie Smith et John Carlos, qui pendant les jeux olympiques de 1968 à Mexico, protestèrent contre les discriminations subies par les nord-américains noirs, au sommet du podium en levant leur poing ganté de noir tout en baissant la tête à l’écoute de l’hymne américain. Signalons au passage que le fondement légal, donc la norme, de la ségrégation raciale aux EUA était aboli depuis 1964 avec le Civil Rights Act qui déclarait illégal toute discrimination basée sur la race, la couleur, la religion ou le sexe.

Une affiche très intéressante, où le temps comme l’espace se distordent pour mieux embrouiller les esprits. Aussi débrouillons tout ça !

Y a-t-il du racisme en France, que ce soit en actes ou propos ? Oui, de façon isolée, y compris jusqu’au sommet de l’état ! Que voulez-vous, il y a encore du boulot. Il y en aura de toute façon toujours en matière d’antiracisme.

La république est-elle une collectivité raciste pour autant ? Non ! Dans notre république, comme dans toutes les démocraties occidentales, il n’existe plus de loi ségrégationniste et les comportements discriminatoires peuvent faire l’objet de poursuites. Dans nos démocraties, nous sommes devenus si peu ségrégationnistes que nous en sommes même venus à tomber dans cet excès inverse que constitue la « discrimination positive ».

Au tour de la seconde mise en accusation maintenant. Celle de « république coloniale ».

Notre république est-elle coloniale ? Non ! Pour des raisons que je vous expliquerai dans un très prochain billet, j’estime qu’en dehors de la question kanak, la république n’est plus coloniale. Son objectif n’est plus la conquête et le peuplement de territoires étrangers par sa population. Quant à son héritage colonial, comme indiqué en introduction, la république cherche des portes de sortie aux problèmes hérités, par exemple avec le futur referendum sur le statut de la Nouvelle-Calédonie prévu pour 2014. La république française est donc une république post-coloniale au sens sortie du colonialisme.

Y a-t-il des manifestations coloniales en France ? Oui mais pas comme d’aucuns le pensent. Sauf à considérer que nous n’avons pas le droit de défendre nos intérêts ou encore à tenir un discours raciste faisant des dirigeants des pays avec qui nous concluons des accords politiques, économiques ou militaires, de grands enfants totalement irresponsables des décisions qu’ils prennent au nom de leurs peuples, je ne vois pas d’expression de ce néo-colonialisme si souvent présent sur les lèvres de nos passéistes.

Où se trouvent donc alors les manifestations coloniales dans notre pays, me direz-vous ? À vrai dire, par exemple, tout simplement dans cette manifestation du 8 mai organisée par les indigènes de la république. Vous aimeriez bien voir comment je vais démontrer cela ? Très facile voyons !

Le système ségrégationniste de l’indigénat auquel se réfèrent nos indigestes de la république consistait à ce que les colons français d’Algérie relèvent de la loi française pendant que les indigènes algériens relevaient des lois locales, coraniques ou coutumières. Il n’y avait pas d’égalité devant la loi. Ce qui n’est plus le cas en France. Par conséquent, en se déclarant indigènes dans un pays où tous les citoyens habitent sous la même loi française, ces indigènes proclament que leur loi n’est pas celle de France mais reste celle de l’Algérie. Ils souhaitent donc faire ici ce que nous faisions là-bas.

Ce qui permet de mieux comprendre les slogans rejetant l’intégration tout en les rendant cocasses quand ils assimilent l’intégration à la colonisation. Ces gens-là combattent une colonisation passée avec la même logique, avec une colonisation présente. Ils sont ce qu’ils combattent. Plutôt cocasse non ?

Cocasse mais logique puisque l’intérêt de s’ancrer dans un passé révolu n’est autre que celui de générer de la rancœur, le combustible de toutes les luttes, une lutte marquée par un désir de revanche, faisant de ces indigènes le fruit de la prophétie de l’ancien président algérien, Houari Boumédiène.

« Un jour, des millions d’hommes quitteront l’hémisphère sud pour aller dans l’hémisphère nord. Et ils n’iront pas là-bas en tant qu’amis. Parce qu’ils iront là-bas pour le conquérir. Et ils le conquerront en le peuplant avec leurs fils. C’est le ventre de nos femmes qui nous donnera la victoire ». (Discours à l’ONU, 1974)

Un discours isolé ? Non ! Car outre les propos de l’ancien roi du Maroc Hassan II, affirmant le 16 mai 1993 à l’émission 7/7 « Je n’aimerais pas du tout que les Marocains fassent l’objet d’une tentative d’intégration car ils ne seront jamais intégrés », et ceux tenus à Cologne le dimanche 10 février dernier par le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan «L’assimilation est un crime contre l’humanité», je rappellerai ceux du dictateur Kadhafi prononcés à Tombouctou le 10 avril 2006. Video ici, sur Dailymotion.

« Tout le monde doit devenir musulman. Aujourd’hui, ici, à Tombouctou, nous rectifions l’histoire. Nous avons 50 millions de musulmans en Europe. Il y a des signes qui attestent qu’Allah nous accordera une grande victoire en Europe : sans épées, sans fusils, sans conquête. Les 50 millions de musulmans d’Europe feront de cette dernière un continent musulman. Allah mobilise la Turquie, nation musulmane, et va permettre son entrée dans l’Union européenne. Il y aura alors 100 millions de musulmans en Europe : l’Europe subit notre prosélytisme, tout comme l’Amérique. Elle a le choix entre devenir musulmane ou déclarer la guerre aux musulmans. »

Néo-colonialisme donc !

Du coup on comprend mieux le sens des propos tenus par Houria Bouteldja, la porte-parole de nos indigestes, le 21 juin 2007, dans l’émission « ce soir ou jamais » sur France 3. « Il faut dénationaliser l’histoire de France, il faut arrêter avec le mythe des Gaulois ! Les Français ne sont pas les héritiers des Gaulois ! » (..) « Il faut rééduquer le reste de la société, la société occidentale. Nous, on les appelle les souchiens (ou sous-chiens), puisqu’il faut bien leur donner un nom : les Blancs ! » (…) « Il faut faire exploser, je dis bien exploser, cette identité franco-centrée »

Une explosion qui rend logique la présence dans cette manifestation des drapeaux du Hamas et du Hezbollah, les rois de l’explosion. En effet, que je sache, la « France coloniale » n’occupe ni le Liban occupé par le Hezbollah, ni la Bande de Gaza occupée par le Hamas. Un Hamas dont le député Yunis Al Astal a appelé le 11 avril 2008 à la conquête de Rome par le prosélytisme ou par les armes. Un Hezbollah dont les drapeaux présents lors de cette manifestation indigeste sont en soi tout un programme. Calqué sur celui des gardiens de la révolution islamique iranienne, le drapeau du Hezbollah représente les lettres du « parti de dieu » dont l’une d’elles tient un kalachnikov AK-47 placé au-dessus d’un globe terrestre dessiné en vert-islam.

D’ailleurs en parlant de drapeaux, pour tout dire, n’était-on pas en droit d’attendre de la part d’une manifestation dite « anti-coloniale » la présence des drapeaux sahraoui du Maroc, des drapeaux berbères, celui des populations du Darfour exterminées puis remplacées par des populations arabes, l’étendard de harratines et autres esclaves de Mauritanie, celui des coptes d’Egypte, des chrétiens d’Irak ou d’ailleurs, j’en passe et des meilleurs…

Non, visiblement, pas le moindre drapeau des populations colonisées, massacrées, toutes victimes d’un impérialisme arabo-islamique toujours d’actualité.

Preuve donc que tout ce foin colonial est bien du flanc et que l’objectif visant à la construction d’une « organisation de lutte politique » est bien tout sauf anti-colonial. L’objectif est celui d’un néo-colonialisme qui pour être tout à fait juste ne date pas d’aujourd’hui mais d’il y a 14 siècles. Work in progress !

SILidim le Magnifique

3 commentaires:

Ben kasimirski a dit…

> un blouguiboulga
un gloubi-boulga

La recette officielle :
http://www.casimirland.com/casimirland/gloubi-boulga/index.php

Le gloubi-boulga est dérivé d'une recette musulmane, le gloubibourguibhallal, fait caché par la république néocolonialiste raciste qui cherche à effacer toutes les contributions islamiques qui furent essentielles à l'édification de l'Europe.

D'ailleurs, Casimir lui-même était musulman, et à l'origine de couleur verte. Il a été repeint en orange par racisme et contraint à apostasier sa religion pour pouvoir être embauché. Tout cela est authentique, il faut que le monde le sache.

madame d'aucune a dit…

Magnifique d'intelligence cher Sil, mais ne vous proclamez pas trop vite "le magnifique" car, justement, pour avoir été trop loué pour ses exploits personnels, Saladdin a mal fini...

A diffuser largement si vous voyez ce que je veux dire :-)

SIL a dit…

Bon ben ma chère Dame d'Aucune, va falloir maintenant que l'on se tutoie, que l'on s'embrasse, que nous nous fassions des papouilles et autres familiarités étant donné qu'en me demandant d'arrêter de jouer ma star, vous rentrez dans le cercle des intimes qui à l'instar de ma femme, de mes gosses, de mes frangin et mes frangines, s'amusent à nier à quel point je suis magnifique, pour savoir depuis longtemps, il est vrai, à quel point je peux être gland ;-)))