lundi 2 décembre 2013

La Marche : de l’ombre à la lumière


Au-delà des polémiques au sujet du film de Nabil Ben Yadir et de ses petits défauts, dont les plus agaçants sont sans doute les clins d’œil hors sujet à l’actualité, j’ai juste envie de lui dire merci…

Merci tout d’abord, justement, pour les petits défauts qui sont finalement, bien plus la marque d’une époque, que celles d’un nanar. Merci également de nous avoir épargné le simplisme, l’angélisme d’un pacifisme naïf, ou bien le moralisme à deux balles. Merci surtout d’y avoir tout mis : de l’humour, de la sensibilité, de la légèreté, de la gravité, du calme, de l’hystérie, du cynisme, de l’authenticité, des engueulades, du dialogue, bref, la réalité dans son intégralité. Merci d’avoir si bien rendu le courage des marcheurs, avançant à marche forcée contre toutes les pesanteurs sociales, historiques, culturelles et politiques des deux rives de la Méditerranée. Merci enfin pour la générosité et la fraternité qui ressortent du film et qui font de cette marche un pèlerinage à la gloire de ce qu’il y a de plus grand et de plus beau.

Cette fraternité qui avait si fortement marqué le gamin de dix ans que j’étais à l’époque. Cette fraternité qui allait devenir le marqueur d’une partie de ma génération. Celle qui allait connaître l’Andalous des années 80, la décennie de tous les possibles, tous ensemble, tous ensemble, ouais ! Cette fraternité qui s’émoussera malheureusement sous la poussée des communautarismes revanchards. Cette fraternité qui nous sommes nombreux à vouloir restaurer en mettant tout le monde face à ses responsabilités.

Merci Monsieur Ben Yadir. Merci de m’avoir forcé à contenir mes larmes, de colère, de tristesse, de tendresse, de joie, pendant presque toute la durée du film, à les contenir histoire de ne pas perdre une miette de votre bobine, de ses images, de tous ces souvenirs. Merci beaucoup, vraiment…

SILimalikoum mes frères et soeurs

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