mardi 24 décembre 2013

Plus christique que le peuple hébreu, tu meurs !


Toute pensée est le fruit d’un terreau culturel. Par conséquent si la pensée du Christ est le fruit de la pensée juive, il n’est pas incohérent de penser que le peuple hébreu est plus ou moins christique dans ses réflexes culturels. C’est peut-être idiot, mais je trouve ça logique.

En fait si je dis ça c’est parce que plus ça va et plus je les trouve sacrement bonne patte les Juifs en général et l’État Hébreu en particulier.

En effet voici une population qui en Europe a subi pas loin de 2000 ans de haine, de discriminations, de persécutions, d’inquisitions, de pogroms, et même un génocide en bonne et due forme, parce que s’entêtant à demeurer libre sans emmerder personne, et qui s’évertue malgré ces crimes subis à ne pas nous haïr en retour, ni même nous détester un chouia, se repliant à peine, et encore pas majoritairement, dans un communautarisme d’autodéfense dès que la météo politique tourne au brun.

Voici des gens qui, malgré les maintes et maintes crucifixions subies, préfèrent encore, pour un grand nombre d’entre eux, continuer de faire cause commune avec nos sociétés, de vouloir vivre avec nous, bâtir avec nous. Si ce n’est pas christique ça, qu’on m’explique ce que c’est d’autre. En tout cas de quoi rendre incongrue la persistance de toute prière papale invitant les Juifs à la conversion. Au fond, plus christiques qu’eux tu meurs !

C’est qu’on aurait presque envie de leur dire « mais vous allez arrêter de nous aimer, nom de Dieu ! » Enfin, c’est que cela va finir par paraître suspect. En effet, tout chrétiens que nous sommes, nous vous aurions haï pour beaucoup moins que ça, voir comme c’est souvent le cas, pour rien du tout. Faites donc un effort. Tout le monde chrétien sait que l’amour christique c’est une idée comme ça, de jetée en l’air, un idéal et non quelque chose de bien sérieux.

Plus sérieusement, que les croyants rendent grâces à leur Dieu biblique, puisque après le véritable Golgotha que le peuple Juif a connu pendant la seconde guerre mondiale, le fait est qu’il a ressuscité pour de vrai trois ans après ! Avec un indéniable avantage sur Jésus. Nous en avons la preuve bien vivante. Israël est bel et bien là et les stigmates saignent encore assez souvent.

La différence majeure avec Jésus étant qu’au lieu de faire son Ascension au sens chrétien du terme, le peuple hébreu fait son Aliyah selon un nouveau sens. Il rejoint, jour après jour, les Juifs restés en Terre d’Israël, leur terre de toujours, avec pour objectif d’y vivre jusqu’à la fin des temps.

Mais voilà, il y a un problème. « Chassez le naturel et il revient au galop ». À peine ressuscité voici que ce peuple tombe dans des travers christiques susceptibles de le faire remonter sur la croix.

En effet, rappelons que Israël a subi, à plusieurs reprises, depuis sa renaissance en 1947, des tentatives d’éradication, menées à six (minimum) contre un ; qu’il a trouvé le moyen de gagner les différentes guerres ; mais aussi et surtout de rendre certains territoires conquis, comme le Sinaï, en gage de bonne volonté. Si ce n’est pas là encore, l’application du très christique « aime tes ennemis », je vous demande bien ce que cela peut être ?

Un travers difficile à guérir. Car plus récemment, les voilà qui évacuent Gaza, histoire de donner un énième gage de paix. Or que récoltent les enfants d’Israël ?

L’élection par la population de Gaza d’un gouvernement islamofasciste qui au lieu de s’occuper des besoins de sa population, ou de bâtir l’équivalent d’un État tel que Malte, Singapour, Andorre ou Monaco, préfère fabriquer de la frustration en même temps qu’il se dote d’infrastructures clandestines afin de continuer la guerre.

Conséquence, les roquettes se mettent à pleuvoir, ce qui engendre à minima un blocus. Qu’à cela ne tienne ! Par des centaines de tunnels, le gouvernement du Hamas, au lieu de faire venir vivres et médicaments, s’arme de plus belle. Résultat, il grêle sur la démocratie israélienne.

N’est-ce pas là carrément ce que l’on appellerait tendre la joue gauche après s’être fait frapper la joue droite ?

Se rappelant quand même leur volonté première, à savoir vivre enfin sur leur tout petit bout de Terre, les Israéliens décident de répondre aux attaques avant de ne pouvoir plus rien voir. C’est que les deux joues gonflent à vue d’œil. Mais bon, comme ils ne peuvent décidemment pas s’en empêcher, vas-y qu’Israël prévient tout le monde qu’il va devoir intervenir dans les jours qui viennent, se privant ainsi de l’effet de surprise, tout en livrant l’aide nécessaire à la population de Gaza, en lieu et place du gouvernement du Hamas…

Et c’est-là que nous autres chrétiens, intervenons. Il était temps (!) Façon de parler. Car comble de l’ironie, quelques nations chrétiennes, à commencer par la cité-État du Vatican, trouvent cela insuffisamment christique à leur gout.

Incapables de faire la différence entre un régime démocratique qui attaque des milices totalitaires afin de défendre ses civils et un régime totalitaire qui attaque des civils en se réfugiant derrière ses propres civils… mettant sur le même plan l’agresseur et l’agressé, celui qui cherche la guerre et celui qui veut la paix, celui qui déclenche les hostilités et celui qui doit y répondre… ils demandent qu’Israël cesse de se défendre.

À l’évidence, d’aucuns souhaiteraient que les Israéliens continuent de donner l’exemple en matière de christianisme. Qu’ils acceptent, sans doute, une bonne fois pour toutes de monter sur la croix et de ne surtout pas en descendre. C’est peut-être ça finalement la demande de conversion formulée par la papauté.

Enfin soyons juste puisque l’Eglise, à l’image du cardinal Kasper qui en novembre 2008 appelait Juifs et Chrétiens à « coopérer pour le bien de l’humanité, en nous opposant à toutes les attitudes antisémites, anticatholiques et antichrétiennes, et à toute forme de discrimination », commence peut-être à faire siennes les paroles que René Gutman, Grand Rabbin de Strasbourg, formulait en septembre 2001 lors du colloque judéo-luthérien de Dobogòkô (Hongrie). « A notre époque l’antisémitisme est antichristianisme et l’antichristianisme est antisémitisme ».

En parlant de pasteur Luthérien, une, en tout cas, qui refuse de verser dans la moindre ambiguïté est Angela Merkel, cette fille de pasteur, qui rappelle régulièrement le droit pour Israël de vivre en sécurité et qu’il est parfois préférable de montrer de quel bois on se chauffe plutôt que vouloir en faire une croix sur son destin. « La responsabilité de l’évolution de la situation dans la région incombe clairement et exclusivement au Hamas ». Bien dit Angie. Je t’aime. Israël for ever !

Histoire de conclure de façon parabolique, en cette période de la nativité, voici une petite question. Et si le retour du Christ n’était pas tout simplement le retour de sa nation, la résurrection d’Israël ? Pas mal comme métaphore messianique, non ? Et dire qu’il aura fallu attendre bibi :-) pour enfin comprendre la portée de la pancarte clouée au-dessus de la croix du petit Jessy : INRI. Jésus de Nazareth Roi des Juifs ! Non pas le souverain des Chrétiens mais bien un roi Juif ! Eh oui, tas d’aveugles !

SILomon

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