mercredi 27 juin 2007

JESUS FOUT LE CAMP


Je me suis enfin enfilé « JESUS CAMP», le documentaire de Heidi Ewing et Rachel Grady sur ces frapadingues d’évangélistes américains. Comme il ne passait plus au cinéma, je l’ai avalé par tranches de dix minutes, débitées par le Youtube. Cette nourriture spirituelle m’a refilé de sacrées crampes d’estomac. Ça m’apprendra à affronter de longues périodes de jeune spirituel. J’en suis encore tout dépité, alité par la crise de foie.

Tous ces évangélistes rêvant de mener tous ces enfants à l’abattoir, au nom du doux Jésus, c’est à gerber.

Vous me direz que j’ai l’estomac bien fragile. C’est parce que vous ignorez que le même jour, Benoît XVI me servait en entrée, sa bénédiction quant à l’entrée anale de la Turquie en Europe, tout ça au nom de la… Laïcité.
C’est peut-être de l’humour bavarois me direz-vous. Non ! Benoît se fout de ma gueule, tout ça parce que j’ai grillé depuis longtemps son stratagème. Celui du poisson-pilote. Ce petit poisson qui mange les restes coincés entre les dents des requins. Rêvant de mettre à bas la laïcité mais ne le pouvant pas du fait de nos réflexes anticléricaux encore bien installés, il laisse les militants de l’Islam mettre à bas notre édifice laïc puisque les mêmes anticléricaux de gauche n’oseront pas taper sur l’Islam au nom de considérations tiers-mondiste à la con. Considérations bien utiles pour le coup. C’est qu’il est tout sauf con mon Benoît. Les islamo-gauchistes en alliés involontaires de l’Eglise. Quelle idée de génie.

Une fois que l’Islam aura mis à bas des pans entiers de l’édifice démocratique, que le danger islamique apparaîtra enfin comme évident, la merde islamique nous arrivant alors jusque dans les fosse nasales, la papauté pourra expliquer que puisque les démocraties laïques auront démontrer leur incapacité à protéger ce que nous sommes, seul notre identité judéo-chrétienne sera susceptible de nous mobiliser et de nous sauver.

C’est qu’il n’est pas bavarois pour rien, le Benoît. Il y a chez ces gens-là comme un réflexe culturel, leur faisant croire que seule une monstruosité inversement proportionnelle, est capable de combattre une première horreur. Je dis ça parce que Adolf H. dans son « Mein K. » était arrivé à la conclusion que « puisque la démocratie libérale engoncée dans sa torpeur bourgeoise est incapable de répondre aux aspirations sociales des travailleurs, les jetant ainsi dans les bras du marxisme désintégrateur, il faut pour répondre à la violence internationale socialiste, une violence nationale-socialiste de même ampleur ».

Or comme on se doit de constater que les démocraties européennes, soi-disant laïques, baissent leur froc devant l’Islam, dissimulant leur lâcheté derrière le concept « cache-sexe » de Responsabilité, il est du coup logique que le Saint-siège se dise que seul le rassemblement sous l’étendard du Christ peut mobiliser les européens face à l’Islam. C’est ainsi que je ne te jetterai pas la pierre, fils de Pierre.

Et c’est dans cette perspective que les « Jesus camp » d’entraînement sont d’ores et déjà utiles. Des camps où l’on applique à la lettre deux trois principes évangéliques.
Le « laissez venir à moi les petits enfants ». La prédicatrice du documentaire nous explique en gros que grâce au Hamas et autres mouvements islamiques qui endoctrinent leurs enfants, elle a enfin compris ce message du Christ. Entre l’age de 7 et 10, on peut mettre ce que l’on veut dans la tête d’un Humain. Or puisque « c’est nous qui détenons la vérité », il faut « mettre dans la tête de nos gosses l’envie de mourir pour le Christ ». « Les enfants sont notre avenir ». tu parles d’un avenir. La soumission, le combat et la mort.
Pour ce faire, les évangélistes utilisent à leur sauce psychotique, un deuxième principe chrétien. « Quand on te frappe la joue gauche, tend la joue droite ». C’est ainsi qu’on entraîne ces gosses à se taper sur les joues, sur la tête, pour me se préparer au combat.
Mais rassurez vous, ces enfants bénéficient tout de même d’un minimum de loisirs. C’est important les loisirs. Ils écoutent du hip-hop ou du heavy-metal chrétiens, dansent pour leur seul dieu, prient pour que Jésus leur accorde un Strike quand ils vont au bowling, s’amusent à pourrir la tête des passants avec leur message évangéliste. Sacrés déconneurs que ces évangélistes.

Il y a pas à dire, j’ai adoré ce documentaire. Je prévois même de l’acheter en DVD histoire de compenser le fait de l’avoir mater sur Internet. C’est mon côté chrétien. Je culpabilise. Ouais, j’ai adoré cette caméra muette posée sur le personnage central du film. 150 kg de frustrations et de solitude, qui le soir venu, comble son désert affectif en dévorant les cassettes vidéo contenant les images d’une journée riche en cholestérol spirituel dont elle gave tous les jeunes esprits qu’elle voue à la mort au nom de la Vie. Putain de dépressifs. Enfin je ne lui jette pas la pierre, non plus.

Non, je la balance sur les orteils des « Démocrates mous ». Sur les pieds de ceux qui n’expliquent pas à nos Peuples qu’il n’y a qu’un seul combat de légitime.
Non pas le combat d’une vérité qui n’existe pas, opposée à une autre tout aussi fantasmatique mais celui du vivre ensemble avec nos tous petits bouts de certitudes.
Non pas le combat d’une soumission opposée à une autre soumission, mais celui de la Liberté.
La liberté de croire ou pas, la liberté de faire et de défaire nos lois, la Liberté dans la Raison, la liberté de se mélanger, la liberté de choisir et de se tromper… La liberté… La liberté… La Liberté. La seule chose qui vaut notre sacrifice. Le sacrifice d’adultes pour la liberté de leurs enfants.

Les Démocrates. Où diable sont chez nous ces Démocrates épris de liberté. Des Démocrates qui n’offrent pas leur centre mou aux coups de leurs adversaires mais qui répondent coup pour coup, profondément enracinés dans leur valeurs.

Des Démocrates qui n’abandonnent rien aux totalitarismes. Qui n’abandonnent pas aux marxistes les aspirations du Peuple en matière de justice sociale. Qui n’abandonnent pas aux fascistes le besoin d’Histoire, de Mythe et d’Identité. Qui n’abandonnent pas aux grenouilles de bénitier ou de fontaines à ablutions les besoins de l’Homme en matière de spiritualité, capables de les garantir comme de les mettre en accusation, et surtout capables de les renvoyer à la seule sphère privé. Des Démocrates qui n’abandonnent rien de ce qui fait l’Homme, y compris l'Amour.

En parlant d’amour et de Démocrates, il me vient à l’esprit qu’en plus du goût pour le Bushido, la voie guerrière des samouraïs, je partage avec Charles Pasqua l’un de ses sentiments concernant les Français. Un jour, alors qu’il était invité sur le plateau de l’ancienne émission politique « 7 sur 7 », la présentatrice, Anne Sinclair, lui demanda, d’après lui, ce dont avaient le plus besoin les Français. Charles Pasqua lui répondit : « Anne Sinclair, les Français ont besoin d’amour ». Eh oui ! Moi aussi!

Où diable sont tous ces Démocrates car tout comme l’animateur radio que l’on voit, dans le documentaire, militer pour la laïcité, se battre contre les fanatiques évangéliques, je peux vous dire que je me sens des fois, très, très seul.

Quant à mon petit Jésus, au vu de tout ce merdier religieux, je serais assez tenté de lui dire : « ne nous sauve pas Jésus, sauve-toi mon pote, sauve-toi ! Fous moi le camp! »

Frère SILas

6 commentaires:

Madame d'aucune, cheveux au vent a dit…

Où sont-ils ces démocrates se demande Sil... Dans la majorité silencieuse, les gens de tous les jours, de droite comme de gauche. Et je les trouve admirable au fond, car leur sentiment anti barbus ne dissimule pas de sentiments anti-arabes ; à croire que nos histoires démocratiques nous ont amenés à maturité.

P.S. Et puis il y a Caroline ;-)

SIL a dit…

J’espère sincèrement, chère Madame d’Aucune que vous avez raison et que tout ce silence est bien l’expression de notre maturité démocratique et non pas celle d’une démocratie à l’opinion velléitaire.

Car si j’use ainsi mon clavier à distinguer le Mème du Gène, L’Islam des peuples arabes ou autres, le musulman actif du musulman passif, c’est parce qu’au fond des tripes ce que je ne souhaite pas avant toute chose, c’est qu’un jour, tous ces gens avec qui j’ai grandi ne soient les victimes d’une foule qui rendue folle par la douleur, ne distinguera pas alors l’idéologie de l’ethnie. C’est le nazi qui est notre ennemi et non l’Allemand.

Quant à Caroline, c’est tout l’inverse. C’est avec un immense plaisir que je me retrouverais un peu seul avec elle…Bavardant autour d’une crêpe au Nutella (Pub). Ah… Caroline…

@ trés bientôt, chère Madame.

Madame d'aucune, partageuse a dit…

Usez, usez cher Monsieur Sil (et j'aime que vous majusculiez le mot "Islam"), Dieu et les hommes vous le rendront. Vous êtes lu, vos idées sont partagées et nous sommes nombreux à éprouver la même crainte que vous ; la différence entre botte nazie et botte allemande est rare aujourd'hui.

Et, pour tout vous avouer, je suis de droite (en France c'est ainsi que je vote, aux US je serais démocrate et plus à l'aise ainsi).

P.S. Je n'ai pas pu m'empêcher de vous faire de la pub sur le blog de Koz (de droite fréquentable comme dit Jules, j'espère que vous ne m'en voudrez pas...)

P.S.2 A demain donc

SIL a dit…

@ demain, chère Madame et Merci beaucoup

Kèw a dit…

Hum... Dis-moi. la liberté et toi, c’est pas un peu trop fusionnel?

elle n'aurait pas la tête d'une statue ta liberté..

SIL a dit…

Encore un marxiste fâché avec la statue de la Liberté, je parie. Tiens ça me fait penser que je ne les ai pas défoncés depuis bien longtemps ceux-là. Ils font bien de m’y faire penser, tiens. Le Marxisme fera l’objet pour le coup d’un prochain billet. Ça leur apprendra...

Sinon pour la question, en guise de réponse, ils auront droit à un indice sur mon nom de famille, sous la forme d’une énigme :

Mon premier est devenu un nom très répandu chez les portugaliciens.
Mon second est d’origine germanique.
Mon tout signifie en vieux teuton « Fils de celui qui marche sur le chemin de la liberté »

Du coup, tu m’étonnes que j’aie la liberté dans la peau, mon pote