samedi 6 octobre 2007

EXERCICE DE STYLE : BAVARDAGE NEO-LIBERAL


Au risque de paraître péremptoire, Je pense, Moi, que le Libéralisme est ce qu’il y a de mieux pour Moi. Et pour le démontrer, J’ai plein de gens comme Moi pour penser comme Moi. Alors. Quant à ceux qui s’évertueraient à Me démontrer le contraire, qu’ils sachent que cette vérité est au moins Mon ressenti et que Mon ressenti, ils ne pourront jamais Me l’enlever. C’est toujours ça de moins que tous ces socialistes ne pourront jamais Me prendre pour le redistribuer à tous ces gens pas comme Moi.

Ouais, la liberté individuelle sans la moindre entrave, si ce n’est Ma définition toute personnelle de la responsabilité individuelle, il n’y a que ça de vrai. En somme, le Libéralisme va de soi, oups, va de Moi. Toutefois comme J’ai aussi le sens de la collectivité, J’accepte de vous démontrer, pour un prix très intéressant, le bien fondé de Ma liberté. Pour le règlement vous verrez ça à l’accueil avec Mon assistante.

Donc démontrons et pour se faire démontons les arguments de Mes contradicteurs. Car au fond qu’ont-ils à M’opposer ?

Que tout le monde ne naît pas avec les mêmes conditions d’exercice de sa liberté, que se soit à cause d’un background social, biologique ou autre. Et que par conséquent ceux qui ont réussi doivent par la fiscalité participer aux conditions de réussite de ceux qui partent plus handicapés. Foutaises !
Moi aussi je suis de basse extraction. Au néolithique Ma famille devait être de basse extraction. C’était avant que Nous ne fassions fortune dans la comptabilité des silos à grains. Ouais Moi aussi J’en ai chié pour arriver là où Je suis arrivé. Et si J’ai réussi c’est bien la preuve que c’est possible pour tout le monde. Quant à ceux qui ne veulent pas en chier autant que J’en ai chié pour tout avoir, ils ne méritent rien. Je garde tout pour Moi. C’est comme ça et Moi ça me va.

Alors les mêmes Me diront que ce n’est pas logique. Que lorsque l’on vit en collectivité, on se doit de penser à la collectivité. Dans le cas contraire si on ne pense qu’à soi, si on est narcissique au point de ne voir dans la collectivité que le marché captif de nos caprices et non pas une entité à préserver, ben on se doit non pas de passer des vacances dans une magnifique île déserte mais d’y vivre à l’année. En conclusion, ils m’asséneront que nos droits individuels vont de paire avec nos devoirs envers la collectivité. A tous ceux-là Je répondrai que Je ne suis pas d’accord.

Mes droits ne sont pas négociables et à tous ces fascistes Je répondrai par ce cri. MA LIBERTE OU TA MORT. Ouais, Liberté, Ma liberté, Ma chérie. Mais non ce n’est pas de la possessivité. C’est de l’amour, l’amour de Ma liberté à Moi que J’ai.

Cependant on ne me fera pas dire ce que Je n’ai pas dit. Je sais Moi aussi penser collectif. Mais si, mais si ! C’est important le collectif. C’est important la famille, Ma collectivité. Sans elle Je n’aurais jamais réussi. Moi aussi Je partais handicaper.

Par exemple, Je n’aurais jamais eu mon Bac sans que Ma famille ne Me paye une boite à Bac. Je n’aurais jamais appris la liturgie commerciale et les deux trois trucs indispensables à savoir pour réussir dans nos sociétés consuméristes si Ma famille ne M’avais pas payé Ma grande école de commerce. À la devise Travail Famille Patrie, nous préférions NEGOCE-FAMILLE-PROFIT. C’est mieux. Sans oublier le réseau que J’ai pu M’y constituer là-bas, fort utile à Mes affaires actuelles. Et enfin, sans Ma famille, Je n’aurais jamais pu trouver ce haut poste de commandement dans Notre entreprise familiale. Mais les avantages du collectif ne s’arrêtent pas là.

J’ai en effet remarqué que le collectif offre bien d’autres aspects pratiques. Faut savoir en jouer, en faire un sport individuel, voila tout. Par exemple dans Mon entreprise, Je travaille toujours en équipe. Ainsi quand un projet échoue, J’en rejette la responsabilité sur l’équipe. Par contre si le projet réussi, Je fais en sorte de M’en attribuer tout le mérite, non seulement du résultat mais aussi en tant qu’élément moteur de l’équipe. Fantastique n’est-ce pas que la collectivité.

C’est Mon oncle, le PDG de ma boîte qui M’a appris ce coup-là. Quand l’entreprise va mal, il rejette la faute sur l’Etat qui n’a pas su dynamiser la demande, créer un contexte favorable aux exportations, les conditions de libre concurrence ou au contraire de protection de nos marchés. Je l’ai même vu une fois pester auprès d’un ministre sur les conditions d’accès aux marchés publics, les marchés fort juteux de la collectivité. Par contre quand l’entreprise réussit, c’est grâce au seul mérite de ses dirigeants, à leur clairvoyance, capacité à conquérir de nouveaux marchés ou à créer de la richesse patati-patata. C’est fabuleux Je vous dis, la collectivité. Vous voyez que moi aussi Je sais penser collectif…

Bon c’est pas tout ça mais faut que J’aille plancher justement sur un projet de licenciement collectif, histoire d’augmenter Mes seuls profits. À vrai dire, J’exagère un peu. Puisqu’il s’agit d’augmenter également les profits de ceux qui partagent Mon avis.

C’est puant n’est-ce pas ? Et dire qu’il s’agit de la toute nouvelle vulgate en vogue, l’une des nouvelles pensées magiques à la mode. Encore une pensée très équilibrée, ayant à l’esprit l’Intérêt Général ou au moins, pour ceux qui s’en foutent, celui du plus grand nombre d’individus possibles, n’est-ce pas ?

Aucun commentaire: